Ballistic, Sadistic

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17/20
Nom du groupe Annihilator
Nom de l'album Ballistic, Sadistic
Type Album
Date de parution 24 Janvier 2020
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album33

Tracklist

1.
 Armed to the Teeth
 04:26
2.
 The Attitude
 04:02
3.
 Psycho Ward
 04:39
4.
 I Am Warfare
 04:46
5.
 Out with the Garbage
 04:27
6.
 Dressed Up for Evil
 04:41
7.
 Riot
 03:46
8.
 One Wrong Movie
 04:36
9.
 Lip Service
 05:49
10.
 The End of the Lie
 04:16

Durée totale : 45:28


Chronique @ Eternalis

14 Fevrier 2020

"Ballistic, Sadistic" est définitivement un disque de son époque

Comme bon nombre de groupes de sa génération, Annihilator est, à l’orée de cette nouvelle décennie, une sortie majeure que l’on attend toujours entre crainte et mysticisme. L’appel du nom, de la légende reste forte et l’envie de croire à la claque est légitime mais le rappel du temps qui passe, d’albums moins spectaculaires dernièrement et surtout d’une arrière garde aux dents très longues font que l’on ne sait jamais trop à quoi s’attendre. Encore plus avec Jeff Waters qui souffle le chaud et le froid.

Après un retour en force indéniable avec les années Padden, le ‘sieur a décidé de revenir également au micro depuis "Suicide Society", avec plus ou moins de réussite. Si ce dernier est on ne peut plus anecdotique et que Jeff n’est pas forcément inoubliable dessus, "For the Demented" renouait avec plus de hargne et des riffs plus mémorables. Dix-septième album (!!), "Ballistic, Sadictic", accompagné d’un artwork relativement vilain (on aurait aussi pu parler de mauvais gout ou simplement d’un résultat moche et plastique, surtout en comparaison de certaines pochettes sublimes du groupe), est une véritable machine à riff sans temps mort et avec une frénésie qui force le respect après trente ans de service !
On pourrait presque résumer l’album à ça. Des riffs, des riffs, des soli dans tous les sens...et un Jeff retrouvé au chant qui ne parait plus être un choix par défaut. "Armed to the Teeth" lance les hostilités très vite et on remarque également que la production est compacte, violente et tranchante, un peu comme celle de "Feast" ou "Annihilator" dans les albums récents (celle des deux dernières étant plus old school). La double pédale est en avant, Jeff et Aaron Houma (son nouveau compère) se donnent à cœur joie des riffs syncopés et thrashisant avec de petites rythmiques plus mélodiques qui lancent à chaque fois les soli pour offrir une rapide respiration. Un break lourd taillé pour le headbanging écrase tout sur son passage (le chant d’une noirceur assez inédite surprend). Voilà un bel apéritif pour ouvrir l’album et surtout une vitrine de ce qu’aura le droit l’auditeur pendant quarante cinq minutes.

Jeff a, comme pour chaque disque depuis un paquet d’années, déclaré que ce nouvel album était le plus proche qu’il ait écrit de "Never, Neverland" et, encore une fois, ce n’est pas forcément vrai. Si l’on entend par là le tranchant des riffs, les passages mélodiques et la qualité intrinsèque des titres pourquoi pas...mais "Ballistic, Sadistic" est définitivement un disque de son époque et n’a pas grand-chose en commun avec "Alice in Hell" ou "Never, Neverland", mis à part le jeu très caractéristique de Jeff bien évidemment. Il est forcé qu’un "I Am Warfare", technique et très incisif, rappelle fortement les années 80 avec ce côté sec et le jeu de batterie haché typique de l’époque mais les riffs et les parties vocales possèdent ce côté moderne et volumineux du metal extrême des années 2000. Annihilator peut d’ailleurs se targuer d’évoluer complètement avec son époque, de ne pas vivre dans le passé et de mixer les âges, là où un certain nombre de dinosaures dénigrent systématiquement les technologies ou consonances actuelles. Il en est de même avec "Dressed up for Evil" au refrain old school façonné pour le live, sur lequel Jeff se montre des plus hargneux sur les couplets pour chanter un refrain qui n’attend qu’être repris par tous. "The Attitude", s’il s’ouvre sur une montée en puissance mid-tempo, réserve ensuite un riff supersonique et vindicatif en diable. Peu de place à la mélodie pure sur ces titres, tout n’est que riff, riff et soli (le « Fuck, Your Attitude » n’est pas très subtil mais il passe méchamment bien). C’est du coté d’un "Psycho Ward" que l’on trouvera déjà une pointe de mélodie dans les vocaux pour commencer, puis dans le refrain qui se veut bien plus chantant que les précédents.

"Riot" est un parfait amalgame des différentes facettes du combo, entre un riff très rapide et technique, vicelard comme on aime, qui enchaine sur une rythmique thrash et puissante (les vocaux sont souvent doublés sur l’album, et ce morceau tire un maximum de puissance du procédé) puis sur un solo plein de mélodie, ralentissant le tempo pour instaurer une ambiance plus pesante (avant que ça ne dérape, bien évidemment). "One Wrong Move" intègre lui un véritable moment acoustique (c’est le seul moment où on pense vraiment aux premiers albums) et mélancolique en plein centre du titre avant que le riff principal ne reprenne le relai.
Impossible également de passer sous silence le supersonique (le terme n’est pas usurpé) "The End of the Lie" qui clôture l’album avec chaos et fracas, dans un genre très Megadeth époque "Rust in Peace" (excusez du peu !). Le côté le plus technique et spectaculaire de Waters explose littéralement sur des rythmiques de malades mentaux et des breaks à n’en plus finir qui évoque un certain "Hangar 18".
Un feu d’artifices qui termine parfaitement un album plein, efficace et ne laisse jamais transparaitre les trente ans d’âge du combo. Le style parfaitement reconnaissable et assimilable de Jeff Waters transpire par chaque pore de ce disque objectivement meilleur que les deux précédents. Si la carrière de Annihilator est faite de haut et de bas, elle n’en reste pas moins d’une régularité métronomique et peu sont les artistes du genre à n’avoir jamais fait de réelles pauses ou splitter totalement leur combo. Jeff peut se targuer de ça, d’avoir emmener son projet tout en haut et de toujours exister pour ses nouvelles sorties que ses créations du passé. Les brulots ici présents en sont une brulante preuve.

4 Commentaires

17 J'aime

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Dark_Gargoyle - 15 Fevrier 2020:

Très bonne chronique qui reflète cet excellent album !

David_Bordg - 15 Fevrier 2020:

Du très très bon ANNIHILATOR.

zuluwhite - 17 Fevrier 2020:

Moi j'aurais mis un 16 je le trouve très bon aussi bon voir meilleur que Feast :) 

Goneo - 17 Fevrier 2020:

Un album de plus .... . J'aime bien annihilator, c'est toujours de qualité, mais par contre je trouve qu'ils n'ont plus cette aura et cela depuis longtemps, même si de temps en à autre il y a quelques passages de génies. Je trouve ça sympa à écouter mais ya plus cette étincelle, ça manque de furie, d'impact, c'est trop "professionnel" , un côté un peu "école de musique" quoi. C'est le reproche que je lui trouve depuis pas mal d'albums. Toute façon je doute fortement qu'il y est un véritable changement.

De ce fait , je ne suis pas déçus car je m'attendais à un album de cette trempe, peut être pas à son côté plus thrash que d'habitude.

Ca fait le job, et plutôt bien, c'est déjà très bien avec une si longue carriére. Merci pour la chro.

 

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