Night Is the New Day

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Nom du groupe Katatonia
Nom de l'album Night Is the New Day
Type Album
Date de parution 02 Novembre 2009
Style MusicalDoom Gothique
Membres possèdant cet album222

Tracklist

Re-Issue in 2011 by Peaceville Records with 4 bonustracks
1. Forsaker 04:05
2. The Longest Year 04:39
3. Idle Blood 04:23
4. Onward into Battle 03:52
5. Liberation 04:18
6. The Promise of Deceit 04:18
7. Nephilim 04:27
8. New Night 04:28
9. Inheritance 04:30
10. Day and Then the Shade 04:27
Bonustrack
11. Ashen 04:08
12. Departer 05:27
Bonustracks (Re-Issue 2011)
12. Ashen 04:09
13. Sold Heart 04:34
14. Day & Then the Shade (Frank Default Mix) 05:38
15. Idle Blood (Linje 14) 03:23
Total playing time 48:54

Chronique @ Razort

10 Novembre 2009
Peut-être l'une de mes plus longues attentes de cette année, ce nouvel opus qui a tant fait parler de lui dans la sphère des fans de Katatonia. "Night Is the New Day" avait été annoncé au début de l'été, alors qu'en est il au final, 4 ans après l'excellent "The Great Cold Distance" ?

Une chose est sûre : ce n'est pas un retour au Doom Funéraire d'autrefois, mais ce n'est pas non plus une énorme évolution depuis l'album rouge et noir qui m'avait tant bercé pendant toute une année, et qui bercera sans doute encore beaucoup de couples s'ils daignent le diffuser un après-midi pluvieux d'automne, dans une chambre emplie de silence et isolée du monde...

Cet opus-ci pourrait être considéré non pas comme une seconde partie de "The Great Cold Distance", mais plutôt comme son nec plus ultra, où l'on trouve, en plus, des suppléments qui nous ramènent à quelques éléments d'il y a 4 ans. À commencer par un petit détail - certes, minime, mais qui ne m'échappe pas - , cette magnifique pochette : une ville, des bâtiments noirs sur un fond rouge qui rappellerait plutôt le crépuscule que l'aube... Mais comme le dirait un certain breton sur ses Chemins de Souffrance, ici, "l'aube n'est que le crépuscule". La nuit est le nouveau jour, nous plongeons dans un incroyable son clean, travaillé, un son de pro qui résulte d'une notoriété nouvelle car le groupe s'est vraiment fait connaître rapidement en très peu de temps (le Hellfest en 2008 tout de même !).

"Forsaker", titre dévoilé sur le net avant la sortie du reste du CD, peut combler n'importe qui de par sa puissance et la voix toujours envoûtante de Jonas Renske. Si ce dernier a découvert les joies du lubrifiant pour gorge Kinder®, alors son changement de corpulence est tout à fait justifiable... Voilà pour le questionnement métaphysique sans aucun rapport ; juste pour dire que sa voix reste magnifique mais peu poussée sur la globalité de l'album.

"The Longest Year" fut certainement pour moi cette année là ; 2009 n'en pouvait plus, il fallait que cet album sorte, vraiment. Ne serait-ce que pour ce titre coup-de-coeur. Des mélodies qui rappellent beaucoup "Viva Emptiness", mais jouées sur les instruments datant de l'époque plus récente des surprenantes "July" et "Deliberation"...

Et après une longue période de délibération, voici venue la libération! "Liberation", encore un élément nous ramenant à l'époque citée précédemment. Les riffs durs et Metal laissent de plus en plus place à des pauses de chant clair accompagné de guitare et les refrains sont toujours aussi bons et entrainants. Une ambiance se crée progressivement, une brume d'obscurité nous envahit et la mélancolie ressurgit enfin sur la deuxième moitié de l'album. Sombre, lent, doux et dur à la fois... Pas de doute, c'est tout Katatonia!

Un piano discret apparaît timidement sur certains titres de cette deuxième partie ; on peut parfaitement l'entendre sur "New Night" (une sorte de forme concentrée et abrégée du nom de l'album, ce titre-là, ne trouvez-vous pas ?)
Et Katatonia innove encore jusqu'à la fin avec l'apparition de violons (violoncelles ?) sur le titre "Inheration", le rendant tout à fait excentrique, une nouveauté dans le style que nous connaissions. Quant aux riffs, ils me semblent à présent très influencés par des groupes tels que Cathedral, Insomnium ou Novembers Doom (Jonas et Anders parlaient récemment de leurs influences sur la page MySpace... J'espère ne pas être dans l'erreur !)

Quoi qu'il en soit, la redescente s'annonce globalement douce, reposante, de quoi plaire à n'importe quel non-metalleux (mon père apprécie, je sais ce que je dis!). La dernière surprise c'est ce titre, "Departure", sur lequel on découvre une étonnante voix qui ne semble pas être celle du grand Jonas... Non, cette voix est plus efféminée, plus aiguë. Est-ce vraiment quelqu'un d'autre ?

