Pariah's Child

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Nom du groupe Sonata Arctica
Nom de l'album Pariah's Child
Type Album
Date de parution 28 Mars 2014
Labels Nuclear Blast
Produit par Pasi Kauppinen
Enregistré à Studio 57
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album103

Tracklist

1. The Wolves Die Young 04:13
2. Running Lights 04:27
3. Take One Breath 04:20
4. Cloud Factory 04:17
5. Blood 05:55
6. What Did You Do in the War, Dad? 05:13
7. Half a Marathon Man 05:44
8. X Marks the Spot 05:21
9. Love 03:51
10. Larger Than Life 09:58
Total playing time 53:19

Chronique @ Eternalis

02 Avril 2014

"C’est un orchestre étrangement fatigué, consumé par le temps n'exprimant pas la pleine mesure de son talent"

Le poète posa un regard sur ce qu’il avait accompli. Il était fier et enthousiaste, secrètement convaincu d’avoir façonné son chef d’œuvre ultime, sa création la plus ambitieuse, celle qui parviendra à rallier un nombre infini d’adorateurs, qui saura plaire aux amateurs des débuts comme aux rêveurs d’aujourd’hui. L’œuvre ultime pense-t-il…mais encore faut-il pouvoir la proposer au plus grand nombre…

Sans entrer plus loin dans des débats qui ne nous concernent pas et dont nous ne maitrisons pas l’intégralité des tenants et aboutissants, des informations circulèrent comme quoi Nuclear Blast ne fut pas aussi satisfait que Tony Kakko de la première monture qu’il proposa de "Pariah’s Child". Trop lent, trop féérique, trop de piano…pas assez de guitare ni de tempos rapides et encore moins le fameux retour aux sources qui serait si facile à promouvoir. Le vocaliste compositeur finlandais surdoué fut contraint de retoucher certains éléments, d’y apporter du rythme, de le rendre plus commercialisable…
Encore une fois, il serait probablement faux de situer la totalité de la déception liée à "Pariah’s Child" sur ce fait interne et privé qui, visiblement, toucha tout de même la conception profonde du huitième album de Sonata Arctica.

Il est évident que le groupe est aujourd’hui une machine qui tourne bien, habitué aux ventes d’albums et aux longues tournées mondiales. Et si "Stones Grow Her Name" fut une déception pour certains, notamment après les chefs d’œuvres que furent "Unia" et "The Days of Grays", il contenait certaines perles inestimables telles que la sublime "I Have a Right", les "Wildfire" qui multipliaient les arrangements ou encore un "Somewhere Close to You" qui œuvrait dans une recherche continuelle de nouvelles sonorités. Certes, l’album était loin des deux précédents et les fans des débuts ne pouvaient s’y retrouver mais tout juste pouvions-nous évoquer une sensible baisse de régime qui ne demandait qu’à être pardonnée sur l’opus suivant. Puis "Pariah’s Child" fut annoncé en grandes pompes comme un retour aux sources au speed mélodique des premières heures, propre à raviver la flamme d’un metal purement scandinave. Mais il n’en est clairement rien…

Sans aller trop loin, "Pariah’s Child" est probablement l’album le plus mauvais (ou le moins bon, selon l’utilisation ou non d’une litote) du groupe (avec "Winterheart’s Guild", mais ceci est plus personnel). Que dire de cet album que l’on ne sent clairement pas venir du cœur ? Qui semble avoir été fait comme on va vulgairement au travail, sans magie ni envie ? De ces tempos plus rapides mais qui donnent la sensation d’un groupe s’ennuyant complètement ? Et surtout de ce manque complet d’originalité, de volonté de créer ? C’est à peine si on reconnait les Tony Kakko et Henrik Klingenberg conquérants et créatifs de ces dernières années !
Evidemment, nous pourrons compter sur certains coups d’éclat, tel que le fantastique "Blood" qui virevolte d’un speed mélodique superbe à des phases bien plus originales, que ce soit dans le phrasé d’un Tony Kakko très en voix ou encore dans un refrain magique qui risque de ne plus vous lâcher une fois écouté (profitez-en, c’est sûrement le seul). C’est aussi une ligne de claviers très pure, des soli recherchés et surtout une émotion de chaque instant, une tension, des cris de Tony qu’il maitrise désormais parfaitement et surtout un développement n’étant pas sans rappeler le fabuleux "Juliet" (le passage narratif particulièrement). Mais ce "Blood" est si seul dans cet album…

