Black Tiger

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17/20
Nom du groupe Y And T
Nom de l'album Black Tiger
Type Album
Date de parution 1982
Enregistré à Ridge Farm Studio
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album122

Tracklist

1.
 From the Moon
 
2.
 Open Fire
 
3.
 Don't Wanna Lose
 
4.
 Hell or High Water
 
5.
 Forever
 
6.
 Black Tiger
 
7.
 Barroom Boogie
 
8.
 My Way or the Highway
 
9.
 Winds of Change
 

Durée totale : 00:00


Chronique @ samolice

23 Avril 2013

Réveille le tigre (noir) qui est en toi !

Fufufuuuu, …, fufufufufuuuu, …, fufufufufufufuuuuu, fufuuuuu, fuuuu (désolé je n’ai jamais été capable de siffler correctement).

Levez le doigt ceux qui ont reconnu la chanson à laquelle appartient cette mélodie ? Personne ? Normal, je viens de vous le dire, je siffle comme une vache espagnole.

La réponse : “Wind of change“. Oui, le hit gnangnan et dégoulinant de bons sentiments de Scorpions.
(Et là, je parie que plusieurs parmi vous sont repartis en début de chro pour essayer de suivre la dite mélodie).

Oubliez la, car voici venu le seul “Winds of change“ - avec un S - digne de ce nom, celui d’Y&T.
Nous sommes en 1982. De manière incompréhensible, son précédent disque, le fabuleux « Earthshaker » (1981), ne s’est guère vendu. Nullement abattu, Y&T décide de revenir un an après avec un « Black Tiger » hyper solide.
Dés les premières notes, avec guitares à la tierce, de “From the moon“, la magie d’Y&T opère. Mieux que personne, ce groupe a su réunir la quintessence du hard rock US des 80’s : variété des tempi et des « humeurs », mélodies divines, et une certaine technicité au service d’un énorme feeling.

Ce disque voit tout d’abord l’entrée en scène de John Taylor Dismukes. Bien connu des amateurs de rock, le bonhomme a bossé sur les pochettes de nombreux groupes : Keel, Foreigner, The Grateful Dead ou encore Steppenwolf. L'illustrateur travaille ici pour la première fois avec Y&T. Ce ne sera pas la dernière (« Meanstreak », « In Rock We Trust » et bien plus tard « Facemelter »). De même, cet album marque l’apparition du logo « classique » du groupe.
Enregistré au sud de Londres, où le groupe pose pour la première fois ses valises, l’ambiance dans l’espèce de vieux manoir qui sert de studio est studieuse - tiens ces deux mots auraient-ils des origines communes ? -. Dave et ses acolytes n’auront qu’une seule et même crainte tout au long de ces quelques semaines : oubliez de rouler à gauche lorsqu’ils prennent la voiture ! Aux manettes, Max Norman (Ozzy, Loudness, Savatage). La peur d’entendre le groupe s’orienter vers un son plus heavy s’éloigne dés l’écoute des deux premiers titres. Pas un travail extraordinaire, mais la personnalité sonore du groupe est respectée, ce qui est déjà beaucoup, sachant combien il est indéniable qu’Y&T a une vraie identité.

D’un feeling moins bluesy que le précédent, cet album nous régale d’un hard rock racé (“Open Fire”, peut être le titre le plus heavy de leur discographie, "Black Tiger", "Forever") auquel se mélange quelques compos que l’on qualifierait aujourd’hui d’AOR ("Don't Wanna Lose", "Winds of change") et autres titres (boogie) rock (“Barroom Boogie”, doté d’un solo à pleurer, “My way or the highway“, que les amateurs de Ac/Dc mais surtout du Van Halen des deux premiers albums devraient apprécier).

Le riff rampant de “Black Tiger” - censé aux dires du groupe créer un feeling proche de celui de la musique du film « Les dents de la mer », Deep Purple fera également le coup avec son intro de “Knocking at your back door“ - explose subitement sous la frappe d’Haze et la rythmique punchy en power chords d’Alves, pendant que les lignes de basse du fidèle Kennemore dansent tout autour. Du tout bon. Enfin, son solo résume à lui seul les immenses capacités de Meniketti. Dave a raconté qu’il ne préparait que très rarement ses soli avant de les enregistrer. La plupart du temps, il fait ça à l’instinct - je suis écœuré, moi qui après deux heures d’entraînement ne parvient même pas à jouer correctement l’intro de “Back in Black“ -. Pour ce titre, après plusieurs essais, l’inspiration ne lui venait pas. Frustré, il s’accorda un break et revint avec la volonté de trouver un autre angle d’attaque. Le résultat ? Un solo qui au départ ne ressemble pas trop au style de Meniketti, très heavy avec une multitude d’effets, avant une fin plus mélodique et davantage conforme à ce qu’il nous propose généralement. Verdict de Norman, assis en face de Dave : « Well, c’est pas trop mal ». Un peu mon neveu que c’est pas trop mal !

