Spreading the Disease

Liste des groupes Thrash Metal Anthrax Spreading the Disease
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Nom du groupe Anthrax
Nom de l'album Spreading the Disease
Type Album
Date de parution 30 Octobre 1985
Produit par
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album699

Tracklist

1. A.I.R. 05:45
2. Lone Justice 04:37
3. Madhouse 04:20
4. S.S.C./Stand or Fall 04:08
5. The Enemy 05:24
6. Aftershock 04:29
7. Armed and Dangerous 05:44
8. Medusa 04:44
9. Gung-Ho 04:36
Total playing time 43:47

Chronique @ eulmatt

18 Décembre 2009

Le thrash anthraxien révèle son visage festif et enjoué, avec une puissance de feu imparable

Face à l’armada californienne qui ravage toutes les vieilles certitudes du heavy metal en ces années 83/84, quelques autres groupes nord américains parviennent à tirer leur épingle du jeu dans la course à l’armement incarné par ce heavy metal survitaminé, que l’on rebaptisera bientôt thrash metal. Les plus brillants d’entre eux sont bien vite repérés par Jon Zazula, ce qui leur assure une signature chez le désormais incontournable label Megaforce. On retrouve en tête de proue les Canadiens d’Exciter, et surtout les New-Yorkais d’Anthrax, propulsés par un prometteur Fistful of Metal qui suit le légendaire Kill’Em All de quelques mois.
Un an plus tard, avec une image de locomotive à défendre, Anthrax s’attelle à son second album, toujours sous la houlette du duo Zazula / Canedy. Le line-up a subi quelques mouvements notables : l’influent Dan Lilker a laissé la place à Frank Bello à la quatre cordes, et le grand Neil Turbin cède le micro a un petit brun frisouillé d’origine italienne, Joe Belladonna. Un line-up qui va faire les beaux jours du groupe pour de longues années, et qui se fait les dents sur un EP nommé Armed and Dangerous, au demeurant étonnamment conservateur avec ses relents marqués de heavy metal.

La frayeur n’aura pas duré longtemps, car Spreading the Disease montre que la marche en avant est désormais bien enclenchée vers un thrash moderne et percutant (malgré quelques dernières hésitations).
Le style Anthrax prend toute sa mesure sur des titres comme A.I.R., Stand or Fall, et surtout les sautillants et percutants Aftershock et Gung-Ho : la puissance et la nervosité des riffs de Scott Ian, la capacité de Charlie Benante à mener une rythmique d’enfer à grands coups de double, les chœurs qui encadrent le chant aigu et lyrique de Belladonna…le groupe assume son héritage new-yorkais et l’énergie explosive de son hardcore.
Désormais, Anthrax affiche sa marque de fabrique et devient reconnaissable entre mille, en tout cas prend ses distances avec l’école californienne. Le thrash anthraxien révèle son visage festif et enjoué, avec une puissance de feu imparable qui fait la joie des headbangers et des « Moshers ».
Le quintet se révèle également séduisant quand il ralentit l’allure et qu’il parvient à amalgamer sa culture heavy metal avec la puissance et le gras du riffing thrash, avec suffisamment d’énergie et d’impact : on en a par exemple pour preuve le solide Lone Justice, qui révèle le goût d’Anthrax pour les sujets sociaux et sociétaires plutôt que pour la mort et le satanisme. La qualité de composition et le sens de la mélodie qui percute fait aussi des merveilles avec Stand or Fall et surtout Madhouse, typique du genre avec son hymne-refrain accompagné de chœurs, imparable lors des prestations scéniques qui vont contribuer à la construction de la légende du groupe.
D’ailleurs, toute cette énergie fait la force d’Anthrax, qui ne va pas puiser dans les démonstrations techniques pour atteindre son but. L’incorporation subtile mais réelle d’éléments hardcore est sans aucun doute fondatrice pour le groupe.
Dès lors, on doit aussi pointer les lacunes du disque : alors que sa voie semble trouvée, Anthrax s’échine à placer quelques titres anachroniques, ressemblant à des résidus d’un académisme heavy metal « chains and leather » qui veut survivre coûte que coûte. The Enemy a beau être de bonne facture, elle semble bien âgée entre Stand or Fall et le déflagrant Afterschock. Armed and Dangerous, outre son caractère déphasé, ne peut même pas bénéficier de l’effet de surprise ; quant à Medusa, morceau insipide imposé par Zazula lui-même, il ferait presque tâche.
Ces bémols n’empêchent pas Spreading the Disease de figurer comme l’un des disques phares de l’année 1985, incarnant surtout l’affirmation d’un style Anthrax qui va atteindre son apogée sur le formidable Among the Living à venir. Celui d’un thrash nerveux, puissant, festif, héritier de la culture et du discours hardcore, et donc taillé pour la scène.

