The Solace System

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Nom du groupe Epica (NL)
Nom de l'album The Solace System
Type EP
Date de parution 01 Septembre 2017
Labels Nuclear Blast
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album47

Tracklist

1.
 The Solace System
 04:39
2.
 Fight Your Demons
 04:29
3.
 Architect of Light
 05:21
4.
 Wheel of Destiny
 05:51
5.
 Immortal Melancholy
 03:09
6.
 Decoded Poetry
 06:25

Durée totale : 29:54

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Epica (NL)


Chronique @ ericb4

24 Août 2017

Une modeste et conformiste offrande qui a cependant toute sa raison d'être...

Plus qu'un trait d'union entre deux œuvres ou un oxygénant interlude, la sortie d'un EP à un stade avancé de leur carrière constitue un réel défi pour les formations aguerries, notamment celles ayant habitué leur public à de roboratives galettes. Conscients des enjeux qu'implique un tel manifeste, de plus en plus nombreux sont les groupes metal symphonique à livrer un EP dépassant les 30 minutes, à la production soignée, avec certaines variations et/ou quelques nouveautés à la clé. Ainsi, Xandria nous livra en 2015 un flamboyant « Fire and Ashes », suivi, un an plus tard, par Delain à l'instar de l'inattendu et néanmoins vibrant « Lunar Prelude ». En 2017, c'est au tour du sextet néerlandais, mené par le prolifique compositeur, grunter et guitariste Mark Jansen et la talentueuse et charismatique frontwoman Simone Simons, de plonger dans le chaudron bouillonnant....

Si « The Solace System » flirte avec la demi-heure et repose lui aussi sur une ingénierie du son passée au peigne fin, il se démarque toutefois des livraisons concurrentes par l'insertion exclusive de titres inédits, héritiers de leur dernier opus « The Holographic Principle ». On comprend d'autant mieux la filiation entre ces deux offrandes que la cadette suit pour beaucoup la recette de composition de son aînée. Ainsi, cette œuvre mélodico-symphonique aux touches heavy et power se cale également sur des riffs lourds et roulants, un tapping effilé, une nerveuse section rythmique, de virevoltantes nappes synthétiques, de forts effets de contraste vocaux et un zeste de romantisme, mis en exergue par les chatoyantes volutes de la déesse. Aussi, en quoi la création d'une modeste rondelle devait-elle s'imposer dans la pléthorique discographie du sextet néerlandais ?

Pour le comprendre, un flashback s'impose... Pour ne pas excéder les 76 minutes et éviter la création d'un double-album, non conforme aux aspirations du combo à cette époque, « The Holographic Principle » a dû être amputé de plusieurs pistes, dont les six du présent méfait, réalisées durant sa conception. Mais plus qu'un simple brassage de chûtes, ces titres s'inscrivent dans un processus de (re)création qui en a défini le contenu et assuré leur originalité. Aussi, si de vieux accords ont été ressortis des tiroirs, le groupe les a dépoussiérés et modernisés pour nous les offrir sous un autre jour. Aurait-il donc concocté du neuf avec du vieux ? A quelques nuances près...

C'est dans une orientation metal symphonique pur que nos acolytes nous poussent le plus largement à une écoute en boucle. On retiendra notamment l'ensorcelant mid tempo progressif « Architect of Light », aux faux airs d'un « Beyond the Matrix » de son illustre aîné, par ses enivrants couplets relayés chacun par un refrain immersif à souhait. Doté d'une confondante profondeur de champ acoustique, d'une tonicité qui jamais ne s'affadit et d'une mélodicité avenante, au même titre qu'un « Suckerpunch » (in « Moonbathers ») de Delain, le brûlot recèle plus d'une arme de séduction pour nous retenir. Dans cette veine, on ne résistera pas davantage aux assauts guitaristiques et à la luminescence mélodique de l'entraînant « Decoded Poetry ». Un propos qui surprend autant qu'il secoue par ses brutales accélérations rythmiques et qui aimante le tympan par ses gradations vocales, savamment entretenues par les ondulations d'une massive chorale, dans la lignée de « King of Kings » de Leaves' Eyes, rien de moins...

