Ecliptica

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18/20
Nom du groupe Sonata Arctica
Nom de l'album Ecliptica
Type Album
Date de parution 04 Septembre 1999
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album489

Tracklist

Re-Issue in 2008 by Spinefarm Records with 1 bonustrack.
1.
 Blank File
 04:07
2.
 My Land
 04:39
3.
 8th Commandment
 03:43
4.
 Replica
 04:57
5.
 Kingdom for a Heart
 03:53
6.
 FullMoon
 05:10
7.
 Letter to Dana
 06:02
8.
 Unopened
 03:45
9.
 Picturing the Past
 03:38
10.
 Destruction Preventer
 07:38

Bonus
11.
 Mary-Lou (Asian Releases)
 
12.
 Letter to Dana (Returned to Sender) (Re-Issue 2008)
 

Durée totale : 47:32


Chronique @ Eternalis

12 Avril 2009
Adulé par des fans souvent très jeunes, Sonata Artica est l’exemple parfait de la réussite commerciale et populaire sans pour autant avoir tablé sur une grande élaboration artistique, préférant surfer sur le confort sécurisant d’un effet de mode afin d’y trouver une stabilité financière pour ensuite créer totalement ce qu’il veut (pourquoi "Unia" est-il si différent à votre avis ? Et ce ne sont pas des paroles médisantes, Tony Kakko l’avoue honnêtement !).
Ayant su sortir un premier album marquant pour son époque exactement au bon moment tiendra du génie pour certains, de l’opportunisme pour d’autres. Mais le résultat est là, "Ecliptica", premier album de SA, débarque en Europe sur le seuil du nouveau millénaire, avec lui le renouveau d’un speed dans une forme étincelante.
Edguy, Stratovarius, Freedom Call, Power Quest et biens d’autres auront eu à cœur d’apporter leur pierre à l’édifice en ce temps, comme frappés par cette euphorie marquant le retour aux sources d’un métal n’ayant sans doute jamais été aussi mélodique qu’avec ces groupes (toute la vague à chant féminin pour ne citer qu’elle).

Toujours est-il que Sonata Artica, affublé de musiciens si jeunes que leur maitrise technique n’en devient que plus impressionnante, aura directement frappé un grand coup dans la fourmilière stéréotypée du speed mélodique (pour mieux y rentrer ?) avec ce premier album ayant été classée dès le départ comme la descendante logique de Stratovarius.
Même studio (Finnvox), une production que beaucoup trouvent similaires (je reviendrais sur ce point), une virtuosité influencée par la maître Tolkki, un chanteur ayant peut-être trop écouté Timo Kotipelto dans sa jeunesse et une grande rapidité d’exécution formeront ce qui reste aujourd’hui, à titre entièrement personnel, la meilleure création du groupe, non atteinte de défauts néanmoins.

Nier l’influence envahissante de Stratovarius serait comme nier l’évidence, elle a et fut très longtemps la dominante musicale d’un groupe cherchant encore vainement une personnalité propre, plus qu’un public.
Si l’écoute d’"Ecliptica" n’est pas dénuée de plaisir, ni de hochements frénétiques de têtes ou de tentatives infructueuses de décrocher les notes suraigües de Tony, il est en revanche dépourvue d’une quelconque originalité, de cette individualité qui ferait perdurer un groupe au-delà de la simple sortie d’un nouveau disque.
Car ces rythmes extrêmement speed et délectables, cette double pédale omniprésente, ces duels de guitare et de claviers (parfois aussi stérile qu’une descente de manche de Malmsteen), tout ceci fut créer par un magistral "Episode" quelques années plus tôt (sans doute le disque ayant déclenché le plus de vocations dans le style) et ayant posé les bases de ce qui allait devenir un mouvement musical suivit dans le monde entier, mais particulièrement en Finlande, comme ancré dans une virtuosité typiquement nationale.
Cette rapidité entretenu par "Speed of Light" ou les cultes "Father Time" marquent définitivement ce premier essai sur des titres comme l’introducteur "Blank File" ou le furieux "8th Commandment".

Le riff supersonique de ce dernier semble d’ailleurs tout droit sorti du premier titre donné en exemple de Strato (Jani reste un très talentueux guitariste !) et Tony offre une prestation en tout point parfaite, pas loin d’être la meilleure de l’album, débordant d’énergie communicative, et même d’une rage si peu exploitée dans le groupe. Tout se découle à 300 à l’heure sous des oreilles ébahis par tant de maîtrise instrumentale, tout n’est que bonheur et joie face à des jeunes jouant aussi vite et bien, du moins lors des premières écoutes.
Si l’on devait donner un sérieux plus à cet opus, ce serait justement grâce à cette folie de tous les instants, cette énergie qui, si elle part parfois dans tous les sens par manque de discernement, offre au disque une certaine naïveté que l’on écoutera avec le sourire, comme une jeunesse pleine de confiance ayant l’envie inexorable de bouffer un monde se jetant déjà à ses pieds.

