Apocalypse & Chill

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17/20
Nom du groupe Delain
Nom de l'album Apocalypse & Chill
Type Album
Date de parution 07 Fevrier 2020
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 One Second
Ecouter03:36
2.
 We Had Everything
 04:08
3.
 Chemical Redemption
 04:39
4.
 Burning Bridges
Ecouter04:16
5.
 Vengeance
 04:52
6.
 To Live Is to Die
 03:47
7.
 Let's Dance
 04:07
8.
 Creatures
 03:39
9.
 Ghost House Heart
Ecouter02:59
10.
 Masters of Destiny
 04:55
11.
 Legions of the Lost
 05:17
12.
 The Greatest Escape
 04:26
13.
 Combustion
 05:25

Bonus
14.
 Masters of Destiny (Orchestral Version)
 03:58
15.
 Burning Bridges (Orchestral Version)
 03:02
16.
 Vengeance (Orchestral Version)
 04:27

Durée totale : 01:07:33

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Delain



Chronique @ ericb4

21 Janvier 2020

Un souffle nouveau émane de cet élégant, sensuel et éclectique mouvement...

Quatre années déjà envolées depuis un mémorable « Moonbathers »... Un laps de temps qui nous interpella, nous interrogea même sur la capacité du combo néerlandais à revenir dans les rangs, mû par l'élan créatif dont ce cinquième élément s'en fit l'écho. Aussi, impactés par cette ogive, nombreux sont les fans à avoir caressé le légitime espoir d'un imminent retour en force du combo néerlandais. Message reçu 5 sur 5 par le quintet batave... Le voici à nouveau dans les starting-blocks, accouchant de son sixième album full length, « Apocalypse & Chill », un set généreux de ses treize compositions (auxquelles s'ajoutent trois de ces pistes en version orchestrale) sorti, tout comme son illustre prédécesseur, chez le puissant label autrichien Napalm Records. Etat de fait susceptible de démentir les pronostics les plus pessimistes et qui ne signifie nullement que nos acolytes soient restés dans l'ombre ces longues années durant, loin s'en faut...

Durant cette période, porté par une indéfectible énergie, le collectif enchaîna les concerts et festivals, et ce, aux quatre coins de la planète (Paradiso (Amsterdam, Pays-Bas), Z7 (Pratteln, Suisse)... en 2016 ; The Opera House (Toronto, Canada), Concorde Music Hall (Chicago, Etats-Unis), Summebreeze (Dinkelsbühl, Allemagne), Effenaar / FemMe Event (Eindhoven, Pays-Bas), Theatro Flores (Buenos Aires, Argentine)... en 2017 ; Carnegie Music Hall (Pittsburgh, Etats-Unis), Metropolis (Montreal, Canada), Live Music Hall (Cologne, Allemagne)... en 2018 ; Majesty of the Seas (70.000 Tons Of Metal, Etats-Unis), Wacken Open Air (Allemagne), Lido (Berlin, Allemagne)... en 2019). Parallèlement à cette bouillonnante activité scénique, cristallisée par de fructueuses prestations, la troupe n'abandonna pas pour autant les studios, nous octroyant, dans la foulée, un pléthorique DVD, « A Decade of Delain - Live at Paradiso » (2017), suivi deux ans plus tard de l'EP « Hunter's Moon » et de deux singles (« Burning Bridges » et « One Second »). Mais nos acolytes en veulent plus, beaucoup plus...

A l'aune de leur nouvelle offrande, nos compères souhaitent désormais ouvrir plus largement le champ des possibles stylistiques, avec d'inédites sonorités et quelques prises de risques à la clé, tout en restant fidèles à leur fibre metal mélodico-symphonique originelle. Telle est la voie de navigation empruntée par l'actuel équipage, à savoir : Charlotte Wessels en qualité de frontwoman, Martijn Westerholt (claviers et choeurs), Timo Somers (guitares et choeurs), Otto Schimmelpenninck van der Oije (basse et choeurs) et Joey de Boer (batterie). Aventure dans laquelle a également été embarqué le frissonnant vocaliste Yannis Papadopoulos (Beast In Black). En conséquence, ce sixième méfait serait-il un digne successeur de son galvanisant aîné, une alternative qui en compléterait judicieusement le tableau ou nous ferait-il désormais entrer dans une ère nouvelle ? Serait-ce la formule gagnante pour voir le groupe néerlandais désormais se hisser au rang de valeur de référence, ou simplement asseoir son statut de valeur confirmée du metal symphonique à chant féminin ? Arrivés à ce stade-là de leur carrière, l'épineuse question reste posée, question à laquelle cette analyse va tenter d'apporter quelques éléments de réponse...