Lorsqu'ils touchent aux instants d'obédience heavy symphonique, comme ils l'ont démontré depuis quinze ans, l'art n'est pas moins naturel chez nos compères. A l'image de « The Cosmic Algorithm » ou « Tear Down Your Falls », le mid/up tempo « Fight Your Demons » capte l'attention. Abondant en contrastes vocaux entre les claires impulsions de la belle et les growls ténébreux de la bête, aussitôt rejoints par une muraille de choeurs avançant en rangs serrés, l'instant se fait puissant et capiteux. Et ce, parallèlement à un riffing vivace secondé d'une basse vrombissante, ingrédients coutumiers du combo batave, et d'une insoupçonnée et grisante progressivité du corps orchestral. Mémorable offrande. Dans cette énergie, sur des vibes orientalisantes dans le sillage de « A Phantasmatic Parade », le saillant « Wheel of Destiny » au tapping soutenu nous embarque dans une brûlante et non moins troublante chevauchée fantastique en plein désert. Là encore, la sauce prend...

Dans une visée power symphonique, si son instrumentation devient techniquement plus complexe, la troupe n'a tari ni d'aura, ni de finesse. Ainsi, tout comme « Universal Death Squad » de leur précédent opus, le grandiloquent « The Solace System » percute le tympan par sa batterie imprimant un rythme véloce ; à l'instar de « Edge of the Blade », celui-ci se dote de choeurs en faction, corroborant opportunément les cristallines modulations de la sirène. Débordant d'une énergie communicative mais parfaitement sous contrôle, le nerveux méfait se voit doublé de subtils changements de tonalité lui conférant élégance et raffinement. Ce qui manquait quelque peu à leur antérieur effort.

Soucieux de varier ses ambiances et de rendre son propos plus romantique, et comme souvent, le combo nous octroie une touchante ballade. Mais contrairement à ses habitudes, il a troqué ses arpèges au piano (comme sur « Once Upon a Nightmare ») pour des gammes non moins chavirantes à la guitare acoustique, nous offrant alors une sensible ballade a-rythmique à l'aune de « Immortal Melancholy ». A fleur de peau et sous l'impact des câlinantes volutes de la déesse, se permettant de tutoyer des notes plus haut perchées qu'à l'accoutumée et parfaitement ajustées, la tendre offrande se fait de plus en plus pénétrante au fur et à mesure des écoutes. Ce faisant, tout en finesse et au-delà de la simple entreprise de séduction, le groupe parvient à déclencher la petite larme au coin de l'oeil.

Au final, on effeuille une œuvre certes modeste mais émoustillante et éminemment sensible, qui, loin de symboliser une rupture avec le passé du combo, serait une digne héritière de « The Holographic Principle ». Mais plus qu'un simple condensé revisité de son prédécesseur, cet album explore de nouveaux horizons (ballade en guitare/voix, séries d'accords inexplorées, élargissement du spectre vocal de la diva...), sans que ne soit dénaturé le style originel du sextet. Techniquement aussi abouti mais mélodiquement et vocalement plus magnétique que son prédécesseur, sans temps morts ni longueurs mortifères, et avec un petit supplément d'âme à la clé, l'opus comblera assurément certaines attentes des aficionados du combo néerlandais. Sans révolutionner le genre ni marquer un tournant dans la carrière du groupe, ce message musical a néanmoins toute sa raison d'être...

3 Commentaires

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David_Bordg - 24 Août 2017: Excellent commentaire la conclusion énoncées donne envie!
princeofmetal - 22 Septembre 2017:

Merci EricB4 pour cette chronique, tu as suscité mon intérêt pour ce nouvel EP du groupe. J'avais eu l'occasion d'écouté les vidéos lyrics de "The Solace System" et "Fight Your Demons" mais pas encore ceux des autres titres de l'EP mais je vais y remédier dès bientôt smiley

ericb4 - 23 Septembre 2017:

Merci à toi! Bonne écoute, alors!

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