Bad Magic

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Nom du groupe Motörhead
Nom de l'album Bad Magic
Type Album
Date de parution 28 Août 2015
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album232

Tracklist

1.
 Victory or Die
 03:08
2.
 Thunder & Lightning
 03:06
3.
 Fire Storm Hotel
 03:35
4.
 Shoot Out All of Your Lights
 03:14
5.
 The Devil
 02:53
6.
 Electricity
 02:16
7.
 Evil Eye
 02:20
8.
 Teach Them How to Bleed
 03:13
9.
 Till the End
 04:04
10.
 Tell Me Who to Kill
 02:56
11.
 Choking on Your Screams
 03:33
12.
 When the Sky Comes Looking for You
 02:58
13.
 Sympathy for the Devil
 05:26

Durée totale : 42:42


Chronique @ AlonewithL

07 Septembre 2015

Même la magie ne peut rien y faire.

La victoire ou la mort. Un appel révolutionnaire scandé de nos jours par Lemmy Kilmister de « Motörhead ». Mais, est ce que « Motörhead » est révolutionnaire ? C’était vrai il y a longtemps, figurant dans ses jeunes années comme une figure de proue d’un hard rock surpuissant. Depuis, rien a changé ou presque. Lemmy apparait aujourd’hui fragile, amaigri. La multiplication de concerts avortés depuis quelques mois, ses contre-performances au Hellfest et au Graspop en 2015 ont été largement commentées. Certains anciens ont été parmi les premiers déçus. Il y en a même qui ont pleuré de voir leur idole en telle méforme. Jusqu’à présent il n’y a pas eu d’insuffisance de « Motörhead » si on s’en tient à ses albums studios, mis à part quelques opus de fin des années 80 où le groupe était plus en difficulté quant à la ligne à adopter (« Orgasmatron », « Rock N’ Roll »). Même les derniers nés, avec un Lemmy que l’on perçoit de plus en plus fatigué, ont de quoi ravir les tympans. « Aftershock » figurait comme un second souffle, mais montrait néanmoins une passation de pouvoir au profit de Phil Campbell. En est-il de même avec « Bad Magic » ? S’il fallait résumer cela d’une simple remarque, c’est un peu à l’image actuelle de son leader. « Motörhead » est un groupe qui s’accroche courageusement à la scène, à son train-train habituel, jusqu’à la souffrance, de plus en plus perceptible. Malheureusement, il n’y a pas de médecine pour retrouver la jeunesse. Même la magie ne peut rien y faire.

Au premier chef, au fil des écoutes du nouvel album, on se rend tout d’abord compte de la faible durée des pistes. Ce n’est pas vraiment une première chez eux, notamment si on compare cet opus avec son précédent, mais la faible durée des morceaux va vraiment se ressentir sur ce « Bad Magic », au point de se demander s’il ne s’agit pas tout bonnement d’un medley. Cette impression est d’ailleurs renforcée par la sensation d’avoir déjà mille fois écouté ce genre de morceaux. C’est vrai que « Motörhead » comme « AC/DC » est un groupe principalement critiqué pour son manque d’originalité. Les fans des deux formations s’en fichent complètement tant qu’il y a des titres explosifs qui vous donnent la trique. Parmi les derniers volumes seulement, on comptait toujours un titre tombeur, bien au-dessus du lot. « Motörizer » avait son « Rock Out », « The Wörld Is Yours » comptait les excellents « Born to Lose » et « Brotherhood of Man », « Aftershock » doit son succès en grande partie grâce à l’intense « Heartbreaker ». Quant à « Bad Magic »,….et bien….on cherche.

Pourtant, l’ouvrage commence avec la brute machine « Victory or Die ». Un rock n’ roll en mode bombardier, dans le plus pur classicisme Motörheadien, un peu redondant sur la fin, mais très potable. Le morceau « Electricity » conserve le même esprit dans un ton un peu plus enjoué cependant. L’exercice aurait pu être plaisant, si ce n’avait pas été en fait qu’une totale copie de leur « Smiling Like a Killer ». Le groupe nous avait déjà fait le coup auparavant avec un « Brotherhood of Man » très similaire au titre « Orgasmatron ». A la décharge de leur redite d’ « Orgasmatron », celui-là impulsait une énergie terrible, que n’a pas vraiment le banal « Electricity ». On lui préfèrera la vitesse et la puissance de « Thunder and Lightning », même si Lemmy se montre un peu à la traine, en adoptant notamment un chant en yaourt. « Choking on your Screams » nous montre aussi de beaux restes de « Motörhead », un « Motörhead » sombre au possible, morbide, déjà croisé avec « Hammered » et « Inferno ».

