Instinctus Bestialis

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Nom du groupe Gorgoroth (NOR)
Nom de l'album Instinctus Bestialis
Type Album
Date de parution 08 Juin 2015
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album40

Tracklist

1.
 Radix Malorum
 03:13
2.
 Dionysian Rite
 04:05
3.
 Ad Omnipotens Aeterne Diabolus
 05:44
4.
 Come Night
 02:40
5.
 Burn in His Light
 04:01
6.
 Rage
 04:22
7.
 Kala Brahman
 05:02
8.
 Awakening
 02:06

Durée totale : 31:13


Chronique @ Icare

11 Juin 2015

Intrinsèquement correct mais pas indispensable, manquant d’intensité et d’âme à cause d’une production trop léchée

Dire qu’on attendait le dernier Gorgoroth est quand même un sacré euphémisme. Après le split du groupe qui voyait King Ov hell et Gaahl partir former God Seed et un Qantos Possunt Ad Satanitatem Trahunt controversé et un peu trop propre sur lui, datant tout de même de 2009, plus rien à se mettre sous la dent. Les plus sceptiques avaient définitivement enterré Infernus et ses sbires après le réenregistrement inutile et fade d’Under the Sign of Hell 2011, qui, pour rester poli, semblait montrer un groupe en panne d’inspiration créatrice, tandis que les plus fidèles espéraient encore un sursaut d’énergie et de haine de la part de l’une des plus mythiques gloires du black norvégien.

Cet Instinctus Bestialis, qui sort le 8 juin sur Soulseller Record, vient donc à point nommé pour dissiper les doutes des derniers adorateurs de la horde de Bergen, ou au contraire enfoncer un dernier clou dans le cercueil pourri d’une légende agonisante.


Oui, Gorgoroth a beaucoup changé depuis ses débuts, c’est un fait. La mouture 2015 de la bête n’a plus grand-chose à voir avec la cultissime trilogie Pentagram, Antichrist et Under the Sign of Hell, crade, possédée mais superbement accrocheuse.
Ce qui a sans doute le plus évolué chez Gorgoroth le long de ces plus de deux décennies au service de l’art noir, c’est le son. Et en cela, Instinctus Bestialis s’inscrit définitivement dans une mouvance moderne, s’éloignant toujours plus de ses racines, avec une production excellente et massive laissant parfaitement percevoir chaque instrument, mais indubitablement ultra lisse et compressée, d’aucuns diront sans âme, et qui dénature en partie les compos des Norvégiens car ne leur insufflant par cette aura de blasphème et de haine propre au black metal. Cependant, et c’est là le paradoxe, on ne pourra pas nier non plus que le soin apporté à la production confère une froideur particulière et une profondeur non négligeable à l’ensemble, tellurique et grondant, notamment via cette basse très présente et une batterie très en avant qui créent une lourdeur et une puissance sans précédent chez Gorgoroth.

L’album s’ouvre sur un Radix Malorum fracassant, nous envoyant direct un de ces riffs à la fois tordus, complexes et accrocheurs dont seuls Infernus a le secret sur une rythmique qui bastonne méchamment : très rapide, brutal et chargé d’une certaine ambiance, ce premier morceau nous dévoile un Gorgoroth en pleine forme, à même d’apaiser toutes les craintes. S’ensuit un Dyonisian Rite radicalement différent, principalement mid tempo, émaillé de ces dissonances sifflantes, de ces guitares rampantes et de cette lourdeur poisseuse. On remarquera la prestation d’Atteringer, le nouveau vocaliste, à des années lumières de celles de Pest, avec un timbre de voix résolument plus rauque, presque death metal, perdant en agression, en haine et en rage pour créer quelque chose de plus occulte et oppressant. La fin du titre est d’ailleurs particulièrement sombre, avec cette batterie sourde, et les éructations possédées du Serbe, résonnant comme la litanie démoniaque d’une messe noire.

Pour le reste, les compos sont assez variées sur la première partie de la galette, notamment grâce à cette pléthore de riffs entraînants et heavy (on pense parfois à Immortal, notamment sur Rage) et des changements de rythme intéressants. On distinguera Ad Omnipotens Aeterne Diabolus à la mélodie morbide et obsédante, alternant blasts et parties plus lourdes et hachées, et au fameux Hail Satan de rigueur scandé jusqu’à plus soif, ou le court Come Night qui s’ouvre sur un martelage rythmique aussi bref qu’imposant avant de se fendre en cette pluie de notes de guitare et ces notes d’orgue assez grandiloquentes, à la dimension, toutes proportions gardées, presque symphonique. Le reste du titre est plus classique, enchaînant riffs saccadés et parties plus massives à la pesanteur imposante, notamment grâce à un Tomas Asklund qui tape comme un sourd sur ses futs.

Oui, c’est indéniable, Gorgoroth a évolué, proposant désormais une sorte de metal hybride et moderne tant dans l’approche musicale que dans le rendu sonore. Cet Instinctus Bestialis est à la fois lourd, puissant, froid, occulte et mélodique, notamment grâce à ces nombreuses parties solistes qui viennent aérer un ensemble un peu trop compact et répétitif, surtout sur la fin, malgré, comme d’habitude, une durée ridicule de 31 minutes à peine. Car si ce nouvel album est intrinsèquement correct, nous montrant un groupe qui essaye de se renouveler, en ralentissant le tempo, et en épaississant ses ambiances, il est loin d’être indispensable, manquant d’intensité et d’âme à cause d’une production trop léchée, et présentant sur la fin des titres trop répétitifs dans leur lourdeur et assez dispensables (Kala Brahman, un peu long, qui fait traîner le même riff pendant près deux minutes).


Voilà donc un album plus que correct à la musique soignée, et qui pourra plaire aux amateurs de metal pesant, satanique et bien produit. En revanche, en ce qui concerne les fans de Gorgoroth, c'est une autre histoire...

22 Commentaires

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morgothduverdon - 16 Juin 2015: @La personne qui clique sur le triangle* pour des messages qui n'ont rien de répréhensible : tu seras gentil/le de ne pas recommencer.
Recevoir une liste de commentaire à modérer, et constater qu'il n'y a rien à modérer, c'est un peu lourd.


* Triangle pour les commentaires réellement injurieux, attaques personnelles, racisme réel, hors-sujet, etc.

Merci de ta compréhension.
Goatphoenix - 16 Juin 2015: Il n'est même pas question de savoir si le Black Metal peut évoluer ou pas, ici il s'agit juste de manque d'inspiration et d'incompétence sur la production... Mais ça ne révolutionne rien du tout.
oyo_doom_occulta - 18 Juin 2015: Bah sans moi!!! Gorgoroth mélodique ahahaha enfin chacun ses goûts...
Daheraetik - 19 Juin 2015: Merci pour la kro, tu me fais économiser ! J'ai eu l'occasion d'écouter deux titres, c'est franchement mou du bulbe. Autant j'aimais bien les productions plus récentes (Entre autres le Ad Majorem Sathanas Gloriam et la ré-édition de Under the Sign ov Hell) mais déjà Quantos Possunt ad satanitatem trahunt passait vraiment mal.
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