Sign of the Dragonhead

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16/20
Nom du groupe Leaves' Eyes
Nom de l'album Sign of the Dragonhead
Type Album
Date de parution 12 Janvier 2018
Labels AFM Records
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album36

Tracklist

1.
 Sign of the Dragonhead
 04:06
2.
 Across the Sea
 03:49
3.
 Like a Mountain
 04:44
4.
 Jomsborg
 03:25
5.
 Völva
 03:38
6.
 Riders on the Wind
 03:53
7.
 Fairer than the Sun
 04:20
8.
 Shadows in the Night
 03:48
9.
 Rulers of Wind and Waves
 03:00
10.
 Fires in the North
 04:21
11.
 Waves of Euphoria
 08:03

Durée totale : 47:07


Chronique @ ericb4

07 Janvier 2018

Un puissant et fédérateur message musical...

Porté par un rare élan créatif, peu après sa dernière offrande, le combo allemand revient nous narrer contes et légendes de vikings, sous l'impulsion de ses guitares et de ses cornemuses. En effet, une quinzaine de mois à peine séparent ce septième album de l'EP « Fires in the North », magnétique opus où Elina Siirala (Angel Nation) fit ses armes au sein du quintet teuton, suite au départ de Liv Kristine, alors reconnue comme l'âme vocale, scripturale et scénique du groupe. Une lourde tâche incomba alors à l'émérite mezzo-soprano pour tenter d'imposer sa signature vocale.

S'efforcer d'effacer de notre mémoire les traces d'un passé magnifié par les cristallines impulsions de la petite sirène eût été une tentative bien vaine, suite à un éblouissant « King of Kings » (2015), mis en exergue par cette dernière. Elina l'a bien compris. Aussi, c'est sur une tonalité plus profonde et avec un zeste de puissance supplémentaire qu'elle compte nous rallier à sa cause, espérant ainsi nous convier à ce nouveau projet, entamé en 2016, et pour lequel elle y a mis tout son cœur et apposé son sceau. Une stratégie osée mais incitative à la poursuite des frasques de nos acolytes.

Coproduit et joué par le claviériste et grunter Alexander Krull (Atrocity) et le guitariste/bassiste Thorsten Bauer (Atrocity, Liv Kristine, ex-Enslaved), cet effort repose à nouveau sur les talents du guitariste Pete Streit (Atrocity, ex-Elis) et du batteur Joris Nijenhuis (Atrocity, ex-Elexorien), sans oublier la chatoyante empreinte vocale de la charismatique frontwoman finlandaise. Ainsi, le combo livre un opus généreux de ses 47 minutes où s'enchaînent sereinement 11 pistes, dont le titre éponyme de l'EP « Fires in the North ». Enregistrée aux Mastersound Studios, une confondante profondeur de champ acoustique émane de la vibrante rondelle ainsi qu'un mixage parfaitement ajusté entre lignes de chant et instrumentation. Un soin particulier a été apporté aux enchaînements et aux finitions, le propos n'accusant que très peu de sonorités résiduelles in fine. C'est dire que nos cinq gladiateurs ont mis les petits plats dans les grands, conformément à leur statut de cador du metal symphonique à chant féminin, devenu modèle identificatoire pour moult jeunes formations...

Loin de tourner le dos à son récent passé, le groupe a souhaité habiller d'une imagerie guerrière la jaquette de l'album, dont l'artwork particulièrement luxuriant est l'oeuvre du graphiste Stefan Heilemann. Toujours inspiré par les sagas de vikings dont ses textes s'en font l'écho, le collectif a parallèlement intensifié le rythme de ses frappes et amplifié son instrumentation, ayant sollicité à cet effet le Victor Somlski's Almanac Symphony Orchestra. De plus, le combo a densifié encore ses lignes de chant par l'octroi de choeurs aussi imposants que pénétrants, à l'image des London Voices, déjà impliqués dans nombre d'enregistrements de bandes originales de films (Star Wars, Hunger Games...). Il en ressort une œuvre metal symphonique épique aux relents celtiques, riche en arpèges, forte en émotion, à la pléthorique orchestration et bénéficiant d'arrangements instrumentaux de bon aloi. Aussi, à l'aune de « Sign of the Dragonhead », le groupe va-t-il réitérer l'exploit de son illustre prédécesseur de nous retenir jusqu'à la note ultime ? Entrons sans plus attendre dans l'antre du vaisseau amiral en quête de quelques trésors enfouis...

