Black One

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16/20
Nom du groupe Sunn O)))
Nom de l'album Black One
Type Album
Date de parution 17 Octobre 2005
Style MusicalDrone
Membres possèdant cet album91

Tracklist

1.
 Sin Nanna
Ecouter02:17
2.
 It Took the Night to Believe
Ecouter05:56
3.
 Cursed Realms (of the Winterdemons)
Ecouter10:13
4.
 Orthodox Caveman
Ecouter10:00
5.
 CandleGoat
Ecouter08:04
6.
 Cry for the Weeper
Ecouter14:40
7.
 Báthory Erzsébet
Ecouter15:59

Durée totale : 01:07:09

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Sunn O)))



Chronique @ Svartolycka

16 Novembre 2005
Insolite !!

Voilà sûrement le meilleur qualificatif que l’on apposera sur le nouveau disque de l’iconoclaste Sunn O))). Les connaisseurs mais aussi les néophytes de la chimère de Greg Anderson et de Stephen O’Malley peuvent reconnaître que l’écoute d’un objet du groupe est une expérience traumatisante. Suffocante, la « musique » de Sunn O))) défit même toute analyse critique. Tout est de l’ordre de la sensation la plus épurée, la plus nihiliste qui soit...

Après le sublime (au sens de plaisir jouant à tension égale avec la souffrance) « White2 », les intuitions de Sunn O))) décident de reprendre ce que le dernier disque laissait présager. Suite au diptyque « White » entrez maintenant dans la dimension « Black ». Cette entrée dans une nouvelle dimension sera synonyme d’immersion dans une nébuleuse sombre et insalubre. Le réprouvé pointe son aura la plus crépusculaire... Si la série « White » pouvait s’apparenter à une éclipse sonore comme sublimation ultime, la nouvelle ne laisse que la place à l’amertume et la résignation absolue. On ne se perd pas dans cet album, on y sombre, corps et âme. Nos sens ne sont pas malmenés ou abscons, il sont directement atteints, écharpés, écorchés, fragmentés, nul ne peut représenter ce qui circule dans l’éther... Pulsions ? Névroses ? Et si c’était toute la déchéance allégorique qui se déroule durant cette écoute... Une circulation macabre et grouillante... « Black One » atteint ici un sommet de résonance, la plus sombre de la destinée de Sunn O))).

Semblable à une formation spectrale de jazz, Anderson et O’Malley s’entourent de personnages ayant un rapport tous singuliers à la perception sonore et cette nouvelle chimère est sûrement la plus atypique... Si John Wiese et Oren Ambarchi ne titillaient que les amateurs de musique conceptuelle, la présence de Wrest (Leviathan) et de Malefic (Xasthur) risque de créer une certaine affluence... La présence de ces deux personnages sera aussi l’occasion d’axer une trame plus narrative et crépusculaire dans la construction des nouveaux « titres ». En effet, les voix des deux phénomènes (ainsi que l’aspect instrumental propre à chacun) donne un cachet à nouveaux différent orienté davantage vers le danger. Nul doute que Sunn O))) a su créer un méandre de sons haptique, sauf que maintenant l’expérience se change en une menace à la fois sourde et oppressante, ce qui le rapproche de l’atmosphère du black. Les voix semblant sortir des plus profond des abîmes donne irrémédiablement un sentiment non pas de confusion, mais une linéarité envahissante et malsaine. Renforçant cette impression, le silence se fait, véritablement, contenant encore toutes les frustrations purulentes. Ce silence est en fait aussi chargé que les déflagrations d’infra basses...

Peut-on voir ? Peut-on ressentir ou subir ? Et pourquoi pas tout en même temps... Car ce que l’on distingue c’est une répression ectoplasmique, une sensation plus mortuaire mais plus proche de l’auditeur. En cela, il est clair que l’apposition des voix crée un rapprochement rendant cet album d’autant plus insalubre et mesquin qu’il est plus « abordable ». Et quand le disque se termine par le sublimement glauque et claustrophobe « Bàthory Erzsébet » porté par une voix fermentée (Malefic), on se rend compte que « Black One » est plus qu’un disque, plus qu’une expérience mais une véritable Damnation...

Ou, quand la destruction des formes compose une abnégation...

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Layne - 03 Mars 2006: J'en pense pas moin!!!
Un album tellement glauque et malsain que sa en devient genant quand on l'ecoute.Passez la premiere ecoute ou on se regarde on se disant "mais c'est quoi ce truc" (serieux sa fait sa au debut), on se dit que l'on a entre les mains un objet venu d'ailleur, peut etre pas donnez a tout le monde, mais a ceux qui au dela des conventions et avec une bonne culture musicales seront reconnaitrent le talent et la demarche de ces moines demoniaques...
Serieusement l'album le plus malsain que j'ai jamais écouté...et que c'est bon
enthwane - 21 Juin 2009: Je comprends pas comment un groupe qui fait une musique proche du bruit d'une machine à laver peut susciter un tel engouement... Chacun ses gouts...
MakraM - 06 Juillet 2009: C'est exactement ça, c'est du bruit.