"The Wolves Die Young" ne trompe personne. Sa mélodie est déjà entendue, ses claviers respirent un manteau neigeux mais synthétique et ce n’est pas l’attaque directe du nouveau bassiste Pasi Kauppinen qui va changer la donne. Tony ne chante pas avec ses tripes, Tommy s’enferme dans une double pédale répétitive et un jeu trop vite lassant et ne parvient jamais à donner vie à une composition à laquelle on a l’impression d’avoir volontairement ralentie la bande pour ne pas trop se fatiguer. Les quelques accélérations paraissent bien pâles, à l’instar de "Cloud Factory" qui, lui aussi en tant que single, n’offre pas la meilleure vitrine possible pour présenter le disque. Est-ce ce chant complètement vide ou bien cette rythmique tournant dans la mélasse ? Ce refrain « Dysney » que le groupe est pourtant parvenu à rendre mémorable par le passé ou encore Elias qui parait plus que jamais inutilisé lorsque l’on connait son immense talent (être réduit à ce genre de riffs ne doit pas lui faire un grand plaisir).
Alors oui, on pourra citer un "Running Lights" bien plus rapide mais, encore une fois, où est le but ? L’émotion ? Le frisson ? Nulle part. Sonata n’y est absolument pas et l’illusion prend à peine le soin de nous y faire croire. Un vide profond se dégage de la composition, tout comme de "X Marks the Spot" où Tony essaie de placer beaucoup de lignes de chant narratives, en spoken words ou encore des hurlements mais malheureusement le fait sans cohérence, sans idées et ne fait finalement que rendre le morceau incroyablement confus. Les claviers ne suivent absolument pas le riff, Tommy fait une fois de plus le minimum syndical et surtout, et c’est peut-être la première fois, Tony fait mal à entendre, complètement à côté de la plaque, dans des interventions qui, indépendamment, pourraient être géniales mais qui, bout à bout, ne donnent absolument rien. Les "Fullmoon", "Black Sheep" ou autres "Wolf and Raven" sont bien loin...
Il essaie, sporadiquement, de refaire vivre le groupe des albums précédents sur un timide "Take One Breath" qui débute comme "Losing my Insanity" et remonte un peu le niveau mais c’est bien trop maigre pour convaincre. Tout y est pourtant mieux, Tony y chante superbement bien, avec émotion et justesse et au service d’une musique plus épurée et délicate qui sied évidemment mieux à l’environnement que le Finlandais souhaite aujourd’hui créer avec le groupe.

Il convient d’évoquer aussi le cas de "Larger than Life", pièce de dix minutes, représentant le malaise de cet album tout autant que la déception qu’il engendre. Entre magie et fainéantise, beauté pure et passages téléphonés ou encore génie et ringard, il synthétise toute l’ambivalence d’un album montrant un groupe mal dans sa peau. Inspiré par Nightwish et notamment son "Imaginaerum", le titre se veut très théâtral et impressionne tant Tony y est possédé, chantant tel un fou, un chanteur baroque ou encore un conteur de l’époque victorienne. Les arrangements symphoniques sont monumentaux mais savent se montrer parfois discrets, jusqu’à disparaitre complètement sur un refrain trop mièvre pour supporter toute la magnificence d’une telle œuvre musicale. Pourtant, on y retrouve aussi des instants formidables, inspirés d’"Unia" et surtout "The Days of Grays" (la mélodie au 3 :40 min) qui seraient presque capables de faire oublier toute la trahison ressentie à l’écoute du reste. L’intensité des arrangements vocaux est à couper le souffle et on aurait presque aimé voir le titre continuer encore quelques minutes, tant il démontre que le vrai Sonata Arctica est encore là, quelque part, caché et probablement vexé de ne pas avoir pu donner la pleine mesure de son talent. Car ce n’est pas le Sonata que l’on connait ici, pas le groupe passionné et insatiable des années précédentes. C’est un orchestre étrangement fatigué, consumé par le temps ou simplement muselé par des autorités supérieures ne lui laissant pas exprimer la pleine mesure de son talent. Le futur nous en dira plus mais il y a fort à parier que cette erreur de parcours se paiera cash auprès des fans, devenus particulièrement exigeants ces derniers temps. Un peu de recul s’avère désormais nécessaire, de quoi laisser le temps aux musiciens de vaquer à des projets solos qu’ils ont tous en idée, quelque part dans un coin de leur tête. Quelque part, là où on ne les attend pas…

