We Are the Others

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Nom du groupe Delain
Nom de l'album We Are the Others
Type Album
Date de parution 01 Juin 2012
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album161

Tracklist

1.
 Mother Machine
 04:34
2.
 Electricity
 04:14
3.
 We Are the Others
 03:17
4.
 Milk and Honey
 04:26
5.
 Hit Me with Your Best Shot
 03:59
6.
 I Want You
 04:52
7.
 Where Is the Blood (ft. Burton C. Bell)
 03:16
8.
 Generation Me
 03:43
9.
 Babylon
 04:06
10.
 Are You Done with Me
 03:05
11.
 Get the Devil Out of Me
 03:21
12.
 Not Enough
 04:43

Bonus
13.
 The Gathering (live)
 04:02
14.
 Control the Storm (live)
 04:14
15.
 Shattered (live)
 04:20
16.
 Sleepwalkers Dream (live)
 04:32

Durée totale : 01:04:44


Chronique @ Eternalis

11 Juillet 2012

Le plus bel hommage d’une revanche bien méritée [...]

Il y a parfois de belles histoires.
Des histoires qui, lorsqu’elles embrasent le monde de leur éclat noir et maléfique, parviennent à contrebalancer l’obscurité ambiante pour reprendre le dessus sur la vie.
Car quand Martijn Westerholt a fondé, avec son frère, ce qui allait devenir l’un des plus gros groupes de metal symphonique au monde, Within Temptation, il était peu évident de savoir la suite des événements. Mais voilà, l’orchestrateur en chef était atteint d’une maladie génétique très rare (1 cas sur 100 000), appelé Syndrome de Pfeiffer. Dans certains cas, cela provoque des retards mentaux desquels Martijn fut protégé mais des crises fréquentes ainsi que certaines malformations des doigts ou des pieds (élargissement anormaux des doigts) s’avèrent des plus problématiques lorsque l’on joue du piano, qui plus est, dans un groupe enchaînant les concerts comme Within Temptation. La mort dans l’âme, il quitte le groupe, laissant son frère et Sharon Del Adel maîtres du navire…

C’est ainsi que Delain sonne comme une victoire, une renaissance et une revanche sur une vie qui avait décidé de lui ôter son rêve mais qui n’a jamais réussi à ébranler sa foi et son talent dans ce qu’il fait.
Rapidement rejoint par de nombreuses personnalités de groupes reconnus (Epica, Leave’s Eyes, Nightwish…), Martijn trouve une chanteuse, Charlotte Wessels et signe un contrat avec Roadrunner qui flaire un futur carton commercial. Pari réussi avec "Lucidity" en 2006, puis "April Rain" qui place Delain comme un véritable groupe solide et non un simple projet, collaboration de multiples musiciens renommés.

Pourtant, après le succès très important d’"April Rain", c’est sans une très importante promotion (Gojira aurait-il pris toute l’attention de Roadrunner ?) que sort "We Are the Others". Patronyme énigmatique pour ce troisième album, laissant, de plus, apparaître un nouveau logo très dépouillé et un artwork à l’esthétisme « hippie » des années 70 très loin de la modernité de la pochette précédente. Où les Hollandais vont-ils donc nous emmener… ?

Et bien, force est d’admettre que, musicalement, Delain ne surprend pas autant que graphiquement car "We Are the Others" reste dans la droite lignée de ce que nous connaissons d’eux, délaissant peut-être encore plus les ambiances orchestrales pour s’orienter vers une musique plus rock et directe, très accessible et simple d’accroche. Il suffit d’écouter un morceau comme "Electricity" pour comprendre la nouvelle direction des Hollandais, au final relativement proche de celle de Within Temptation, mais avec le timbre de Charlotte qui, de toute évidence, se trouve bien plus à l’aise dans ce style avec son timbre chaud et naturellement puissant mais peu lyrique. Les riffs se font simples, le refrain est immédiat et très facilement mémorisable pendant que d’agréables, envoûtantes et caressantes nappes de claviers enveloppent l’ensemble sans pour autant l’aseptiser, le laissant respirer juste ce qu’il faut. La production, très organique, empêche d’ailleurs le groupe de tomber dans un stéréotype traditionnel du formatage actuel dans lequel Lacuna Coil a malheureusement sombré depuis "Shallow Life".

