Daemon

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Nom du groupe Mayhem (NOR)
Nom de l'album Daemon
Type Album
Date de parution 25 Octobre 2019
Labels Century Media
Enregistré à The Panic Room
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album36

Tracklist

1.
 The Dying False King
 03:45
2.
 Agenda Ignis
 04:34
3.
 Bad Blood
 04:58
4.
 Malum
 05:05
5.
 Falsified and Hated
 05:48
6.
 Aeon Daemonium
 06:03
7.
 Worthless Abomination Destroyed
 03:48
8.
 Daemon Spawn
 06:02
9.
 Of Worms and Ruins
 03:48
10.
 Invoke the Oath
 05:33

Bonus
11.
 Everlasting Dying Flame
 05:52
12.
 Black Glass Communion
 04:25

Durée totale : 59:41


Chronique @ Icare

31 Octobre 2019

Une nouvelle œuvre de qualité qui risque bien de faire l’unanimité auprès de tous les amateurs du combo.

En 2014, Esoteric Warfare n’avait pas fait l’unanimité : trop schizophrène et tordu pour les uns, manquant d’inspiration voire carrément plat pour d’autres, le cinquième album des Norvégiens semblait montrer un groupe encore et toujours en quête d’un renouveau et d’une nouvelle identité musicale. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Daemon, nouveau full length du quintette d’Oslo, ces doutes semblent désormais finis : en 2019, Mayhem semble se tourner vers son glorieux passé et nous sert intelligemment des sonorités vieilles de plus de vingt ans enrobées dans d’excellentes compositions et servies par un son moderne.

Le combo ne fait pas de fioriture et rentre direct dans le vif du sujet, avec un The Dying False King incisif et sombre à souhait, qui varie passages true black et lenteurs plus insidieuses dans une noirceur totale. Le son est excellent, à la fois puissant, relativement clair et profond, permettant une immersion totale dans l’univers torturé et malade des Norvégiens. S’ensuit Agenda Ignis qui nous colle d’entrée une tartine de gros blasts made by Hellammer histoire de calmer tout le monde avant d’emprunter des voies musicales plus sinueuses et timidement expérimentales, portées par un riffing plus tordu ainsi que le chant polymorphe d’un Attila Csihar décidément très en verve.
On ne pourra effectivement pas passer outre la performance du bonhomme, impressionnante de technique, de maîtrise et de diversité, sachant admirablement s’adapter aux différentes humeurs imposées par la musique, parvenant à rester toujours juste sans jamais jouer la surenchère : chant black arraché, aboiements death d’outre-tombe, borborygmes infernaux, mantras lugubres, lignes vocales incantatoires et possédées, envolées théâtrales et baroques, le bougre excelle dans tous les domaines et habite réellement les dix compositions de ce Daemon (douze sur ma version promo !).

Le riffing froid et tranchant, tantôt opaque et charbonneux (The Dying False King, avec cette basse bondissante, Falsified and Hate avec son riffing black n’ roll à la Darkthrone) tantôt en dissonances et trémolos vibrants (le break central de Black Blood, le début de Invoke the Oath) fait son petit effet et nous replonge vingt-cinq ans en arrière à l’époque bénie du true black norvégien. Mayhem enchaîne intelligemment attaques black frontales (le terrible Worthless Abominations Destroyed, Of Worms and Ruins) et embuscades plus venimeuses (Aeon Daemonium, le très bon et rampant Daemon Spawn), parfait équilibre entre violence et accalmies sournoises, sans jamais sacrifier à l’ambiance, noire, délétère et proprement malsaine dans laquelle baignent ces 59 minutes du début à la fin. On pense parfois même à De Mysteriis Dom Sathanas avec ces dix titres qui fleurent bon la nostalgie des 90’s (Malum aux faux airs de Freezing Moon, titre majoritairement lent et cérémoniel avec son chant grave et litanique de messe noire et ces quelques envolées théâtrales hallucinées qui font un peu penser à Urfaust, Worthless Abominations Destroyed, avec ce blast continu de Hellhammer).

C’est un fait, Mayhem a simplifié sa musique pour aller à l’essentiel, et le moins que l’on puisse dire c’est que ça lui réussit. Finies les expérimentations hasardeuses de Grand Declaration of War, les riffs et la déstructuration tarabiscotés qui avaient divisés sur Ordo ad Chao, tout juste pourra-t-on relever ces quelques breaks où la basse vient gronder ses notes saturées avant que la machine ne reparte (Agenda Ignis, Daemon Spawn), les quelques effets et boucles indus d’Agenda Ignis ou l’ajout d’un clavier très burzumien sur Falsfied and Hated.
Cependant, il est vrai que c’est la première fois que Mayhem n’évolue pas et ne propose rien de nouveau d’un album à l’autre. Si l’ensemble reste de très bonne qualité et que le tout est impeccablement construit et exécuté, ne possédant aucun morceau réellement faible, il est évident que Daemon affiche une ambition moindre que ses prédécesseurs. Si Mayhem semble vouloir épurer sa musique pour revenir à quelque chose de plus simple, direct et accrocheur, certains insatisfaits argueront peut-être – et à raison – que ce dernier full length est encore loin d’égaler le chef-d’œuvre de 1994 dont il semble parfois vouloir s’inspirer, et que l’atmosphère qu’il dégage ne vaut pas la magie intemporelle qui enveloppait De Mysteriis Dom Sathanas : en 2019, un album comme Daemon, sans réelle originalité, a-t-il vraiment encore sa place ? La réponse dépendra de chacun, mais ce que l’on peut avancer sans prendre de risque, c’est qu’avec cette sortie, Mayhem excelle mais ne surprend plus (ce qui en soi est déjà pas mal après 35 ans (!) de carrière!

Quoi qu’il en soit, ce nouveau cru des Norvégiens est plus facile d’accès et accrocheur qu’un Esoteric Warfare, plus cohérent également, avec une ambiance prenante et des compositions d’excellente qualité, ce qui suffit amplement à faire mon bonheur. En 2019, Mayhem semble enfin être parvenu à dompter les démons du passé et les avoir transcendés pour accoucher d’une nouvelle œuvre de qualité, qui risque bien de faire l’unanimité auprès de tous les amateurs du combo.
When the moment sings
For I have read the signs
And I have solved the riddle
Of eternal life

11 Commentaires

19 J'aime

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Icare - 31 Octobre 2019:

Je veux bien que tu supprimes la deuxième, oui! Merci!

cyolag - 31 Octobre 2019:

Franchement un album pour faire plaisir au fan ! Ambiance, riff de malade , voies de ouf, bravo ! 

David_Bordg - 03 Novembre 2019:

Du grand Mayhem.

satanicdissection - 19 Novembre 2019:

Je ne suis pas d'accord sur tout, car cet album est vraiment plus que "dérangeant", impeccablement exécuté avec un son "géant"! Daemon est plus qu' indispensable, surtout après l'avoir écouté une cinquantaine de fois , et aussi après avoir pris une claque magistrale en concert (TLSE le 08/11/19).  On ne peut pas vivre sur des émotions passées, c'est comme en Amour kkkk. De Mysteriis Dom Sathanas est incontournable, mais la gloire est bien présente. Alors dans la discographie éclectique de ce groupe archi culte, je le classerai en 2ème position, derrière D.M.D.S et avant Chimera.

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