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hub66 - 03 Avril 2014: Pour moi aussi, cet album est très très bon; il y a de l'originalité, de l'émotion, des passages speed, des refrains mémorables, etc. Best : running lights, cloud factory, blood et what did you do in the war, Dad ?
Theodrik - 03 Avril 2014: En tant que fan du genre, le retour au Power Metal me ravit, même si j'avais bien aimé le tour symphonique du groupe. L'album est un peu inegal mais j'aime bien. Les meilleures me semblent être "The Wolves Die Young" et son clip formidable, "Cloud Factory" et son refrain "Disney" qui le rend très agréable (elle est pour moi la meilleure de l'album), le très Hard Rock "Half A Marathon Man", imressionante par son dynamisme et "What Did You Do In The War, Dad", avec sa musique pleine d'envolees et redescentes de clavier et dont les textes sont absolument poignants ! Le refrain de "X Marks The Spot" est un peu simple, mais j'aime bien le solo de clavier derrière qui rappelle 8th Commandement de l'album Ecliptica et la voix derrière qui fait très Barry White et qui sera peut-être un délice sur scène si c'est exploité.

D'autres sont bonnes mais trop peu efficaces sur les refrains. Du coup, on n'en retient pas grand chose sitôt l'écoute finie. Je pense à "Blood", à "Running Lights", par exemple. On ressent sur d'autres chansons cet effort pour la scène, sur mais sur "Take One Breath", le point de repère arrive tard, ce qui fait qu'on ne retient que ca. "Love" n'arrive pas à la cheville de "What Did You Do In The War, Dad ?", niveau émotion. "Larger Than Life" me paraît trop Prog. C'est dommage, elles pourraient déboîter vu leur refrains, mais ne convainquent pas tout-à-fait a cause de ces divers problèmes... En tout cas, Sonata nous livre un album avec des pépites, et nous aurions tort de sous-estimer cet album. Il a des défauts, mais je suis prêt à les accepter :)
samourai62640 - 05 Avril 2014: moi j'ai adoré, cette album
 
winger - 18 Avril 2014: Je viens de l écouter et le trouve assez intéressant comme le précédent. La période power mélodique du début et le "tout prog" d unia et "Grey..." à laisse place à un heavy bariolé et aéré. Perso je trouve que le groupe se renouvelle sans cesse et apporte de la fraîcheur. Fallait il revenir au début et nous pondre des "fullmoon" et "blacksheep" version 2014, voix la plus simple ....ou un nouvel unia encore plus complexe et alors inécoutable ??..je trouve le choix de Tony plus risqué et sensé. Des titres comme "cinderblox", "i have a right", ou les nouveaux "half à marathon man ","X marks thé spot" parfaits à côté des classiques du groupe. Voilà un groupe qui ne nous ressert pas toujours la même chose
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Chronique @ Molick

03 Avril 2014

Un Sonata Arctica bien reconnaissable, mais plus calme et rêveur que par le passé

Le cas Sonata Arctica est assez épineux. Il faut dire que les Finlandais ont une discographie qui commence à être assez conséquente.

Pour ma part, vraiment fan depuis Unia qui m'a révélé le talent de composition de Tony Kakko, je n'avais pas été vraiment emballé par The Days of Grays. Déjà je n'y retrouvais qu'épisodiquement la patte Sonata, et je le trouvais trop proche de toutes les sorties symphonico-machin-truc récentes. Stones Grow Her Name était trop inégal, certains bons morceaux en côtoyant des plus anecdotiques. Bref, j'attendais avec impatience ce que le groupe allait nous proposer, sachant que depuis Unia, chaque album se voulait relativement différent.

