The Harvest Wombs

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Fallujah
Nom de l'album The Harvest Wombs
Type Album
Date de parution 22 Novembre 2011
Enregistré à The Panda Studios
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album62

Tracklist

1. Alpha Incipient 03:34
2. Ritual of Godflesh 02:51
3. Become One 04:30
4. Cerebral Hybridization 04:20
5. Prison of the Mind 04:17
6. The Flame Surreal 03:30
7. Enslaved Eternal Phenomenon 05:02
8. Hallucination 03:29
9. The Harvest Wombs 07:21
10. Assemblage of Wolves 05:11
Total playing time 44:05

Chronique @ Matai

22 Décembre 2011

Un univers atypique et une force certaine

Beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts pour Fallujah, formation encore jeune mais pourtant talentueuse. En effet, les Américains, entre un « Leper Colony » très deathcore/black et une démo en 2010 beaucoup plus tournée vers le death metal avait imposé une personnalité et un univers bien à eux, s'éloignant de ce fait des formations déjà existantes et ne tombant relativement pas dans le piège du djent et du deathcore dit moderne.

Malgré des changements de line up importants, le quintette a réussi à tenir bon afin de prouver qu'il avait encore de la ressource. Preuve en est avec la sortie cette année d'un nouvel opus « The Harvest Wombs » masterisé par Logan Bennett (Devolved, Halo of Gunfire), signé chez Unique Leader (Arkaik, Condemned, Decrepith Birth) et enregistré aux Panda Studios.

Cet album marque un pas en avant dans la carrière de Fallujah qui, en plus d'attirer les gros labels, se dote aussi de l'artwork de Cameron Gray (Born of Osiris), mettant de nouveau l'accent sur le côté coloré et spirituel de ses dessins. Cela colle parfaitement à l'univers des Américains, qui, un peu à la manière de leurs confrères de Born of Osiris, mettent le paquet sur les atmosphères travaillées et une technique aiguisée des guitares. Cependant, l'ensemble de leurs morceaux se retrouvent plus orientés death metal, avec des éléments atmosphériques et black, le côté core étant toujours présent mais pas très évident.

Prenez donc le morceau d'ouverture « Alpha Incipient » et vous saurez dès lors de quoi je parle : ambiance spirituelle et planante, puissante technicité des guitares, variations de rythmes, entre mid tempo et blast incontrolables, et surtout, mélange black atmo/death technique des plus maîtrisé et des plus prenant. Il faut le dire, Fallujah a amélioré son jeu et diversifie son propos, offrant à l'auditeur un panel d'éléments non négligeables. Le growl profond d'Alex Hoffman rappelle celui de Ross Dolan d'Immolation, ainsi que certaines rythmiques, dans « Ritual of Godlesh » par exemple.

Les guitares sont lourdes et harmonieuses, au riffing death metal et à la précision chirurgicale impeccables. « Cerabral Hybridization » vous le prouvera, en laissant apparaître une batterie technique et une alternance de chant entre growl et cris. Les accélérations sont de la partie entre deux mélodies, sans laisser de côté des soli atmosphériques. Et entre deux morceaux brutaux, Fallujah arrive à imposer un morceau instrumental du nom de « The Flame Surreal », expérimental à souhait. Bien sûr par expérimental ne comprenez pas polyrythmie et saccades. Comme sus-cité, les Américains s'extirpent gracieusement des tendances djent ou math, privilégiant le mélange d'atmosphère, de mélodies mais aussi de brutalité. Cette instru mise sur l'expérimentation des soli partant presque dans tous les sens mais offrant à l'auditeur tout un panel de mélodies

Et ce n'est pas fini. L'avant dernier morceau éponyme jouera la carte du prog en instaurant un perpétuel mouvement au sein de mélodies et d'ambiances des plus travaillées. Pas de chant ici, encore une fois, mais tout se basera sur notre capacité à suivre l'univers de Fallujah, alternant passages alambiqués et passages plus posés avec des riffs bien mis en valeur au sein de cet ensemble puissant et majestueux.

Les Américains nous livrent donc avec ce « The Harvest Wombs » un album recherché et varié, plus loin de leur passé deathcore et plus proche d'un death technique atmosphérique. Les ambiances spirituelles ne pourront qu'évoquer Born of Osiris, toutefois, Fallujah a sa personnalité et un savoir faire qui lui est propre dans le domaine, s'éloignant de ce fait des clichés du deathcore et du death metal moderne afin de mettre en valeur un univers atypique et une force certaine.

10 Commentaires

12 J'aime

Partager

thetriptych - 27 Décembre 2011: Je suis pas encore totalement séduit par cet album étrange et au un peu trop "synthétique" à mon goût, mais force est d'avouer que de fait, je l'écoute beaucoup et que certaines choses me plaisent vraiment ! Que dites-vous de ce passage Jazz au début de The Flame Surreal ? :)
Molick - 28 Mars 2013: Merci pour la chronique, rien à redire je suis d'accord sur toute la ligne ^^
Kjellson - 09 Avril 2013: excellent groupe, cet album est puissant, ambiance particulièrement agréable, çà tabasse avec des soli de dieu qui glissent comme une bonne roteuse dans la gorge
FallenWorld - 22 Juillet 2015: Je trouve cette chronique un peu incomplète, sur deux points. 1) Il n'est pas question de lyrics.. 2) 16/20 alors que la chronique ne fait compte que des bons aspects de l'album Je trouve que le côté atmosphérique de The Harvest Wombs ne prend de l'importance qu'à partir de The Flame Surreal (toutefois très présente dans Become One). L'album est excellent, mais je le trouve moins que leurs futurs oeuvres, notamment The Flesh Prevails et encore mieux avec Nomadic.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ The_Black_Doll

23 Décembre 2011

Fallujah nous offre donc un album racé

L’univers propre à Fallujah n’a pas mit longtemps à se démarquer, déjà fort d’un «Leper Colony» sinistre et épatant pour un premier effort, le combo se décrivait comme une formation deathcore teinté de black atmosphérique particulièrement glauque, ainsi que quelques relents death brutal.
En 2010 sortait une demo qui affichait un virage vers un death plus prononcé, laissant alors les racines deathcore présentes sur les productions précédentes sans pour autant faiblir.

