Raising Fear

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Nom du groupe Armored Saint
Nom de l'album Raising Fear
Type Album
Date de parution Août 1987
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album117

Tracklist

Re-Issue in 2018 by Universal Music (Japan)
1.
 Raising Fear
 03:50
2.
 Saturday Night Special (Lynyrd Skynyrd Cover)
 04:23
3.
 Out on a Limb
 03:33
4.
 Isolation
 05:54
5.
 Chemical Euphoria
 04:44
6.
 Crisis of Life
 04:04
7.
 Frozen Will / Legacy
 06:00
8.
 Human Vulture
 05:26
9.
 Book of Blood
 04:41
10.
 Terror
 04:44
11.
 Underdogs
 04:19

Durée totale : 51:38


Chronique @ samolice

17 Juin 2012

Cause the Saint's Raising Fear

Parfois, pour des raisons qui, a posteriori, nous échappent complètement, nous ignorons cruellement certains albums pendant des années, convaincus que nous sommes de ne pas les apprécier.
Et puis un jour, on retombe dessus comme on retomberait par hasard au détour d'une ruelle sur un amour de jeunesse. Et là, de deux choses l'une, soit c'est la "bonne" claque, l'éternelle jeunesse - et toi non plus tu n'as pas changé -, soit la "mauvaise", les traces du temps qui passe - mais qu'est-ce que t'as bu doudou dis donc -.

Ainsi donc, j'avais laissé ma cassette de « Raising Fear » au fond d'un tiroir pendant presque 25 ans, trop déçu à l'époque de la suite donnée à « Delirious Nomad ». Etant entré depuis quelques semaines dans un trip Armored Saint totalement addictif, ce n'est que tout récemment que je me suis enfin décidé à laisser dérouler la bande sur le lecteur.
Verdict : mitigé. L'album ne passera pas à nouveau 25 ans au placard, pour sur, mais je ne compte pas non plus lui faire une demande en mariage. Explications.

D'emblée, le titre de l'album interpelle. "Faire monter la peur". La peur de quoi? D'un nouvel échec commercial? Il faut dire que le groupe est dans une situation très délicate. Phil Sandoval, éjecté pendant l'enregistrement de l'album précédent, n'est pas encore de retour au bercail. La confiance s'est érodée et avec elle les espoirs de succès. S'il n'y avait que ça...

Mécontent de la démo soumise par le groupe, le label leur demande expressément de revoir la copie : "vous tenez là une face B correcte, maintenant composez-nous une vraie face A" (véridique!). Ambiance, ambiance. Pour finir, Chrysalis exige un hit de la part du groupe. Comme si cela pouvait s'écrire à la carte. Dans cette optique, la bande se voit ainsi soumettre, le mot est faible, l'idée de reprendre le "Saturday Night Special" de Lynyrd Skynyrd. Exaspéré, le groupe finit par s'exécuter. Au total, plus de 6 mois d'enregistrement dans quatre studios californiens différents en compagnie de Chris Minto. Long. Très long (sauf pour Def Leppard of course).

Au début du mois de septembre 87, l'album est dans les bacs. La pochette annonce la couleur : retour à l'imagerie médiévale. Merci qui?
Le groupe s’est également débarrassé des légères teintes plus progressives de l'album précédent : retour au heavy plus proche de "March of the Saint" que de "Delirious Nomad". Merci qui?

Au regard des tensions entre musiciens et label, on comprend mieux pourquoi le contenu musical de cet album pue la colère, la frustration. Deux sentiments qui se retrouvent également au niveau des paroles, sombres (dangers liés aux abus de drogues sur "Chemical euphoria") et peut être aussi autobiographiques ("Underdogs" - les opprimés -, "Human vulture" - les vampires du show bizz - "Out on a limb" - situation délicate -, "Isolation").

L'entame de l'album laisse augurer du meilleur. "Raising Fear", l'excellent titre éponyme, est un des plus rapides de l'histoire du groupe. D'autres très bons moments parsèment ce troisième méfait des californiens ("Chemical Euphoria", "Terror", très typé HM allemand, "Frozen Will/Legacy"). Concernant ce dernier morceau, Mention Très Bien (le bac approche, courage les jeunes!) : une intro ambiancée suivie d'un riff hyper efficace qui fait planer l'ombre du Dio période Holydiver. Bush est inspiré comme sur aucun autre titre de l'opus. La tension monte jusqu'à exploser lors d'un solo décapant.