Alors, à quoi ressemble le Sonata 2014. Et bien... à du Sonata Arctica. La première chose que l'on peut remarquer, c'est cette présence encore plus accrue de ce son boîte à musique (ou vibraphone, ou glockenspiel...). Sur les couplets de Running Lights, The Wolves Die Young, ou le début de What Did You Do in the War, Dad?. On se rapproche beaucoup de l'ambiance de certains morceaux du précédent album, notamment Only the Broken Hearts ou I Have a Right. C'est très naïf, très enfantin, mais surtout très frais je trouve. Les chœurs de What Did You Do in the War, Dad? semblent tout droit sortis d'Edward Aux Mains d'Argent, rendant la ressemblance avec un certain Danny Elfman très visible.

Le son n'est pas très puissant, renforçant un côté très "rock". Les variations rythmiques à base de contretemps que l'on trouve depuis Unia sont malgré tout très présentes, permettant de rendre les morceaux plus classiques comme Cloud Factory ou The Wolves Die Young, moins linéaire. On trouve beaucoup de passages atmosphériques, en intro ou en break (What Did You Do in the War, Dad?, Half A Marathon Man, Blood) et les changements de rythme sont légion. Le début acoustique de Half A Marathon Man se voit brisé par un couplet complétement hard-rock et un refrain très typé rock. Pareil pour l'intro au piano de Blood, vite enchaînée avec un break très solennel. La ballade intimiste Love, relativement courte, est sympathique mais ne décolle jamais vraiment.

Le dernier morceau, Larger Than Life, de presque 10 minutes, commence comme une ballade, avant d'amener des chœurs assez inhabituels pour du Sonata Arctica, puis un break où Tony se prend pour Jack Skellington. Le morceau, assez orchestral se rapproche ensuite pas mal de Reckoning Night ou The Days of Grays dans sa progression, très musique de film.

On retrouve donc en 2014 un Sonata Arctica bien reconnaissable, mais plus calme et rêveur que par le passé, tentant de retrouver l'innocence et la naïveté de ses débuts. Un bémol cependant pour le chant, où Tony assure certes, mais peine parfois à proposer un chant vraiment émotionnel (comme sur I Have a Right par exemple, où son chant portait le morceau), rendant les passages plus intimistes (notamment Love) moins prenants. Des morceaux plus classiques (The Wolves Die Young), orchestraux (Larger Than Life), atmosphériques (What Did You Do in the War, Dad?), hard-rock (Half A Marathon Man), forment une synthèse de ce que Sonata Arctica produit de mieux (en particulier sur les 3-4 albums précédents). Étrangement, ce disque est assez proche dans sa diversité d'Unia, mais l'effet produit me paraît presque opposé. Là où Unia est grandiose, mais calculé, avec toutes ces pistes superposées tout ces changements, Pariah's Child semble bien plus direct mais surtout sincère. Pas un chef d’œuvre, probablement pas une œuvre marquante dans la discographie de Sonata (comme avait pu l'être Unia), mais simplement un très bon album, ce qui n'est déjà pas si mal.

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Chronique @ Northernshadow

03 Avril 2014

Un album très inégal mais néanmoins agréable

Après nous avoir servi un power metal pendant une bonne dizaine d'années, Sonata Arctica avait tenté l'aventure d'un metal plus progressif et plus sombre avec un « Unia » d'une richesse inattendue suivi par un « The Days of Grays » qui, sans parler de suite logique, allait néanmoins dans une continuité cohérente. Nous étions donc tous bien curieux lorsque « Stones Grow Her Name » fut annoncé avec son artwork original et cette annonce de renouveau mêlés à un retour aux sources de leur époque « Tricky Means » et de son hardrock mélodique. On avait donc droit à un album d'une simplicité affligeante couplée à un manque d'énergie probant. Le pire étant les deux derniers morceaux paradoxalement progressifs qui semblaient montrer qu'ils n'assumaient pas cette nouvelle prise de risque. Peut être avait-ils peur de perdre leur public avec la complexité d'Unia et son petit frère? Cependant cette histoire de pierre n'avait pas eu le succès qu'ils avaient espéré.

Aujourd'hui, Sonata Arctica semble plus confus que jamais et, paradoxalement, se cherche encore après bientôt vingt ans d'existence. On peut dire que cet état d'incertitude n'est que confirmé avec l'arrivée de ce dernier, j'ai nommé « Pariah's Child ».

