The Cube

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17/20
Nom du groupe Supuration
Nom de l'album The Cube
Type Album
Date de parution 01 Avril 1993
Labels Reincarnate
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album133

Tracklist

Re-Issue in 1998 by Holy Records.
Re-Issue in 2018 by Dark Symphonies.
1.
 Prelude
 00:57
2.
 The Elevation
 05:10
3.
 Soul's Speculum
 01:10
4.
 138.JP.08
 03:03
5.
 The Cube
 05:49
6.
 Through the Transparent Partitions
 03:58
7.
 Spherical Inner-Sides
 00:53
8.
 The Accomplishment
 07:15
9.
 4TX.31B
 04:35
10.
 The Dim Light
 05:33

Durée totale : 38:23


Chronique @ Fabien

28 Avril 2008
Pratiquement voisin de Loudblast, Supuration se forme dès 1989 dans le nord de la France, autour des frères Loez (Fabrice & Ludovic) et du batteur Thierry Berger, influencé dans ses toutes premières années par les pionniers de la scène deathmetal. Toutefois, le groupe cultive rapidement une forte identité, se taillant notamment une solide réputation sur l’hexagone grâce à son MCD Sultry Obsession. Complétant son line up avec le bassiste Laurent Bessault, la bande se dirige alors en studios sous la houlette de Bruno Objoie, le Colin Richarson français de l’époque, pour les sessions de son premier album.

The Cube sort ainsi en avril 1993, sur le petit label Reincarnate Records qui, malgré de faibles moyens, livre le CD dans un splendide digipack, une première dans le monde du metal. Cette présentation surprenante souligne parfaitement l’avant garde des thèmes abordés par Supuration qui, à mille lieux des stéréotypes gores ou sataniques l’époque, imagine un concept album sur les pérégrinations de l’âme, libérée de son enveloppe charnelle après la mort.

Débutant par une guitare acoustique apaisante, l’album enchaine avec The Elevation, sur le couple rythmique lourd & middle tempo du tandem Thierry / Laurent, supportant les riffs massifs & techniques des deux frères. Ludovic délivre un guttural très profond à ce moment, mais alterne rapidement avec un chant clair parfaitement maîtrisé, tandis que les guitares deviennent parallèlement plus mélodiques & aérées, offrant notamment une succession de soli somptueux en milieu de morceau.

Ce premier titre donne ainsi la couleur globale de The Cube, qui jongle brillamment entre lourdeur deathmetal, atmosphères éthérées, sonorités futuristes et harmonies soignées, à l’image de l’excellent de Dim Light. 1308.JP.08 & 4TX.31B restent certainement les deux titres les plus ambitieux de l’album, dégageant leurs ambiances subtiles & mélancoliques, sur des paroles en chant clair de bout en bout.

En cette année 1993, Supuration explose ainsi les limites du deathmetal, fort d’un concept original et d’un chant clair encore inédit dans le genre, imposant un climat tantôt dur, sombre ou chaleureux. Toutefois, malgré un succès notoire sur le territoire français, The Cube peine à s’exporter, faute à la faible structure de son label, mais aussi à son deathmetal feutrée certainement trop d'avant-garde pour son époque.

Fabien.

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eulmatt - 29 Avril 2008: Un groupe atypique et passionnant. Une belle maîtrise des ambiances qui alternent entre death metal, pointe indus par moments, et beaucoup de légèreté aérienne très onirique.
J'aime beaucoup Still In The Sphere également.
Je regrette d'avoir moins suivi la suite de leur carrière, mais ces deux disques là méritent d'être remis à la lumière.
tonio - 30 Avril 2008: Une perle cet album ! Une réalisation completement à part dans le monde du death métal, ce groupe a une personnalité incroyable.
psyk - 16 Octobre 2008: SUP c'est de la bonne zik mais les pochettes sont d'une laideur absolu! sauf sur angelus ou c pas mal!!
ShubNiggurath - 29 Août 2012: Merci pour la chronique Fabien!
Un superbe album, ambitieux, soigné et terriblement novateur à l'époque de sa sortie!
A mes yeux, avec le MCD "Still in the Sphere", le meilleur du combo Nordiste!
Le +, les magnifiques solos des frères Loez.
Dommage que ces solos justement, sont complètement abandonnés dés l'album suivant...
Presque 20 ans après sa sortie (déjà!) et je prends toujours du plaisir à le glisser dans ma platine.
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Chronique @ TasteofEternity

16 Mai 2019

L'antre de la folie

Le casse-tête Supuration, brouilleur de radars, torpilleur de styles, le groupe, à l’entame de carrière fulgurante, qui ne se laisse ni enfermer ni analyser, parce qu’il se fait un devoir de repousser ses limites dès le premier album, bref le cauchemar du chroniqueur. Vite du café et une clope, et surtout du silence. La ferme ! Il faut que je me souvienne, car je ne remettrai pas les pieds là-bas, jamais. Vous, oui, si cela vous amuse, mais moi, non. Tu sais combien de séances de psychanalyse cet album m’a valu ? Putain j’aurai sûrement pu racheter les droits de l’album avec ce que j’ai claqué, pour l’envoyer par le fond. Si j’écris dessus, c’est uniquement parce que cela fait partie intégrante de la thérapie, parce qu'entre-nous il faut être masochiste pour oser essayer de poser des mots sur un tel objet.

