The Frozen Tears of Angels

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Nom du groupe Rhapsody Of Fire
Nom de l'album The Frozen Tears of Angels
Type Album
Date de parution 30 Avril 2010
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Gate Studios
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album314

Tracklist

1. Dark Frozen World 02:13
2. Sea of Fate 04:47
3. Crystal Moonlight 04:25
4. Reign of Terror 06:52
5. Danza di Fuoco É Ghiaccio 06:24
6. Raging Starfire 04:56
7. Lost in Cold Dreams 05:12
8. On the Way to Ainor 06:58
9. The Frozen Tears of Angels 11:17
Bonustracks (Digipack Limited Edition)
10. Labyrinth of Madness 03:58
11. Sea of Fate (Orchestral Version) 03:54
Total playing time 53:04

Chronique @ Eternalis

22 Avril 2010
« Enivrant et gigantesque, 12012 tire définitivement la fin d’une époque, et dévoile un futur encore plus grandiose et inattendu. »
Eternalis

Voilà ce que l’on pouvait penser des Transalpins après un sixième véritable album littéralement différent de tous ses prédécesseurs, aux multiples compréhensions et angles d’écoutes, ayant autant subjugué que déçu.
La rage électrique et métallique s’amenuisait au profit d’une messe érudite et cinématographique, plongeant le modeste auditeur que nous sommes dans les forêts ensorcelées du Dar-Kunor, à la rencontre des esprits elfiques et des diverses créatures légendaires appartenant au mythe Rhapsody Of Fire. Le voyage était complet, total, musical, artistique… mais étrangement peu métallique, se permettant modestement quelques offensives, notamment sur le dantesque "The Mystic Prophecy of the Demonknight", montrant le visage le plus éclectique des Italiens.

« L'essoufflement est selon moi bien palpable, et le groupe a intérêt à réinventer son concept s'il ne veut pas finir aux oubliettes... »
LiegeLord

L’essoufflement créatif. Il est certain qu’un groupe précurseur est bien plus souvent en proie à son propre essoufflement, devant garder une ligne de conduite de ce qu’il a lui-même fondé. Et il est clairement visible qu’après un "Symphony of the Enchanted Land part II" médiocre et insipide, "12012", qui marquait par son empreinte musicale si caractéristique, déclarait très distinctement que le Rhapsody des débuts n’était plus…

« L’album montre la face la plus extrême et agressive du groupe. »
Alex Staropoli

Les déboires judiciaires furent nombreux, condamnant momentanément le groupe à l’empêcher de sortir quoi que ce soit sous l’appellation Rhapsody Of Fire, l’enfermant probablement dans une sphère de tension et de frustration.
Alors que le groupe annonce son retour, une signature chez Nuclear Blast (qui, un jour ou l’autre, posséderont tous les groupes metal de la planète…) et dévoile la direction de son septième album longue durée, The Frozen Tears of Angels, les doutes s’installent. Peut-on réellement rêver du changement ?

Changement il y a, très clairement. The Frozen Tears of Angels est simplement l’album le plus violent, le plus épique, le plus rapide, le plus dantesque et jouissif de la carrière du groupe, l’effet de surprise des débuts néanmoins légèrement en retrait. Et pourtant, qui pouvait s’attendre à une telle déferlante de riffs, de vélocité, de fluidité, de chœurs et de notes pour un nouveau Rhapsody ? Personne, mis à part eux…

"Dark Frozen World" sonne le glas d’une période où le metal s’amenuisait au profit des uniques symphonies afin d’enfin unir les deux dans leurs formes la plus parfaite. Les chœurs litaniques s’envolent, la narration solennelle de Christopher Lee est toujours aussi impressionnante tandis que la production s’annonce énorme. Mais une réelle impression de grandeur et de tension émane déjà de cette introduction, loin du mystère des introductions précédentes. Les chœurs installent rapidement une certaine pression, comme si la guerre et la bataille étaient imminentes, l’atmosphère épique est partout… puis ce riff de "Sea of Fate", sa ligne de basse monstrueuse et sa double pédale qui vous accueillent avec fracas. Fabio Lione chante toujours aussi admirablement bien, le refrain est une merveille de mélodie (comme à l’époque) et surtout, on sent que les interventions de Luca Turilli ont été finement travaillées. Pleines de dextérité, de fluidité, d’une célérité à dégouter mais toujours emplies de beauté, il renoue avec une technique qu’il avait eu tendance à un peu trop oublier par le passé. Le constat est le même pour un Alex Staropoli ayant complètement élargi sa gamme de sonorités, ne se contentant plus uniquement de sonorités symphoniques mais aussi de nombreuses nappes, soli et textures synthétiques (ce solo magique sur "Sea of Fate") conférant un peu plus d’agressivité à l’ensemble.