Tout d'abord, l'artwork qui est kitch à souhait avec son loup et sa corneille faisant écho à « Silence » (Wolf and Raven) et un retour aux couleurs bleues-blanches un peu plus joyeuses que les opus 5 et 6 et bien moins original que le 7. Plus frappant encore, le retour à l'ancien logo.

S'annonce donc un second retour aux sources. Oui, Sonata Arctica a plusieurs sources. Quand ils nous sortiront un album pop, ils nous diront que c'était leur source encore plus source de l'époque avant Tricky Beans...m'enfin, peut importe les justifications du moment qu'ils aiment ce qu'ils font (j'ai d'ailleurs des doutes là-dessus au vu des différentes routes qu'ils ont prises ces dernières années...). Laissons leur donc le bénéfice du doute et écoutons ce dernier enfant, ce paria.

L'ouverture se fait sur « The Wolves Die Young » et un grognement de loup qu'on retrouve sur le titre qui ouvrait « Ain't your Fairytale » de « Reckoning Night ». Un petit clin d'oeil donc à la quatrième oeuvre du quintet finlandais. Rapidement, on arrive sur un petit solo de basse très anecdotique du petit nouveau Pasi Kauppinen, remplaçant de Marko Paasikoski (certains dirons tant mieux vu l'enthousiasme que ce dernier montrait sur scène) qui a aussi produit l'album (il s'était également occupé de Live in Finland).

Voilà donc un chapitre important de ce « Pariah's Child » : La production. Le plus gros point faible de toute l'oeuvre. Les guitares sont inexistantes, le bassiste se met de temps en temps en avant pour rappeler que c'est un nouveau mais finalement, dans l'ensemble, il fait ce que trop de bassiste font c'est-à-dire des croches sur la fondamentale avec un plectre...dommage (je soupçonne Tony d'être derrière cette volonté de simplicité rythmique vu le jeu de Portimo entre autres...). Les claviers, eux, occupent toutes la place aux côtés du chant toujours aussi exceptionnel de Monsieur Kakko.

Cette production molle fout un coup violent à l'ensemble de l'oeuvre car, avec ces guitares tellement en retrait, l'énergie que le groupe voulait transmettre avec ce côté frais et naïf de leurs vieux morceaux se retrouve amoindrie. De plus, pour couronner le tout, la batterie de Tommy se fait aussi faiblarde, notamment ses cymbales.

Au niveau de la composition, on aura un peu de tout même si, de manière générale, l'ensemble sonne assez « vieux Sonata » comme on nous l'avait annoncé. Ainsi on aura droit à des morceaux speed tels que « Running Lights » ou « Cloud Factory », des morceaux plus rock n' roll avec « Half a Marathon Man » et « X Marks the Spot » qui nous évoquent l'album précédent. La ballade est très simple et un morceau épique clôt l'album comme « The power of one » en son temps.. Que dire de tout cela...les guitares n'ont pas été oubliées que dans le mix. Elles n'existent que pour soutenir la rythmique. Plus de solo (oui, j'exagère mais bon...il faut bien avouer qu'ils ne se font pas remarquer...). Les claviers prennent toute la place. On aura une omniprésence d'un orgue hammond en plus des nombreuses couches de nappes de choeurs, strings et des mélodies qui mènent la danse. Oui, la danse parce que cet album est plutôt du genre joyeux. A tel point qu'on pourra entendre « it's a beautiful day » à plusieurs reprises dans la septième piste et que la ballade est une histoire d'amour heureuse d'une mièvrerie déconcertante. Bon...la mélodie est jolie malgré tout. Et c'est bien représentatif de la force de l'album. Un sens de la mélodie propre aux Finlandais (je sais pas pourquoi, les Finlandais ont une sorte de don des mélodies magiques qui fait qu'on sait tout de suite d'où ils viennent quand on les entend...je sais pas si vous voyez ce que je veux dire mais j'me comprends...bref...). C'est sur cette magie que repose l'album. Des mélodies entêtantes.

On trouvera pourtant dans cet album un certain lot de morceaux plus progressifs notamment le très tordu « Take one Breath » et son ouverture en 5/4, 5/8 avant de partir sur différents couplets alternant des ¾ avec des 4/4 avant de partir sur une adaptation de l'intro en 7/8 (sur deux mesures avant de faire 4/4, ¾) sans parler de la structure qui ne définit pas vraiment de couplets, de refrains ou de ponts finalement. On trouvera aussi du 5/4 avant de repartir sur d'autres...Aaaaah! Vous l'aurez compris, ça devient très compliqué, très subtil et ça doit être un enfer à jouer...une vraie réussite!