Fallujah arrive à se forger une solide réputation au sein de la scène underground, notamment grâce à sa dangerosité technique et des ambiances très travaillées.
Finalement, après des années à travailler en auto-production, le groupe signe chez Unique Leader Records, déjà connu pour abriter Carnophage, Beheaded, Aeon, Deeds Of Flesh, Decrepit Birth... Après une bonne masse de concerts et de tournées, retour en studio donc pour enregistrer ce qui s’avèrera comme le tout premier album du groupe «The Harvest Wombs».

Ce qui frappe à l’oeil dès que nous posons nos mains sur le CD, c’est l’artwork de Cameron gray (déjà responsable des artworks de «The Discovery» de Born Of Osiris ou «Artifacts In motion» de Circle Of Contempt), sa patte se reconnaît déjà entre mille, travail soigné et coloré, toujours orienté vers le corps, l’être humain en lui-même, et l’univers, la nature qui l’entoure. Rien à redire donc, si ce n’est que nous faisons face à un artwork grandiose qui attire beaucoup l’oeil.

Mais qu’en est-il de ce qu’il y a à l’intérieur?
Le titre d’ouverture «Alpha Incipient» démarre par une ambiance aérienne et sombre installée par une guitare typée black atmosphérique, quasiment hypnotique, pour ensuite partir sur un ensemble guitare/batterie tout aussi glauque, on est déjà éblouit par une entrée en matière aussi bien orchestrée, mais c’est lorsque l’instrumental débute l’accompagnement des vocaux gutturaux d’Alex Hofmann que les choses prennent une tournure différente. Terminé donc la sonorité deathcore présente sur «Leper Colony», aujourd’hui Fallujah se tourne vers un death technique bien nerveux et vicieux.
Dans la lignée d’un Augury ou d’un Beyond Creation, le groupe propose un cocktail de ce que les membres savent faire de mieux, des guitares lourdes alliant harmonie et puissance, une batterie au phrasé varié et au groove impeccable, le tout supportant des vocaux torturés et profonds. «Alpha Incipient» met l’auditeur à genoux grâce à son intro glauque et puissante, laissant ensuite la place à une véritable explosion fort plaisante où l’ensemble instrumental est encore plus déchaîné que jamais.

«Become One» fait lui aussi partie des très bonnes surprises que nous réserve ce nouveau brûlot des californiens, sonnant beaucoup plus death black que ses prédécesseurs, le titre possède tout de même ses propres parties death technique ravageuses. Bien que la musicalité soit là, certains reprochent au death technique d’être trop démonstratif par moment, certains groupes faisant un usage quasi ininterrompu de l’approche mathématique (l’équivalent de Periphery, autoproclamé précurseur du «djent», dans le metal prog), mais pourtant nous sommes rassurés que les membres installent judicieusement chaque solo de manière stratégique, laissant donc le temps de profiter des envolées black fortes en émotions, car oui, outre le fait que Fallujah propose une musique bien rentre-dedans et débridée, le groupe arrive à transporter beaucoup d’émotions au travers de cette sonorité qui lui est propre.

J’ai cité le mot «death technique» à plusieurs reprises certes, mais il faut tout de même avouer que nous retrouvons aussi des sonorités progressives, en particulier sur «The Flame Surreal», morceau instrumental de 3:31 où les musiciens se lâchent complètement, offrant un bon moment de répis avec une sonorité approchant celle d’un Animal As Leaders ou d’un Born Of Osiris sur «The Discovery» par moments.
Fouillé, coloré et transportant bien des émotions, «The FLame Surreal» est une bonne pause après un déchaînement de brutalité bien dosée, à noter ce passage à la limite du jazz japonais bien planant.

Retour ensuite aux hostilités donc, les morceaux s’enchaînent sans difficulté, la musique étaient très bien équilibrée, soutenue par une production impeccable qui permet de mettre en valeur la musique de Fallujah. «The Harvest Wombs» se termine avec «Assemblage Of Wolves», s’ouvrant à nouveau sur un court passage aérien, rapidement suivit par une batterie à la rapidité incroyable et au jeu redoutable.
Chaque seconde, Fallujah va de plus en plus loin, jouant la carte de l’expérimentation et du progressif, sachant tout de même parfois revenir sur des passages bien costauds où le riff se veux bien plus lourd, entrecoupé à la hache.
Alex Hofmann s’appuie alors sur cet instrumental en béton armé pour nous offrir une prestation remarquable, proche de James Lee et doué d’une palette variée.

«The Harvest Wombs» est audacieux, la prise de risque s’avère payante, car proposer une musique qui se démarque bien du reste est aujourd’hui une tâche belle et bien ardue, mais Fallujah nous offre donc un album racé, gardant sa recette de base tout en y apportant un nouveau souffle, un nouveau visage. Le groupe a énormément mûri et atteind son apogée avec un album de cette trempe, en espérant que les membres connaîtront le succès qu’ils méritent.
Production époustouflante, instrumental très varié et soigné, vocaux percutants, «The Harvest Wombs» est donc aujourd’hui la pièce maîtresse d’une discographie certes courte, mais déjà pleine de surprises.

0 Commentaire

4 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire