Mean Streak

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17/20
Nom du groupe Y And T
Nom de l'album Mean Streak
Type Album
Date de parution 1983
Labels Polygram
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album113

Tracklist

1. Mean Streak
2. Straight Thru the Heart
3. Lonely Side of Town
4. Midnight in Tokyo
5. Breaking Away
6. Hang 'Em High
7. Take You to the Limit
8. Sentimental Fool
9. Down and Dirty

Chronique @ samolice

30 Août 2013

Presque aussi racé que ses deux illustres prédécesseurs

La Californie.

Ah la Californie …

Nous sommes à la fin de l’été 83, il fait encore chaud dans les maillots. Il fait soif aussi - il fait toujours soif me direz vous, bande de saoulards -. Y&T rôde certains nouveaux titres (“Hang ‘em high”, “Straight thru the heart”) sur la scène du Marriots Great America, située dans un célèbre parc d’attractions à Santa Clara. Réaction du public ? Chaleureuse. Y&T les enregistre dans la foulée et finalise son nouveau disque, « Mean Streak ».

Le souci, de temps en temps, avec les chroniques, c’est de se montrer suffisamment habile pour ne pas trop se répéter alors que certains disques se révèlent parfois être de véritables frères jumeaux. Et donc, c’est décidé, ce coup-ci je vais faire court .

Qui a dit « chouette ! » ?

Pour la pochette, on prend le même, John Taylor Dismukes, et on recommence. A une différence prêt, le serpent remplaçant le tigre. Côté production, exit Max Normann, et retour de Chris Tsangarides, ce que plusieurs critiques, dont Malcom Done (Kerrang!, 49), ne manqueront pas d’apprécier. Côté musique, histoire de ne pas déroger à leurs bonnes habitudes, le groupe propose d’emblée un titre imparable au refrain immédiat, l’éponyme "Mean Streak" et son clip d'un autre âge.
Sorti en single, le morceau est en tête de la playlist du 50ème numéro de Kerrang !, playlist établie sur la base des ventes de 50 vendeurs du Royaume-Uni - imaginez aujourd’hui 50 vendeurs indépendants ! Une autre époque… -. Seule interrogation concernant cet hymne : c’est mes oreilles ou Dave s’obstine à prononcer « Mean striche » ? Est-ce un hommage à mon accent anglais proche de la perfection ?

A propos de Dave, ce dernier pose toujours ses vocaux aux lignes mélodiques “copyrightés” ("Mean Streak", "Lonely side of town", "Midnight in Tokyo"). Gary Moore, Sammy Hagar ou encore Ronnie Montrose, sont presque dans la place. Sammy Hagar, auquel se joindra d’ailleurs très prochainement Dave pour rendre hommage à l’œuvre de Montrose lors d’un show au San Francisco America's Cup Pavilion le 7 septembre prochain. La boucle est bouclée.

Parmi les autres réussites du disque, "Straight thru the heart" envoie du groove à donf’ et permet à Haze de prouver aux mauvaises langues qu’il est un batteur capable de proposer des plans autres qu’un tac-tac boum-boum systématique et "Lonely side of town" assure un petit côté Thin Lizzy de la west coast bien agréable, tout comme "Midnight in Tokyo", titre sur lequel le groupe évoque son premier voyage en pays nippon, et son intro avec guitares à la tierce. La suite du morceau présente une basse « funky » et des lignes de chants différentes de celles généralement proposées par Dave. Enfin, les guitares, aux licks bluesy, limite jazzy, font de ce titre l’un des deux tubes de l’opus à mon goût, avec le morceau éponyme déjà évoqué.

Dernier point caractéristique de Y&T, le jeu de guitare à forte personnalité de Meniketti. Musicien respecté par ses pairs, il fût tout proche de rejoindre Ozzy pour son aventure solo avant que ce dernier ne jette finalement son dévolu sur le regretté Randy Rhoads. Il nous offre ici encore de très bons moments ("Midnight in Tokyo", "Take you to the limit", "Hang’ em high")


Ainsi présenté « Mean Streak » sonne bien comme un frère jumeau de ses deux prédécesseurs. Quoi que, dans ce cas là, il me semble alors plus juste de parler de triplés non ? Pourtant, à mieux y regarder, on sent Dave et sa bande en train de se poser une question : quelle est la direction à suivre ? En voiture, lorsque l’on veut changer de direction, rien de plus simple, il suffit de tourner le volant. Eventuellement, si on pense un peu aux autres, on peut mettre son clignotant - dans certaines régions, c’est en option -. En musique, c’est plus complexe.

Même si j’admets grossir volontairement le trait, le groupe, jusqu’alors rarement dans les paillettes et toujours dans le rock, s’aventure pour la première fois sur les terres de l’A.O.R. et de la facilité ("Sentimental fool", voire même "Take you to the limit", pour son intro, avant un riff qui nous ramène davantage en territoire Van Halenien). De même, "Down and dirty" sonne comme une copie-Kiss. Un titre à trois accords, aux bons gros power chords, et à la mélodie passe partout. Un genre pas forcément désagréable mais auquel Y&T ne nous avait guère habitué. Tout ceci résonne comme le prémices - oui ça prend un S au singulier - de ce qui suivra avec « In Rock We Trust » et plus encore avec « Down for the Count ». A mon sens, Y&T y gagnera en audience - numéro 103 au Billboard US pour « Mean Streak », première fois que le groupe entre dans les charts, et 35ème aux UK - ce qu’il y perdra en âme.

Outre les « ajustements » précités (ouille, aïe, ouille), je trouve l’album dans l’ensemble un tantinet moins inspiré ; par exemple, "Breaking away" et, à un degré moindre, "Hang’ em high", malgré son riffing bien heavy, tournent un peu en rond – ce qui est somme toute normal avec un vinyle -. De même, les soli sont moins « marquants » que sur les deux opus précédents. Enfin, l’éternel-romantique-aux-fleurs-dans-les-cheveux que je suis regrette l’absence d’une de ces incroyables ballades qui ont contribué à faire du groupe une « machine-à-(me)-faire-pleurer».

Au final, nous tenons avec cet album une nouvelle pépite, moins flamboyante que ses deux illustres prédécesseurs, certes, mais néanmoins suffisamment convaincante pour avoir passé avec succès l’épreuve du temps. Or (« Eartshaker », 1981), argent (« Black Tiger », 1982), et bronze (« Mean Streak »), le groupe a raflé les breloques de tous les métaux. Aux Jeux Olympiques, on appelle ça un (quasi) sans faute.

Outre ce bon vieux vinyle, j’ai la réédition cd de Krescendo Records (2008), qui a souvent mauvaise presse. Pourtant, le son est très satisfaisant, même s’il ne s’agit pas d’un remaster. Pas de titre bonus non plus - ce qui à mon sens serait plutôt un atout et non un désavantage -, pas d’anecdotes dans le livret mais quand même les paroles. L’essentiel quoi.

« Mean Streak » permettra au groupe d'assurer la première partie d'AC/DC à Paris, au Bourget, sur la tournée « For Those about To Rock ». Ah ce concert, un de mes meilleurs souvenirs. Arrrrggggggggggghhhhhh, j’y étais même pas au Bourget. Mais j’en ai si souvent rêvé de ce concert… C’est comme si je l’avais réellement vécu. Ca vous a déjà fait ça ?

Tiens j’ai pas fait aussi court que prévu.

8 Commentaires

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samolice - 31 Août 2013: Tic tac tic tac tic tac (immitation moyenne du fmaeux clignotant du sud)
MarkoFromMars - 01 Septembre 2013: Comme je le soulignais dans mon comm de ton excellente (je prépare le terrain) chro du Earthshaker "Sinon comme tu le soulignes, un groupe qui n'a pu accéder au statut de superstar et c'est bien dommage." Je dois avouer bien honteusement que j'ai contribué à ma petite échelle à cette absence de notoriété puisque l'album cité plus haut est le seul que je possède. Bouh! Je sais, me pardonneras-tu un jour? J'ai des circonstances atténuantes.
judasblade - 01 Septembre 2013: Que de souvenirs !
Merci pour ta chronique vraiment excellente !
MattMaiden - 09 Septembre 2013: Merci Sam pour cette chro ! Du groupe je ne connais hélas que la chanson "Midnight In Tokyo" qui figure sur cet album : j'adore !! Il me faudra donc me pencher sur les précédents méfaits du groupe. Merci !
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