Comme il nous y avait accoutumés, le combo batave démontre à nouveau sa capacité à concocter ces séries d'accords qui font mouche, et ce, dès les premières mesures égrainées, et que l'on ne quittera qu'à regret. Et les exemples parmi ses passages les plus vitaminés sont loin de manquer à l'appel. Ainsi, l'accroche s'effectuera d'un battement d'aile sous le joug du refrain catchy dont se pare l'entraînant single « One Second » ; up tempo rock'n'metal symphonique à la fois tonitruent et pétri d'élégance, dont l'épais riffing, les aériennes inflexions de la sirène et l'atmosphère nous rappelleront au bon souvenir de « We Are the Others ». Non moins efficace, le single « Burning Bridges », pour sa part, se pose tel un charismatique et vivifiant effort metal symphonique aux relents dark dans la droite lignée de « Moonbathers » ; un tubesque manifeste dont le corps oratoire se voit densifié par des growls aux abois et magnifié par une imposante muraille de choeurs samplés. Enfin, extrait de « Hunter's Moon », eu égard à son indéfectible pugnacité, son caractère résolument enjoué et ses enchaînements couplets/refrains ultra sécurisés, l'engageant « Masters of Destiny » ne saurait davantage rater sa cible...

Lorsque la belle en vient à partager le micro, le spectacle proposé est là encore au rendez-vous de nos attentes. Un exercice de style auquel le collectif est déjà rompu et qui, cette fois, prend une saveur aussi singulière qu'inattendue. Aussi, à l'aune du tonique et opératique « Vengeance », c'est au cœur d'un torrent de lave que nous mène l'escadron, un magmatique espace où les angéliques modulations de la frontwoman évoluent de concert avec les assassines attaques d'un Yannis Papadopoulos au faîte de son art. Et ce ne sont ni le bref mais seyant solo de guitare ni les fringantes variations rythmiques qui nous débouteront de ce hit en puissance.

Quand ils retiennent un tantinet les chevaux, nos compères nous renvoient d'un coup d'un seul à leurs premières amours. Ainsi, non sans rappeler l'atmosphère néo-romantique de « Lucidity », le mid tempo syncopé « Creatures » déverse ses riffs lipidiques en tirs en rafale adossés à une féline rythmique. Si ses couplets finement ciselés nous immergent au sein d'un féerique paysage de notes, ses refrains n'en révèlent pas moins de grisantes séries d'accords. Une pépite renouant avec les fondamentaux, mise en habits de lumière par une interprète bien habitée, élargissant d'un cran son spectre vocal, la belle s'autorisant alors à tutoyer sans trembler les notes les plus haut perchées. Plus tortueux, chevaleresque et non moins baroque, dans la lignée d'un « The Human Contradiction », le mid tempo progressif « Legions of the Lost », quant à lui, développe une sidérante force de frappe, abonde en effets de surprise, tout en recelant de séduisants atours.

Au moment où l'on pénètre en d'intimistes espaces, s'il a glissé quelque inédite sonorité, la patte romantique du combo s'avère aisément identifiable. Ainsi, de délicats arpèges au piano s'unissent à une violoneuse et mélancolique assise à l'aune de « Ghost House Heart », ballade atmosphérique progressive un brin opératique d'une soufflante fluidité mélodique. Magnifié par les cristallines et troublantes envolées de la maîtresse de cérémonie, et en dépit du peu de relief percussif, l'instant privilégié révèle une formation qui a su faire mûrir ses portées, les rendant par là même ensorcelantes sans avoir eu recours à un quelconque artifice qui en faciliterait l'accès. Chapeau bas. Et comment ne pas ressentir une émotion nous étreindre sous l'impact du câlinant refrain dont nous abreuve « The Greatest Escape », ballade romantique jusqu'au bout des ongles infiltrée par un larmoyant violon et mise en habits de soie par les chatoyantes patines de la princesse ? Un fondant et fédérateur espace ouaté que l'on quittera avec l'indicible espoir d'y revenir, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité.

Au risque de désarçonner ses fans de la première heure, la troupe a, par ailleurs, orienté son propos vers des rivages électro, témoignant par là même d'un souhait à peine voilé de diversification stylistique, conférant ainsi à son projet un zeste de modernité. Une prise de risque parfaitement assumée et qui sied plutôt bien à nos cinq gladiateurs. Ce qu'illustrent « We Had Everything » et « Chemical Redemption », engageants up tempi pop metal symphonique aux rampes de claviers estampées électro, coulant tous deux sur une enchanteresse rivière mélodique et mis en habits de lumière par les troublantes volutes de la déesse. Dans cette veine, on retiendra encore « To Live Is to Die » au regard de ses insoupçonnées montées en régime du corps orchestral et de son infiltrant cheminement d'harmoniques. Un chavirant et sensuel mid tempo dont la structure rythmique comme l'ambiance un tantinet mordorée sonnent comme un clin d'oeil à « April Rain ». Un heureux trait d'union entre passé et futur, en quelque sorte...