Comme sur l’album précédent, le groupe place intelligemment une bombe atomique à la fin de chacune des faces ("Winds of change", "Forever"). Sur "Winds Of Change", ballade poignante, Dave sait accompagner des arpèges simples d’un chant chargé en émotion, ce qui me permet ainsi de faire le lien avec ce qu’a souvent proposé Gary Moore. L’Irlandais, tant pour la voix que pour le jeu de guitare, est la référence que j’ai immédiatement à l’esprit lorsque j’écoute Meniketti. Pour ce qui est de "Forever", probablement dans le Top 3 des compositions jamais écrites par le groupe, le titre démarre par une reprise du thème de “From The Moon”, pour rapidement accoucher d’un hard rock classieux au solo d’anthologie (en live lorsque le bougre est motivé, ça peut carrément tout exploser).
Ce morceau, lancé à partir d’une jam en studio, dans lequel les musiciens pouvaient passer jusqu’à 14 heures par jour, sortira en single aux States avec “Black Tiger” en face B. Pour l’Angleterre, ce sera "Don’t wanna lose", un morceau plus popisant. Phil avouera avoir été influencé par le Foreigner de "Feels like the first time" (1977). Un Phil absent lors de la fin de l’enregistrement de la chanson, la faute à un important mal de dos apparu lors de la série de concerts données au beau milieu de la réalisation du disque, notamment avec Ac/Dc sur le « For Those About To Rock Tour ». Ni le single britannique, ni son pendant américain, ne rentreront dans les Charts. Dur.

Pour faire quand même un peu mon rabat-joie, j’excelle dans ce domaine, je regrette l’absence d’un poil d’enthousiasme et d’énergie supplémentaires et un nombre plus restreint de « classiques » comparés à « Earthshaker ». De même, “Hell or high water“, pas si éloigné que cela de Kiss, au refrain gonflé de chœurs trop répétitifs est sauvé de la mention passable par de superbes lignes de chant lors des couplets. Le break lancinant accouche d’un solo d’abord tout en retenue puis plus énergique. L’ombre de Moore plane à nouveau… Voilà, c’était la minute « monsieur fait la bine fouche ».

Au regard des standards de notre époque, l’album est très court (huit titres pour 38 petites minutes), mais comme dit le proverbe, peu importe le flocon pourvu qu’on ait l’adresse ! Et l’adresse je l’ai :
http://store.meniketti.com/ProductDetails.asp?ProductCode=YTCD%2DBT. Vous y trouverez l’album remasterisé, version 2005, avec en prime un titre bonus enregistré à l’époque.

Enfin, pour les ultimate fans du groupe, notez la sortie en mai 2012 du « Ye Olde Metal: Y&T’s Black Tiger », une application pour iPad, iPhone et iPod touch proposée par Monsieur Martin Popoff himself, qui raconte l’histoire du making of de ce disque (faut que je fasse gaffe, encore un mot dans la langue de Jekspire et la chronique passe sur la version anglaise du site), avec interview, oups entretien, de Dave Meniketti. A tout seigneur tout honneur - en plus le plagiat c’est pas beau et ça peut m’envoyer en prison ; or je n’aime ni les oranges, ni les barbus costauds -, la plupart des anecdotes évoquées dans cette chro en sont issues.

12 Commentaires

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ZazPanzer - 28 Avril 2013: La messe est dite avec ce texte, bel hommage à ce chef d’œuvre intemporel. Complètement d'accord avec la parallèle à Gary Moore. Dave est un véritable guitar-hero et le regretté Phil ne manquait pas non plus de panache, j'ai toujours trouvé curieux qu'ils jouent avec un batteur très moyen et que leurs albums n'aient pas été mieux produits, c'est peut-être ce qui leur a manqué pour décoller; ça ou un coup de pouce du destin. Rendez-vous le 28 septembre prochain pour revoir cette légende sur scène.
samolice - 29 Avril 2013: Le son du précédent "Earthshaker" est excellent je trouve, surtout pour l'époque. Celui-ci est correct, sans plus, mais au moins Norman ne les a pas fait basculer dans un son trop heavy, c'est déjà ça.
Sinon, qui avait reconnu la mélodie de Scorpions? Personne? Vous etes nuls les gars.
Chriscatcher - 06 Janvier 2014: Nous tenons là, le disque de chevet idéal. Un tel album au réveil, ça enterre tous les Nesquik de la création. Le regretté Groquik et son remplaçant Quicky peuvent pointer à la maison de retraite pour l'un et au chomage pour l'autre. Voilà de quoi vous mettre la patate pour la journée. Ce "Black Tiger" est tellement bien foutu qu'on dirait un best of, une cascade de tubes enchaînés. Une tuerie pur jus, le truc imparable qui vous met popaul au garde à vous direct. Rangez votre viagra, Y & T vient d'inventer l'arme fatale.
swit35 - 08 Novembre 2014: Superbe papier sur un disque que je suis en train de découvrir... C'est grâce à tes interventions Olivier sur ce groupe que je me précipite sur les albums à chaque fois que j'en vois un passer... pied total ce groupe, comment ais -je pu ignorer ce groupe jusqu'à maintenant.
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