Lorsque The Cube sort en 1993, estampillé « Reincarnate », renvoyant au label monté par le disquaire Underground Records et co-produit avec le label lillois Danceteria, l’âge d’or du death metal touche à sa fin. Non pas qu’en la matière, le style n’ait plus rien à proposer, Thresholds, Spheres, Focus, ou encore Elements prouvent le contraire, développant une virtuosité technique et atmosphérique insoupçonnée. A l’intérieur, tous les espoirs sont encore permis. Malheureusement le public se laisse séduire par d’autres sons, et le death est en passe de retrouver une certaine confidentialité.

Les Français ont déjà fait évoluer leur formule en proposant cette fois un concept album avant gardiste dont le style reste encore aujourd’hui difficile à définir. Péché d’orgueil qui le rend à la fois puissant et subtile mais bien trop novateur pour que le public cède à son charme dès la première écoute. The Cube est une œuvre captivante, que l’on s’attache seulement à la musique, qu’on se plonge dans les textes, ou qu’on reste fasciné par une jaquette qui renverse les codes du genre et de l'époque. Parce que The Cube est à lui-même son propre étalon de mesure, il ne rentre dans aucune case, laissant sur le bas côté de la route une partie des deathsters habitués à un travail plus direct, dont les contours apparaissent mieux définis et plus accessibles. En flirtant avec la musique des 80’s, le gothique et la coldwave, Supuration prend un virage inattendu et se forge un univers sans frontières où les styles s’entremêlent sans conditions, brouillant les pistes, transgressant règles et limites pour créer un monstre artistique d’une froideur et d’une puissance incalculable. Les fondations demeurent liées au metal extrême, le doom et le death metal, mais à partir de là le travail ne fait que commencer. Les frères Loez sculptent des atmosphères comme les souffleurs de verre à Murano, à la main, ferme, et avec leur souffle, divin, générant des formes qui ne se disent pas mais qui s’infiltrent, et dont la brûlure ne cicatrise jamais complètement. Musicalement, Supuration surprend par son unité, un véritable tout se dégage de The Cube, les instruments, les voix et les atmosphères demeurent, tous, au service d'un concept ambitieux et ne s'en écartent jamais. Techniquement, le groupe a progressé mais toujours dans le but de renforcer le concept, d'ailleurs le fait de ne pas percevoir de volonté personnelle de se démarquer au niveau des guitares ou des voix rend l'oeuvre encore plus hermétique puisqu'elle ne livre pas le cahier des charges attendu. Dès The Elevation, on se fait cueillir par une froideur brutale et mélancolique, puis nous voilà embarqué dans un grand huit émotionnel avec 138.JP.08, de véritables montagnes russes qui alternent avec une intensité constante des montées de riffs mélodico-hypnotiques enchaînant avec des descentes névrotico-vertigineuses surplombées d'un growl autoritaire. Mon Dieu que ces termes sont barbares, des hybrides aux relents psychiatriques. Mais où suis-je ? Qu’est-ce que j’ai fait pour en arriver là ?

Nous voilà suspendus entre les mondes avec The Cube à la recherche d’une terre ferme pour nous reposer, une ligne mélodique rassurante, ou une accalmie bienveillante. Or Supuration n’a pas la magnanimité de nous offrir un tel refuge. Tout n’est que noirceur et souffle glacé dans un univers rythmique où le soleil ne semble jamais se lever hormis peut-être le jour de notre mort. Et lorsqu'il pleut, ce sont des lames de rasoir tranchantes comme des riffs qui s'abattent sur nous. Pendant ce temps, l’errance qui nous étreint dans ce désert spectral s’apparente à un chemin de croix dans la vallée des ombres. Le labyrinthe qui est proposé à l’auditeur impose de s’attacher à un fil rouge pour éviter de ne jamais retrouver la sortie, mais lequel ?

Toutes ces émotions, qui nous traversent au cours de l’écoute, trouvent un sens lorsque nous nous mettons à parcourir les textes, et découvrons le concept qui anime The Cube. En quelques mots, il s’agit du voyage de l’âme d’une personne suicidée dans le monde des morts, qui découvre qu’elle pourrait se réincarner (d’où le « Reincarnate » sur la jaquette arrière).

The Cube est et restera un album ultime. Il donnera lieu à deux suites, certainement complémentaires mais aucune n’égalera ce monstrueux chef d’œuvre. Si vous désirez vous essayer à quelque chose qui pourrait prendre des airs de Supuration mais dans un registre encore plus lourd et suffocant, jetez une oreille sur l’album Chasmic Transcendance des finlandais de Desecresy sorti en 2014, vous m’en direz des nouvelles.


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TasteofEternity - 21 Mai 2019:

Merci à vous d'avoir pris le temps de lire et de laisser un commentaire...

