Blood Inside

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Nom du groupe Ulver
Nom de l'album Blood Inside
Type Album
Date de parution 06 Juin 2005
Produit par Murphy Ronan Chris
Style MusicalDark Ambient
Membres possèdant cet album97

Tracklist

1.
 Dressed in Black
Ecouter06:11
2.
 For the Love of God
Ecouter05:06
3.
 Christmas
Ecouter06:15
4.
 Blinded by Blood
Ecouter06:23
5.
 It Is Not Sound
Ecouter04:38
6.
 The Truth
Ecouter04:00
7.
 In the Red
Ecouter03:32
8.
 Your Call
Ecouter06:04
9.
 Operator
Ecouter03:40

Durée totale : 45:49

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Ulver



Chronique @ Svartolycka

30 Juin 2005
Cela faisait un certain bout de temps que le groupe norvégien le plus atypique de la scène n’avait plus sorti de véritable album-studio, le dernier étant « Perdition City » il y a maintenant cinq ans. Après s’être lancé dans des voies encore plus expérimentales que par le passé, en passant par la musique de film (le génial « Lyckantropen » et la déception « Svid Negger ») ainsi que dans des exacerbations tragiques (« A Quick Fix of Melancholy »), Ulver revient avec son nouvel véritable album, faisant fi de toutes démarches et surprenant encore l’auditeur le plus acharné.

Présenté dans une superbe box, limitée à 2000 copies, en velours rouge, « Blood Inside » donne le ton dès les premières mesures. Ici, même si on retrouve ce même côté dramatique et lyrique cher au groupe, le groupe lance ses dernières expérimentations à la face de l’auditeur sans crier gare. Ce qui caractérise le plus ce disque, c’est sa folie. Mélange dérangé allant des vagues orchestrales et symphoniques d’un « Quick Fix of Melancholy », à des segments complètement ancré dans la musique des années 70, guitares et batterie à la sonorité mémorielle (King Crimson, Pink Floyd ou encore Magma), tout cela porté par la voix de Garm omniprésente donnant un relief autre dû à son registre baroque, suave flirtant dès fois avec des intonations crooner.

Inquiétant et insaisissable (d'où la taille de ce pavé, arf), « Blood Inside » se rapproche dans sa durée au grand Arcturus par son atmosphère étrange où l’on ne sait comment prendre prise (jouets, sonneries de téléphone, puissance des instruments classiques) ou bien encore Solefald (certains enchaînements sont complètement dingues !). Mais Ulver joue avec nous, plaçant un orgue Hammond (avec un solo complètement décalé) au milieu de bidouillages sonores ou jouant un passage de guitares que l’on verrait presque sur « Pulp Fiction » !!!! Certains tempos sonnent terriblement jazzy alors que d’autres font penser au rock des années 70 (surtout que c’est une véritable batterie) et que d’autres accents ramènent plus vers le passé (touches de piano, chœurs).

Métissage entre le matériel instrumental des guitares et de la batterie ainsi que de l’éthérée angoissante ambiant-indus, les éléments électros semblant disparaître au profit de certains chœurs et autres artifices, ce nouvel album est une pièce hallucinante et hallucinée. Un véritable micmac de sons, d’ambiances, à la fois éclectique mais tellement bigarré qu’il en fait perdre tout repère et que toutes les écoutes d’une vie ne seront si ça se ne trouve jamais de trop pour apprécier l’hybridité d’une telle pièce qui se caractérise par son atmosphère déconstruite, tellement lumineuse qu’elle ne laisse émerger que son aspect le plus dérangé. L'apparence le plus lisse laisse toujours entrevoir la folie qui y habite. Essayez alors de saisir l’amoncellement de sons venant de sources diverses, de différentes époques où se côtoient spectacles de marionnettes et folie invraisemblables rendant ce disque si atypique et étrange.

Dépassant le déséquilibre voir même la démence de « Lyckantropen », « Perdition City » et « Quick Fix of Melancholy » réunis (c’est dire ! Mais ceci reste qu'un simple avis et une spéculation...), « Blood Inside » représente toutes les folies de différents genres musicaux. Une sorte de méta-langage musical et psychotique ? Difficile à expliciter (et puis de toute façon, on s’en tape, je me mets à délirer sec), cependant, n’importe qui normalement constitué ressentira le décalage sonore se jouant de manière espiègle et dissonante sur ce nouvel album. Chaque note, chaque dérapage est une interrogation, une névrose en soi qui marque, qui intériorise l’écoute de ce disque globalement plus intense (alors que les titres sont plus courts encore un paradoxe qui colle à l’image de l’album).

Peut-être l’album le plus difficile à saisir et à appréhender (on n'écoute pas un disque d'Ulver, on se perd des semaines, des mois, des années à tenter de cerner la plus infime particule qui plane sur l'album), « Blood Inside » ne laissera sûrement pas insensible, toutefois, je me répète, le traitement est tellement barré, comme si une surface lisse se contorsionnait par tant de notes spectrales à la beauté perverse et cachée, que son écoute s’égaille avec le temps. Un temps nécessaire pour que l’on prenne ses marques qu’on s’injecte dans l’état d’esprit de ce disque hétéroclite et insensé. Reprenant l’adage : les albums ne se ressemblent pas, mais se suivent, Ulver signe là un album intéressant qui n’a d’égal que son audace sonore.
Un bijou dont on entendra encore parler avec le temps (car, finalement, cet album traite de la temporalité)
... L’encre va couler et les mentalités vaciller...
...

1 Commentaire

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=XGV= - 25 Novembre 2018:

Pas mieux. Un album insaisissable, complètement barré. Pas le meilleur dans la riche discographie d'Ulver, mais encore une fois, ils montrent leur soif d'expérimenter et de ne jamais sortir deux fois le même album.

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