Entropia

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Nom du groupe Pain Of Salvation
Nom de l'album Entropia
Type Album
Date de parution 1997
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album70

Tracklist

1. ! (Foreword) 06:11
2. Welcome to Entropia 01:22
3. Winning a War 06:32
4. People Passing By 09:07
5. Oblivion Ocean 04:43
6. Stress 05:01
7. Revival 07:39
8. Void of Her 01:46
9. To the End 04:57
10. Never Learn to Fly 05:13 (Only on the Japanese Release)
11. Circles 00:55
12. Nightmist 06:49
13. Plains of Dawn 07:23
14. Leaving Entropia (Epilogue) 02:31
Total playing time 1:10:09

Chronique @ RavenDark666

11 Mai 2012

« Pour un premier essai, c’est un coup de maître ! »

« Pour un premier essai, c’est un coup de maître ! »

Formé en 1984 sous le nom de « Reality », Pain of salvation est un groupe de metal progressif suédois un peu à part dans la stratosphère du metal progressif. En effet, au lieu de se focaliser sur l’exhibition à outrance de la technique comme certains groupes, tels que Dream Theater peuvent le faire, Pos, lui, se focalise davantage sur la mise en musique des thèmes et des idées. En cela, Pos a une démarche parfaitement hégélienne, concepts et mélopées pour mettre en place une musique émotionnelle d’une puissance rare et, surtout d’ailleurs sur ce premier album « Entropia », barré sur les bords.

C’est en 1997 que le groupe nous délivre donc son premier effort studio : « Entropia », véritable jeu de mots entre les termes « Entropies » (Terme de thermodynamique désignant une grandeur caractérisant le désordre d'un système) et « Utopie ». Au final, le titre de cet album résume assez bien la musique proposée par le groupe sur celui-ci : Complexe, chaotique (mais dans le bon sens du terme !) mais, tout comme un système, suivant une logique imparable menant inextricablement vers une conclusion cohérente et rigoureuse.

C’est donc un groupe fort jeune (la moyenne d’âge étant d’à peine 18 ans à l’époque) qui se livre au difficile exercice du concept album. Derrière la plume de Daniel Gildenlöw, véritable magicien vocaliste et guitariste talentueux, l’album retrace un concept assez alambiqué traitant des relations d’une famille durant un état de guerre au sein d’une société ne générant qu’illusion et veine promesse, d’un père ayant échoué à éduquer son fils, d’un fils désirant son père mais ne voulant pas de lui en tant que soldat … Bref, sous couvert de présenter un véritable univers cohérent et structuré d’une manière très habile, le sieur Gildenlöw nous présente un véritable pamphlet en 13 (où 14 pour la version japonaise !) actes contre notre société actuelle. Mais pas une critique niaise comme on peut le voir parfois. Cette critique se veut constructive et poussée comme en témoigne la dureté de certaines paroles et de certains thèmes dans les chansons. Bref, sur ce plan-là, pour un premier album, on assiste à un véritable tour de force de la part des Suédois qui nous propose un album très mature.

Au niveau de la musique en elle-même, on se retrouve face à une musique complexe, alambiquée, voire même barrée par moments (comme sur « Stress » ou encore « To The End ») qui se base sur des changements de structures assez récurrents ainsi que sur des changements de thèmes, le tout étant réalisé dans une volonté de mettre en musique le concept de la manière la plus rigoureuse possible. On alterne donc des passages barrés que « Faith No More » n’aurait pas reniés (l’influence est ici assez perceptible d’ailleurs) avec d’autres BEaucoup plus axé sur l’émotion comme en témoignent des morceaux comme « Oblivion Ocean » ou encore « Plains of Dawn ».

