Land of the Free

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Nom du groupe Gamma Ray
Nom de l'album Land of the Free
Type Album
Date de parution 29 Mai 1995
Produit par
Enregistré à Hansen Studio
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album369

Tracklist

Re-Issue in 2002 by Noise International with 3 bonustracks
Re-Issue in 2010 by Cooking Vinyl together with Insanity and Genius album in 2CD Set with bonustracks
1. Rebellion in Dreamland 08:44
2. Man on a Mission 05:48
3. Fairytale 00:49
4. All of the Damned 05:00
5. Rising of the Damned 00:43
6. Gods of Deliverance 05:01
7. Farewell 05:10
8. Salvation's Calling 04:35
9. Land of the Free 04:38
10. The Saviour 00:39
11. Abyss of the Void 06:01
12. Time to Break Free 04:38
13. Afterlife 04:45
Bonustrack
14. Heavy Metal Mania (Holocaust Cover) 04:49
Bonustracks (Re-Issue 2002)
14. Heavy Metal Mania (Holocaust Cover) 04:49
15. As Time Goes by (Pre-Production Version) 04:53
16. The Silence '95 06:29
Total playing time 56:33

Chronique @ choahardoc

11 Décembre 2009

cette oeuvre surclasse les précédentes réalisations

En 1995, Kai Hansen a atteint son objectif principal depuis son départ du groupe à la citrouille à savoir se démarquer d'Helloween tout en conservant sa popularité.

Cela dit, lorsque Ralf Scheepers quitte le groupe après Insanity and Genius, on peut légitimement se montrer inquiet. Ce serait sans compter sur le talent de vocaliste de Kai Hansen. Une décennie sans chanter depuis le "early" Helloween tout de même mais à l'arrivée ses progrès sont frappants. Si le leader du groupe ne monte pas si haut que son prédécésseur, lequel évoluait dans le registre d'un certain Rob Halford, Kai compense ses limites par l'émotion qu'il transmet dans les passages les plus calmes.
L'épique Rebellion in Dreamland ouvre la voie à un véritable débordement d'inspiration. Ce morceau d'anthologie débute par une introduction à la guitare acoustique très Folk laquelle nous plonge dans une ambiance mélancolique. Le narrateur nous informe alors du concept de l'album, certes récurrent dans l'Heroïc-Fantasy, à savoir la plongée d'un monde dans les ténèbres et sa résistance afin de retrouver sa liberté. Passées les premières secondes, le décor est posé pour l'ensemble du disque. Nous voilà donc en terrain connu car G.R évolue dans son registre habituel: vitesse et dextérité font mouche à tous les coups. "Rebellion in Dreamland" augure du meilleur pour la suite de l'album avec ses nombreux duels de guitares et son refrain taillé pour les festivals. La créativité que laissait entrevoir le groupe sur des titres comme Heading For Tommorow ou Tribute To The Past est carrément démultipliée! On ressent le plaisir des compères à chaque note.

De plus, si les progrès du son étaient nets sur les précédents albums, l'implication croissante de l'ingénieur du son sur Insanity and Genius, cette fois producteur, Charlie Bauerfeind (Angra, Hammerfall...) va sublimer le travail du quatuor. Le gros travail effectué sur les choeurs deviendra d'ailleurs une de leur marque de fabrique. Il faut entendre la frappe sèche de Thomas Nack bastonner les futs de sa batterie sur Salvation's Calling pour apprécier le nouvel équilibre des forces qui apparait dans le combo.
Les hymnes Speed sont bien entendu aux rendez-vous avec par exemple All Of The Damned, Abyss Of The Void ou encore l'excellent Gods Of Deliverance et ses solis géniaux menés par Dirk Schlächter.
Le passage "Queenesque" du très beau Man On A Mission ou les accents Power-Ballad de Farewell rajoutent de la diversité à un ensemble élaboré et conceptuel. Des invités de marque parmi lesquels Hansi Kürsch (Blind Guardian) et Michael Kiske (ex-Helloween, chanteur "lead" sur le titre Time to break Free) sont présents en tant que choristes. Le titre éponyme déboule à la vitesse de la lumière avec son riff initial à la Painkiller (Judas Priest); Land of the Free donne lieux à de superbes parties instrumentales et à un excellent refrain qui évoque un peu le "happy" Helloween de I Want Out.

L.O.T.F est sans doute l'album le plus représentatif du talent du groupe et de son frontman/guitar-hero. Plus cohérente que par le passé,ambitieuse et aboutie, cette oeuvre surclasse les précédentes réalisations du gang.
Gamma Ray s'en rend bien compte et capitalise immédiatement sur ce succès en sortant un maxi intitulé Silent Miracles. Cela explique aussi sans doute que le Alive'95 sorti dans la foulée repose très largement sur le répertoire de ce monument. En 2007 sortait le second volet, mais ceci est une autre histoire...