Ce qui interpelle en premier lieu, c'est la capacité du groupe à concocter, en les enfilant, moult morceaux entêtants, et ce, sans avoir cédé aux chimères de la facilité, ni être tombé dans une inconséquente mièvrerie. Soucieux d'assurer une continuité thématique et atmosphérique dans son projet, le combo nous réserve quelques pièces savamment échafaudées. Ainsi, véritable trait d'union avec l'album précédent, le titre éponyme de l'opus « Sign of the Dragonhead » poursuit le récit du périlleux voyage d'Harald I. En effet, dans une ambiance tourmentée, sur fond de riffs roulants et d'une dense muraille de choeurs, on se croirait à nouveau plongé dans le bain bouillonnant et les péripéties de « King of Kings ». D'une efficacité redoutable, et sachant alterner accélérations et ralentissements tout en se calant sur une ligne mélodique d'une précision d'orfèvre, cette piste revêt sans mal l'aspect d'un hit en puissance. Mais ce n'est là qu'un hors-d'oeuvre !...

Dans cette mouvance, on ne restera pas insensible aux vibes de quelques perles propices à un headbang bien senti. Tubesque mid tempo à la basse vrombissante d'un magnétisme proche de « My Destiny », « Like a Mountain » en est une première illustration. Celui-ci se pose telle une piste symphonique gothique dotée de prégnantes séries d'accords et de subtiles variations atmosphériques. Livrant un refrain immersif à souhait, mis en habits de lumière par les hypnotiques modulations d'une sirène bien habitée, le combo réalise là une pépite. Plus encore, dans l'esprit de « Halvdan the Black », le titre éponyme de l'EP « Fires in the North » s'impose comme une charismatique et hypnotique ronde des saveurs. Dotée d'un tapping martelant et d'une énergie aisément communicative, cette piste se pare d'un tracé mélodique des plus enchanteurs, que pourraient bien lui envier ses pairs.

Dans cette énergie, on en retiendra deux autres, non moins efficaces, ni techniquement moins convaincantes. Ainsi, difficile de se soustraire à l'emprise de l'entraînant « Völva », magnifié par les chatoyantes inflexions de la belle, tonifié par les assauts d'un ombrageux growler, densifié par une imposante chorale. Doté d'enivrants refrains et d'une infiltrante cornemuse, ce méfait est à classer, lui aussi, parmi les morceaux susceptibles de figurer en bonne position dans les charts. D'autre part, de par la fluidité de son tracé mélodique, ses saisissants gimmicks guitaristiques et sa basse martelante, « Shadows in the Night » s'offre telle une prégnante proposition rock'n'metal symphonique gothique susceptible de laisser quelques traces dans les mémoires.

Par ailleurs, fidèle à ses aspirations folk celtique, la troupe ne s'avère pas moins apte à remporter l'adhésion dans ce secteur. Ainsi, dans une atmosphère enjouée dans la veine de Blackmore's Night, le puissant « Across the Sea » d'obédience folk scotche d'autant plus qu'il joue habilement sur les effets de contrastes, mettant en regard ses riffs épais, sa rythmique saillante et une gracile flûte samplée. Reposant sur le schéma de la belle et la bête, le duo mixte séduit, apportant à ce titre fraîcheur et pugnacité. Et la sauce prend... Dans cette veine, au regard de son caractère jovial, un tantinet offensif, et de ses vibes roots, on retiendra « Jomsborg », du nom de la légendaire forteresse où siégeaient les Jomsvikings, féroces mercenaires païens voués à l'adoration de Thor et Odin (Xe siècle après J.C.).

Qu'il touche aux amples pièces symphonico-progressives, et le quintet se transcende littéralement, ne nous laissant alors que peu de temps pour reprendre notre souffle. Aussi restera-t-on sous le joug de l'opulente fresque « Waves of Euphoria » sans jamais accuser une quelconque baisse d'attention. Délivrant une inaltérable puissance percussive et une doté d'une pléthorique assise orchestrale, au fil de ses 8 minutes d'un spectacle épique, ce titre scotchera le chaland jusqu'à la note ultime. Se doublant d'une stupéfiante harmonisation des lignes de chant, dont un spectaculaire final en crescendo d'une massive chorale, ce message musical a de quoi interpeller et envoûtera d'un battement d'aile l'aficionado de l'exercice de style.

Lorsqu'il s'adonne aux moments intimistes, et comme il a coutume de le faire, le combo parvient sans mal à encenser le tympan. Il nous livre alors ses mots bleus les plus sensibles, interprétés avec inspiration et justesse par une déesse à fleur de peau. Aussi, vouloir résister à la forte charge émotionnelle transpirant de « Fairer than the Sun » serait une tentative avortée. Bref, une gourmandise glissant aisément dans le pavillon et déclenchant la petite larme au coin de l'oeil.

