Symphonies of the Night

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16/20
Nom du groupe Leaves' Eyes
Nom de l'album Symphonies of the Night
Type Album
Date de parution 15 Novembre 2013
Produit par
Enregistré à Mastersound Studios
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album80

Tracklist

1. Hell to the Heavens
2. Fading Earth
3. Maid of Lorraine
4. Galswintha
5. Symphony of the Night
6. Saint Cecelia
7. Hymn to the Lone Sands
8. Angel and the Ghost
9. Éléonore de Provence
10. Nightshade
11. Ophelia
Bonustracks
12. Eileen's Ardency (ft. Carmen Elise Espenæs of Midnattsol and Savn)
13. One Caress (Depeche Mode Cover)

Chronique @ ericb4

17 Mai 2014

Une oeuvre délicate tout en profondeur!

Comme pour mieux nous inviter au voyage au pays des songes, cette oeuvre vient caresser en douceur notre espace auditif, et de bien belle manière. C'est sur une trame romantique que le quintet de Heavy Symphonique allemand, produit par Alexander Krull et mené au chant par la soprano norvégienne Liv Kristine, nous propose un opus convaincant de par la richesse et la justesse de ses compositions à l'instar d'un travail de studio considérable. Quelques musiciens de studio et choristes, dont Carmen Elise, la petite soeur de Liv, ont contribué à conférer à cet album une dimension supérieure et même un petit supplément d'âme.

Les musiques sont l'oeuvre de Thorsten Bauer (guitariste et bassiste), Alexander Krull et Liv Kristine, sauf "Angel and the Ghost" & "Eléonore de Provence" auxquels a également contribué Sander van der Meer (guitariste). Quant aux textes, ils ont tous été écrits par Liv Kristine, à l'exception de "One Caress", titre dont l'auteur n'est autre que Martin L.Gore (cofondateur de Depeche Mode). Il en ressort une production instrumentale soignée et des textes à la fois finement écrits, profonds et parfaitement mis en valeur par l'orchestration.

Cet album généreux d'environ 1 heure n'offre pas moins de 13 titres nous propulsant, chacun à sa façon, dans les profondeurs abyssales des sonates à l'image d'un inoubliable voyage onirique aux confins des innombrables méandres symphoniques et angéliques des compositions du combo. C'est dire que l'on se situe dans le prolongement atmosphérique de l'opus précédent "Meredead", tout en s'éloignant de l'univers plus acidulé de "Vinland Saga" ou de celui, plus commercial, de "Njord".

L'évolution artistique s'est opérée en douceur d'une part, suite à des remaniements orchestraux de fond, soit, avec davantage de touches celtiques à la saveur pop/rock, voire folk/rock, dans l'ombre d'un certain Mike Oldfield, compositeur et grand guitariste folk/rock des années '70 & '80 surtout. On prendra pour exemple l'envoûtant "Nightshade", aux sonorités celtiques avérées. Ce qui n'est pas sans rappeler "To France", de l'album précédent, lui-même étant une reprise de leur illustre inspirateur. D'autre part, la partie vocale a également subi quelques modifications, notamment grâce à une présence plus massive des growls d'Alexander (plus de la moitié des titres) et aux modulations vocales plus nuancées de Liv Kristine, celle-ci délivrant une tonalité moins angélique qu'auparavant. Aussi, la voix de la soprano apparaît-elle à la fois plus profonde et plus puissante, sur les sept premiers morceaux notamment.

Dans cet opus, on relève trois catégories de morceaux : d'une part, on repère les titres éminemment Heavy Syumphonique, avec une structure orchestrale classique du genre ; d'autre part, on relève les morceaux mixtes (rock métallisé, folk/métal, pop/rock/métal) ; enfin, les titres plus soft, s'apparentant de près ou de loin à des balades, plus difficilement classables.

