Qui a dit que le metalcore était mort et enterré ? Autrefois puissant genre musical donnant sa chance aux jeunes groupes puis phénomène de mode jugé éphémère, le style s’est quelque peu laissé dévorer par son propre successeur le deathcore et son image de marque laissée à l’abandon, la plupart des auditeurs souhaitant plus de brutalité et moins de chants clairs gnan-gnan. Seuls quelques formations ont tenu bon, délivrant le meilleur d’eux-mêmes, devenant de solides groupes cultes dans leur domaine.
Outre-Atlantique, il y a les indétrônables
As I Lay Dying,
Killswitch Engage et
Bleeding Through.
Outre-Rhin, il y a les bourrins de
Heaven Shall Burn,
Maroon et
Caliban. Et si ces derniers avaient commencé à légèrement tourner en rond avec leurs deux précédents opus (bien que
The Awakening était franchement puissant), les Allemands prou
Vent aujourd’hui qu’ils peu
Vent eux aussi faire du neuf avec du vieux… ou presque !
Déjà quinze ans que les originaires d’Essen subsistent, délivrant maintenant leur huitième album intitulé
I Am Nemesis. Une pochette à nouveau différente, très intrigante, dévoilant un homme pleurant et laissant dégouliner de sa bouche un sang épais sur une photo en noir et blanc du plus bel effet. On croirait presque à du warpaint black metal et, à la vue de leur nouveau clip officiel, le désormais connu "
Memorial", on pourrait croire le nouveau look des teutons a bien changé : vêtements noirs, warpaint, ambiance glauque. Mais est-ce la même donne niveau son ?
Pas vraiment. Si
Caliban ne se sont pas mis à faire du black metal ou même à y ajouter des influences comme dans leur deuxième opus
Vent, l’atmosphère d’
I Am Nemesis n’est pas non plus très rose, bien au contraire. Que l’on se rassure,
Caliban nous ressert du bon vieux metalcore old school, nerveux et attractif mais ajoute également une bonne grosse touche morbide à la plupart de ses nouvelles compositions.
Cette touche avait déjà été plus ou moins apportée dans le disque précédent qui souffrait hélas, lui, des principales tares qu’a accumulé la formation, soit un trop gros nombre de titres pas toujours tous égaux en qualité et surtout un cruel manque de renouveau. Ici, même constat avec cependant des retouches bienvenues qui nous font clairement oublier
Say Hello to Tragedy : plus brutal, plus technique (à prendre avec des pincettes, on parle de
Caliban là), extrêmement plus sombre et bien plus personnel,
I Am Nemesis est l’album de la renaissance pour les Allemands. Encore une fois, pas d’intro, ça tranche sec dès la première piste "We are the Many" qui bénéficie d’ailleurs de la présence en guest vocals de leur éternel pote Marcus Bischoff de
Heaven Shall Burn ainsi que de Mitch Lurker de
Suicide Silence. Un titre tout en puissance qui annonce direct la couleur : des riffs acérés, un refrain en chœurs et des couplets où chacun scande sa phrase occulte.
À partir du titre suivant, c’est la même recette avec en bonus l’arrivée d’un putain de breakdown nous faisant revenir à ceux, prestigieux, qui faisaient la gloire du groupe en 2004 et 2006. Les sonorités nouvelles qu’ajoute le groupe sont bienvenues, bien gérées et nous permet de bien distinguer l’album d’un autre, se plaçant par conséquent avec logique dans leur discographie. Quelques claviers bien placés, quelques samples stridents ici et là et toute la différence est faite, la production étant à nouveau due à Benny Richter (fidèle depuis
The Awakening). Ce huitième opus revient donc à un metalcore très brutal dont certains morceaux comme "No Tomorrow", "Edge of Black" ou encore "Modern
Warfare" s’apparenteraient presque à du deathcore des premiers jours tant ils en possèdent les mêmes caractéristiques à quelques exceptions près.
Dommage en revanche pour certains refrains en chant clair peu inspirés (comme sur "Edge of Black" et "Broadcast to
Damnation" par exemple) dont on aurait préféré les judicieux remplacements de chants groupés, hurlant en chœurs avec une certaine mélodie communicative. Le chant parfois doublé d’Andreas Dörner s’avère être plus nerveux que jamais, laissant exploser sa rage à travers des paroles dans la continuité du concept de son prédécesseur., ne laissant que peu de place aux refrains en chant clair, ceux-ci n’étant alors présents que sur cinq pistes, le plus sou
Vent judicieusement remplacés par des refrains groupés en chœurs. Mais c’est ainsi, douze pistes (un soulagement, l’album étant plus concis et moins longuet que les précédentes productions), six avec du chant clair, une présence que l’on qualifierait de quasi-obligatoire pour le groupe qui l’utilise à bon ou mauvais escient depuis le sympathique
Shadow Hearts.
Alors que peut-on retenir de ce nouvel opus ? Un son alliant les bases du metalcore (l’archétypal "Open Letter" en est la preuve concrète) à des sonorités plus inédites pour le groupe, un ensemble très sombre et brutal et une vitalité à toute épreuve qui font de ce huitième effort l’un des meilleurs qu’ai jamais sorti le groupe,
Caliban pouvant se tarir de revenir sur le devant de la scène avec un tel produit. Et si la perfection n’est à nouveau pas de mise due à deux/trois titres banals et la présence de refrains en chant clair pas forcément justifiés, on ne peut que saluer la formation à nous servir à nouveau le meilleur d’eux-mêmes. Vivement la suite de leur interminable a
Venture,
Caliban étant reparti sur de très bonnes voies.
Memorial et Edge Of Black sont fort sympathique ,le reste s’ecoute mais reste d’une banalité affligeante
Je rejoinds ta chronique Arachnid. Boom ! Caliban revient et défonce le game!. ILs jouent leurs atouts à fonds, comme si ils avaient bien analysé leurs albums précédents pour en faire un condensé du meilleur.
Dés We Are the Many, Caliban balaye les défauts que j'ai énuméré sur le précédent albums, pas de choeurs chanté à la con, mais de la puissance, le son est énorme, ça démarre fort.
The Bogeyman, améne des nappe de synthé qui apporte un réel plus sur le refrain, et ces orchestrations qui cloture la compo améne plus d'envergure, c'est du tout bon.
Memorial, un véritable tube, premier refrain mélodique, mais un très bon refrain.
ET tout l'album est comme ça, chaque chose est bien utilisé, et a parfaitement sa place.
Ce I am Nemesis est bien au dessus des précédents. Pour moi, ya pas photo, C'est leur meilleur album (à ça sortie, je n'ai pas encore réécouté le reste) 18/20.
Merci pour la chro.
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