A New Era of Corruption

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Nom du groupe Whitechapel (USA)
Nom de l'album A New Era of Corruption
Type Album
Date de parution 08 Juin 2010
Produit par Jason Suecof
Enregistré à Audio Hammer Studios
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album211

Tracklist

1. Devolver 03:58
2. Breeding Violence 03:19
3. The Darkest Day of Man 03:00
4. Reprogrammed to Hate (ft. Chino Moreno of Deftones) 03:45
5. End of Flesh 04:03
6. Unnerving 03:39
7. A Future Corrupt (ft. Jason Suecof of Charred Walls of the Damned) 02:57
8. Prayer of Mockery 03:35
9. Murder Sermon (ft. Vincent Bennett of The Acacia Strain) 03:59
10. Necromechanical (ft. Jason Suecof of Charred Walls of the Damned) 04:21
11. Single File to Dehumanization 04:43
Bonustrack (Digital / LP Edition)
12. Animus 03:35
Total playing time 41:19

Chronique @ Arachnid

05 Juin 2010

Onze titres, onze tueries qui font mal, qui donnent le tournis et musclent sévèrement les cervicales

En ce moment, je suis plutôt craintif des troisièmes albums… Bon nombre de troisièmes opus m’ont plutôt déçu, des groupes dont j’étais pourtant bien fan : que ce soit Dagoba, Carnifex, Bleed From Within ou encore Job For A Cowboy, les tournures brutales de changement de style ou leur insipidité m’ont vraiment rendu craintif qu’à ces nouvelles moutures. Pourtant, je savais qu’avec Whitechapel, le risque d’être déçu allait disparaitre. Leurs premiers morceaux preview m’avaient tout émoustillé et puis vient le désormais célèbre streaming sur le site officiel avec la mise en ligne intégrale d’A New Era of Corruption et là, c’est la claque !

Après un premier opus fracassant et un deuxième tout aussi bon malgré une mise en place des morceaux assez inégale et un ensemble moins accrocheur que son prédécesseur, voici la nouvelle révélation des six de Knoxville. Il faut dire qu’avec Jason Suecof derrière les manettes, on était en droit de s’attendre à du gros son. L’homme de fer du metal a déjà embelli pas mal de productions dont le Resurrection de Chimaira, Constellations d’August Burns Red et sans oublier Nocturnal de The Black Dahlia Murder. Bref, ça se devait de sonner juste, ça sonne juste. Le son est propre mais aussi encore plus lourd que les deux précédentes galettes, les quelques effets bien répartis ne sont ni de trop ni de moins, les instruments (en particulier les trois guitares) sont merveilleusement bien mixés… A New Era of Corruption est un album de death metal écrasant.

« Hé Arachnid ! Whitechapel ils font du deathcore, pas du death metal ! » Oui mais non, Whitechapel ils font du death metal méchant maintenant, du death hargneux sans fioritures, sans intro ni outro ni interlude ni chanson instrumentale. Onze titres, onze tueries qui font mal, qui donnent le tournis et musclent sévèrement les cervicales. Dès "Devolver" on en prend plein la poire avec des saccades plus simples mais tout autant accrocheuses, des mélodies glauques et envolées comme seuls Whitechapel arrivent à créer à travers une atmosphère apocalyptique et une ambiance visuelle désolée. « Welcome to Hell ! » scande un Phil Bozeman encore plus déchainé qu’à l’ordinaire. Vous avez été surpris par son cri guttural puissant dans This Is Exile, vous serez à nouveau étonnés par sa nouvelle maitrise d’un chant brutal, en total accord avec la musique. Peut-être un peu trop surfaites par moments, ses parties vocales demeurent néanmoins impressionnantes, même si personnellement je n’aurais totalement pas mis de screams tant ils sont discrets et inutiles face à cette grosse voix tonitruante qu’il nous balance constamment.

