Chimera

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Nom du groupe Mayhem (NOR)
Nom de l'album Chimera
Type Album
Date de parution 29 Mars 2004
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album428

Tracklist

1. Whore 02:58
2. Dark Night of the Soul 06:08
3. Rape Humanity with Pride 05:41
4. My Death 05:55
5. You Must Fall 04:13
6. Slaughter of Dreams 07:00
7. Impious Devious Leper Lord 05:39
8. Chimera 07:01
Total playing time 44:35

Chronique @ Nattskog

14 Octobre 2004
Bon je ne vais sûrement pas apporter grand chose de plus à la montagne d’éloges faites à ce groupe, certainement le plus connu du black par le grand public après Cradle of Filth et Darkthrone, et sûrement plus encensé pour la réputation sulfureuse qu’il a acquise que pour sa musique à proprement parler. « Chimera », l’album de leur retour après "le suicide" ou "la trahison" de « Grand Declaration of War » est effectivement un retour aux sources. Fini les explorations musicales, finies les tentatives de novations, on fait plaisir aux fans.

Je pense que ça se voit tout de suite que cet album m’a déçu, alors autant y aller à fond ! « Chimera » n’apporte rien. C’est un bon disque, mais il a tout perdu de toute l’expérience acquise par le groupe au cours des albums précédents : du côté des compositions, elles sont classiques, moins putrides que celles de « De Mysteriis Dom Sathanas » (Blasphemer, compositeur sur cet album, n’a pas la folie de Dead – compositeur principal de « De Mysteriis Dom Sathanas » - même s’il essaie de la trouver en se gavant de drogues diverses), la violence est franchement atténuée par rapport à ce que l’on trouvait sur le mini CD « Wolf’s Lair Abyss » qui dépassait des sommets, et l’inventivité est redescendu au plus bas, surtout en comparant avec « Grand Declaration of War ».
Pourquoi ??? On attend cinq ans et c’est ce résultat médiocre qui nous arrive ? Quelle déception !
La cause principale de ce revirement vient de l’accueil déplorable qui a été fait à « Grand Declaration of War » par les "fans" lors de sa sortie. Faites croire à quelqu’un que son inventivité n’est qu’une perte de temps et il est clair que la personne abandonnera, surtout quand des milliers de gens disent la même chose. C’est ce qu’a fait Mayhem. A se laisser influencer par des imbéciles, on finit par leur ressembler, et cela a déteint sur « Chimera ».

Si la musique n’est pas mauvaise (loin de là), elle ne ressemble en rien à ce que l’on pouvait attendre du grand Mayhem (je ne dis pas le "true Mayhem" car ceux qui emploient ce terme doivent être satisfaits de ce revirement musical). La guitare et la batterie sont montées d’un cran au niveau de la technique, le chant de Maniac s’est grandement amélioré, la qualité du son est excellente… mais tout ça mis au service de compositions inintéressantes, c’est dommage. L’album sonne plat, monocorde, monotone. Le côté moribond de « De Mysteriis Dom Sathanas » a disparu avec Dead (oui je sais il était mort à l’époque de l’enregistrement, mais les compositions sont presque entièrement de lui), la brutalité de « Wolf’s Lair Abyss » laisse place à une sorte de version édulcorée d’icelui, et ne parlons pas du peu d’influence qu’à exercé « Grand Declaration of War » sur les partitions… à croire que l’album n’a jamais existé.
Voilà, à vouloir faire plaisir aux fans d’une époque, on perd ceux d’une autre ère. Espérons qu’ils reviennent sur cette initiative pour leur prochain album (dans dix ans lol) pour redonner un bon coup de pied dans les valeurs établies dans le black metal. A privilégier la technique à outrance, on en perd l’humanité ; ce que je critique pour le death en général, je peux le reprocher à cet album : la technique a pris la place du feeling. Et moi, comme Diderot, je préfère une musique qui réveille des sentiments qu’un festival de méthode.