9 Commentaires

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ZazPanzer - 12 Fevrier 2011: Tiens j'avais loupé cet article. Merci Choa.
Le chef d'oeuvre de Gamma Ray, inégalé après. Je me rappellerai toujours de la nuit où j'ai découvert le titre Rebellion in Dreamland, j'étais fou. Quel album... Sublime.
David_Bordg - 12 Mars 2015: un chef d oeuvre
witchfucker - 11 Mai 2017: Indubitablement le meilleur Gamma Ray. Un album qui à l'époque m'avait retourné le ciboulot.
choahardoc - 12 Mai 2017: Complètement d'accord, depuis cette chro le temps a passé et n'a fait que confirmer encore l'excellence du disque, pièce maîtresse, d'une disco pourtant énorme.
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Chronique @ Eternalis

26 Janvier 2011

Une nouvelle ère débutait avec Land of the Free...

« Nous n'avons qu'une liberté : la liberté de nous battre pour conquérir la liberté... »
Henri Jeanson


Se battre pour la liberté, celle d’un peuple, d’une communauté, d’une vie, d’un esprit…d’une âme.
Métaphoriquement utilisé bien souvent pour évoquer une bataille féroce contre un conformisme ambiant, les nouveaux ambassadeurs de la « liberté » sont aussi nombreux que bien souvent factices et eux même porteurs d’une nouvelle forme d’enfermement. Les plus grands révolutionnaires ne furent-ils pas les pires dictateurs par la suite ?

Mais la quête d’une liberté perdue est également une superbe parabole pour qui voudrait créer des climats épiques et ambitieux, autant musicaux, visuels que cinématographiques. Gamma Ray prit un risque énorme en s’attaquant à un projet aussi dense alors que le groupe de Kai Hansen semblait plus indécis et instable que jamais.
Si le départ d’Helloween lui fit, de son aveu même, le plus grand bien, les trois premiers Gamma Ray, tous aussi géniaux les uns que les autres, furent aussi marqués par un line-up différents pour chacun des opus, même si toujours sous la houlette de Kai et Ralf Schiepers, secondé de près par un Dirk Schlächter alors encore guitariste. Cependant, le coup de tonnerre fut énorme lorsque le divin vocaliste (entre lui et Michael Kiske, on peut dire qu’Hansen était un dénicheur de talent) décide de quitter le navire pour répondre à la proposition de Judas Priest (qui sera d’ailleurs refusé au final). Kai décide de ne pas le remplacer et de s’occuper des vocaux seuls, non sans appréhension (il invitera pour cela Michael sur quelques titres).

Le résultat nous offre l’image du Gamma Ray que nous connaissons aujourd’hui : sauvage, épique, guerrier mais mélodique. "Land of the Free" s’éloigne de l’aspect fou et expérimental d’"Insanity and Genuis", apaise son excentricité pour que celle-ci ne devienne plus que brume derrière une musique plus dure et violente, plus cohérente et traditionnelle telle que nous ne l’avions pas entendu depuis "Walls of Jericho".
Il est aussi le premier à dévoiler le personnage devenu icône des artworks de Gamma Ray (ceux des trois premiers ayant été retravaillé dans une optique similaire) et peut-être à délivrer ce que Kai avait en tête depuis le début, en délaissant les plaisirs de la jeunesse et devenir un peu plus sage. C’est donc à une musique plus hymnique et qui deviendra par la même occasion plus culte que se livre Hansen en 1995. "Rebellion in Dreamland" est l’un de ses exemples qui ne trompe pas, devenu l’une des compositions les plus importantes du groupe, dévoilant tout le potentiel épique du combo.
Une simple mélodie introductrice, mélancolique, épurée, minimaliste et le chant, impérial et presque sacré de Kai, posé. Les riffs débarquent très rapidement avant qu’un vent épique ne prenne l’auditeur dans son voyage avec un premier « Freedom for us All » jouissif. Huit minutes parfaitement composées, telle une bataille, avec ses instants furieux, ses émanations de puissances et ses passages semblant nous conter des paysages fabuleux (ces nappes de claviers discrètes mais superbes sur la première partie du morceau). La vision guerrière du groupe explose sur le refrain, parachevé de chœurs laissant beaucoup de place à de futures interventions du public. Quand à la seconde partie, introduite par un riff divin après le solo, il n’est qu’une très longue montée en puissance qui explose de plus en plus forte sur des vagues de soli et de riffs tous plus assassins les uns que les autres…culte dit-on…