Car s’il y a bien un degré où le groupe excelle déjà, c’est dans le domaine de l’émotion. En témoignent les excellentes envolées lyriques et émotionnelles de Daniel Gildenlöw sur toutes les pistes de ce disque soutenue parfois par de puissants chœurs, qui nous montre déjà que, dans ce domaine, il est un véritable maestro. En outre, les plans de guitares de Daniel Magdic ainsi que de Daniel Gildenlöw nous délivrent également une émotion rare tout au long de ce cd que ce soit sur les brillants interludes dispersés de manière stratégique afin d’aérer la musique de la plus BElle des manières comme sur « Void of Her » ou encore sur des pièces plus longues comme « Foreword » ou encore « Winning A War ». Tout en sachant durcir le ton et être incisive quand il le faut (voir l’introduction musclée de « Foreword » xD !). Sur le plan rythmique, on est également face à du très bon : en témoigne, la superBE introduction slappée du morceau de bravoure de l’album « Poeple Passing By », véritable voyage émotionnel culminant de loin l’album du haut de ses 9 minutes ! Les claviers ne sont pas en reste et nous montrent de véritables moments de bravoure comme sur « Winning A War » ou encore sur « Plains of Dawn ». On est donc bien en présence d’éléments témoignant d’une qualité évidente qui nous donnent déjà un indice de ce que sera le style du groupe pratiqué par la suite.

Malgré tout, le disque n’est pas exempt de petits défauts inhérents au jeune âge du groupe: on pourrait reprocher le côté trop alambiqué de certains enchaînements ou encore le côté ultra barré de certaines pistes (« Stress » en tête, même si c’est une pièce excellente, elle ne plaira certainement pas à tout le monde). Certains passages manquant également de fluidité et certaines transitions peuvent demeurer trop abruptes au goût de certains. Cela dit, c’est vraiment chipoter. Malgré tout, ces quelques petits éléments témoignent d’une certaine spontanéité venant du groupe, ce qui, vu son jeune âge, est compréhensible et donc est parfaitement pardonnable (objectivement parlant, car, personnellement, tous ces petits « défauts » ne me gênent en rien et, même donnent un petit charme et une certaine personnalité au disque).

Au final, on est en présence de la première pierre qui formera par la suite la grande citadelle composant la discographie de Pain of Salvation. On est déjà en présence des éléments qui caractériseront le style, si particulier, du groupe. On remarque également que certains éléments s’estomperont par la suite, le plus flagrant étant ce côté « Faith No More » totalement barré qui s’atténuera par la suite. Peu de groupes peuvent se targuer toutefois de sortir un premier album de cette stature et d’une telle maturité. Une écoute qui semble essentiel pour tous les fans de la musique de Pos, mais également pour tous les amateurs de musiques un peu atypiques et tendant parfois vers l’avant-gardisme.

Bonne écoute.

4 Commentaires

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raistlin - 12 Mai 2012: Seul album de PoS qui manque à ma collection, je réparerai cette erreur dès que mon porte monnaie le permettra, ta comparaison avec le côté barré à la Faith no More me met encore plus l'eau à la bouche.
RavenDark666 - 14 Mai 2012: Haha, je pense qu'il te plaira. Oui, certains passages puisent dans le FNM sur ce cd, plus que sur les précédents ! C'est également le plus "techniciste" des cd de PoS, je trouve (on sent bien la touche Dream Theater sur certains solis).
Quoiqu'il en soit, il demeure un très très bon disque! Comme d'habitude, la qualité et le soucie du détail a été peaufiné à l’extrême par le groupe, je pense que c'est un achat que tu peux faire les yeux fermés^^.
raistlin - 29 Septembre 2012: Enfin ma discographie de Pos est complétée par cet album magnifique comme tous les autres. Pour un 1er essai bravo c'est techniquement de très haut niveau et que d'émotions à chaque écoute. Tu compares à Dream Theater pour les solis là je peux pas dire j'ai de la peine avec DT, beaucoup entendu parler, j'ai acheté six degrees of inner turbulence j'arrive pas à m'y faire malgré le niveau technique DT ne me touchent pas du tout emotionnellement contrairement à Pos.
J'ai vu Pos en live en 1ère partie d'Opeth à Lausanne c'était magique malgré un public de mous que Daniel et les autres ont essayé de faire réagir à chaque instant mais en vain. Pauvre public Lausannois mais merci aux artistes de continuer à venir près de chez moi malgré la froideur glaciale de 99% des gens. Si des lausannois me lisent, bordel bougez vous le C. quand des artistes sur scène se donnent à 200% c'est le moindre des respect d'être un minimum réceptif ou alors restez chez vous écouter des cds. Voilà j'ai fait mon coup de gueule là ça méritai.
 
David_Bordg - 10 Juin 2015: je les adore tous depuis fort longtemps, mais justement avec les annees, ce premier essai n est pas loin d etre mon prefere!! un must
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