Le trio aura toute notre sympathie pour un classique, très bon-enfant et dynamique « When the Sky Comes Looking for You » ; certes avec un Lemmy au rabais et complétement dominé par la guitare de Phil Campbell. Qui dit « sympathie », vous fera songer à « Sympathy for the Devil ». La reprise du célèbre titre des « Rolling Stones » n’est pas forcément attendue, ni forcément très compliquée. « Motörhead » s’en sort là donc correctement, mais sans les honneurs. Ça se distingue, toutefois ça ne ressort clairement pas autant du lot que la ballade « Till the End », qui figure sans doute étrangement comme l’extrait le plus subtil que l’album a à offrir. Il est même extraordinaire que l’on ne retienne que ce morceau à la fin de l’effort. Ce qui est pourtant mon cas, après maints défilés de « Bad Magic ». A croire que la signification de ce titre possède une force prémonitoire. A croire aussi que les autres extraits n’ont pas grand-chose à nous donner, à l’image d’un «Teach them to Bleed » légèrement éreinté et aux riffs réchauffés, ou d’un corrosif « Tell Me Who to Kill » à la patte pourtant molle malgré l’énergie affichée. Le morceau épuise aussi péniblement et dans la répétition sa durée inférieure à 3 minutes.

La faible durée des différents extraits aura également raison d’un « Evil Eye », pas par répétition cette fois. Ce titre percutant à l’esprit punk offre la sensation d’avoir été purement avorté, exécuté par empressement. II est clair que le morceau en question méritait une petite rallonge, au lieu de cela, il se concentre sur à peine 2 minutes et demie, figurant comme un grain de sable en plein milieu de l’album. Il était pourtant largement supérieur au très banal « Fire Storm Hotel », dont les airs bien groovy sont à mettre directement en relation avec un certain « ZZ Top ». Le tempérament groovy a beaucoup apporté au groupe britannique, mais néanmoins, il ne leur a pas réussi sur l’album « Bad Magic ». Ce sera d'ailleurs l’occasion de découvrir un Lemmy complétement épuisé sur un éprouvant « The Devil ». Il en est pratiquement de même sur « Shout Out all of Your Lights », dans un registre plutôt motorisé, à la mécanique bien huilée. Cela aurait pu être un exercice plaisant si le chanteur/bassiste n’était pas autant essoufflé sur les couplets.

« Sorry ! I Can’t ! » Voilà désormais l’autre message d’un grand artiste qui approche dangereusement les 70 ans. « Motörhead » ne sera plus jamais le moteur que certains ont autrefois connu. Les problèmes de santé de son leader nous sont directement exposés et se ressentent autant en Live que sur album, si on en juge notamment par ce dernier opus ou par ses dernières prestations. La foisonnance de titres courts, des airs repris sur des morceaux antérieurs, l’impression d’avoir déjà tout entendu, ou de ne rien retenir de ce qui pourrait franchement ressortir de l’opus et jouer le rôle d’ambassadeur à celui-ci, hormis peut-être une ballade dont la signification nous fait craindre le pire. « Bad Magic » est un ouvrage moyen, qui a du mal à se distinguer, qui fait même assez pâle figure dans la discographie de « Motörhead ». Pour une autre formation, j’attendrai qu’un nouveau disque lui permette de se ressaisir, dans le cas de « Motörhead » c’est différent. On adore Lemmy. C’est un peu notre papa à tous. Et, c’est vraiment une souffrance pour les fans de le voir en si piteux état. Personnellement, je n’attends plus de lui de concerts, d’albums, juste qu’il prenne du repos, qu’il s’allonge au bord d’une piscine à côté de jolies filles. Il nous a déjà tout donné, il n’a plus rien à prouver. Pourquoi donc s’efforcer à continuer pour ensuite devoir quitter son public à bout de forces sans avoir terminé son set? Veut-il à tout prix mourir sur scène ? C’est peut-être son choix. Mais à bien réfléchir nous ne voulons pas que cela finisse en pareille tragédie. Nous lui devons aussi le respect en lui recommandant de nous laisser pour une fois de côté.

13/20

50 Commentaires

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growler - 29 Décembre 2015: Le chant du cygne...
David_Bordg - 29 Décembre 2015: Oui mon jerome,le chant du cygne!!
PhuckingPhiphi - 19 Fevrier 2016: Ayant des centaines de CD en retard sur mes étagères, j'avoue que je ne m'étais pas précipité sur cet album à sa sortie, raison pour laquelle je ne l'ai découvert qu'au pied du sapin à la fin de l'année dernière. Ironie du sort, je l'ai écouté pour la première fois le 30 décembre, soit le lendemain même de l'annonce du décès de Lemmy… Triste coïncidence qui me mit dans un état d'esprit assez étrange lors de la première écoute.