L’introduction du morceau éponyme et ses claviers très new-wave peut initialement faire peur mais il colle finalement très bien à l’esprit et à l’image de ce nouvel album, positif et enthousiaste avec la vie. Ce refrain, cette âme qui en émane, est comme un vent frais qui balaie le visage et lui offre une fraicheur revigorante. Il n’apporte rien de spécial, ne change rien mais rassure, procure un certain plaisir et c’est alors, sans s’en apercevoir, qu’un léger sourire parcourt nos lèvres et grave notre visage d’une illumination gracieuse et ensoleillée. Certes, le fond est pop mais qu’importe ?
Il faut les trouver ce refrain et cette mélodie de "Hit Me with your Best Shot" qui, bien que simples (simplistes ?) et très accessibles rentrent si bien en tête qu’une demi-écoute suffit pour déjà fredonner la chanson et la retenir complètement dès la deuxième écoute. Certes, le travail de composition n’est pas des plus ambitieux mais il faut reconnaître un talent non négligeable dans l’art de trouver la mélodie qui tue et le refrain (un énorme travail ayant été réalisé sur eux) qui transforme chacune de ces compositions en tubes en puissance.

Très mélodique, "We Are the Others" durcit parfois un peu le ton pour rappeler ses origines. "Mother Machine" procure donc une dose plus forte d’adrénaline malgré une mélodie très en avant mais surtout un riff bien plus imposant que l’énormité de la production met parfaitement à l’honneur. Paradoxalement, c’est ici que le refrain se pare d’une plus tendre mélancolie, la caresse se faisant plus songeuse, moins immédiate, dans l’expectative.
En revanche, le chant masculin se fait désormais très rare, mis à part sur le curieusement raté "Where is the Blood" où Charlotte partage le chant avec Burton C.Bell (Fear Factory), sorte de mauvais remake du Lacuna Coil actuel où Burton se veut méconnaissable, très peu en voix et pas convaincant du tout. A l’inverse, "Babylon" renoue avec le visage plus symphonique du groupe, doté d’arrangements classieux, d’un riff épuré et simple et d’un refrain qui, une fois de plus, est déconcertant de simplicité et de facilité d’apprentissage. Cette vision sera probablement critiquée mais Charlotte excelle tellement dans ses parties, dans son chant et le placement de ses lignes vocales qu’il serait cruel de lui reprocher cette impact immédiat au profit d’une complexité qu’elle n’aurait peut-être pas maitrisée.

Concrètement, "We Are the Others" est un album de metal/rock avec la force de ses défauts ; à savoir une certaine linéarité dans le propos, des schémas répétitifs de morceaux mais une énorme maitrise du propos et surtout (le plus rare) un album qui ne lasse pas au bout de trois titres mais qui tient en haleine malgré le fait que l’on sache constamment où l’on va (le refrain de "Are you Done with Me" aurait pu apparaître dans une comédie musicale mais qu’importe, une fois de plus ?). Delain est fidèle et honnête envers lui-même, ne cherchant pas à montrer ce qu’il n’est pas. Il est vrai et sincère, même si cette sincérité n’est pas la facette la plus créative que l’on aurait pu attendre d’un artiste comme Martijn. Mais cette vérité n’est-elle pas le plus beau cadeau que la vie lui ait fait ? Le plus bel hommage d’une revanche bien méritée ?
Écoutez. Profitez. Vivez. Staying Alive.