Enfin, le groupe nous a également réservé quelques surprises du plus bel effet. A commencer par l'insoupçonné « Riders on the Wind », titre quasi festif et à l'agréable mélodicité harmonisant une atmosphère folk celtique et une dynamique heavy propice au headbang. Par ailleurs, dans un climat agité par des pluies orageuses, une lumière crépusculaire envahit « Rulers of Wind and Waves », traditionnel et énigmatique instrumental évoluant au rythme graduel de ses percussions tribales et de ses incantations guerrières.

Marchant sur les traces de son illustre prédécesseur de par son aura, son intarissable pugnacité, sa sculpturale instrumentation, sa fibre celtique, ses arrangements passés au peigne fin et la qualité de sa production, cet opus s'en distingue à la fois par l'exploration de nouveaux horizons atmosphériques et une accessibilité plus immédiate de ses sentes mélodiques. Diversifié dans ses ambiances, ses exercices de style et ses joutes oratoires, reposant sur de gracieux et troublants harmoniques, octroyant également quelques délicieux espaces intimistes, le manifeste joue à plein sur la fibre émotionnelle pour nous rallier à sa cause. Et force est de constater que la magie opère, bien souvent. La présence vocale de la maîtresse de cérémonie n'est pas étrangère à ce sentiment de plénitude éprouvé sur la majeure partie de la rondelle. On comprend que l'interprète finlandaise a ici une belle carte à jouer pour caresser l'espoir de s'imposer en frontwoman incontestée du célèbre groupe allemand. Bref, un puissant et fédérateur message musical...

5 Commentaires

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ericb4 - 10 Janvier 2018:

Merci à toi! Un album qui, je pense, te comblera, notamment si tu as déjà pu apprécier l'EP "Fires in the North", 1er effort réalisé avec la présence vocale d'Elina.

pielafo - 11 Janvier 2018:

Non mais arrete gros sérieux... Ca deviens grotesque la. Comment peut tu encore cautionner ce groupe apres ce qu'ils ont fait a Liv Kristine? Je veux dire, ils censurent tout les coms sur youtube et Facebook... Perso je trouve ca vraiment petit. 

ericb4 - 11 Janvier 2018:

Je comprends ton ressenti sur cette affaire, qui ne m'a pas non plus laissé indifférent, loin de là. Et je le respecte. Comme beaucoup d'aficionados du groupe, je regrette l'éviction de Liv Kristine qui, avec sa voix de cristal, n'avait pas son pareil pour être l'âme oratoire du combo. J'ai mis du temps, beaucoup de temps avant de me faire à cette idée que Liv n'est plus ici et maintenant chez Leaves' Eyes. Mais elle a d'autres projets en vue, et des meilleurs, en plus de sa carrière solo. Donc on la reverra, dans un autre contexte...

Mais le choix de Krull d'avoir retenu Elina n'est pas le fruit du hasard non plus. Le résultat est bien sûr différent de ce qu'avait produit le groupe jusqu'alors, mais je dois reconnaitre que la mécanique d'ensemble est parfaitement huilée, à commencer par la qualité de la production, que les mélodies souvent font mouche et que l'ennui ne guette qu'en de très rares moments. Je suis moi-même surpris de l'avoir intégré rapidement, à savoir, au bout de quelques passages, sans aucune interruption, ni saut de piste ; preuve que la tracklist est savamment échafaudée et l'inspiration créatrice loin de s'être tarie.

Lorsqu'on analyse un album, il convient précisément de ne pas céder à des élans trop passionnels concernant tous les à-côtés qui, souvent, peuvent gangréner toute tentative d'objectivité. Et la tâche n'est pas toujours aisée, comme on peut s'en douter. Donc, si l'album en question me semble ne rien envier à d'autres d'un même groupe, qu'il apporte un souffle nouveau à son projet, je peux avoir de bonnes raisons de lui attribuer un commentaire plutôt favorable doublé d'une très bonne note. Mais "favorable" ne veut pas forcément dire "élogieux". Difficile en même temps d'égaler le précédent effort, même si celui-ci ne manque pas d'aura.

Chacun est donc libre de livrer son point de vue sur l'évolution du concept du groupe. Du moment qu'on ne fait pas de procès d'intention à l'auteur du texte, et qu'on évite d'utiliser un ton désapprobateur pour faire entendre sa voix, pour des raisons x ou y, pas de soucis. Sinon, merci de veiller à faire preuve de tempérance dans les propos et de courtoisie dans l'éventualité d'un autre commentaire.

 
Op467 - 14 Janvier 2018: Belle chronique, les titres écoutés sont d un excellent niveau.
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