Un titre d'une grande beauté, qui ferme l'ensemble de ces 11 pistes (12 pour ceux qui auront la version bonus) dans lesquelles les Katatonia y ont une fois de plus mis tout leur talent. Je conserve d'ailleurs une petite idée qui pourrait s'avérer utile par la suite : à quand l'intégration d'un chant féminin ou, au contraire, d'un chant plus poussé et masculin, presque braillard sans pour autant être criard?

À savourer, donc, comme je vous l'ai conseillé : avec une personne qui partage vos goûts (si ce n'est pour dire votre âme), sachant vous écouter en silence et assimiler votre rythme cardiaque à celui de chaque musique, dans une chambre close, sur des lits pleins d'odeurs légères - ou des divans profonds comme des tombeaux - au milieu d'étranges fleurs sur des étagères, écloses pour vous sous des cieux plus beaux...

++
Chronique publiée depuis
http://www.myspace.com/_razort_

14 Commentaires

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penumbra - 14 Novembre 2009: Ok, bon, je suis plus ou moins d'accord avec cette chronique. Après l'avoir écouté depuis près de deux semaines, on sent que cet opus est beaucoup plus progressif et très différent. Il n'y a qu'a écouter "Onward Into Battle" que ne renierait pas Opeth. Le chant est totallement clair, à l'inverse des backing vocals de "Rusted", "July" et "Leaders" ou encore "itch" de l'album précédent. Sur la plupart des titres, il y a l'apparition de beaucoup de claviers d'un sixième musiciens, Frank de Fautes, se qui renforce leur aspect froid. Les titre sont plus langoureux, voir mélancoliques et l'atmosphère qui en résulte et bien plus dépressive et sombre. L'invité sur "Departer" est Krister Linder, chanteur Suédois réputé dans les années 80 (lire l'entrevue de progressia.net). Après c'est clair qu'il sagit toujours du son de Katatonia. et la voix et toujours aussi hallucinante. Voilà pour mon commentaire...;)
Eternalis - 04 Janvier 2010: Je ne suis pas complètement d'accord avec toi Razort, qui mets vraiment en avant l'aspect facile, clair et entrainant alors que je le trouve au contraire très sombre et déprimant au possible.

Le chant fantomatique de Jonas, accompagné par des riffs lents et très mélodiques mais emplis d'une énorme mélancolie. Tu oublie aussi de citer le phénomélan Nephilim, glauque et dur, au cynisme si important sur le final (les "la la la" terrifiant de noirceur ainsi que la partie de basse très mise en avant).

Quand à Departer, elle résume complètement le vide, la chute, le néant, la mélancolie, l'homme...
Razort - 04 Janvier 2010: La mélancolie est belle et bien présente sur la fin de l'album - comme ailleurs, mais les nouveaux instruments de la fin la montrent bien - mais je ne sais plus si je l'ai précisé dans cette chronique (j'ai un peu tout oublié depuis les vacances !)

En tout cas la pochette reflète bien le contenu de l'album ; la musique ne va pas cependant jusqu'au style dépressif / funéraire de l'époque "Brave Murder Day", le groupe a laissé ça de côté et joue plus soft. Je ne sais pas si c'est ça que tu essaies de dire, mais je trouve les mots "néant", "vide", "terrifiant" trop fort pour cet opus.

metaladrien - 08 Mars 2010: j'aime enormement cet album , je ne connaissais que tres peu le monde du doom/gothique , et franchement ça gere !
par contre je n'arrive pas a mettre la main sur Ashen , si quelqu'un pouvait m'aider , ce serait vraiment sympa !
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Chronique @ penumbra

28 Novembre 2009
Trois ans d’attente. Il aura fallu trois années à Katatonia pour nous livrer un nouvel album. Des critiques dithyrambiques florissaient sur le net à peine un mois avant la sortie de Night Is the New Day. De plus les déclarations de Mikael Åkerfeldt, ne faisaient que mettre d’avantage l’eau à la bouche. Alors qu’en est-il réellement de cet album? Est-il véritablement le « joyaux » comme se plaît à proclamer ce cher Michael ? Oui et non. Mais comment pourrait-il prétendre l’inverse sans se brûler les ailes ? Explications.

L’album commence avec un « Forsaker » qui pourrait laisser croire qu’il est la continuité du fabuleux The Great Cold Distance. C’est-à-dire une chanson avec des riffs syncopés, avec cette agressivité passive et cette voix fragile (qui est toujours aussi hallucinante) si caractéristiques de l’album précédent. Un tube en somme. Le seul problème, c’est que lorsque l’on découvre un disque de Katatonia on s’attend à quelque chose de nouveau, alors que là nous sommes devant du déjà vu. Brillant, mais on a ce sentiment qu’ils ont décidé de se reposer sur leurs lauriers.