Il n’y a qu’à écouter les jouissifs "Reign of Terror" ou "On the Way to Ainor" pour s’en convaincre. "Reign of Terror" continue de nous plonger en pleine jouissance auditive, en exprimant une rage jamais atteinte encore par le groupe. S’ouvrant sur un orgue malsain et lointain, des murmures démoniaques et incantatoires, il laisse exploser un des riffs les plus heavy jamais composés. Quelques soli à se couper les doigts retentissent avant un blast beat incroyablement rapide, des hurlements bestiaux de Fabio Lione ainsi qu’une symphonie complètement débridée et folle. Fabio distille toute sa palette vocale avec une maestria forçant l’admiration tandis que les chœurs sont tous plus monumentaux les uns que les autres. Alex y montre également sa nouvelle approche des claviers pour accentuer la pression musicale alors que l’approche extrêmement technique et déchaînée évoque le "Prophet of the Last Eclipse" solo du guitariste.
"On the Way to Ainor" dresse un Rhapsody, tout au long de ses sept minutes, hargneux à souhait et grandiloquent où tout s’enchaîne dans une fluidité qui s’était complètement perdue depuis "Power of the Dragonflame", entre envolées lyriques à couper le souffle et parties d’une cantatrice féminine sublime (Bidget Fogle, chanteuse du "Lost Horizons" de Luca en solo). "Crystal Moonlight" et "Raging Starfire" complètent un tableau d’une rapidité sans pareil, aux arrangements si nombreux qu’il en devient impossible de tout décrire, à la richesse si immense que la découverte en devient une mine d’or où l’on ne sait plus où donner de l’oreille.

La surprenante "Danza di Fuoco e Ghiaccio" installe un interlude moyenâgeux bienvenu dans ce climat de terreur et de guerre, pause nécessaire à la respiration d’un album touché par la grâce et l’envie d’en découdre. Une ambiance de troubadour, des flûtes, mandolines et autres instruments à vent étranges dressent une nouvelle symphonie plus intimiste et magnifique, chantante et presque dansante.
"The Frozen Tears of Angels" tire sa révérence sur le morceau offrant son nom à l’album, pour douze minutes épiques et teintées d’une plus grande mélodie, comme un flashback de ce que fut le groupe avec une production et une interprétation actuelle.

Une fois ce morceau fini, dont le souffle des forêts tisse le lien avec l’opus précédent, le constat est sans appel ! Rhapsody l’a fait… il tient dans ses mains l’aboutissement de tout un style, de toute une époque, de tout ce qu’il a lui-même instauré. Rhapsody Of Fire vient de donner vie à un monstre, un album déjà crucial dans sa carrière. Un opus qui, clairement, se pose concrètement comme la finalité d’un genre que l’on croyait en bout de course. Plus personne n’y croyait, Rhapsody l’a réalisé… son ultime chef-d’œuvre !

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PoCBnui - 05 Août 2010: Je l'ai écouté, mais bof.

Du déjà entendu et, personellement, le précédent était meilleur.
Ils ont durcit les riffs et double plus souvent sa grosse caisse et c'est plus ou moins tout.

Et j'ai trouvé qu'il a fallu attendre Reign Of Terror (qui est franchement un très bon morceau, avec le dernier, leurs longs morceaux sont souvent intéressants) pour avoir enfin un chant qui colle bien à la musique et qui ne soit pas trop mou.

La ballade en italien est intéressante, mais casse un rythme qui peinait à se mettre en place je trouve.

Il y a plus ou moins le même schéma pour trop de morceaux j'ai l'impression.

Donc bref, j'aime bien, mais il ne va pas rester gravé dans ma mémoire celui-là.