C'est pas de la musique à proprement parler. Ce disque n'est pas à considérer comme de la musique, c'est un ressenti, transmettre des sentiments à l'intermédiaire de sons. Donc enthwane, tu n'es donc pas réceptif à ça, c'est spécial, mais moi je trouve ça très intéressant.
J'appellerais ça comme une nouvelle branche plus approfondie du Black Metal, dépressif, noir, lourd, sentiment de perdition... etc
Viggdred - 18 Janvier 2010: Serieusement l'album le plus malsain que j'ai jamais écouté...et que c'est bon

Écoute un Abruptum et tu verra que la démence n'est pas bien loin, là aussi...
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Chronique @ enthwane

10 Juillet 2010
Sunn O))). Un nom relativement énigmatique, dont je n'ai toujours pas compris la signification, qui revient souvent dans la bouche de mes amis fanatiques de métal. Lorsqu'on en parle, on m'évoque quelque chose d'indescriptible, de trés noir et trés prenant, quelque chose que les mots ne peuvent pas décrire, tellement leur musique est chargée d'insalubrité. J'ai donc décidé de me procurer un de leurs travaux, pour voir si effectivement, ça sonnait comme je l'imaginais. "Black One" était celui dont on me reparlait le plus. Les chroniques ici présentes sont très enthousiastes et hallucinées : voyons maintenant les choses d'un point de vue de quelqu'un qui ne rentre pas dans cet opus.

Hé bien, on ne ressent que de l'ennui. De la lassitude. Aucune structure. Aucun instrument proprement nommé. Certains me taxeront de gros réac', peut-être (je m'expose à ce genre de critiques en m'attaquant au sacro-saint Sunn O))) de toutes façons), mais je n'expose ici que mon avis, totalement subjectif donc, celui de quelqu'un qui aime la musique, pas les bruits de machine à laver couverts de chuchotements. Tout manque réellement de cohérence.

Je ne remets pas en cause le travail de Sunn O))), qui a du être relativement conséquent, vu le battage qu'on à fait autour de cet album dans la presse spécialisée. Mais aucune "chanson" ne sort du lot, tout n'est que sons disloqués, remis ensemble, de bruits, de chuchotements qui ne m'évoquent absolument rien. On m'assure que c'est une question de sensations : face à ce truc, je m'en retourne aux bons vieux classiques du Black Metal.

Deux points positifs (encore une fois selon moi) qui ressortent de ce conglomérat de bruits dissonants : la pochette, très belle et sombre, relativement abstraite, qui colle parfaitement à la "musique" de Sunn O))) : sans aucune linéarité, surréaliste, abstraite et désagréable à l'oreille ; et également le fait que Sunn O))) réussisse quelque chose : ne pas laisser indifférent. Qu'on aime ou qu'on aime pas, leur musique nous fait basculer dans une des deux extrêmes : soit on déteste ces bruits immondes, soit on adore ce ressenti (que je n'ai franchement pas éprouvé, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois). Mais impossible de faire partie de ce que j’appelle la "majorité indécise" face à ce genre d'OVNI "musical".

Moi qui pourtant suis extrêmement sensible à la musique (même espérimentale, Josef Nadek me file des nausées, Yoga me fait frissonner), "Black One" n'aura réussi qu'à me faire bailler.

Tout ça pour vous dire que Sunn O))) reste un groupe à part, que l'on idolâtre ou qu'on déteste. Pour ma part, je déteste, mais chacun ses goûts, me direz-vous. A réserver pour ceux qui aiment se faire peur et les amateurs d'électroménager.

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MobRules - 19 Juillet 2011: " Sunn O))). Un nom relativement énigmatique, dont je n'ai toujours pas compris la signification,

C'est marqué dans sa review, j'ai le droit de lui dire la signification.