9 Commentaires

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Lamikawet - 16 Mars 2011: Idem pour moi, je trouve Medusa assez bon.
Je pense également que c'est sur cet album que la performance vocale de Belladonna est la meilleure
vincysteria - 17 Juin 2011: Je trouve que cet album est une excellente transition entre fistul et among... Et il contient 2 classiques monstrueux: Madhouse et gung ho!
LeMoustre - 02 Mars 2016: Clairement 2 tons au dessus de son prédécesseur, et beaucoup mieux défini en terme de style, ce Spreading The Disease est, avec Belladonna au chant, un peu da génèse du thrash qui atteindra son apogée avec son imparable Among The living, dont il est un peu le brouillon. Brouillon ô combien bien torché, avec des riffs extras, et des vocaux au final à la fois pêchus et particuliers ("The Enemy"), qui amènent leur spécificité aux New Yorkais. Une belle pièce de thrash, avec un Scott Ian qui abat un boulot monstre à la rythmique (dès les premières secondes d'"A.I.R.", on sent que ça va être très bon). Je sais pas pourquoi, mais je fais le rapprochement souvent entre ce skeud et le fabuleux Taking Over d'Overkill, peut-être le son, concocté par Perialas/Zazula qui possède moultes similitudes. Quelle pêche ! 16/20
grogwy - 08 Avril 2016: Au sein d'Anthrax, après l'éviction de Neil Turbin, le poste de chanteur a été tenu par un certain Matt Fallon (qui ne resta que quelques mois), et c'est après son départ que le groupe engagea Joey Belladonna.
Ce qui est très étonnant, c'est que Joey Belladonna n'était absolument pas branché "Thrash", ni même "Metal".
Son style musical préféré c'est l'A.O.R. (Adult Oriented Rock), c'est à dire des groupes comme Boston, Journey, Toto, etc...Du Rock F.M. en fait.
C'est une des raisons qui fait qu'il chante dans un registre très mélodique, et que son style tranche par rapport à celui des autres chanteurs de Speed/Thrash Metal, permettant à Anthrax de se démarquer des autres groupes.
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Chronique @ Ghoule

17 Mars 2012

It's a madhouse...

1985. Alors que Slayer vient de sortir son diabolique Hell Awaits, Megadeth son Killing is My Business… encore très influencé par le punk et Metallica, décidément toujours en avance à cette époque, a purement et simplement définit le thrash metal un an plus tôt avec son imposant Ride The Lightning, Anthrax pond Spreading the Disease, opus mi figue thrash mi raisin heavy chez leur nouveau label, Island Records.

Suite aux fortes tensions qui règnent au sein du groupe, Anthrax remanie ses rangs en engageant un nouveau bassiste, Frank Bello, en remplacement de Dan Lilker parti former le brutal Nuclear Assault avec John Connelly et surtout, un nouveau chanteur ; Joey Belladonna. Son chant tranche avec son prédécesseur, bien plus criard. Les capacités vocales de Belladonna sont impressionnantes. Une voix puissante et haut perchée, apportant ainsi une touche de mélodie supplémentaire au groupe.

A.I.R. entame le disque sur une intro lourde et martiale de guitares tranchantes et de batterie écrasante, avant d’être propulsé par Benante de ses mitraillages secs de caisse claire et pilonnages de double, suivi des incisions guitaristiques de Spitz. Les New-yorkais ont gagné en maturité et peaufinent leur morceaux, notamment au niveau des intro, à l’image de Lone Justice, morceau en mid tempo débutant sur une ligne de basse groovy de Bello et soli de guitares tournoyant ou encore, mais dans un style tout autre, Madhouse et son intro complètement délirante, ambiance “bienvenue chez les dingues” qui fera l’objet d’un clip tout aussi drôle. Anthrax a la science du riff qui tue et du refrain qui accroche, qui fédère, comme par exemple S.S.C./Stand or Fall et son intro indo-arabisante déchirée par un soli rageur ou Aftershock avec ses gros chœurs virils “made in” N.Y. et bien sûr, Madhouse, titre taillé pour la scène qui fait chanter tout un stade en un coup de mediator.

