The Eighth Mountain

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Rhapsody Of Fire
Nom de l'album The Eighth Mountain
Type Album
Date de parution 22 Fevrier 2019
Labels AFM Records
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album35

Tracklist

1.
 Abyss of Pain
 00:48
2.
 Seven Heroic Deeds
 04:47
3.
 Master of Peace
 05:31
4.
 Rain of Fury
 04:09
5.
 White Wizard
 04:56
6.
 Warrior Heart
 04:29
7.
 The Courage to Forgive
 04:54
8.
 March Against the Tyrant
 09:22
9.
 Clash of Times
 04:41
10.
 The Legend Goes On
 04:33
11.
 The Wind, the Rain and the Moon
 05:22
12.
 Tales of a Hero's Fate
 10:47

Durée totale : 01:04:19


Chronique @ edenswordrummer

23 Fevrier 2019

Inégal à souhait, The Eight Mountain n'autorise cependant pas le deuil...

Difficile d'être catégorique quant à l'avenir de Rhapsody Of Fire. Peu après le départ de Luca Turilli, Alex Staropoli montra bien vite que le visage du groupe ne serait plus jamais le même avec un "Dark Wings of Steel" bien faible comparé aux mastodontes ambitieux du passé. "Into the Legend" redora quelque peu le blason du groupe déchu sans rassurer les plus pessimistes, bien que la qualité était incontestablement au rendez-vous. Puis, le glas sonna pour de bon. Fabio Lione quitta le navire, peu après Alex Holzwarth, laissant le co-fondateur seul à bord d'un projet commençant sérieusement à sentir le souffre, odeur que l'annonce d'un nouveau vocaliste (Giacomo Voli), d'un nouveau batteur (Manuel Lotter), et d'une rédit plus que dispensable des anciens titres en leur compagnie ne pouvait dissiper. "Legendary Years" nous montra, en effet, tout le savoir-faire des deux nouveaux arrivants, sans soulager cette inconsolable nostalgie du bon vieux temps.

Et tout cela pendant que Luca Turilli, de son côté, annonça la fin de LT's Rhapsody, son retrait de la musique Metal, pour revenir quelques mois plus tard, avec un nouveau projet : Turilli/Lione Rhapsody, en compagnie de tous les anciens membres de Rhapsody...sauf Alex, qui, de son côté, annonça en grande pompe "The Eighth Mountain", fort de son tout nouveau line-up. Entre un Turilli extravagant multipliant les projets et un Staropoli fidèle au passé tentant tant bien que mal de garder sa dignité, l'histoire de Rhapsody devenait plus que jamais amère. C'est dans ce climat brumeux que trois titres, à plusieurs semaines d'intervalle, furent divulgués, respectivement : « The Legend Goes On », « Rain of Fury » et « Master of Peace ». Bien que techniques, bien produits, et magnifiquement exécutés, les trois titres révélèrent les mêmes faiblesses : des musiciens en forme, mais une volonté bien trop caricaturale de retour à la vieille époque, au point que l'album parvint, d'avance, à repousser l'indétrônable fan qu'est votre serviteur.

C'est donc sans grand espoir que l'auditeur entame son écoute de "The Eighth Mountain", réalisé en coopération avec l'orchestre national bulgare ; une armée de choeurs et d'ensembles médiévaux pour un « retour au bon vieux temps ». « Abyss of Pain », éternelle introduction orchestrale, précède « Seven Heroics Deeds », titre d'ouverture de l'album. Et en un seul titre, l'espoir renaît : le morceau est une véritable torpille de puissance et de bravoure. Un jeu de batterie d'une richesse jamais entendue chez Rhapsody, un riff mêlant guitare et arrangements orchestraux que l'on pensait disparus depuis « Power of the Dragonflames », un vocaliste en état de grâce, frisant presque le Black sur le second couplet, et un refrain magique faisant écho à la bonne époque, sans surenchère, portant la maîtrise de 25 ans d'expérience. Le groupe se paye même le luxe d'incorporer un solo de clavier imprégné du doux parfum des balbutiements du Power Metal. Un véritable tube en puissance sentant bon la madeleine de Proust.