14 Commentaires

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MikeSlave - 14 Juillet 2012: "un artwork à l’esthétisme « hippie » des années 70".
La pochette se rapproche plutôt du courant "art deco" première vingtaine du siècle dernier.
Elencirya - 03 Août 2012: Je suis dans l'ensemble d'accord avec la chronique, et je pense que je mettrai la même note. Très déçue par "April Rain" alors que j'avais adoré "Lucidity", je ne m'attendais pas à grand chose avec cet album, et j'ai été plutôt bien surprise : sur "April Rain", je n'écoutait que 2-3 titres, les autres me gonflaient terriblement. Sur "We are the Others", c'est l'inverse : il n'y a que 2-3 titres au milieu de l'album qui me donnent envie de zapper. Une sacrée amélioration à mes yeux, donc!

Autre chose qui a changé : à propos de la voix de Charlotte. Et là c'est mon point de désaccord avec l'auteur de la chronique : je ne trouve pas du tout sa voix puissante, et c'est justement ce manque de puissance vocale qui l'avait amenée à des artifices assez pénibles sur "April Rain" (intonations grinçantes forcées, lignes vocales systématiquement doublées, voire triplées dans les refrains...).
Attention je ne pense pas qu'une voix peu puissante soit un problème en soi : j'adore certaines chanteuses de metal qui n'ont pas énormément de coffre (Liv Kristine, Simone Simons, Sharon den Adel quand elle ne s'égosille pas comme sur son dernier album en date...). Et j'adorais la voix douce de Charlotte sur Lucidity. Mais fort heureusement, sur "We are the Others" elle est revenur a un chant plus naturel et beaucoup moins forcé que sur le précédent opus, ce qui la rend bien plus agréable à entendre! On mixe sa voix plus en avant et le tour est joué... Et puis en plus elle nous gratifie de ses jolis aigus à la fin du dernier titre, je ne les avait plus entendus depuis "Sleewalker's dream" et elle nous montre justement qu'on a pas forcément besoin de la puissance d'une Floor Jansen pour chanter joliment.
Elvangar - 19 Août 2012: Je ne vois pas ou est le problème dans le fait que cet album soit teinté Pop ... alors quoi, faut-il que les musiciens fassent preuve d'expérimentation, de complexité dans les compos pour séduire les plus difficiles et ainsi prouver qu'ils sont des artistes ? Est-ce à dire que la Pop, c'est de la merde ? le raccourci est tout aussi simpliste et réducteur que lorsque certains boudent les artistes parce qu'ils décident de mettre de la Pop dans leur sauce. Je rejoins l'avis de Jo quand il dit "Et alors ? qu'importe !". Là où April Rain ne m'avait pas embarqué, We Are the Others me fait beaucoup plus dresser l'oreille et m'amène à (re)découvrir le timbre chaleureux de Charlotte. Au final, l'important n'est-il pas que l'on prenne du plaisir à l'écoute de l'album ?



Merci Jo pour ta chronique !
DragonMaster - 20 Janvier 2013: Je n'ai rien contre la Pop, elle me laisse simplement très souvent de glace. Comme cet album d'ailleurs (sans être carrément mauvais). Un groupe que je suivrai probablement plus.
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Commentaire @ wunsch

05 Juin 2012

Un travail équilibré...magique

Voici le troisième album enfin ! C'est ce que je me suis dit dès que j'ai vu paraître l'annonce sur leur site officiel. Puis, à la sortie j'ai écouté les premiers titres en attendant des morceaux comme dans les précédents albums, simples et efficaces, traversés de quelques mélodies en arrière-fond.
Voilà, mais je fus surpris en écoutant cet album là, justement titré "We Are the Others".

Première remarque, on peut dire que Delain, classé aujourd'hui dans le heavy symphonique, nous délivre des titres plus "atmosphériques", des rythmes plus "stables" (oui et non, selon les morceaux, mais c'est l'idée), surtout un travail équilibré qui se fait sentir.
Je me souviens des refrains de qualité avec "Stay Forever" ou d'intro puissantes et directes comme "Go away", là aussi tout est vu: magique.