Le premier morceau passé, on attaque dans le vif du sujet à travers les deux fameux titres proposés sur le net en avant-goût : le fracassant et surprenant "Breeding Violence" avec ses mélodies Whitechapelliennes à faire déprimer un clown et le désormais bien connu "The Darkest Day of Man", concentré de furie contrôlée et atomique. Lourde, pesante, écrasante, la compo ne peut en aucun cas décevoir les fans, car si les riffs ne sont pas innovants en soi, le morceau dans son intégralité propose ce que Whitechapel font de mieux : faire remuer la tête et provoquer une soudaine envie de meurtre (et de faire des sacrifices diaboliques en honneur à Satan ; Christine Boutin si tu me lis…).

Bon, mis à part ça, quoi de nouveau dans ce troisième disque ? Qu’est-ce qui peut faire envie de l’acheter sans tarder ? Tout simplement ce petit quelque chose de plus, cette brutalité plus constante, cette structure qui ne faiblit jamais (le défaut principal du CD précédent), cette ambiance glauque et mélodique que conserve toujours autant le groupe et qu’il exploite à fond. Mais A New Era of Corruption, sûrement grâce à Suecof, rajoute quelques petites pointes nouvelles et bienvenues comme ce court mais intense passage acoustique limite flamenco en plein milieu de "End of Flesh" (ou encore "Murder Sermon"), quelques secondes de répit avant un breakdown dévastateur où nos trois guitaristes se font la donne avec malice. Autre nouveauté, les six barbares ayant depuis pas mal de temps conquis les foules, ils peuvent se permettre de solliciter Vincent Bennett de The Acacia Strain et surtout à Chino Moreno de Deftones pour faire quelques apparitions. Le premier est sur "Murder Sermon" et sa présence n’est pas très imposante. En revanche, la voix glaçante et écorchée de Chino nous donne un sacré coup de fouet à travers la fin de "Reprogrammed to Hate", son timbre reconnaissable apportant une touche inédite à la compo.

Pendant ce temps, notre cher batteur Kevin Lane varie son jeu pour se caler au mieux avec les saccades, blaster avec précision et amener l’auditeur à ne jamais s’endormir (chose qui sera fortement difficile). Quelques soli bien personnels dont deux confectionnés par Suecof himself (sur "A Future Corrupt" et "Necromechanical"), un chant quasi-omniprésent se fondant avec naturel avec la musique, des riffs dans la continuité des deux précédents albums faits de mélodies entrainantes et de breaks mémorables… Des qualités étourdissantes qui font de ce troisième opus un disque puissant, éreintant même. Impossible de ne pas adhérer au nouveau son que je qualifierai de métallique.

Au niveau des lyrics, exit le concept-album des deux précédents opus : The Somatic Defilement détaillait le quotidien morbide de Jack l'Éventreur (d'où le nom du groupe pour rappel), This Is Exile dépeignait de manière brutale des thèmes aussi classiques que sacrés comme la politique et la religion, A New Era of Corruption parle désormais de la haine à l'état pur, de l'éternel dégoût de l'humanité. Quant au titre bonus (disponible sur itunes) "Animus", il parle des regrets de Phil quant à la mort de sa mère, décédée récemment. Des paroles mémorables, imaginatives et rentre-dedans pour notre plus grand plaisir.

Au final, dire que ce troisième album est un monument du genre et l’album de l’année, non… Mais le deuxième meilleur album de Whitechapel (The Somatic Defilement reste un must du genre), un des meilleurs disques death du moment et l’une des meilleures productions de cette moitié d’année 2010, oui, sans aucun doute. Fans du groupe, vous ne pourrez être déçus. Pour les autres, c’est le moment de se pencher sur ce groupe qui sonnait prometteur depuis sa venue au monde et que ce troisième album vient confirmer la chose.