« What did you do in the war, Dad? » est aussi un beau moment. Rappelant parfois « Gravenimage » dans sa forme alternant du rapide et agressif avec des moments très doux. Un des meilleurs morceaux de l'album avec un beau texte également (ceux-ci se font rares entre les kitches (premier titre notamment), les mièvres (la ballade) ou carrément, les ridicules (Cloud Factory).
Pour le live, l'étrange « X marks the spot » devrait être plutôt efficace (ceux qui ont écouté l'album voient sûrement de quoi je parle...)

Parlons donc de l'album de manière plus générale. Il est porté au niveau supérieur par le chant de Kakko véritablement magnifique (les choeurs sur « Larger than Life) allant dans toutes les directions possibles avec une véritable aisance et un côté théâtral rendant l'album très vivant. Ce point donnera d'ailleurs un côté très Disney à l'album. Entre le théâtral, le narratif, les bruitages (loups, voitures, usine et j'en passe...) et les mélodies magiques, on a vraiment l'impression d'écouter la soundtrack d'un Disney pour metalheads (sans compter que les textes ont un côté conte de fées). Certains aimeront, d'autres pas (très profond comme conclusion, non?).

Alors alors...au final, qu'en est-il de tout cela? Un album très inégal tiraillé entre grands moments et épisodes complétement dispensables servi par une production bien molle avec son absence de guitares trop marquante (on parle quand même de metal quoi...zut!). Sonata Arctica se cherche encore, n'étant jamais totalement convaincant et trop hésitant sur les chemins que doit prendre sa carrière, il parvient malgré tout à nous pondre un huitième album pas déplaisant voire bon sans pour autant être une oeuvre imposante.

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Northernshadow - 06 Avril 2014: Evidemment qu'on entend les grattes mais l'exagération est toujours plus parlante. Elles sont vraiment trop en retrait pour un tel style musical. Sinon bah…je suis content de ne pas être le seul dans mon trip sur la musique finlandaise même si je ne dirai pas que c'est un côté joyeux qui les rends définissable et l'adjectif "beau" ou "belle" étant subjectif…enfin bref...
LeLoupArctique - 06 Avril 2014: Bah pareil pour moi, c'est cette chronique que je trouve la plus juste, même si les autres défendent bien leurs arguments. Il y a quand même de l'originalité dans cette galette, j'aime particulièrement le "What Did You Do in the War, Dad ?", qui est vraiment différent des morceaux habituels, mais en gardant un esprit Sonata Arctica. On sent que Kakko a bien bossé et ça fait plaisir, même si évidemment tout est loin d'être réussi ... Et sorry Anouk pour le pouce rouge, je voulais en mettre un vert mais j'ai cliqué à côté ^.^
Anouk - 09 Avril 2014: Quant je disais que certains doivent être sourds, je disais ça de manière général (absolument pas contre toi, et pas que pour Sonata Arctica, il y a vraiment des gens qui n'entendent pas les guitares pour tel ou tel album de tel ou tel groupe... je lis ça souvent dans des commentaires quelconques), mais c'est vrai qu'ici ils auraient pu les mettre plus en avant, limite si c'était pour mettre autre chose en valeur, bon, mais ici c'est à peine si c'est le cas... Et c'est vrai que "Beau" "Belle" "Joyeux" c'est un peu subjectif j'en conviens, disons qu'il arrive à faire passer de l'émotion via leur musique... Sinon ça reste un bon album sans pour autant être grandiose... Sinon LeLoupArctique ce n'est rien pour le bouton rouge :) ça arrive à tout le monde des petites erreurs...
 
winger - 22 Avril 2014: Plutôt d accord avec toi.Cet album reprend le style du precedent, léger, aéré, melodique. C est vrai qu il manque de riffs, de solis et de punch, mais je le trouve réussi (n étant pas fan de unia et days on grey, trop compliqués et lourds à digérés en une seule ecoute) Maintenant, tout n est pas réussi, C est clair mais je le trouve plutôt bien fait et suite logique dans la carrière du groupe...
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