Wars of the Roses

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Nom du groupe Ulver
Nom de l'album Wars of the Roses
Type Album
Date de parution 25 Avril 2011
Labels KScope
Style MusicalDark Ambient
Membres possèdant cet album44

Tracklist

1.
 February MMX
Ecouter04:10
2.
 Norwegian Gothic
Ecouter03:36
3.
 Providence
Ecouter08:10
4.
 September IV
Ecouter04:38
5.
 England
Ecouter04:09
6.
 Island
Ecouter05:46
7.
 Stone Angels
Ecouter14:55

Durée totale : 45:24

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Ulver



Chronique @ ArchEvil

17 Décembre 2011

Quand la maturité artistique prend le pas sur la folie et l'ambition

Alors que tant de formations se raccrochent souvent sans espoir à la corde de la tendance et se cherchent sans jamais se trouver, Ulver, ces norvégiens polymorphes fonctionnent comme un caméléon.
Régulièrement capables d'entièrement réévaluer leur formule, au point de faire apparaître un nouvel ovni dans leur discographie à presque à chaque tour. Folklore local réarrangé, black metal à la scandinave le plus lo-fi, expérimentations nocturnes d'électro et de psychédélisme aux atmsophères jazzy fumeuses, ... Jusqu'à Perdition City, Garm, tête pensante et seul membre omniprésent, pond un quasi sans faute, en excluant ses rares et anecdotiques cafouillages lestés par le changement perpétuel.
Puis il y eut Blood Inside. Et à partir de là, Ulver a cessé de tourner les potards. Sans pour autant tomber dans la redite et non sans surprises, le vol restait stationnaire. Sortie suivante, Shadow of the Sun, petite césure de label et de moyens, grande fracture d'ambiance. Un disque aussi posé, aussi solennel, contrastant avec un Ulver que l'on n'aurait pu connaître sans ses fréquentes hautes tensions. Malgré son climat très réussi, apparaissait étrangement une timide silhouette de testament, et cet étalage de soie confortable prenait les airs d'un souffle après la colère. Celui sous-entendant que le sac est vide, qu'il n'y a plus rien à dire, avec une sorte de profond soulagement à la clé...


...et ce War of the Roses sort ce début d'année. Et hop ! Nouveau changement de label, go chez les atmo-progueux de Kscope. Et cela tombe très bien, tout juste à la bonne case. Parfaitement actuel dans le cercle des musique expérimentales, progressives et ambiantes, d'une forme finalement très proche de Shadow of the Sun. On croit revivre ici l'apparition d'éléments appartenant plus au rock, comme sur February XXV à la volonté plus directe et franche, pourtant baignés de cette semi-torpeur qui habitait le précédent... et étrangement doucereux, ce malgré cette distortion insistant sur les temps forts. Ces quelques relents revival rock propret, un léger retour d'un Perdition City qui aurait troqué son venin contre de la discipline, un registre mélodique épuré et assoupli... War of the Roses est un album mature d'un groupe mature. A l'apparence plus sombre et pourtant, War of the Roses rassure, susurre et murmure comme son aîné. A la différence que certains atouts passés se sont dissouts.

Finalement, Shadows of the Sun aura été un pont salvateur pour le groupe, juste le temps d'un album. La répétition de ce genre de créations peut s'avérer pénible. Et la juxtaposition de sérénité et milieu tourmenté étant difficile, voire quasi impossible, Ulver fait peut être bien d'en privilégier un élément. Sauf que le tout a pris une allure étonnamment frigide. Et par là, n'allez pas accuser l'ambiance, il s'agit bien plus de contenu pur et simple. Les tournures plus vivaces tentent de sauver le groupe de sa noyade dans une mélasse popisante sur September IV, mais le punch ou même les tripes en sont absentes, le chant clair de Garm manque de piment, les lenteurs désuètes se multiplient sur Norwegian Gothic ou Islands et atteignant leur point culminant sur Stone Angels durant lequel il ne se passe pas grand chose, hormis ce long texte narratif suivi par ces amas sonores ambiant bizarrement éparses et décidément trop duveteux. Et un cachet pour la trois...

Oh bien entendu, j'en oublie le progressif Providence et sa superbe ascension batterie-basse-guitare, ce retour du sax l'élevant encore plus haut. J'en oublie certaines recherches émotionnelles parfois non trop éloignées d'un Coil qui aurait un peu pris de stress Neurosisien, le tout baigné dans un mix ronronnant à la couleur mate plutôt introspectif et de créations sonores toujours très touffues. Bien entendu, pris comme il est, cet album est bon.
Mais puisque c'est Ulver et que la comparaison avec le passé s'avère inévitable, War of the Roses souffre des exploits antérieurs de son géniteur, allant parfois même jusqu'à procurer l'idée d'un pilotage automatique et d'une prétention musicale vouée à la stagnation.


Quand la maturité artistique prend le pas sur la folie et l'ambition... il vaut mieux rester frais et fougueux. Mission souvent impossible, malheureusement.

5 Commentaires

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Orileus - 18 Décembre 2011: Assez d'accord avec DocteurBenway. J'avoue te trouver assez dur avec Ulver, Arch, mais c'est surement ce qu'on appelle l’exigence. Cet album sonne pour moi comme un mix de tout ce que sais faire Ulver, entre les passages épurés de Perdition, la folie d'un Blood Inside et le calme et contemplatif Shadows...En fait le seul reproche que l'on peut faire, c'est le manque de surprise.Et je te rejoint parfaitement dans le fait que leur maturité prend le pas sur le reste.



Un bon album je trouve (genre 15-16), et malgré Stone Angel, même si la volonté artistique est louable (mettre un poème en chanson, un redite du Mariage of heaven an hell), j'ai souvent tendance à zapper ce morceau vraiment trop long.
Atmosfear - 08 Janvier 2012: Merci beaucoup pour cette chronique (documentée),cela donne tout de même envie de découvrir le disque moi qui écoute toutes sortes de choses...Pour l'heure je n'ai découvert que le titre "February MMX" et il me rappelle un peu la période "Shadows..." en plus dynamique. Rien qu'à écouter ce titre (pas mal d'ailleurs à première vue) il me semble bien comprendre ce dont tu parles, en bien et en mal,alors à suivre !

Par ailleurs le chant (clair) de Garm m'a toujours un peu gêné (comme un peu trop policé/lissé et manquant de quelque chose). Mais j'aime les groupes qui se fixent pas de limites (tiens la j'écoute "September IV" et ça m'a l'air déjà plus conséquent musicalement, haha !
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