Parmi les titres typiquement Heavy Symphonique, on retiendra surtout "Hell to the Heavens", "Fading Earth" et "Eléonore de Provence". Le premier titre brille par sa puissance orchestrale autant que par les voix de Liv et Alex se répondant en écho, ce qui confère à l'ensemble une dimension épique. Les qualités mélodiques ne sont pas en reste et sont même renforcées par les choeurs apparaissant en filigrane tout au long du morceau. Comme pour rompre avec une certaine monotonie annoncée, les cassures de rythmes sont distillées aux endroits adéquats. L'homogénéité d'ensemble est donc sauvegardée. C'est avec toute la puissance de sa voix, qu'elle dose d'ailleurs parfaitement, que Liv nous délivre également une prestation solo soignée, et selon un même mode d'interprétation, sur "Fading Earth". Elle semble alors contenir l'angélisme naturel de sa voix au service d'une profondeur de timbre mêlée d'une énergie quasi inédite. Là encore le titre se veut entraînant, plein de finesse instrumentale, avec des refrains bien construits, mélodieux à souhait que subliment des chœurs bien inspirés. Sur un tempo rapide, utilisant le tapping, "Eléonore de Provence" est lui aussi empli de mélodicité tout en combinant savamment les voix du couple Liv/Alex sur le modèle de "The Beauty And The Beast". Cette fois, on retrouve le timbre originel de la chanteuse, sur un titre techniquement complexe, où les ruptures rythmiques ne sont pas rares, loin s'en faut.

Dans la seconde catégorie de titres, on repère "Symphony of the Night", "Angel and the Ghost" et "Ophelia". Le premier titre combine une atmosphère Métal Symphonique sur une structure instrumentale empruntée à l'univers pop/rock. Ce morceau délicatement inspiré s'avère envoûtant de progressivité, cueillant au passage des chœurs venant enrichir de leurs voix en ensemble déjà très harmonieux. La sculpture est encore plus aboutie sur "Angel and the Ghost". Ainsi, c'est au cœur de l'album que s'inscrit ce morceau "total". On y retrouve la voix traditionnellement aérienne de Liv Kristine, sur un titre finement rythmé, où la mélodie fait mouche à chaque couplet, à chaque refrain. Les chœurs viennent là encore prêter main forte à un ensemble déjà bien solide. Les growls sont présents sans être envahissants et placés aux moments opportuns. On a même droit à quelques jolis passages joués tout en sobriété à la guitare par Thorsten Bauer ainsi qu'à un petit aparté rap par Liv. Surprenant! Bref, un chef d’œuvre, l'air de rien! Quant à "Ophelia", lui aussi combine les univers pop/rock et Métal Symphonique. Ce titre, moins grandiose, moins "tubesque" que le précédent, n'en est pas moins efficace. Entraînant, harmonieux, enrichi de chœurs et utilisant le growl comme arme de séduction en écho à la voix profonde de Liv, ce titre convainc notamment par les subtilités de ses couplets et par des arrangements instrumentaux efficaces.

En ce qui concerne les titres softs, ils ne sont pas laissés pour compte non plus. On pourra retenir surtout "Saint Cecilia", "Nightshade", "Eileen's Ardency" et "One Caress". "Saint Cecilia" fait partie de ces fausses balades qui, par leur somptueuse progressivité et les harmonies savamment usitées, finissent en apothéose. Moins emphatique, "Nightshade" emplit l'espace auditif de sa douceur ambiante. Les sonorités celtiques imprimant de leur marque l'ensemble du morceau nous invitent à une balade romantique. De sa voix haut perchée, Liv Kristine parvient à nous émouvoir tout le long. Dans un même mouvement, le mystérieux "Eileen's Ardency" nous offre une belle palette de nuances atmosphériques pour une composition de toute beauté aussi bien sur le plan instrumental que vocal. Pour cette petite balade, Liv Kristine a mis à contribution Carmen Elise, pour un duo plutôt réussi, où les voix de l'une et de l'autre se coordonnent parfaitement pour une symbiotique harmonie. C'est sur une note d'angélisme, et non des moindres, que se conclut cet album. "One Caress" se veut éminemment planant, sans être ni ennuyeux, ce qui aurait pu être le cas dans ce type d'exercice, ni déroutant, comme on aurait pu le craindre. C'est avec toute la splendeur de sa voix que Liv, tout en légèreté, nous invite à la suivre dans un espace onirique dont elle seule détient le secret.