Néanmoins, "Land of the Free" est loin de se limiter à cet unique coup d’éclat, certes phénoménal, mais loin d’être isolé. Le terrible titre-track, en duo avec Kiske, développe des atmosphères très sombres, hypnotiques, presque arabisantes, particulièrement exploitées par la basse, d’où émane une ambiance fantomatiques des plus impressionnantes. La conjugaison alors inédite des deux timbres de fruits, l’un aigre, l’autre sucré, offre toute la dimension paradoxale d’une œuvre à part entière.
Gamma Ray devient le chasseur sauvage et sans pitié que l’on connait aujourd’hui sur des furies speed telles que "Man on a Mission" (cette intro ultra rapide…) "Salvation’s Calling" (avec Hansi Kursch) ou "Gods of Deliverance", véritables viviers de riffs, de double pédale et de lignes de basse acrobatiques qui sont devenu les stéréotypes d’aujourd’hui, les hymnes d’un genre qui, s’il peine à se renouveler, doit ses heures de gloire et ses chef d’œuvres en parti à un musicien comme Kai Hansen.

"Farewell" s’impose comme l’un des instants clés de l’album, féérique, proche de Queen, particulièrement sur ses chœurs, évoquant une magie presque angélique, un espoir de tous les instants…celui d’une vie future meilleure, d’une bataille gagnée et terminée…de paix simplement.
"Afterlife" termine le disque sur un hommage poignant et sincère à Hugo Schwichtenberg, tragiquement suicidé quelques mois auparavant. L’émotion y est vibrante, une âme semblant planer sur cette composition, comme hantant le morceau d’une ambiance belle mais presque morbide (ces « Afterlife » revenant désespérément comme les chuchotements d’une âme damnée…).

Une nouvelle ère débutait avec Land of the Free, une ère qui trouvera son achèvement final sur le mythique et flamboyant Powerplant quatre ans après. Ce premier opus avec Kai au chant n’est certes pas dénué de défauts, de quelques longueurs ou approximations (une fin d’album un peu plus inégale entre "Land of the Free" et "Afterlife", notamment le faiblard "Time to Break Free" où Michael Kiske s’occupe l’intégralité des vocaux) mais c’est aussi pour son histoire et son apport culturel que cet opus est si important…sans lui, bien des groupes actuels n’auraient probablement pas fonder de combos à l’orée des années 2000. Il fut l’un des investigateurs du true metal et du renouveau d’un heavy metal alors à l’agonie ("Sigh No More" et "Insanity & Genius" s’étant intelligemment éloigné du heavy traditionnel pendant le creux de la vague). Kai revenait à ce qu’il sait faire de mieux et Gamma Ray allait connaître les années les plus fastes de sa vie..années qui semblent continuer aujourd’hui encore…

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Yann.77 - 31 Janvier 2011: très belle chronique!!

c'est Ingo Schwichtenberg et non Hugo... ;)
MightyFireLord - 31 Janvier 2011: "Il est aussi le premier à dévoiler le personnage devenu icône des artworks de Gamma Ray"
Oui et non, puisqu'il me semble qu'il s'agit du même personnage présent sur la cover du lui aussi mythique "Walls of Jericho" de Helloween.
Nous dirons que c'est la mascotte de Kai Hansen (rires)
ZazPanzer - 12 Fevrier 2011: Tout à fait exact, Mighty F. Le nom de la mascotte est d'ailleurs Fangface. On la voit aussi dans l'eau sur le Keepers 2.
Je ne savais pas qu'Afterlife était dédiée à Ingo, ça rend le morceau encore plus touchant. D'accord avec toi sur "Time To break free", mal placée et provoquant la surprise à cause de Kiske en lead. C'est le seul reproche que je fais à cet album.
A mon avis il est bien au dessus de Powerplant mais j'ai eu l'occasion de te le dire précédemment.
Excellente chronique qui complète bien celle de Choa, merci à toi.
Bolverkrheathenlord - 08 Juin 2014: Pour moi le meilleur album de Gamma Ray au côté de Insanity and Genuis, deux opus (totalement différent) qui reste à mes yeux de véritables références, intemporelles et fondamentales, le sommet de l'art du maitre Kai Hansen et deux piliers du Heavy Speed mélodique de la vieille école teutone...

Farewell est magnifique, le duo au chant Kai / Kürsch ajoute ici son lot d'émotion, en comparaison à l'intervention de Kai sur le très speed Lost in the Twilight Hall de Blind Guardian quelques années plus tôt.

Excellente chronique Eternalis comme toute celles que tu dédies à Gamma Ray tu retranscris parfaitement la musique de Gamma Ray, bien je sois d'accord avec Zaz cet album est bien au dessus de Powerplant donc. 19/20 pour moi.
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