On ne pourra que sourire face aux claviers si niais et prévisibles du néanmoins superbe "Fullmoon", exemple parfait d’une montée en puissance maîtrisé, s’achevant sur une descente de toms faisant frissonner l’oreille du musicien avant de nous enchanter sur un déchainement de riff mélodiques et catchy à souhait et accessible pour nous achever sur un refrain taillé pour le live. Alors certes, cette définition du métal paraitra pour certain un déshonneur (mais où est la virilité ???), mais la réponse se situerais dans cette merveilleuse ballade qu’est "Replica", sans aucun doute possible la plus belle du groupe.
Malgré quelques approximations vocales, on ne pourra rester de marbre face à tant de tendresse, de finesse (splendide ligne de basse) mise en valeur par un refrain magnifique et des solos d’une fluidité aussi remarquable que belle, avant de s’achever en un canon extraordinaire de sensibilité, entre pistes de chant multiples, partie de batterie multipliant les descentes et les arpèges langoureux.

Marqué du sceau de la convention, des titres comme "Unopened" (et ses mélodies de claviers prépondérantes) ou "My Land", très joli morceau bien qu’il ne sorte pas de la case préétablie.
Mais c’est la grande force de ce disque, être le seul de leur discographie à imposer des mélodies certes faciles mais toujours bien écrites et superbement interprétés, dont les quelques erreurs de jeunesses apportent finalement une authenticité face à un groupe s’étant par la suite perdu en chemin, ne trouvant aucune issue ici pour sortir de son trou si douillet.
La production, très claire ne pose non plus aucun problème au bon déroulement de l’album, une production qui, quelques années plus tard, sera rejetée en raison d’un aspect trop lisse. Ici, disons que cette caractéristique apporte un sentiment quelque peu puérile et enfantin correspondant parfaitement à la situation (quand on entend la fin de My Land et les cris de Tony, on ressent énormément le côté juvénile de la chose, ce qui ne pourra finalement que rendre plus exigeant au vu du très honorable résultat final !).

Trouvant son aboutissement sur le très construit "Destruction Preventer", marqué par une touche plus émotionnelle (l’intro n’est pas sans évoquer Nightwish tandis que le pont formé de chœurs applique la formule d’un Hammerfall très personnalisé) terminera excellemment "Ecliptica" (hormis la première mesure de claviers absolument ridicule). Rapide sur plus de sept minutes, l’ambition dont faisait preuve Sonata ne pouvait que présager de très bonnes choses pour la suite (les solos sont ébouriffants, une mine de trouvaille rythmique en superposition qui plus est), une suite saluée par le plus inégal "Silence" mais ponctuée des meilleurs compositions du groupe, pour ensuite tomber en décrépitude sur l’insipide "Winterheart’s Guild" et le très moyen "Reckoning Night", avant un différent mais pas inutile Unia.
Il n’empêche que "Ecliptica" reste seul dans une discographie à ne posséder aucun réel titre en trop, à ne souffrir d’aucun temps mort ou à ne subir le manque de créativité chronique de la bande finlandaise. Un bien beau début, plein de fougue et sans doute d’une honnêteté complètement perdue par la suite (jusqu’à "Unia")…

10 Commentaires

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John_Cor(ps)e - 15 Avril 2009: Même si je voue un culte sans nom à cet album, je comprend très bien ton avis avec cette chronique complète et bien foutue. Seulement pourquoi ne pas avoir parlé des chansons "Letter To Dana" et "Picturing The Past" en détail? Ces morceaux sont quand même très importants dans cet album, enfin c'est mon avis.
Superbe chronique, comme d'habitude.
pielafo - 21 Septembre 2010: Fullmoon a un petit cote ringuard qui m'enerve un peu notammant sur le refrain avec les runaway runaway mais sinon le reste est excelent
pielafo - 28 Septembre 2010: je n'ai pas precise que pour moi Sonata c'est le melangue parfait entre Dragonforce et Stratovarius. ce disque ci en tout cas. apres c'est vrai que Unia est assez different.
Lepard - 12 Janvier 2013: Sonata Arctica, un mélange entre Dragonforce et Stratovarius ? Haha, que je rigole. D'accord pour Stratovarius, mais pour Dragonforce, faut pas déconner quand même.
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Chronique @ dark_omens

02 Juin 2016

Un grand frère bien trop présent...

