Storm the Gates

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Nom du groupe Venom
Nom de l'album Storm the Gates
Type Album
Date de parution 14 Décembre 2018
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album54

Tracklist

1.
 Bring Out Your Dead
 03:14
2.
 Notorious
 04:16
3.
 I Dark Lord
 04:41
4.
 100 Miles to Hell
 04:48
5.
 Dark Night [of the Soul]
 04:48
6.
 Beaten to a Pulp
 03:14
7.
 Destroyer
 04:18
8.
 The Migthy Have Fallen
 03:15
9.
 Over My Dead Body
 05:07
10.
 Suffering Dictates
 03:10
11.
 We the Loud
 03:55
12.
 Immortal
 04:31
13.
 Storm the Gates
 03:47

Durée totale : 53:04


Chronique @ LeMoustre

18 Mars 2019

Too Loud (For the Crowd)

Qu'est ce que l’extrémisme musical, finalement ? Les Anglais de Venom, pionniers s'il en est de cette définition depuis ses premières éjaculations blasphématoires il y a 40 ans pile et encore référentielles aujourd'hui, en connaissent un rayon sur le sujet. Nul besoin ici de rappeler la genèse du trio tenu de main de maître par Conrad Lant, à l'effectif étonnamment stable depuis plusieurs albums. Il faut dire que les sorties des années 2010 (Fallen Angels et From the Very Dephts - 2011 et 2015) ont établi des standards heavy/thrash de bonne facture, mais n'ayant plus d'extrême que le patronyme du groupe. Portés par des morceaux souvent accrocheurs et mis en valeur live lors des festivals, certains titres de ces deux derniers albums au son propre et puissant rappelaient peu la crasse et la suie des 4 premiers disques. Voyons si le trio de Newcastle continue sur cette voie avec ce Storm the Gates, au titre rappelant forcément un des anciens hits du groupe.

Et là, surprise ! Dès les premiers accords dissonants de "Bring Out Your Dead" (et ce sera comme ça tout au long du disque), on sent qu'il s'est passé quelque chose entre 2015 et la sortie de ce nouveau bébé. Pas de changement par la quantité, les 13 titres étant toujours sujets à une expurgation salutaire d'un ou deux morceaux, comme trop souvent avec Venom ces dernières années. Ni de fait par la longueur, les 53 minutes que durent l'album mériteraient aussi une cure d'amaigrissement, comme encore trop souvent avec Venom. Mais, comme pas trop souvent depuis trop longtemps, le groupe divisera immanquablement avec cette sortie. Le voilà, l'extrémisme d'aujourd'hui ! Pondre un album avec un tel son, anachronique, un joué volontairement crasseux et aux relents rappelant le décrié Possessed (1985) à de nombreuses reprises va à l'encontre de l'orientation plus accrocheuse et tout public des deux albums précédents. Venom regagnerait-il ainsi le cœur des briscards avides des 4 premiers disques de la formation ?

Refrains déclamés, riffs simples et mémorisables en un temps deux mouvements (si, si, ça se dit pour ce disque), dessins à l'intérieur du livret dignes d'Impiety, formule de remerciements faussement racoleuse, basse bulldozer toute en avant, dissonances et prises de son que l'on devine très spontanées ("I Dark Lord"), presque live. Il est certain que ce disque, bourré de titres courts, souvent écrits à la première personne, et revenant à l'essence du groupe n'aura pas que des fans parmi la communauté metal avec ce son sale comme un SDF parisien, pouilleux comme un immigré de moins de 10 ans au feu rouge d'un carrefour. Fort de ce constat, les morceaux sont-ils dignes de la grande époque, de ce retour toujours espéré, jamais retrouvé ? Parfois oui, Venom n'ayant pas son pareil pour pondre du hit à la pelle ("Dark Night Of The Soul"), soutenu par une osmose palpable. Les musiciens s'amusent sans contrainte comme des garnements. "100 Miles to Hell" ou "We The Loud" puent le Motörhead de moins loin que ça, "Notorious" possède un groove qu'on garde la journée entière, et finalement, si tous les titres ne sont pas forcément égaux en qualité ("Beaten To A Pulp" et sa double sont bas de front, et globalement on retiendra un petit ventre mou qualitatif au centre de l'album), il en résulte un disque complètement hors du temps ("Suffering Dictates") que les fans d'origine adoreront posséder.

Précurseurs de l'extrémisme il y a 30 ans, Cronos sait ce que choquer veut dire. Et ici, Venom choque ! Par son choix de son, par sa capacité à assumer de sortir "ça" en 2019. Vrai retour aux sources, Storm the Gates n'est pas pour tout le monde, et celles et ceux qui ont apprécié les deux albums précédents sans trop avoir approfondi les disques de la première moitié des années 80 feraient bien de commencer par ça. Ensuite, et seulement ensuite, ils pourront comprendre l'esprit Venom. Pour les autres, la cure de jouvence est garantie : ça pue le bouc. Exit l'ordinateur, dehors les fichiers et et au feu le papier glacé, Cronos torche ça comme en 1985, l'osmose en plus entre les musiciens. Loin du revival tout propre, des productions Nuclear Blast ou des hipsters gominés et barbus. Fallait le faire, Venom l'a fait. Il n'y avait qu'eux pour oser.

P.S. : Chaque possesseur du disque notera le gros clin d’œil à Metallica et à son dernier album à l'intérieur du livret. Car, oui, même Venom a eu le bon goût de ne pas sortir "ça" en pochette principale.

13 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 19 Mars 2019:

Arrête, j'ai déjà une demie-molle rien que d'y penser ! devil

Putain, y'a pas à dire, quatre décennies après sa sortie des enfers, Venom parvient encore à susciter ce frisson d'excitation, même parmi ses fans les plus blasés… On dira ce qu'on voudra, les petits malins ricaneront tout ce qu'ils voudront, mais ce groupe est un monument.

tormentor - 20 Mars 2019:

Je confirme ce qui a été dit, ce dernier skeud de Venom tue !! 

Cris001 - 31 Mars 2019:

Shit! Tout content de ma bonne pioche de cette semaine cz Gibert (Throes Of Dawn, Mortiis), j'ai oublié de jeter l'oeil à Venom ;)  wink

Baal666 - 31 Mars 2019:

Vu à cultura, je vais le chopper

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