Hé bien, à l'inverse de nombre de personnes qui semblent avoir trouvé cet ultime chapitre de la saga Motörhead un poil décevant et routinier (encore que parler de routine avec Motörhead soit à peu près aussi vain que pour AC/DC), je le trouve au contraire très réussi. C'est rocke, ça va vite, c'est pêchu, je ne trouve pas Lemmy particulièrement à la ramasse contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là… À vrai dire, je le place même clairement au-dessus de galettes comme Motörizer ou The Wörld Is Yours qui, pour le coup, pêchaient vraiment par un manque de vivacité.

Raison de plus pour regretter l'annulation du concert prévu au Zénith de Paris le 15 novembre à la suite des horreurs du Bataclan, nous privant ainsi d'une dernière communion avec ce monstre sacré de la scène Rock et Métal. En tout cas pour ma part, avec ce disque, Motörhead "goes out with a bang!"… Exactement comme il était né, quoi.

Merci pour la kro :)
MCGRE - 25 Juillet 2017: C'est le dernier album du Godfather du Rock alors en sans fou de la note Lemmy nous a donnez tout son lui jusqu'à la fin et avec du recul cet album est du même niveau que Ace Of Spade ou Kiss Of Death bref un régal intemporel qui resteras dans nos Coeur et nos âmes point barre.
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Chronique @ Keith_Michards

18 Septembre 2015

Mots torrides !

Y'a pas plus tard qu'y'a seulement un an, la carcasse de mister Kilmister était si déglinguée qu'on pensait déjà que c'était la fin des z'haricots !

C'était mal connaitre l'animal… le bombardier avait encore du kérosène dans les santiagues. Lemmy c'est un peu comme Michel Drucker : il ne quittera pas la scène sans y avoir été invité par Satan himself.

Deux ans après le très estimable "Aftershock", voilà donc qu'il balance un nouveau skeud qui nous ramène directement aux racines du mal : démarrage à donf, dérapages (plus ou moins) contrôlés dans les virages, tempêtes de riffs et rythmique de plomb. Cherchez pas plus loin, c'est bien un disque de Motörhead !

Depuis déjà longtemps, ces Anglais-là ont prouvé qu'ils n'étaient pas que de sombres bourrins. Ils le prouvent encore avec une collection de chansons pleines d'ambiances différentes. D'entrée de jeu, ça dynamite les cages à miel, façon "Bomber" ou "Overkill", tous les potards au max, la voix saturée… on n'est pas là pour faire mumuse ! S'en suit un petit blues rock à la sauce ZZ Top (Fire Storm Hotel). Le cœur de l'abum est carrément heavy metal avec des titres d'une rare noirceur (The Devil, Evil Eye, Choking on Your Screams). Et puisque le diable est invité au bal, la galette se termine par un "Sympathy for the Devil" survitaminé. Mais il ne faudrait pas oublier la sublime ballade (Till the End), qui prouve à ceux qui l'ignoraient encore que Lemmy est un sacré foutu bon chanteur, capable de vous arracher les larmes des yeux.

Comme d'habitude, Motörhead a trouvé la formule pour nous vriller les tympans. Lemmy fait du Lemmy : les cordes vocales au taquet et le jeu de basse apocalyptique. Phil Campbell, loin d'être un guitariste au rabais, s'impose comme un adjoint essentiel, aussi à l'aise dans la production de riffs que pour poser des solos vicelards. Et que dire de Mickey Dee, la tête dans le guidon du début jusqu'à la fin de la course, c'est carré, c'est net et ça taquine sévère les cervicales.

Si "Bad Magic" n'est pas le meilleur album de la longue discographie de Motörhead, il prouve au moins que Lemmy et ses boys en ont encore sous la semelle et qu'on est pas près de les voir partir en maison de retraite… et c'est tant mieux !!!

3 Commentaires

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Darklau - 20 Septembre 2015: Connaissant Lemmy, ce sera plutôt la tombe que la maison de retraite.
twisted_brother - 20 Septembre 2015: Merci pour la chronique. Mais ce n'est pas Satan qui viendra chercher Drucker, c'est Mr. Lordi :-) C'est dit et je sors.
 
DESTROYYY - 31 Octobre 2015: Tout a fait d'accord avec toi d'autant que même LEMMY soit disant dézingué, c'est toujours the MAGIKKK bad ONE.Quand à l'album il est genial !!!
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