@krakoukass56 : je partage ton avis sur CU3E, mais à la différence de The Cube, l'impact est amoindri car l'effet de surprise est passé. Il ne peut donc ni l'égaler ni le surpasser en revanche il représente une très bonne suite en reprenant la profondeur, la complexité et le riffing du premier volet. Je serai intéressé pour connaître ton avis sur Incubation ;) ?  Et merci pour ta vigilance orthographique.

@JL : connaissant ton goût pour les monstres et les spectres que tu cotoies depuis quelques décennies par l'intermédiaire de Manilla Road, Mekong Delta, etc, je te sais ne pas être homme à te laisser destabiliser facilement. Toutefois qui ose regarder en face The Cube risque de se retrouver face à l'Abyme, celui-la même qui inspira ces quelques mots à Nietzsche : "Quand tu prends le temps de plonger ton regard dans l'Abyme, au bout d'un moment, l'Abyme plonge également en toi".  En ce qui concerne cette thérapie qui m'a pompé un fric pas croyable, j'ai pris la décision d'arrêter, en même temps mon psy refusait d'être payé en cds de metal, j'ai bien dû me résigner à faire un choix ;)

samolice - 21 Mai 2019:

Merci pour la chro Arth.

Heureux possesseur du CU3E de 2013 que tu m'as offert, je ne connais pas celui-ci. J'ai un peu la trouille de l'écouter après avoir lu ton texte. C'est que ça coute cher un psy!

J'ai été surpris lorsque j'ai découvert l'album de 2013 d'entendre une musique, j'ose le terme, aussi facile d'accés. J'imaginais un truc tellement plus barré. Celui-ci est-il assez similaire musicalement?

TasteofEternity - 21 Mai 2019:

Supuration demande beaucoup pour être écouté, alors compris je n'imagine même pas. Te concernant Sam', la problématique était encore autre, comment te faire rentrer dans cet univers sans que tu te fasses décrocher en moins de deux ? Soit prendre le risque de t'envoyer dans le mur avec The Cube qui avait neuf chances sur dix de te rebuter à la première écoute, et que tu allais reléguer pendant dix ans sur ton étagère ou refourguer à une pauvre âme condamnée de fait à la camisole, soit te proposer un accès plus facile pour te faire à l'univers du groupe, j'ai choisi la seconde option d'où ton impression justifiée. Mais tu vois Didier, qui lui est encore en train de faire ses classes dans le death, en bonne voie pour avoir son badge, il n'a pas des masses usé son 33 tours de CU3E ;)

Je pense que tu ne seras pas surpris par The Cube en revanche tu vas pouvoir approfondir ta connaissance d'un groupe vraiment à part, donc oui bien sûr fonce, en sachant qu'il a été réédité récemment en version double cds, et que tu peux le récupérer sur le site du groupe pour quelques euros tant qu'ils l'ont encore en stock : https://xytah.bigcartel.com/product/the-cube-reedition-import-us-double-cd

Tu feras une bonne action, et le Dieu du Metal t'en sera éternellement reconnaissant brave petit...

krakoukass56 - 21 Mai 2019:

@TasteO : Alors non j'ai jamais essayé Incubation... A vrai dire je ne connais que très très peu SUP.
Mais franchement, le CU3E il est certes un ou deux petits crans en-dessous, mais il est carrément indissociable du premier. Ils ont vraiment boutiqué les "rappels" entre les 2 de manière intelligente (comme le feraient certains artistes de prog), dans les riffs, les vocaux, et aussi les petits leads / accompagnements à la gratte, parfois à contre-temps (ça c'est vraiment leur touch, ou du moins une des "Supuration touch's" disons héhé, unique quoi !).

 

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Commentaire @ oclone

01 Octobre 2003
Plus connu sous le non de SUP, ce groupe français hors catégorie, nous sort un album qui est, ne mâchons pas nos mots, une pure merveille comme on aimerait en entendre plus souvent.
Quoi qu’on en dise, la plupart des groupes concentre leur son dans un style et ne cherche pas forcément a le faire évoluer mais seulement à faire le mieux possible dans ce style.
Ce n'est pas le cas de cette album qui innove réellement : les chants peuvent aussi bien être death que des chants claires, très mélodique mais ce qui surprend ce sont les instrumentaux, très mélodiques également, assez aigus ( ce qui contraste bien avec les chants overgraves afin de ne pas donner un son monocorde ), et surtout très travaillés : on arrive à des morceaux d'une grande richesse musical, et surtout très accrocheurs : les refrains nous possèdent des la première écoute : des que l'album s'achève tout ce qu'on veut c le réécouter. Quasiment tous les morceaux sont des chefs d'oeuvre, de magnifiques trouvailles mais tout particulièrement 1308.JP.08 aux refrains mélodiques entraînants et The Cube pour son instrumental qui vous projette dans une dimension supérieure.
Finalement tout ce qu'on peut rapprocher a cette album c’est qu'il ne soit pas plus long (39'), que leur génie musical n'est pas illimité.

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