Aux premiers abords, dans l'ordre des titres de l'album, ce changement se ressent et Delain paraît plus sage dans sa manière de composer, moins "violent". "Mother Machine" et "Electricity" sont les deux premiers titres. Je ne sais pas si cela a été pensé, ou même s'ils l'ont fait exprès, mais ces deux titres nous mettent au courant (si vous me le permettez sans jeux de mots) de l'esprit de leurs évolutions.

Je ne citerai pas tous les titres en vous donnant mon avis sur chacun. L'intérêt est de savourer et de prendre du plaisir, car vraiment ce groupe en vaut le détour. Tous autant que nous sommes pouvons bien être surpris, y compris par un groupe que l'on croit connaître.
Ce que l'on peut tout de même dire c'est que la voix de Charlotte Wessels est plus soignée (ainsi que l'anglais), la musique est forte sur chaque piste. Mes coups de cœur se portent sur le titre éponyme, "We Are the Others", qui commence doucement au piano, puis un rythme s'installe pour nous laisser ensuite sans que l'on s'en rende compte du temps qui passe. Le refrain et les paroles se retiennent facilement et on n'est déçu ni par la musique, ni par le talent.
"Milk and Honey" est également remarquable. Elle nous tient en haleine. Rythme lent, refrain chargé et pourtant cette impression de liberté, de légèreté... à vous d'écouter!
Ensuite, je ne peux pas vous dire. Toutes s'enchaînent et il est difficile de faire une pause tant toutes accrochent. Pour moi, toutes sont de qualité, différentes, et surtout, travaillées. Je ne saurais pas vous dire lesquelles écouter. Chacun ses goûts, et là tous devraient être satisfaits.

Les trois dernières pistes sont exceptionnelles avec une mention particulière pour "Not enough". C'est un vrai bouquet final!
"Babylon" et "I want you" sont mes dernières remarques puisqu'elles sont formidablement bien placées dans l'album pour permettre les pauses que je vous disais impossibles. Elles sont plus lentes, non, meilleures, non plus... je dirais qu'elles constituent un changement dans le changement qui se remarque davantage dans l'ordre de l'album.

Pour finir, la contribution sur la 7 de Burton C. Bell, qui apporte quelque chose de plus, de nouveau. J'apprécie toujours la façon dont collaborent les artistes, et là, c'est à juste titre une bonne collaboration.

Cet album est une merveille, un vrai plaisir à écouter et à faire écouter. Qui ne dirait pas ça d'un album qu'il aime?
Pour ceux qui aiment Delain et ceux qui écoutaient sans plus, "We Are the Others" nous montre qu'ils ne sont plus vraiment les mêmes qu'avant.

Régalez vous!

A la bonne votre

9 Commentaires

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romriv - 12 Juin 2012: Album sympathique à écouter, mais il reste quand même assez facile, Delain ne prend pas de risque. Certains éléments auraient mérité d'être approfondis, afin de faire ressortir la personnalité du groupe. Elle est bien difficile à percevoir dans cet opus passe-partout. Agréable à écouter, ennuyeux à analyser.
wunsch - 20 Juin 2012: Le pop metal et ces préjugés... je ne pense pas que Dealin colle à ce profil. Il est vrai que certains morceaux paraîssent "faciles" et mêmes différents de leurs début c'est sûr. Mais cet album reste bel et bien du métal que mes voisins et mes parents apprennent à apprécier malgré eux ^^. Alors à tous merci pour vos commentaires, chacun sont avis; cependant le mien est de dire que ce groupe reste efficace et bien des morceaux restent dans la tête après les avoir écoutés.
Toujours plaisant bien que changeant ...
dissikator - 12 Juillet 2012: vaut-il mieux un album simpliste mais plaisant à écouter, ou un album tellement élaboré qu'on n'y comprend rien?

En tout cas j'aurais passé ton texte en chro et non en commentaire.
bastino - 12 Juillet 2012: Jolie chronique bien rédigée et justifiée ;-))
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