(Et... Pas taper, ce n'est que mon avis hein ;) )
leptitpizou - 26 Janvier 2011: Excellent album ! Vous ne trouvez pas qu'il y a des influences chinoises dans le jeux de Luca sur cet opus ?^^
dissikator - 16 Juin 2011: et bien mon ami, quelle chronique!
edenswordrummer - 02 Avril 2013: Ca fait pas mals de temps que tu as fait ta chronique à présent mais quand on tombe sur une merveille littérale de ce genre on ne peut s'empécher de te féliciter :D Par contre, je ne suis pas d'accord avec toi sur un point, j'ai vraiment adoré soel 2, mais à part ça, je te suis sur toute la ligne, album magistrale, des refrains à tomber par terre, des solos à scotcher au fauteuil et des choeurs à subir une hyppothermie de frissons !
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Chronique @ Stromwatcher

22 Août 2010
Comment dire en une phrase que j'ai aimé cet album même si il m'a déçu? Voilà c'est fait. Je ne suis pas d'un naturel paranoïaque, mais j'ai sérieusement envie de crier au scandale après ça. Il y a bien plus d’un seul type d’albums « mauvais ». Il y a ceux qui étaient perdus avant même d’avoir commencé, mort-nés pour ainsi dire. (Re)-Load de Metallica, No Prayer for the Dying d’Iron Maiden. Il y a les réalisations de groupes dont nous nous sommes habitués à la médiocrité, qui ont le mérite d’être drôles et auxquels nous nous intéressons de par une sorte de voyeurisme plus ou moins malsain (je pense que La chronique de notre ami Eternalis, sur We Rule The Night de Sonic Syndicate a dépassé les 300 commentaires, à l’heure où j’en parle). Et il y a les albums les plus décevants parmi les ratés, des albums comme le Black Album de Metallica ou Fear Of The Dark de Maiden, des disques au grand potentiel, qui ne peuvent pas vraiment être qualifiés de mauvais, mais qui se trahissent par des détails sur lesquels on n'attendait absolument pas le groupe, ces albums se défendent mais chaque écoute est là pour nous faire grincer des dents, et nous rappeler que plus de sincérité, de souci du détail aurait pu en faire un chef-d’œuvre. The Frozen Tears of Angels en fait indéniablement partie.

Flash back & Co: Après un "Triumph or Agony" symphonique, épique mais qui laissait (un peu trop ?) les guitares en retrait, nos ritals préférés, ont dû faire une pause, problèmes judiciaires avec "Magic Circle Music" leur ancien label, oblige. Nous étions donc pas mal de fans à vouer Rhapsody (Of Fire) à la tombe. Sauf que quatre ans plus tard nos petits gars sortent de nulle part avec ça, et en prime un nouveau label, Nuclear Blast, bien sûr (encore un groupe légendaire qui finit dans leurs rets). Et ça c'est quoi? C'est The Frozen Tears of Angels, c'est soi-disant, comme à chaque fois, le meilleur album qu’ils n’aient jamais fait. Je me rappelle encore la page internet en guise de news, avec l'artwork, (magnifique d'ailleurs, exprimant comme jamais, le « combat » entre les influences symphoniques et metal du groupe) et des critiques plus élogieuses les unes que les autres...quelques chansons filtrées sur le net, l'excitation est à son comble, puis l'album finit par sortir, on l'achète, on l'écoute...et alors?

Et alors? (Non Zorro n'arrive pas). Et alors un certain « Dark Frozen World » et par la même occasion un certain Christopher Lee nous accueillent pour une intervention narrative; (qui soit-dit en passant, en plus de ne rien nous apprendre sur la saga, est plutôt fade comparée à ce qu'on pouvait entendre sur les albums précédents) et une intro symphonique une, et là, c’est le drame. On comprend tout de suite que le groupe nous refait un album façon « Dawn of Victory », un album avec une intro épique au sens symphonique du terme, sans s’en donner les moyens. Pas que ce soit mauvais en soi, c’est même mille fois mieux que ce que le groupe a fait par le passé en la matière sur « Dawn… », seulement Rhapsody a une façon de composer ses parties orchestrales qu'on ne peut qualifier que d'une seule manière: Grandiose! (Bien plus que des groupes comme Nighwish, Angra ou Epica pour ne citer qu’eux). Les instruments se répondent, se superposent, s’empilent… Du coup, quand elles sont construites sur des samplers et non sur un orchestre, ces dites parties ne sonnent vraiment pas comme elles le devraient, pas mauvaises mais mortes, en particulier quand le groupe s'appuie trop dessus, erreur qu’il répétera sur la dernière piste éponyme de l’album.