Autre virage pris par le collectif, celui de l'électro dance combiné à un metal symphonico-atmosphérique d'une confondante légèreté, qui, tel un cyclone inattendu, aura de quoi interpeller l'amateur d'un Delain des premiers émois. Ce qu'atteste précisément « Let's Dance », un grisant méfait aux riffs émoussés, calé sur une rythmique cadencée et d'une régularité métronomique. Voguant sur un tempo emprunté au disco, n'ayant de cesse de disséminer son refrain immersif à souhait, le sémillant effort glissera avec célérité dans le pavillon de celui que l'improbable juxtaposition des genres attirera. Bref, une piste taillée sur mesure pour les dancefloors, propice à une inaltérable déhanché mais aussi à un headbang subreptice. Se dessine ainsi un délicat équilibre des forces que tout semblerait opposer, à expérimenter et peut-être bien à adopter...

Ayant repoussé plus loin encore les frontières du possible, nos acolytes sont allés jusqu'à nous octroyer une sculpturale et mémorable piste instrumentale rock'n'metal symphonico-progressive. Une corde de plus à leur arc, révélant à la fois une parfaite cohésion orchestrale et un talent insoupçonné de chacun des solistes impliqués. Ainsi, le plantureux, tonique et atmosphérique « Combustion » nous fait découvrir un subtil legato signé Timo Somers, les notes étirées un brin larmoyantes du lead guitariste s'apparentant à celles d'un certain David Gilmour, rien de moins, conférant un caractère ''floydien'' à la magnétique offrande. Parallèlement, tant les blasts que le martelant tapping et les complexes séries d'accords esquissées par une basse résolument vrombissante ne sont pas sans renvoyer à Dream Theater. Une heureuse fusion des genres dont nul n'aurait subodoré l'existence, démontrant, si besoin était, que le champ de compétences du groupe s'est considérablement étoffé au fil du temps.


Arrivés au terme de notre périple, un doux sentiment de plénitude nous gagne. On découvre alors une œuvre à la fois palpitante, racée, parfois épique, un brin romantique, teintée d'originalité, à l'ambiance plurielle, témoignant d'une touche de modernité et d'une ingénierie du son coulée dans le bronze. Autant de points de force susceptibles d'élargir d'un cran la fanbase du combo batave. Aussi, si la tangente amorcée par nos gladiateurs aurait de quoi décontenancer l'aficionado de la première heure, accoutumé à un metal mélodico-symphonique classique à l'exception de tout autre, elle ne saurait laisser indifférent ni un auditorat sensibilisé aux derniers travaux du groupe ni celui que la fusion des genres n'effraie pas. Un pari osé mais parfaitement assumé par la troupe, ayant surtout permis au projet de gagner en épaisseur artistique et au groupe de prouver qu'il a su renouveler sa panoplie, jusqu'à se réinventer, ayant ainsi enrichi sa patte symphonisante originelle de courants alternatifs des plus inattendus...

En effet, bien plus qu'une synthèse de ses précédentes productions, ce nouvel arrivage s'en est inspiré tout en ayant pris le parti d'explorer d'autres horizons, volontiers empruntés à l'électro, la dance et le rock progressif old school. Moins tonitruent mais globalement tout aussi abouti et inspiré que son dantesque aîné, ce sixième opus fait plus qu'honorablement le relayer, il cristallise une évolution stylistique, logistique et technique certaine du combo. Une expérience à haut risque donc, mais concluante in fine, le groupe parvenant à harmoniser les tendances, à nous surprendre, sans pour autant avoir vendu son âme au diable. Pas de doute, on est bel et bien entré dans une ère nouvelle, celle d'une sereine et judicieuse cohabitation des éléments. Bref, un gemme de plus à mettre à l'actif de la formation néerlandaise, susceptible de la placer parmi les valeurs de référence incontestées du metal symphonique à chant féminin...

5 Commentaires

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AnnabelLee - 23 Janvier 2020:

Cette chronique donne sacrément envie ! Pourtant entre le dernier single et la pochette, je n'avais pas forcément envie de me ruer sur cet album (même si bien sûr j'allais l'écouter). Peut-être leur meilleur album alors... on verra, encore 2 semaines à attendre ! 

pielafo - 07 Fevrier 2020:

Je confirme, il est vraiment tres bon ;)

MetalSonic99 - 09 Fevrier 2020:

A chaque fois que j'écoute un album de Delain, je me dit à chaque fois qu'ils ne feront pas mieux et pourtant... à chaque fois ils se surpassent! Ce groupe monte tellement en puissance au fur et à mesure des années sans décevoir que c'est à la limite flippant!

Je les ai vus 2 fois en live et là pareil, par rapport a la première fois ce n'est plus du tout le même! Je suis sous le charme total de ce groupe! J'espère qu'ils continueront a me surprendre!

Goneo - 10 Fevrier 2020:

Bin un peu déçus pour ma part, pas que l'album soit mauvais , loin de là mais disons que ce n'est pas ce que j'attendais. J'ai beaucoup aimé les 2 premiers singles pourtant. Du bon comme du moyen.

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