Arrive « The Longest Yard », « Iddle Blood », « Onward Into Battle ». À cette période là, il convient de souligner la participation de Frank de Fautes sur des instrumentations complémentaires. Donc, ces pièces surprennent par la présence des violons et/ou claviers et/ou mellotron. Ce qui bien évidemment leur confère une affiliation avec Opeth. Cette familiarité sera présente sur une majorité des compositions. Peut-être est-ce le résultat de la collaboration de Jonas et Anders avec Mikael Åkerfeldt sur Bloodbath. Mais quoi qu’il en soit, jamais les deux groupes n’auront été si proches artistiquement parlant.

« Liberation » restera une des pépites de leur discographie, avec un début assez agressif au niveau des guitares, des couplets d’une beauté rare et un refrain catchy digne de The Great Cold Distance. « Day & then the Shade » aurait très bien pu avoir sa place sur Viva Emptiness. Avec « Forsaker » nous avons donc là 3 compositions qui vont piocher dans un passé proche. Cela nous laisserait penser que Katatonia désire s’imposer dans son style tout en évoluant. Bref comme un processus d’archivation en somme. Ainsi « New Night » prend énormément d’ampleur grâce à un pont magistral, fait de claviers, ce qui rend cette composition plutôt onirique, et innovatrice. De ce fait, l’album se veut moins abordable que ses trois prédécesseurs, mais apporte quelque chose de résolument nouveau. Katatonia n’aura jamais été plus planant que sur ce disque. L’album est plus langoureux, sombre et mélancolique, à l’image de « The Promise of Deceit » ou Mattias Norrman, particulièrement mis en avant, fait des merveilles avec sa basse ronflante et inquiétante.

Les chansons « Inheritance » et « Departer » sont les plus surprenantes. Leur aspect calme, lent, ne les tournent pas vers le doom comme le disent beaucoup (on est quand même très loin d’un Monarch ou d’un Tyranny), mais vers une atmosphère avec des claviers qui enveloppent l’auditeur tout en le maintenant dans un univers assez déprimant, merci. Il est important de soulever la présence de l’invité de Krister Linder sur « Departer » qui vient poser une voix juste et rassurante, nous ramenant vers une réalité plus abrupte.

Donc Katatonia délivre un de leurs albums les plus aboutis à ce jour sans renier leurs derniers travaux. Il s’agit là, d’évolution dans la continuité, bien que très différent de The Great Cold Distance. Ceux qui espèrent un retour à Dance of December Souls ne seront toujours pas rassasiés, et devront plus se tourner vers des groupes comme Daylight Dies ou Swallow the Sun qui font très bien ce genre d’exercice. Pour les autres il s’agit là d’un voyage intemporel pour un album majeur dans la discographie des suédois.

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Commentaire @ Oroborus

23 Novembre 2009
Katatonia fait parti des rares groupes ayant une discographie ne comportant aucun faux pas a mon goût, et ceux même si le style du groupe a connu une évolution permanente depuis ses débuts, passant d'un doom/death glacial et enivrant à un doom plus atmosphérique mais tout aussi sombre et mélancolique.

Et ce n'est pas Night Is the New Day, parfait successeur de The Great Cold Distance, qui va me faire changer d'avis sur eux, cette galette est tout bonnement un concentré de noirceur fataliste et transparente transcendé par le chant de Renske toujours plus maitrisé, clair et chargé d'émotions d'albums en albums.
Night Is the New Day commence par un riff métallique et plus violent qu' a l'accoutumé (rappelant leurs confrères suédois Meshuggah) rejoint par un chant spleenesque et transperçant qui vient contraster la lourdeur sonore.
Cela résume une bonne partie de l'album, un savant mélange de sons agressifs et saccadés rejoint par une voix comme perdue et esseulée au milieu d'un apocalypse terrifiant de froideur et de tristesse. Toutes les pistes ont à peu près la même structure, cependant chacune touche l'auditeur d'une façon différente mais surtout toujours plus intense, de "Forsaker" à "Day and Then the Shade" en passant par l'intro acoustique de "Idle Blood" jusqu'à "Departer"; cette dernière prend littéralement au ventre tant les émotions transmises, intenses et profondes, portées par un chant cristallin nous entrainent au plus profond de nous-même.
Une description chanson par chanson n'aurait pas grand intérêt, ce disque s'écoute d'une traite et nous transporte dans un univers de désespoir propre à Katatonia que l'on découvre et redécouvre à chaque écoute en dévoilant à qui veut l'entendre toujours plus de détails et de finesse. Le groupe suit le chemin tracé par les albums précédents tout en y rajoutant toujours plus de savoir faire et sans jamais tomber dans une redite ou pire dans l'ennui. En effet, tout en gardant le même leitmotiv de la dépression et d'une obscure mélancolie les œuvres de Katatonia se payent le luxe d'être toujours plus perfectionnées et accrocheur malgré tout. Seul petit bémol peut être le niveau légèrement inférieur de quelques pistes qui peuvent sembler déjà entendues, mais encore une fois cet album est à considérer comme un ensemble à vivre de bout en bout.

Encore un coup de maître à ajouter à la discographie déjà bien remplie de ce groupe qui a atteint une maturité imposant le respect. A découvrir d'urgence que ce soit pour les fans ou les néophytes, un des albums majeurs de cette année.


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