Enfin, trois titres me sont apparus moins prégnants que les dix déjà listés, sans pour autant devoir être rejetés tout de go. "Maid of Lorraine" est une fausse balade, privilégiant les variations de rythmes et mettant en scène les voix de Liv et Alex, se répondant en écho sur une ligne mélodique moins assurée que sur les titres plus haut analysés. Pour "Galswintha", même constat. Malgré une belle introduction instrumentale conférant au morceau une sulfureuse ambiance celtique et une progressivité instrumentale non sans intérêt, le jeu de la Belle et la Bête, bien qu'utilisant de subtiles variations, fonctionne un poil moins bien. En outre, la ligne mélodique apparaît trop fade, voire insipide, pour recueillir l'adhésion. On risque donc de rester sur sa faim. Plus déroutant encore, "Hymn to the Lone Sands" témoigne d'un certain dynamisme certes, mais mal dosé. Cette fois, les correspondances vocales Liv/Alex peinent vraiment à convaincre, tant les dérapages mélodiques semblent mal contrôlés. Bien que typiquement Heavy Symphonique, avec les ingrédients habituels du genre, malgré les prestations de ces deux pointures du Métal Symphonique, l'ensemble demeure déconcertant.

Au final, nous sommes face à une œuvre s'inscrivant dans le prolongement atmosphérique de "Meredead", mais sur un registre vocal différent. Quelques titres se détachent d'un ensemble plutôt cohérent, souvent intéressant d'un point de vue artistique. Sur le plan instrumental, rien d'innovant techniquement, mais l'orchestration ne souffre que de rares faiblesses. On aurait peut-être souhaité moins de carences mélodiques sur certaines passages, sans pour autant tomber dans les travers de morceaux commerciaux. Mais cet exercice est très difficile à maîtriser, même pour les plus chevronnés des artistes. Un bien bel album donc qui mérite plusieurs écoutes pour en apprécier toute la teneur.







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Elencirya - 17 Mai 2014: C'est marrant, les 3 titres jugés les moins intéressants par la chronique sont parmi mes préférés! "Galswintha" a une mélodie d'inspiration un peu folk-médiévale très intéressante et originale, "Hymn to the lone sands" a une superbe ontée en puissance et accélération (il ne fut pas s'arrêter à sa trop longue intro un peu poussive...), et "Maid of Lorraine", même si je la trouve un cran en dessous, ne mérite pas à mon avis des critiques aussi négatives, elle a des changements de tons intéressants! Moi le titre qui ma franchement gavée est "Saint Ceceelia", balade archi plate à laquelle je me demande comment on peut trouver le moindre aspect positif... Je la zappe tout le temps. Sinon le reste est bon, voire très bon "Symphonies of the Night", "Hell to the Heavens"), et l'ensemble me réconcilie largement avec un groupe qui m'avait laissée sur ma faim avec leur précédent opus!
Anouk - 17 Mai 2014: Moi aussi, les 3 titres jugés les moins intéressants sont mes préférés... J'aime juste moins bien les titres "Symphonie of the night" et "Angel and the ghost" que je trouve assez banales... Sinon le groupe a réussi à me rassurer en gardant leur tendance folklorique, j'avais peur que ça devienne trop symphonique et du coup moins original... mais ce n'est pas le cas, ils sont juste plus épiques qu'avant et j'aime ça... Bien que selon moi "Meredead" reste leur meilleur album (et mon coup de cœur)...
LeLoupArctique - 18 Mai 2014: Ça fait longtemps que j'ai pas écouté ce groupe, qui semble au vu de ta chronique proposer une musique très intéressante. J'écouterai ça, même si les albums contenant une ribambelle de chansons courtes ont tendance à m'ennuyer ... Attention par contre, quand on parle de musique on écrit "ballade" et pas "balade".
choahardoc - 19 Mai 2014: Superbe papier sur un album aux qualités multiples, bien décrites ici. Si j'aime beaucoup Heel to the Heavens, son riffing massu m'invite systématiquement à fredonner: Master Apprentice Heartborne 7th Seeker Warrior Disciple In me the Wishmaster... Cela n'engage que moi et chacun se fera son opinion propre! Maid Of Lorraine me paraît un ton en dessous en effet mais Hymn to the Lone Sands, rien à redire, j'aime énormément ce morceau.
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