Et pour la suite? La seconde chose qui nous heurte c'est l'orientation très Power-Metal que le groupe prend (logique, orchestre envolé), "Sea of Fate" donne le ton, et tout le reste de l'album ou presque d'ailleurs, là où on pouvait entendre des arrangements symphoniques majestueux et/ou des interventions folk envoûtantes, on trouve le plus souvent des solos et des solos et des solos de guitare, de synthé, voire quelques samplers, la plupart du temps agréables car suffisamment mis au service de la rythmique de la chanson pour ça. Mais aussi parfois, des vides franchement mous comme sur le pont juste avant les soli d'On The Way To Ainor. Il faut cependant l'avouer: la sauce prend souvent. Sea of Fate est un tube (si vous écoutez bien la batterie sur les couplets vous trouverez un rythme presque funky…); Reign of Terror est une perle avec ses chœurs (que le groupe a eu le bon goût de garder), avec son chant « Death » (remarquez les guillemets...), surprenant de la part de Fabio et son refrain DANTESQUE; « On The Way To Ainor », malgré des faiblesses de structure et un refrain déjà entendu, auto-cambriolé dans une tourne nommée « Stealgods of The Last Apocalypce » s'écoute agréablement; "Frozen Tears..." nous montre une utilisation des harmoniques plus que prenante et des mélodies entêtantes/angoissantes qui nous font oublier un début un peu lent, et construisent une belle ambiance. Ça donne aussi et enfin "Raging Starfire", malgré pas mal de plans et de mélodies déjà entendus, (soli d’introduction inspirés de Rage Of The Winter, chant/couplets très proche de Dargor the Shadowlord…). Le solo principal est tout simplement stupéfiant de beauté, les chœurs magnifiques et le refrain majestueux.

Et le côté obscur de la guitare me direz-vous? Et bien ça apporte, en plus d'un aspect répétitif franchement dégrisant, Turilli n'ayant pas un style de solo laissant beaucoup de place au feeling ou au groove, (quoi que, sur cet album la guitare est plus expressive que jamais, pour Rhapsody) et le groupe n’utilisant plus, ou très peu les interventions folks qui donnaient à ses premiers albums cette couleur si variée ; Des intro déjà entendues comme cette chanson empestant le remplissage qu'est "Crystal Moonlight"; ou comment un refrain à la mélodie horrible, en raison du vibrato, inapproprié pour un chœur de Lione (le comble pour Rhapsody) un chant-couplets plagié sur un certain "Demonheart" (Luca Turilli? Vous avez dit: Luca Turilli?)et une entrée en scène guitare-batterie-orgue déjà vue, coule des soli prometteurs. Ça donne aussi "Danza Di Fuocco E Ghiaccio": je n'ai pas encore compris ce que ce solo, certes excellent venait faire ici bon sang de bois! (Désolé, quand je m’énerve je suis parfois vulgaire…) Cette chanson est si dansante que le changement de rythme qui accompagne le-dit solo casse une ambiance aux petits oignons.

Et malgré tout, l'album reste un bon album, c'est ça le pire! Si c'était un mauvais disque on pourrait le haïr en paix, le classer à D comme Daube, sceller cette oubliette à jamais, s’asseoir et attendre le prochain album, mais il n'en est rien. Cet album n’est pas mauvais, il a juste le cul entre deux chaises, il a juste la très mauvaise manie de vouloir intégrer des éléments symphoniques à sa musique, tout en négligeant la composition et les moyens en la matière ; Mais envers et contre tout, ces défauts qui font grincer des dents, chaque piste ou presque a des atours qui font oublier ces faiblesses, sans compter la voix de Fabio toujours aussi sublime et précise (Sauf les chœurs). Sans compter une production majestueuse, sans compter beaucoup de choses ... On pourrait citer dans le genre à moitié raté, "Lost in Cold Dreams": Une intro à la guitare acoustique toute simple (comme quoi tout arrive) nous amène une chanson dont les chœurs, à l’instar de ceux de "Crystal Moonlight" sonnent mal, car Fabio use et abuse de son éternel vibrato. C’est quand même grave quand on a deux chœurs à disposition, même réduits par rapport à "Triumph...", de les sous-employer ainsi, mais là où leur secours aurait été le bienvenu, Fabio fait les chœurs seul (pour autant que je l’entende), et visiblement moduler sa voix n’est plus dans ses cordes vocales. Mais malgré ça le refrain reste imparable et on se surprend à hurler à tue tête: "The Cry of Heaven, The Tears of Angels!" Crystal Moonlight a beau avoir une mélodie centrale horrible, ses solos sont tout simplement imparables. Qui plus est, forcés nous sommes de constater que sur certains points cet album innove, les guitares acoustiques sont délicieusement employées, la batterie devient enfin plus diversifiée dans ses rythmiques, l’italien est mis en valeur dans les paroles…

