The Cold White Light

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Nom du groupe Sentenced
Nom de l'album The Cold White Light
Type Album
Date de parution 13 Mai 2002
Labels Century Media
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album146

Tracklist

1. Konevitsan Kirkonkellot 01:40
2. Cross My Heart And Hope to Die 04:04
3. Brief Is the Light 04:23
4. Neverlasting 03:35
5. Aika Multaa Muistot (Everything Is Nothing) 04:33
6. Excuse Me While I Kill Myself 03:48
7. Blood and Tears 04:15
8. You Are the One 04:29
9. Guilt and Regret 03:44
10. The Luxury of a Grave 04:44
11. No One There 06:14
Total playing time 45:29

Chronique @ Icare

13 Avril 2010
Ah, Sentenced...
Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l'énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse...
A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l'eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d'oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d'achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l'introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur : The Cold White Light sera un album sombre et intense.
Et effectivement, la première véritable chanson de l'album, « Cross my Heart and Hope to Die », en est la parfaite illustration. C'est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie : les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d'un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale : ça paraît simple, mais c'est tellement bon!

D'ailleurs, parlons-en de ces musiciens : ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l'émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur ; cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l'ensemble (Neverlasting, I Kill Myself!!!), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autres un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l'aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s'accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d'une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d'autres morceaux plus calmes et mélodiques (Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de noms!), c'est qu'il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style : chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C'est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d'un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c'est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d'émotion : pour s'en convaincre, il n'y a qu'à écouter le sublime No One There seul un soir d'hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d'adieu qui transcende l'album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu'à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin... de l'album.

En tout cas, une chose est sûre : Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu'à la mort, il ne nous reste qu'à savourer avec patience et délice la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d'arriver au seuil de la Grande Porte...


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Leviathan777 - 22 Novembre 2012: Encore une superbe chronique de ta part, et très détaillée.

Très bon album, mais leur meilleur reste leur dernier selon moi: The Funeral album.

Fyrnael - 20 Juillet 2019:

Je ne connaissais pas le groupe, je suis tombé par hasard sur ta chronique et en effet ça m'a mis l'eau à la bouche! Avec ma boulimie musicale, je vais encore devoir me taper une écoute de discographie complète dans la journée, merci bien!

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Chronique @ dark_omens

04 Fevrier 2019

Ce disque n'aura qu'un seul défaut majeur: ne pas être Crimson...

L'estime que j'ai pour l'album Crimson des Finnois de Sentenced, et dont j'ai déjà fait étalage ici, a longtemps obscurci mon jugement concernant The Cold White Light, son successeur direct sortit deux ans plus tard en 2002. J'ai, en effet, longtemps considéré ce nouvel opus comme une pâle imitation de celui auquel j'ai voué une admiration sans borne et qui, aujourd'hui encore, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, soit presque 2 décennies plus tard, reste une œuvre émouvante que je parcours toujours avec une délectation sans retenue. L'âge aidant il m'apparaissait important de rétablir certaines vérités concernant un album victime de ma rancœur amère, sans doute, injustifiée et de redonner, peut-être, à cette froide lumière blanche un peu de cette considération que je lui avais refusé autrefois.

Enregistré au Neo Studio d'Oulu, mais mixé et mastérisé au fameux Finnvox Studio d'Helsinki où, soit dit en passant, certains artistes ont écrits certaines des plus belles pages de l'histoire du Metal, ce Cold White Light est l’œuvre des cinq même musiciens responsables de Crimson.

Dans l'immédiate continuité de ce dernier, il nous propose un Rock Gothique empreint d'une doucereuse mélancolie parfaitement magnifié par la voix de Ville Laihiala qui, ici semble moins forcée et plus naturelle qu'elle le fut autrefois. Mais aussi par la musicalité de ces airs aux langueurs tristes. Le tout parfois magnifiquement contrebalancé, et parfois superbement accompagné, par ces guitares énergiques dont Sami Lopakka et Miika Tenkula semblent avoir le secret au regard d'une scène, qui, quoi qu'on en dise, n'est pas saturé, loin s'en faut, d'une foultitude de formations. Si la formule a déjà été éprouvée par Sentenced, et par quelques autres donc (The 69 Eyes ou HIM par exemple), ici encore, elle fonctionne parfaitement. En témoigne le splendide Cross my Heart and Hope to Die aux refrains très réussis ou encore un Excuse me While I Kill Myself très entraînant. Citons également dans ce tableau idyllique les remarquables You Are the One à l'entame très simple et sobre ou encore The Luxury of a Grave. Quant au titre No One There qui clôt ce chapitre de 2002, il est juste un modèle du genre qui tout en douceur, et empli de cette nostalgie si touchante, vient nous cueillir. Si l'on ajoute à cette liste ce Guilt and Regret certes moins inoubliables mais qui saura, à minima, ne pas faire baisser nos bonnes impressions du moment, on a là une deuxième moitié d'album d'une efficacité assez redoutable. Et ce alors que la première était déjà d'une qualité assez exceptionnelle pour le genre.

Avant de conclure, quelques mots encore sur la pochette de ce manifeste. Elle est l’œuvre de Vesa Ranta, aussi batteur du groupe, et, personnellement je la trouve particulièrement quelconque, pour ne pas dire ratée. Si l'on songe à celle qu'il fit, par exemple, pour Frozen, j'ai du mal à comprendre comment, ici, il put en arriver là.

The Cold White Light est donc un album issu de la même glaise sombre que son prédécesseur, né des mêmes maux, suintant les mêmes humeurs délicieusement mélancoliques et qui, au fond, n'aura qu'un seul défaut majeur à mes oreilles: ne pas être ce Crimson tant aimé.

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Commentaire @ Kivan

15 Décembre 2008
Ayant pourtant plus l’habitude d’opérer dans un style black metal, les Finlandais de Sentenced nous délivrent là un album assez gothic/rock, qui n’est pas sans rappeler le symbol of life de Paradise Lost.

Les morceaux sont assez variés, souvent rapides et entraînants, parfois plus calmes et mélodiques. Le chant clair de Ville Laihiala est excellent, charismatique et expressif ; les guitares électriques au son clair et scintillant sont très présentes et se lancent souvent dans d’excellents solos et on est rapidement entraîné dans un monde magique à travers de magnifiques compos très rythmées, à la fois dansantes et mélodiques, et sachant gagner en puissance quand il le faut comme les refrains de Neverlasting, un chef d’œuvre du genre.

Sentenced nous offre donc un excellent album, très entraînant et très agréable d’écoute, et particulièrement recommandé, comme je le disais aux fans de Paradise Lost.

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