Cette impression de réconciliation avec le passé perdurera sur d'autres titres. Dans l'ensemble, "The Eighth Mountain" est un travail de synthèse de tous les horizons caressés par le groupe en 14 albums (dont 2 EP). L'album nous propose des soli influencés par la musique classique, exécutés avec maestria par Roberto Di Micheli, des interventions orchestrales bien plus riches que celles des œuvres récentes, et des refrains imprégnés de cette patte old-school, kitch à souhait, mais toujours avec ce talent pour ne pas sombrer dans le ridicule. Les titres s'enchaînent de manière cohérente, tant et si bien que l'on se retrouve même à apprécier les plus dispensables « Master of Peace », « Rain of Fury » et « The Legend Goes On », dans la manière dont ils sont agencés dans cette toile de fond narrative, posant les bases de la nouvelle saga du Néphilim. L'album raconte plus que jamais une histoire, et on se surprend à ressentir, parfois, la magie des débuts nous étreindre. Les plus nostalgiques retrouveront, en effet, cette richesse et ce déluge de notes propres aux premiers opus.
C'est sur « Tales of a Hero's Fate », long titre final, que ce constat sera le plus flagrant. Véritable bijou de composition, de nuances et de richesse, le titre retrouve une atmosphère que l'on pensait perdue à jamais. C'est sans doute dû au fantastique travail de Giacomo qui multiplie les nuances, et interprète les couplets avec un véritable arsenal vocal, nous donnant l'impression d'être la totale réincarnation de Fabio Lione. Entre interventions Blacks, envolées plus aiguës, mélodies torturées et imprévisibles, le nouveau vocaliste nous montre dans ce titre épique de 10 minutes, qu'il est taillé pour le rôle. Sans oublier ce riff de guitare à la « Dargor, Shadowlord of The Black Mountain » qui détruit tout sur son passage, ainsi que ces changements de rythme torturés sur un orchestre déchaîné. Le titre se clôturera par une intervention de Christopher Lee, sans doute la dernière du grand maître que nous aurons la chance d'entendre, celui-ci étant décédé en 2015...

Dans une note tout aussi positive, on notera le superbe « March Against the Tyrant », long titre de 9 minutes, riche en changements d'ambiance, et aux superbes envolées vocales sur le pré-refrain. Brassage de toutes les époques, il est la synthèse parfaite de 25 ans de travail et sera un autre moment fort de l'album. « Clash of Time » sera également à ranger parmi les titres convaincants, avec sa guitare portant les doux parfums de « Dawn of Victory » sur le riff et les soli, et son refrain, véritable pépite de composition qui divulgue sa richesse au fil des écoutes. « The Courage to Forgive » pour finir, nous évoquera "Dark Wings of Steel", mais débarrassé de toute inconsistance, aussi épique que solennel, notamment grâce à cette superbe voix féminine posée sur le riff pour un résultat renversant de puissance.

Album de l'espoir donc ? Pas vraiment. Car l'opus ne manque pas de faiblesses et de titres inégaux. Outre les trois dispensables singles évoqués plus haut, « White Wizard » sera un autre moment de flottement. Sans grand relief et bourré de mélodies pompeuses, le morceau deviendra bien vite accessoire et passera à la trappe lors de la réécoute. Il en sera globalement de même pour « Warrior Heart », riche en arrangements médiévaux, mais incapable de dérider les plus nostalgiques, ni d'arriver ne serait-ce qu'à la cheville de l'ambiance de « Legendary Tales ». Les véritables morceaux de bravoure ne montrent le bout de leur museau qu'à la seconde moitié de l'album, ce qui aura vite fait d'éprouver les plus patients. Pour finir, même si Giacomo nous montre dans cet album toute l'étendue de son talent, une certaine similitude dans la tournure de ses interventions est à noter. Particulièrement frappant lors de la première écoute, cet état de fait sera cependant vite dissipé lorsque la richesse des derniers titres sera apprivoisée.