Et les bonus Track dans tout ça? Un instrumental à la guitare, "Labyrinth of Madness", très intéressant, en fait, tellement intéressant qu'il aurait mérité une place à part entière sur l'album; et une version orchestrale,(sans orchestre...allez comprendre) de "Sea of Fate" navrante. Oui, vouloir faire A CE POINT dans le grandiose quand on n'utilise aucun instrument véritable (faux le piano?), c'est du suicide.

En bref (tout est relatif), en résumé: Vous aimez Rhapsody pour ses arrangements symphoniques, folk, alliés à la guitare? Alors cet album vous sera définitivement pénible aux premières écoutes, partout où vous regarderez le territoire sera conçu pour des "guitar addicted" (ce qui explique sûrement les bonnes critiques entre nous…). Certes, on peut comprendre la logique du groupe quand de nombreuses formations metal se perdent dans des arrangements symphoniques de plus en plus pompeux, et quand les fans hurlent pour un retour au Power-Metal, le groupe a choisi la facilité, ce qui est un choix comme un autre, mais quand on fait quelque chose, on le fait bien. La Rhapsodie ardente a négligé cette sagesse populaire. Faire l’album que les fans attendent est une chose, le faire de façon si bâclée quand on y regarde de près en est une autre.

Le groupe y perd, voire renonce à tout ce qu'il a acquis pendant "Triumph or Agony", ou même à tout ce qu'il avait acquis depuis bien avant (je ne vais pas remonter jusque "Legendary Tales", mais je pourrais), et ça se sent! Lentement mais sûrement, la formation sombre vers un Power-Metal de plus en plus conformiste, agréable certes, mais pas exactement ce à quoi ils nous avaient habitués, et pas exactement de la bonne façon. Mais une chose irritera plus que tout: Le chef-d'œuvre promis n'est pas très loin (je ne vois pas pourquoi le côté symphonique-folk et le côté Power-Metal du groupe devraient constamment se repousser l'un l'autre...). C’est vrai, imaginez: Un orchestre pour les parties symphoniques et différents breaks mélo, plus réduit s'il le faut, qu’à cela ne tienne (chose que le groupe a plus que les moyens de faire), arrêtez Danza Di Fuoco E Ghiaccio juste avant ce fichu solo, gardons le chœur final tant qu’à faire, et on tient un très bon album. Ensuite, soyons fous: imaginons que Rhapsody vire les auto-plagiats les plus flagrants de son disque, comble les quelques fadeurs avec ces solos de violons/flute dont ils ont le secret (Cf. : « Danza… » et beaucoup d'autres chansons...), ou une intervention vocale féminine (cf: On the way...) et se rende compte que quitte à avoir DEUX chœurs présents sous la main, autant ne pas surexploiter Lione (ou, mieux, lui (ré)-apprendre à moduler sa voix), et on tient l’album de la décennie niveau Power-Metal et niveau Metal Symphonique! (Ce que cet album deviendra de toute façon, ça aurait juste pu être légitime). Ce n’est pas triste ça ? Ce qui sépare cette œuvre bien faite d’une bombe tient en quelques lignes. Les âmes chagrines me diront sans doute: « Plus facile à dire qu’à faire! » Et elles auraient raison dans un sens, mais voilà… Quand on se prend autant au sérieux que Rhapsody of Fire, il faut assumer.

15/20:Douloureusement.