Cependant, le thrash des New-yorkais est encore fortement teinté d’influences heavy metal, comme par exemple l’épique Medusa et son riff lourd et entrainant, lancé sur un middle tempo ou The Enemy, purement heavy, elle aussi, avec sa basse hypnotique, s’enflammant carrément sur les envolées de Joey,accompagné de paroles pertinentes qui dénoncent la mise au rebut des juifs d’Allemagne dans les années noires.

Le point culminant étant probablement la somptueuse Armed and Dangerous, sortie juste avant Spreading the Disease sous format ep (avec une reprise de God Save The Queen des Sex Pistols). La trax débute sur une guitare acoustique cristalline et une ligne de basse discrète bientôt rejoints par Joey... Alors la machine s’emballe dans une cavalcade infernale ; Belladonna ne s’arrête plus de monter dans les octaves, le raid aérien de Benante bombarde ses breaks atomiques, les guitares hurlent de toutes parts crachant leur décibels et lançant définitivement le morceau dans un thrash/speed galopant. Le morceau le plus garni et complet de la galette, à mon (modeste)sens. Gung-Ho clôt l’album de son riff tronçonnant. Ça part furieusement dans tous les sens ; vitesse supersonique, solos qui fendent le crâne, suraiguës stridents, chœurs, rafales de double caisse. L’auditeur est déchiqueté sous cette avalanche sonore. L’album se termine finalement sur un délire dont seuls les New-yorkais ont le secret.

Sur ce dernier point, Anthrax se démarquera bientôt de ses congénères métalliques. Alors qu’on headbanguera furieusement aux concerts des frères ennemis du thrash, qu’on fera le signe de la bête aux concerts satanistes de Slayer, Anthrax s’affichera avec une attitude et un style très “cool”, short, t-shirt et pompes de skateurs tranchant avec la sobriété vestimentaire et le noir de rigueur imposé par les Four Horsemen. Metallica les prendront d’ailleurs dans leurs bagages pour une tournée européenne.

Un album avec un fort cachet 80’s, estampillé N.Y., sur lequel Anthrax se cherche encore, naviguant entre thrash burné et heavy moule burne qui malgré le bon travail de Jon Zazula à la production, a moins bien vieilli que son successeur. Spreading the Disease consolidera fortement la position d’Anthrax sur la scène américaine à l’aube de leur pépite ultime, Among the Living, qui mettra alors en place une équation imparable :

Sens de la mélodie + riffs qui tuent + mosh part + délire + Belladonna = Anthrax.

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tonio - 17 Mars 2012: Ah Zegut, j'ai encore des compiles k7 d'origine des années 80 avec ses p'tits commentaires entre chaque morceaux, du genre :
"Le rock... mais sur la roue arrière !!!" Et là la chanson démarre. Zegut c'est plus fort que toi, putain d'années 80...
samolice - 19 Mars 2012: All righttttttt, this is Wangooooo Tangooooooo


Ah Zégut.... Notre père à tous. Respect.
swit35 - 19 Mars 2012: Wango Tango : Les doigts dans la prise et la tête dans le sac à poussières...
samolice - 19 Mars 2012: Ah Wango Tango, les soirées l'oreille collée au poste radio, avec la peur que les parents m'entendent et m'obligent à éteindre.
Souvenirs, souvenirs...
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Commentaire @ bigoud

30 Novembre 2008
Un an après leur très bon premier album "Fistful of Metal", Anthrax revient avec leur nouvel opus intitulé "Spreading the Disease". Cet album marque l'arrivée du chanteur Joey Belladonna et de Franck Bello à la basse.

"A.I.R." ouvre l'album avec un son lourd, des riffs puissants et un rythme bien rapide. Cette chanson est devenue un hymne en Live tout comme "Madhouse" (la chanson qui m'a fait découvrir ce groupe génial), dont le public reprend haut et fort "IT'S A Madhouse!!".

Les titres s'enchainent alternant rythmes trash et d'autres plus heavy, comme "Lone justice" et "The enemy".

Anthrax est spécialiste dans les refrains accrocheurs, comme le montre les titres "S.S.C.", "Aftershock" ou "Gung-ho".
A noter la sublime chanson "Armed and Dangerous" qui débute en acoustique puis qui se transformr en un bon heavy rapide.

Joey Belladonna marque son empreinte sur Anthrax et le groupe est au plus haut de sa forme.

Excellent album des américains qui atteignent le sommet en ce milieu des années 80 et ils ne sont pas prêts de s'arrêter, bien au contraire...

Metal is forever...

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