15 Commentaires

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Arachnid - 07 Juin 2010: J'ai longuement discuté avec des amis ou des Somiens sur le sujet épineux du deathcore et j'ai constaté que tout le monde n'a pas la même vision des choses. Il n'y aura pas de vérité absolue je pense, juste des avis qui diffèrent et se complètent, tous autour d'une même idée.



Pour ma part, je pars du principe que des saccades ne font pas du deathcore (pauvres Fear Factory au sinon), pas plus que les passages lourds (Nile, Immolation en font aussi). Il y a des sonorités multiples de partout (Order of Ennead ont des parties en 2-step, ça n'en fait pas un groupe de hardcore pour autant ^^).



Mais tant mieux que nos avis diffèrent, on se ferait ch... au sinon :)
Spirit_Of_Deathiny - 17 Octobre 2010: Arachnid, officiellement, Whitechapel sont considérés comme étant un groupe de death meatl ou de deathcore?
Silent_Flight - 12 Novembre 2010: Il doit rester quelques traces de Deathcore dans ce dernier méfait, mais l'évolution vers un death pur et mature est tout de même évident. Un sacré album.
TheKreator - 22 Juin 2012: Whitechapel ne serait plus du deathcore pour certains?
Il suffit d'écouter Breeding Violence et The Darkest Day Of Man qui sentent le Deathcore travaillé, appliqué et jamais lourd avec la touche "post-apocalyptique". J'entends par-là qu'A New Era Of Corruption serait LA bande son d'après-fin du monde.
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Chronique @ dreamofwolve

15 Septembre 2011

L'album s'axe toujours sur un deathcore très technique mais penche souvent sur un death metal plus r

Whitechapel s'étant créé une réputation après This Is Exile sort son troisième opus qui s'avère être une grosse claque et qui ne décevra certainement pas ses fans, notamment par le fait que cet album reprend quelques recettes de This Is Exile tout en évoluant sur quelque chose de plus lourd encore.

Alors commençons, l'album s'axe toujours sur un deathcore très technique mais penche souvent sur un death metal plus rentre dedans (ex: Devolver, Murder Sermon). On retrouve les mélodies posées sur des riffs lourds et un chant impitoyable qui étaient présents sur le fameux This Is Exile. Le chant étant devenu plus gras (pour ne pas dire tout le temps gras). Les voix torturées de Phil, doublées sur les parties gutturales, sont presque complètement parties en même temps que les riffs à la Black Dahlia Murder (hormis Reprogrammed to hate) . On remarque assez vite les influences de Job For a Cowboy.

Whitechapel se démarque de ses frères du deathcore comme All Shall Perish ou The Acacia Train notamment dans les compositions comportant beaucoup de saccades me faisant penser à Meshuggah. Sans oublier les fameux Breakdowns de End Of Flesh et de Single File To Dehumanization. Un batteur toujours en forme maîtrisant ses kicks comme un dieu et ses blasts miam miam miam. Je pense que le plus dommage tient à la basse qu'on a du mal a entendre. Le bassiste n'a participé à aucune composition et cela se voit, il n'est vraiment pas mis en avant. Vu le chemin vers lequel Whitechapel se dirige, ça n'aurait pu que donner un plus à leur musique.

Sinon que dire du chanteur de Deftones sur Reprogrammed to hate ... juste magnifique. On ne peut pas dire que ce moment est proche des Deftones mais ce chant planant évoque assez l'album Diamond Eyes ou carrément les screams de Danny Worsnop (chanteur d'Asking Alexandria). Toutefois le riff de ce passage est vraiment inhabituel venant de Whitechapel, cela m'a fait sursauté et m'a donné des frissons.

Je voudrais finir sur les paroles. Elles sont pour commencer très négatives parlant de l'enfer, de la souffrance et de religion. On pourra retenir le fameux "Fuck This Life", vous retrouverez très vite la piste de ce fameux discours. Les paroles sont très bien quoique peu originales mais bon … avec un vocaliste comme Phil on n'en demande pas plus.

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