Pour tous ceux qui la vécurent, la fin du second millénaire fut, en matière de Heavy Speed Power Metal Mélodique, une période passionnante. L'hégémonie des pays nordiques, et notamment de la Finlande, était incontestable, avec surtout un Stratovarius qui venait purement et simplement d'assommer la concurrence avec, sans doute, l'un de ses meilleurs opus, Visions, et un Destiny un peu moins applaudis mais n'ayant pas à rougir de la comparaison avec nombre d'autres productions du genre. Mais aussi avec un Nightwish et son somptueux Oceanborn qui se cherchait encore un peu une identité musicale à l'ombre de ce grand frère déjà évoqué mais qui avait eu la brillante idée d'enrôler en son sein une chanteuse d'opéra, Tarja Turunen, aux capacités phénoménales. Une liste, bien évidemment, non exhaustive à laquelle nous pourrions ajouter, dans un genre un peu différent, Apocalyptica ou Synergy et dans un genre pas si différent que ça mais nettement plus âpre Children Of Bodom. Le lien essentiel qui lie toutes ces formations c'est l'application avec laquelle elles se sont évertuées à cultiver leur spécificité apportant chacune à leur manière quelque chose d'atypique à la mouvance. Je vous vois froncer les sourcils jeunes néophytes en friches, Stratovarius, un porte drapeau de la diversité alors que sa musique est tout ce qu'il y a de plus académique? Aujourd'hui peut-être mais il ne faut pas oublier qu'à l'époque son propos était novateur et que c'est bel et bien lui qui fut très largement copié et imité, une inspiration diront les plus diplomates, par les autres.

Pourquoi une telle démonstration me direz-vous? Pour vous expliquer, en partie, les raisons qui me poussèrent, en cette année 1999, à être moyennement conquis par Ecliptica, premier album de Sonata Arctica. Certains entrevirent dans ce disque les promesses d'un avenir radieux, mais, personnellement, je n'y vis que l'expression d'une adoration dévolue à Timmo Tolkki et à ses comparses. Un acte de dévotion auquel il manquait, de surcroît, selon moi, cette indispensable exception culturelle finlandaise.

Dès les prémisses d'un vif Blank File, on ressent d'ailleurs la main de ce grand frère posée sur l'épaule de Sonata Arctica. On ressent aussi dans le Power Metal de cette formation, mais dans une moindre mesure, quelques accents de cette Suède d'Europe et ce grâce à certaines intonations de la voix de Tony Kakko ressemblant à celles d'un certain Joey Tempest. Des accointances, et une bonne tenue, que l'on pourra également entendre sur les véloces 8th Commandment, Kingdom for a Heart et Picturing the Past à l'entame symptomatique ou encore Unopened aux claviers que l'on jurerait avoir entendu ailleurs sous les doigts experts de Jens Johansson. Une bonne tenue certes, mais rien de révolutionnaire selon moi.

En réalité c'est alors que le groupe ralentit la cadence qu'il offre, enfin, une image plus personnelle, et plus intéressante, de son art. Des pistes aussi attachantes que Replica, Fullmoon ou, par exemple, Letter to Dana ont donc plus à nous raconter sur Sonata Arctica que celles abordées précédemment.

Un autre point qu'il est nécessaire de soulever, et qui m'a définitivement fermé les portes de cet opus, concerne cette alternance bien trop méthodique, mécanique et calculée dont Sonata Arctica use. A coups de "un titre prompt" (Blank File, 8th Commandment...), "un titre calme et, ou, moins systématiquement rapide" (My Land, Replica...) nous menant jusqu'à Letter to Dana, soit plus de la moitié de cet opus, il aura ôté de cette magie liée à la découverte que nous offrent certains manifestes et en nous aura imposé un schéma bien trop prévisible.

Une bonne moitié de disque à laquelle il manque, selon moi, l'essentiel : une identité propre et une seconde, quant à elle, bien plus prometteuse, voilà la manière dont, à mon sens, on peut envisager cet opus.

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Commentaire @ Julien

12 Avril 2009
Premier album des Finlandais, ce Ecliptica contient un grand nombre des titres phares du groupe.

Le registre de Sonata Arctica se situe vraiment dans la suite logique de ce que faisait Helloween à son époque : du bon heavy metal bien rapide. Il faut reconnaître que pour un premier album, il est super bien écrit et il donnera sa sonorité (reconnaissable entre mille) au groupe. La voix de Tony Kakko typique du heavy actuel, mais son grain particulier donne un relief supplémentaire au groupe. En plus il s’occupe des parties clavier sur l'album. Je vous le disais en intro mais cet album regorge de tubes avec un enchaînement impressionnant : « Replica », « Kingdom for a Heart », « Fullmoon » et enfin « Letter to Dana ». Ces titres font partie des classiques maintenant (et ne manquent pas souvent à l’appel en live). « Replica » est plutôt mid-tempo et le refrain se retient très mais très facilement, « Kingdom for a Heart » est le plus pêchu, « Fullmoon » est un peu le « Iron maiden » du groupe et « Letter to Dana » est la ballade syndicale mais qui, pour le coup, est magnifique et le public a rapidement incorporé les paroles. Les autres titres sont d’excellente facture aussi mais l’attention est surtout focalisée sur les 4 nommés.

Renouveau du speed metal, Sonata Arctica a réussi à perpétuer le genre de la meilleure des façons.

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