Je profite toutefois de cette chronique pour soulever une question qui m’a tout de suite frappé en entendant l’album pour la première fois : comment se fait-il que « Chimera » s’achève sur les mêmes paroles que celles qui terminent le grand « Det som en gang var » de Burzum (« Nous ne sommes pas morts, nous n’avons jamais existé », chez Mayhem, à la deuxième personne du singulier) ? Est-ce voulu ? Est-ce un hasard ? Si ça se trouve, même les membres du groupe ne sauraient y répondre.

5 Commentaires

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Kuza - 11 Juin 2010: N'ayant pas les précédents opus, la seule chose que je peux dire : Résolument moderne, original, haineux mais non pas depressif, puissant, techniquement irréprochable, bonne linéarité ...

Je met 18 / 20 à un truc comme ça, moi !

Si les anciens sont meilleurs, il faudra que je vois.
LuneNoire - 07 Août 2010: J'ai tout de Mayhem, et ce que je peux dire, c'est que je suis d'accord avec Kuza. Cependant il n'y a pas de "meilleur" ou "plus mauvais" avec Mayhem. Ils inventent, innovent et mettent le meilleur d'eux même.

Après il y a quelques cervelets de bulots qui errent en quête d'absurdité.
18/20
goueli - 02 Septembre 2012: de toute façon mayhem ne pondra jamais deux fois le même album ... 17/20 pour ma part
metaleciton - 29 Janvier 2014: Ce "Chimera" est un album qui prend du temps pour nous faire ressentir toute la noirceur qu'il dégage...

Le jeu rapide et technique de "Hellhammer" est vraiment le gros point positif de l'album, on ressent toute la maîtrise et l'immense talent du norvégien, surtout dans son jeu de cymbales, simplement hallucinant.

On retrouve le chef-d'oeuvre "My Death", des titres rapides et furieux comme "Whore" et le très sombre "You Must Fall", l'album se termine sur l'excellent titre éponyme "Chimera", dont l'atmosphère suffocante vous prend aux tripes.

Le reste du skeud est correct, mais il manque un petit quelque chose pour en faire un incontournable du style...

Note: 16/20
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Chronique @ TasteofEternity

24 Décembre 2018

Pénitence mystique

Après l'ultime De Mysteriis Dom Sathanas, après l'inattendu mais non moins engagé Grand Declaration of War, Mayhem vomit Chimera en 2004 sur le label français Season Of Mist. Alors que GDOW divisa complètement les fans, cet album permit à Mayhem de tourner en Europe, en Australie, dans les Pays de l'Est et pour la première fois aux Etats-Unis. Ces différentes tournées ont usé un groupe formé d'individualités qui ne se supportent que très peu de temps dans un même et seul endroit, conduisant à un split momentané pendant quelques mois entre 2001 et 2002. Un break de 4 mois fut nécessaire pour chacun après toutes ces tournées avant de se remettre au travail. Encore une fois Blasphemer s'occupa de la musique dans son ensemble, seul, dans son coin, et, Maniac, des textes, mais tous, de leurs démons. Le groupe s'est retrouvé dans un studio improvisé par Blasphemer qui loua une maison de vacances en pleine nature et entourée de fjords à cent bornes d'Oslo pour d'abord palier à des problèmes d'hébergement, ne supportant plus Oslo "une capitale étouffante et remplie de fantômes". L'enregistrement eut lieu la nuit au calme. Cet album est le symbole des combats livrés par chacun des membres du groupe, la drogue et l'alcool, prioritairement, le délabrement et le dégoût de soi ensuite, à travers un black metal typiquement norvégien, facilement identifiable, froid et désincarné. Chaque riff, chaque parole, chaque frappe, est tourné vers l'Intérieur, ouvrant sur un voyage introspectif émotionnellement repoussant et épuisant.