3 Commentaires

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kevin555 - 22 Août 2010: pas mal du tout ;)
EternalTearsOfSorrow - 22 Août 2010: Superbe première chronique, bravo !
Adarkar - 05 Décembre 2010: bellle chro qui reflete a merveille ce que je pense de cet album
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Chronique @ belzaran

04 Décembre 2010
Rhapsody of Fire est un groupe italien de power-metal symphonique. Par l’apport de parties médiévales et l’omniprésence d’un aspect orchestral, le groupe s’est forgé une solide réputation et est devenu un de fers de lance du genre. Cependant, j’avais toujours trouvé le groupe trop grandiloquent et n’avait jamais pu totalement m'accrocher à la musique des Transalpins.

La sortie de « The Frozen Tears of Angels » était l’occasion rêvée de retenter ma chance. En effet, après quelques albums considérés comme décevants, Rhapsody of Fire semblait être revenu aux fondamentaux. Le côté orchestral et grandiloquent est présent dès la première plage, un instrumental couplé à une narration de Christopher Lee… Cependant, tout au long du disque, on retiendra beaucoup plus les guitares de Luca Turilli et les chœurs monumentaux. En effet, l’album mêle habilement les influences neo-classiques du groupe avec une certaine agressivité.

L’album s’articule autour de trois véritables tueries : « Reign of Terror », un morceau de près de sept minutes qui est l’évidence même. Puissante, sombre, voir agressive, c’est avec elle que démarre réellement l’album tant la claque est importante. On citera également « Raging Starfire », morceau speed efficace et accrocheur et « On the Way to Ainor », morceau plus progressif et subtil, avec son refrain tout en chœurs. L’une des forces du groupe est finalement d’assumer ce côté grandiloquent à fond, ce qui donne lieu aux meilleurs passages de l’album. L’aspect plus sombre de l’ensemble permet aussi de mieux faire passer la pilule. Les influences purement médiévales se retrouvent parquées dans le morceau « Danza di Fuoco e Ghiaccio ». Véritable curiosité, il évite aux autres morceaux d’être surchargés par cet aspect.

Rhapsody of Fire doit beaucoup à son guitariste Luca Turilli. Les riffs sont impressionnants de technicité et les solos sont toujours intéressants. Certes, son style neo-classique est particulier et favorise les variations autour d’une gamme plus que des parties plus expressives. Très appréciable, il forme régulièrement des constructions à deux guitares complexes et toujours pertinentes (« Lost in Cold Dreams », « Reign of Terror », « Crystal Moonlight », « Sea of Fate »). Au final, ses solos expriment aussi bien la grandiloquence que la décadence (« On the Way to Ainor », « Reign of Terror »). Ils sortent ainsi régulièrement des chemins tracés. Une vraie performance tant les solos de certains guitaristes peuvent parfois être convenus. Ce n’est pas le cas ici.

Difficile de passer à côté de Fabio Lione, le chanteur. Technique, puissant, il possède une très belle voix. Il sait surtout faire passer l’émotion (« Lost in Cold Dreams ») et évite de n’être « que » technique comme certains chanteurs du genre. Il nous fera même le plaisir de chanter en italien certaines parties du morceau « The Frozen Tears of Angels », le morceau fleuve qui clôt l’album (onze minutes), ou de façon plus agressive (« Reign of Terror »).

L’album possède également ses passages moins flamboyants. « Sea of Fate » est un peu trop convenu. « Crystal Moonlight » se traîne un peu bien que possédant un solo très accrocheur. « Lost in Cold Dreams » est une ballade très grandiloquente qui ne plaira pas à tout le monde (malgré un solo encore une fois très intéressant). Cependant, ces morceaux, bien que moins originaux, restent de très bonne facture, si bien que l’on ne s’ennuie jamais sur cet album.

Le mixage de l’album a également son importance. Le son de l’album est puissant et précis. Quand les chœurs entrent en jeu, on se sent complètement fouetté par la musique. Les parties de guitares enchevêtrées sont également très bien rendues.

Au final, Rhapsody of Fire nous a concocté un album riche, puissant et sombre. Derrière cette richesse se cache une vraie cohérence et un album bien équilibré. Il serait dommage de passer à côté, que vous ayez abandonné le groupe en route ou comme moi, que vous vous sentiez hermétique au groupe. Oui, Rhapsody of Fire est toujours grandiloquent. Oui, les chœurs sont grandioses. Oui, il y a plein de violons sur les refrains. Mais devant la richesse, l’efficacité et la pertinence du propos, difficile de rester indifférent à cet opus des Italiens.

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