Hélas, un constat s'impose assez vite; le chevalier n'est pas mourant mais il est blessé. Si « Raising Fear » demeure un honnête album de heavy, il n'en reste pas moins que, pour la première fois depuis les débuts discographiques du groupe, l'ennui parfois nous guette. La faute à un certain essoufflement, et même un essoufflement certain, au niveau de l'inspiration.
A cet égard, "Crisis of Life", avec des vocaux proches de ce que Bush proposera au sein d'Anthrax et une ligne de basse bien jazzy en début de solo, ne tape pas vraiment dans le mille (au contraire du dit solo qui, lui, est splendide). La cover de Skynyrd n'explose pas non plus les cages à miel malgré une relecture vocale intéressante de Bush. Autre exemple, un riff typé NWOBHM - l'amour de jeunesse jamais délaissé du groupe - accompagne un "Out on a limb" dont le refrain a quand même un peu tendance à lasser à force de se répéter. Enfin, "Isolation", qui peut rappeler le "Watch the Children Play" de Metal Church, est une power ballad vitaminée qui traîne une nouvelle fois en longueur tout comme le glacial "Human Vulture".

Il manque ainsi souvent le petit truc en plus (pas en plumes) - mais ne me demandez pas quoi - qui fait toute la différence entre un morceau agréable et une tuerie. Idem pour les musiciens. Ils sont dans la place, aucun doute là dessus, mais évoluent tous un cran en dessous comparés à leurs prestations sur les précédents albums. C'est plus particulièrement le cas de John Bush. Il reconnaîtra plus tard ne pas beaucoup aimer son travail sur ce disque, les pressions exagérées du label expliquant peut être son moindre investissement. De toute manière, tous les membres du groupe n'apprécient guère ce "Raising Fear". Joey Vera n'est vraiment à l'honneur que le temps de "Book of blood". Les soli de David Prichard sont dans l'ensemble plus rapides mais moins mélodiques que sur "Delirious Nomad". Le niveau reste néanmoins excellentissime ("Book of blood", "Terror", "Isolation") alors qu'il était tout juste parfait sur l'album précédent

Malgré une tournée nord américaine en compagnie de Grim Reaper et Helloween, le groupe connaît un nouvel échec commercial - quelle constance! - avec une fadasse 144ème place dans les charts US. Chrysalis leur montre la direction à suivre : la porte.
Et le pire est pourtant à venir...

11 Commentaires

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samolice - 18 Juin 2012: Entre l'application de "Frameto" et la fille à qui j'ai jamais parlé en 5 ans de secondaire, vous m'avez bien fait rigolé!

Attention à l'instinct quand même Cucra, parce qu'avec Armored Saint tu rates du trè très très bon (à la limite il y a un trés de trop)..
LeMoustre - 17 Mars 2016: Purée, mais suis-je le seul à préférer cet album parmi la discographie du Saint ? Sans doute parce que c'est avec celui-ci que j'ai découvert le groupe. Sans doute aussi parce que Frozen Will/Legacy, Underdogs, ou Book Of Blood me filent la chair de poule. Sans doute parce que j'ai toujours trouvé cette pochette (format Lp, bien sûr) extraordinaire. Un peu de tout ça, et puis, à côté, à part le EP Live, tous les autres albums me semblent vieillots ou fades, sans explication tangible, je n'ai jamais réussi à accrocher à ses prédécesseurs, et Symbol of Salvation m'ennuie, ayant du coup lâché l'affaire à ce moment là. Mais cet album là, j'adore : entraînant, lyrique, et heavy juste ce qu'il faut. 16/20
samolice - 17 Mars 2016: Ah oui "Symbol of" t'ennuie? Etonnant tant je le trouve pour ma part énorme. Mais bon, chacun son ressenti, no problem. Comme je l'ai écrit dans la chro, j'ai longtemps boudé ce "Raising Fear" que je trouvais tellement loin qualitativement des 2 précédents. Avec le temps, il passe très bien aujourd'hui mais je ne peux pas m'empêcher que ce skeud n'est pas celui que le groupe aurait sorti sans la pression du label (comme expliqué" dans la chro).
LeMoustre - 17 Mars 2016: Superbe papier au passage, Sam. N'étant pas spécialiste du groupe loin s'en faut, je ne m'explique pas cette préférence. Mais comme le Symbol Of Salvation, je l'ai connu seulement il y a une paire d'années, je suppose que le train devait être passé depuis longtemps. Tant pis pour moi, pourtant réécouté encore hier, sans avoir réussi à avoir un quelconque déclic.
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