Cet album tranche incontestablement avec ses prédecesseurs, retour à une simplicité, plutôt un dépouillement évident, à une instrumentation qui se suffit à elle-même (sans additif ni colorant chimique). Passer le premier titre qui pose le cadre de l'album, au son très épuré et dissonnant, réhaussé par une production clinique et très équilibrée : la batterie d'Hellhammer ne venant pas tout écraser sur son passage, permettant à la basse de retrouver enfin une place. On retrouve un riffing lancinant qui permet d'instaurer des atmosphères malveillantes chères au groupe, sans atteindre les sommets occultes qui caractérisaient DMDS, mais qui demeurent le terrain de jeu idéal pour lâcher un Maniac plus misanthropique que jamais, prêt à dissoudre l'âme humaine sous des tombereaux d'exécrations personnelles. Une véritable impression de tourner en rond apparaît sur les 3 premiers titres (allégorie d'une piteuse existence) qui finalement n'ont rien de transcendant mais qui apparaissent comme une étape préparatoire nécessaire au 4e titre, morceau de choix de l'album, et véritable détonateur : My Death. Ce titre est le coeur de l'album pour moi, atmosphère à la fois oppressante et libératrice, rythmique chaotique qui break en permanence, balançant du mid tempo puis de très courtes accélérations, mais sur laquelle Maniac domine sans partage dans une construction labyrinthique, à la limite progressive. Blasphemer a vraiment ciselé ce morceau avec talent, apportant un tour épique ampli de grandeur (choeurs en final) pour faire de ce My Death, un moment unique et une oeuvre à part dans le répertoire de Mayhem. On ne débande pas avec You Must Fall, qui poursuit sur sa lancée, et enfonce sa lame rouillée à l'aide d'un riffing heavy et mélodique, et d'un blast totalitaire et triomphal qui emporte tout sur son passage. Les deux titres suivants continuent d'approfondir le malaise, les vertiges et la nausée. Chimera (8e titre) boucle un album en enfonçant le clou sereinement, moins ambitieux que My Death, mais plus direct donc plus viscéral, il clôt un album impressionnant et puissant.



NB : Il s'agit du dernier album avec Maniac qui sera obligé de quitter le groupe du fait de ses abus de drogue qui le démolirent purement et simplement, le rendant incapable de tenir sa place. Maniac entretient des liens profonds et obscurs avec Mayhem, chanteur révéré sur le célébrissime Deathcrush (1987), il quitta le groupe peu après incapable de s'engager définitivement dans le projet d'alors. Il réintègrera la tanière avec Necrobutcher en 1995, pendant ce temps Hellhammer et Blasphemer avaient déjà commencé à relancer le projet. Ce line-up réussit à se maintenir 10 ans, une éternité pour un groupe à l'héritage si chargé.


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Commentaire @ Black_Requiem

06 Avril 2004
Dernier opus en date pour ce groupe culte de la scène True Black mondiale, Mayhem a réservé quelques bonnes surprises sur ce CD. Ce CD annonce le grand retour aux sources pour le groupe dans un style de Black Blasphemer brutal et direct. Mayhem est à nouveau parmi nous, après avoir passé une période « d’hypocrisie, de trahison, d’accusations dans le groupe. » (ce sont là les mots mêmes de Blasphemer, guitariste), et ce groupe est enfin de retour avec sa musique imprimée de haine, de mort, de malheur. Il faut noter au passage que le titre de l’album fait référence à deux choses : tout d’abord le monstre mythologique qui avait des cornes de bouc, une tête de lion et une queue de serpent, mais aussi au fait que tout ce que nous voyons de l’extérieur avec nos propres yeux ne correspond pas avec ce qui est à l’intérieur des choses.

Pour parler un peu de la musique, il faut noter que les riffs sont très rapides et affûtés comme des lames de rasoir, Maniac (le chanteur) grogne et hurle comme un homme que l’on égorge et Hellhammer reste fidèle à lui même, c’est-à-dire toujours aussi brutal et exquis dans l’art de manier la double pédale et les divers composants de sa batterie. Mayhem a radicalement changé sa vision de la musique entre leur précédent album Grand Declaration of War et ce Chimera. Toute l’honnêteté de Blasphemer, l’unique compositeur de cet album et qui s’est exilé à Lisbonne au Portugal, se retrouve parmi ces morceaux, cela fait plaisir de revoir enfin l’obscur Mayhem rempli de noirceur offrir un CD de grande qualité. Vivement les tournées qui vont permettre au groupe de défendre sur scène cette merveille !

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