Putain, c'est quoi cet abruti " savoir inutile "

C'est ton commentaire qui est inutile bonhomme.
enthwane - 19 Juillet 2011: Toujours pas de changement non. Autant j'apprécie beaucoup la Noise, autant Sunn O))) me laisse de marbre comme toujours.
thedeath666 - 11 Fevrier 2012: Cursed Realms (of the Winterdemons) n'est pas titre d'Immortal?
Kysaduras - 12 Fevrier 2012: Si, c'est un titre sur l'album Battle in the North.
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Chronique @ Haaveellinen

19 Août 2010
Nous sommes très loin du traditionnel schéma d'un chaos sans nom duquel émergerait un ordre nouveau. Aucun semblant d'ordre ne subsiste. Black One va plus loin qu'un simple chaos déconstruit, il ne s'agit pas là de s'affranchir des formes classiques, structurées voire même de s'affranchir de ce qui a déjà été fait en matière d'avant-gardisme.
Beaucoup se sont essayés à la construction d'un chaos structuré, ou les formes trancheraient, seraient imprévisibles ; mais il s'agit surtout d'une opposition à l'ordre, de l'antithèse des constructions habituelles.
L'ordre et le chaos ne s'opposent pas, c'est l'ordre seul qui s'oppose au chaos. Un chaos créé dans un but d'opposition obéit à des lois, des formes, il est synthétique et tape-à-l'œil. Grotesque.

Black One est la destruction des formes. Essayez d'imaginer ...Non, c'est impossible. Il est impossible de se représenter ce qu'est cette absence. Vous vous retrouvez plongés dans le noir, dans d'impénétrables Royaumes Maudits. Vous n'êtes ni au cœur des ténèbres, ni au plus profond des abysses, ni même au milieu de l'enfer car ces notions de distances n'existe plus. Vous êtes dans le noir, avec la sensation que cette masse pesante vous pousse, vous écrase, mais la aussi vous vous trompez. Il n'y a pas de masse, seulement cette atmosphère bruitiste, cauchemardesque sublimée par quelques rares déclamations incantatoires ; la masse, c'est vous, c'est ce que le noir à fait de vous. Difficile à concevoir, Cela Prend la Nuit pour le Croire...

Votre esprit s'épuise contre le noir, rien ne semble pouvoir définir ce qui vous arrive. Vous touchez avec votre esprit, voyez avec tout votre corps, ne respirez plus, ne sentez plus rien et le seul goût qui subsiste est amer, métallique. A mesure que vous disparaissez, peut-être vous rendez-vous compte de la magnificence de ce qui est en train de vous arriver, peut-être serez-vous contemplatif... Vous Pleurez pour le Fouet, afin que la douleur vous sorte de cette torpeur grotesque.

Vous ne disparaissez pas. Vous devenez petit à petit une partie du noir. C'est encore pire. Vous ne parvenez même plus à vous figurer si vous êtes le noir ou si vous en êtes juste. L'atmosphère semble mouvante, parait se resserrer non pas sur vous mais autour de vous, vous ménage un petit espace sain pour que puisse officier le pire des bourreaux. Vous même.
Soudain surgissent des images, des sons. Une tornade d'instants, de souvenirs et de sentiments surgit. Le son du noir ; il vous touche, vous parle et vous vous abandonnez totalement à lui, impuissant et désireux de l'être afin de pouvoir justifier cette ultime folie.

Vous vous êtes encore trompés. Le noir vous a libérés, a disparu aussi soudainement qu'il était arrivé. Vous n'avez rien vu. Le monde est à présent totalement gris, fade, et si les couleurs commencent peu à peu à repeindre ce sur quoi votre regard se pose, il y a une partie, à l'intérieur de vous qui garde une partie du noir.

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Kuza - 22 Août 2010: Très belle chronique, très imagée ^^
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Commentaire @ MercuryShadow

26 Juillet 2006
Fermez les yeux. Fermez les yeux et imaginez.
Vos chétives épaules, après avoir vainement résisté quelques instants, ploient maintenant sous une masse mouvante qui vous écrase, toujours plus profond, jusqu'au coeur des ténèbres. Vous frissonez, vous étouffez, vous tentez désespérément de comprendre ce à quoi vous êtes confronté. Mais cet enfer échappe à toute analyse, à toute intellectualisation. Ici, tout n'est que sensation, que ressenti, et, plus souvent qu'à son tour, que douleur.

La noirceur fait son. Voilà ce qu'inspire ce «Black 1», le bien nommé.

Il est impossible de définir le contenu de cet album selon des termes rationnels. Pas de structures, ni mêmes de morceaux à proprement parler. Tout juste de longues plages sonores, presque bruitistes, traversées de rares voix incantatoires et inhumaines, qui vous prennent aux tripes, s'emparent de vous et ne vous rejettent qu'exténués, vidés, ébranlés au plus profond de votre être.
Figurez-vous un supplicié à qui on laisserait tout loisir de mettre un terme à ses souffrances, mais qui ne pourrait s'y résoudre tant il est fasciné par la noirceur et le génie de ce à quoi il est soumis, et vous aurez une idée de ce que représente l'écoute de cet «album».

Vous voilà avertis. Et pour ceux qui se décideraient tout de même à s'immerger dans ce magma sans nom, rappelez-vous:
«Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance». (Dante)

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