Incipit Satan

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Nom du groupe Gorgoroth (NOR)
Nom de l'album Incipit Satan
Type Album
Date de parution 07 Fevrier 2000
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Sunlight Studio
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album162

Tracklist

1.
 Incipit Satan
 04:33
2.
 A World to Win
 03:43
3.
 Litani til Satan
 04:33
4.
 Unchain My Heart
 04:47
5.
 An Excerpt of X
 05:50
6.
 Ein Eim av Blod og Helvetesild
 03:09
7.
 Will to Power
 04:28
8.
 When Love Rages Wild in My Heart
 05:43

Durée totale : 36:46


Chronique @ valentheris

03 Août 2010
"Toi qui sait tout, grand roi des choses souterraines,
guérisseur familier des angoisses humaines,
O Satan, prend pitié de ma longue misère !"
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal-Les litanies de Satan.

Sous l'action de riff acérés, froids, cruels et mélodiques, d'ambiances aussi prenantes que transcendantes et d'une conviction évidente dans leur idéologie et leur musique, Gorgoroth avait réussi à se tailler un nom au sein de la seconde vague de Black Metal norvégien, notamment grâce à leur trois premiers opus d'une qualité remarquable. Leur quatrième opus, "Destroyer, Or How About To Philosophize With The Hammer" avait pour principale qualité de fort bien porter son nom en abordant un aspect plus rentre-dedans dans les compositions, rabaissant alors l'auditeur à une simple piñata entre les mains du groupe, laissant la mélodie quelque peu en retrait afin de montrer un aspect des plus brutal.
On pouvait donc légitimement se demander ce qu'allait nous offrir ce cinquième album, "Incipit Satan". Et bien, cet album est un peu en demi-teinte : de bonnes idées, de bons musiciens, quelques bons titres, mais en revanche, un lot de choses inutiles, lassantes ou encore qui se retrouvent là on ne sait trop comment. Notons également que c'est le premier album où Gaahl et King Ov Hell se retrouvent en partie à la composition, ce qui pourrait expliquer l'apparition de ce deuxième visage de Gorgoroth.

Alors que l'album démarre en trombe par le titre éponyme, deux choses frappent alors l'auditeur qui avait connaissance des précédents volets musicaux. Premièrement la production est plus propre, ce qui ne manquera pas de fâcher les fans ne jurant que par la crasse et la noirceur malsaine des premiers opus. Dans un deuxième temps, soit un peu plus tard dans le titre, on relèvera également la présence de sonorités électroniques qui se glissent malicieusement par-ci par là dans les compositions. Là où elles ne sont pas spécialement dérangeantes comme dans le titre sus-nommé, on pourra remettre en question l'utilité d'en faire un titre entier comme sur le très ennuyeux «Will To Power» servant de transition vers le titre finale «When Love Rages Wild My Heart», qui malgré un riff accrocheur remettra en avant le problème de la production trop lisse pour une piste de cette trempe, gâchant alors l'ambiance qui aurait pu s'en dégager et ainsi faire de ce titre un très bon final pour l'album, en en faisant juste un morceau lambda.

Ceci dit, nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec cet Incipit Satan, en effet, dès l'arrivée de «A World To Win», un clavier fait son apparition. Si du Gorgoroth avec un synthé peut être perçu comme une aberration, ces quelques notes de claviers sont très peu présentes tout au long de l'album et sont l'élément perturbateur le moins dérangeant de l'opus. Elles s'effacent très vite sous le poids des guitares/basse et de la batterie de Einar Selvik qui nous offre un très bon tempo, alternant justement jeu de cymbale et martelage dynamique sur ce même titre. Leur présence la plus notable et la plus justifiable reste tout de même la belle intro de «Unchain My Heart» où, tel «A World To Win», la capacité de Gorgoroth à créer des riffs marquant est bien mise en avant, la voix de Gaahl étant ici des plus violente. Ce même titre possède une rythmique des plus entraînante et la recherche de quelque chose de réellement malsain touche à son but à l'écoute de ce titre des plus marquant. Le renouvellement de violence que celui-ci apporte prend tout son sens après l'hypnotique «Litani Til Satan» qui met en musique un poème de Charles Baudelaire, «Les Litanies De Satan», et qui malgré une certaine lenteur reste important pour ce qui est de l'atmosphère de l'album qui aurait pu être bien plus importante sans des semplers inutiles et parfois ridicules.

Cet album de Gorgoroth n'est donc pas mauvais en lui-même, mais peu constituer une déception de taille pour celui qui l'attendait au tournant à l'époque de sa sortie. Remarquons également que les titres les plus travaillés sont situés en début d'album ce qui en rend l'écoute plus facile, un novice en Gorgoroth pouvant donc s'y mettre plus facilement. Le problème majeur reste que seul la moitié (je suis généreux...) des titres vaut un tant soit peu le coup. En effet si la première moitié de l'album est assez délectable, la seconde partie tien parfois du remplissage de cd par des morceaux moyens («Ein Eim Av Blod Og Helvetesild», par exemple dont la violence est ,certes jouissive, mais sert également à cacher un manque d'inspiration flagrant).
Une déception pour les uns, le début de la fin pour d'autres, un renouveau plein d'expérimentation assez louables pour certains, cet album est trop irrégulier pour garder une place marquante dans la discographie du groupe malgré qu'ils dispose de certaines pistes valables.

Valentheris.

11 Commentaires

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valentheris - 05 Août 2010: @Bonino : Ouais enfin on peut pas dire que Gorgoroth ce soit du commercial quand même...^^. Et puis un jour ou l'autre faut arrêter les reflection faussement profondes (je ne te vise pas hein !) comme quoi si un groupe change, par exemple les changements de cet album, c'est pour la facilité, ou viser un autre public et se faire de l'argent...c'est vraiment lassant.

Gorgoroth a expérimenté sur cet album, certes, mais il faut aussi garder à l'esprit que Infernus n'était pas le principal compositeur contrairement aux autres et puis ça aurait pu être bien bien pire il y a tout de même des bonnes choses dessus, 12/20 n'est pas une mauvaise note...
Puis par rapport à la "violence" dont on parlait peut être (voir même sûrement) que le morceau dont je parlais touche des personnes appréciant cet album et peut être que le groupe a vraiment travaillé dessus. Cette chronique n'est que mon ressentit et comme tout le monde je peux me tromper, je dis juste que cela m'a laissé de marbre.
HeadCrush - 06 Août 2010: Très bonne chronique, aussi critique que juste. Respect.
Ryfalgoth - 26 Août 2010: Je suis bien d'accord avec ta chronique.

Autant les 4 premières chansons sont très bonnes, autant le reste de l'album laisse franchement à désirer.
La dernière piste "When Love Rages Wild in My Heart" pouvait être très intéressante, mais pour une raison qui m'échappe, il y figure des passages vraiment inutiles.
clochard - 08 Fevrier 2011: "Toi qui sais tout..." ;)
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