Troisième album depuis leur reformation en 2004,
Archgoat continue son chemin après un passé tumultueux. Entre les problèmes de rip off avec leur premier label Necropolis, leur pause de plus de 10 ans suite à l’évolution de la scène underground qui ne correspondait plus à leurs idées, et le changement de batteur lors de la reformation, le groupe donne malgré tout l’impression que rien ne pourra jamais changer. L’EP et leur premier album désormais incontournable « The
Whore of Bethlehem » qui ont suivi leur reformation annonçaient un retour en force exemplaire, atteignant les sommets du genre. Leur deuxième album «
The Light-Devouring Darkness » laissait entrevoir une expression plus occulte et moins brutale du groupe, puis leur dernier EP avait le génie de mélanger ce nouveau visage très influencé par
Beherit avec la bestialité d’Angelcunt.
C’est donc dans ce contexte qu’
Archgoat nous assène un troisième full length. Au-delà des détails que noteront les habitués comme l’absence de boucs et de rouge dans le livret et une intro un poil différente de celle des deux premiers albums, on comprend rapidement que le groupe continue sur sa lancée. La patte
Archgoat est identifiable dès les premières secondes : le riffing bien basique et mono neuronal, la batterie qui alterne régulièrement blast et bomb blast en mode marteau, les vocaux caverneux d’Angelslayer reconnaissables entre mille, le tout alternant habilement entre bestialité et mid tempos occultes fleurant bon le
Beherit.
Mais au-delà de cette continuité flagrante, la prod en béton armé saute aux oreilles, peu fréquent pour le style et pour
Archgoat. On était préparé avec le mini
Heavenly Vulva, mais là le groupe a encore monté d’un cran. On gagne en puissance et elle colle finalement bien aux compos du groupe. Justement en parlant de compos, le groupe mise énormément sur ses mid tempos bien ambiancés, et le rendu est vraiment bien réussi. Je pense essentiellement au mid de « Nuns, Cunts &
Darkness » accompagné de clavier, de «
The Apocalyptic Triumphator », de la fin de « Those Below (Who Dwell
In Hell) » avec du clavier une fois de plus, celui du titre « Grand
Luciferian Theophany » avec sa lead occulte au milieu…
Archgoat applique sa recette avec un savoir faire dantesque, ça pue l’occultisme à chaque seconde dès que ça ralentit. Et bien sûr à côté on à droit au matraquage en règle plus présent sur la deuxième partie de l’album avec le titre "
Congregation of Circumcised" par exemple. On a même droit à un clin d’œil à
Blasphemy avec le début de « Sado-Magical
Portal ».
Par contre là où je serais un poil déçu, c’est sur les changements de tempo explosifs comme on pouvait trouver sur «
Lord of
The Void » par exemple, là il n’y en a plus de ce niveau. Le tempo a globalement diminué et aucun titre n’atteint la brutalité d’un «
Hammer of
Satan » ou la bestialité d’un «
Black Messiah ». Le groupe a pris le parti de l’ambiance occulte et de la puissance au détriment de la bestialité et de la crasse, c’est bien une suite logique au deuxième full length.
Quoi qu’on en dise, même si
Archgoat a récemment cumulé des sorties douteuses avec un coffret en cuir d’Angelcunt à plus de 100 euros, une compilation double LP à 40 euros ou encore un split live qui se vendait bien cher au moment de sa sortie et qui n’apportait rien de nouveau, le groupe mérite son statut de pilier du Black bestial actuel avec une discographie sans faute. Ils ont beau avoir peaufiné leur prod et levé un peu le pied, ils ne sont pas tombés dans le même piège que
Necroholocaust, et nous offrent un nouvel obus qui marquera l’année 2015, c’est évident !
Archgoat demeure sur son trône, imperturbable.
Hail Satan !
Hail Lucifer !
Hail Satan !
Merci pour le papelard!
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