Dur dilemme donc que de se prononcer sur "The Eighth Mountain", il est d'une certaine manière l'album que les fans de la première heure attendait, mais la faiblesse de certains de ses titres en rebutera plus d'un. De ce fait, il devient l'un des albums les plus inégaux jamais composés par le groupe. Pourtant, l'album recèle des perles propres à se démarquer dans le répertoire de la formation. Pour les plus optimistes, la performance de Giacomo et le superbe jeu de batterie de Manuel Lotter rassureront sur l'avenir du groupe ; pour ceux qui ont déjà enterré la formation, ils n'y verront que le vaillant baroud d'honneur d'un groupe agonisant. Quant à votre serviteur, il ne peut s'empêcher d'entretenir la lueur de l'espoir à l'écoute d'une œuvre nous interdisant tout deuil.


25 Commentaires

11 J'aime

Partager

Theodrik - 03 Avril 2019:

J'arrive en retard, mais je trouve cet album plutôt très bon. Pas parfait, mais bien meilleur que "Dark Wings Of Steel" et "Into The Legend". Certains titres sont une excellente synthèse entre bonnes instrumentations et bons refrains ("Seven Heroïc Deeds", "Master Of Piece", "Rain Of Fury",  "The Courage To Forgive", "The Legend Goes On", "Tales Of A Hero's Fate") d'autres sont surtout bons pour leurs instrumentations ("March Against The Tyrant", "Clash Of Times") et d'autres esentiellement pour leurs refrains ("Warrior Heart", "White Wizard"). La seule chanson vraiment faible sur tous ces plans que je trouve à cet album est "The Wind, The Rain And The Moon". Et encore, à lire les paroles, elle est assez émouvante. 

Oh, bien sûr, un album qui restaurerait l'espoir pour tout le monde serait un album où tous les titres seraient à la fois excellents sur le plan instrumental, des refrains et des paroles. Mais même les groupes les plus compétents ont du mal à en sortir un de cette trempe. Et encore moins plusieurs. Pour moi, le seul album qui se rapprocherait vraiment de cela est "The Frozen Tears Of Angels". Non que d'autres puissent être très bons. C'est juste que celui-ci me semble être le meilleur. 

Donc après un "Dark Wings Of Steel" globalement bon sur les refrains, mais trop lent sur les instrumentations et un "Into The Legend" aux refrains pas toujours assez efficaces, plus rapide, mais manquant un peu de grandiloquence, je ne boude pas mon plaisir pour ce "Eighth Mountain". C'est à mon avis le meilleur Rhapsody depuis "From Chaos To Eternity". Et c'est déjà pas mal. J'attends quand même le projet de Turilli/Lione avec intérêt. On verra bien si cette réunion des membres originaux arrive à faire aussi bien. Y a pas de raisons, mais on jugera sur pièce. 

David_Bordg - 03 Avril 2019:

Il est excellent ce nouvel album, et plus le temps passe et plus il se bonifie.

taliesin - 26 Mai 2019:

L'album est bon.
Staropoli fait du Rhapsody comme il le fait depuis 25 ans.
Seule originalité : la voix un peu black par moment.

Aucun titre ne vaut cependant le "My phoenix rise" du "TL Rhapsody". L'album s'il est de cette veine sera phénoménal.

Un 14/15 me semble donc logique. 

Adxbbr - 22 Juillet 2019:

Je l'aime bien celui-là. La plus grande variété est plaisante. Le mix favorise la batterie et la guitare mêmle si le grand gagnant est Voli dont les interventions sont très bonnes. Ma préférée est "The courage to forgive mais les changements de tempi donnent aux morceaux une belle mise en valeur. Un bon 15 est mérité

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire