7th Symphony

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Nom du groupe Apocalyptica
Nom de l'album 7th Symphony
Type Album
Date de parution 23 Août 2010
Labels Sony Music
Produit par Barresi Joe
Style MusicalHeavy Symphonique
Membres possèdant cet album387

Tracklist

1. At the Gates of Manala 07:04
2. End of Me (ft. Gavin Rossdale) 03:28
3. Not Strong Enough (ft. Brent Smith) 03:35
4. 2010 (ft. Dave Lombardo) 04:31
5. Beautiful 02:17
6. Broken Pieces (ft. Lacey Sturm) 03:54
7. On the Roaf Top with Quasimodo 04:58
8. Bring Them to Light (ft. Joe Duplantier) 04:41
9. Sacra 04:24
10. Rage of Poseidon 08:48
Bonustracks (Amazon Downloading)
11. Return Game
12. The Shadow of Venus
13. Spiral Architect
Total playing time 47:40
Bonustracks ((DVD)Live at the Sibelius-Academy, Helsinki, Finland, 04/06/2010)
1. Beautiful
2. Not Strong Enough
3. End of Me
4. I Don't Care
5. Sacra
6. Bittersweet

Chronique @ AlonewithL

29 Août 2010

Ce 7ème opus est à l’image du papillon de nuit

7ème symphonie, 7ème album. Les violoncelles, regardés comme de simples intrus à leurs débuts, ont su très vite s’imposer dans la scène ouverte et aérienne du metal. « Apocalyptica », en cette année 2010, forme inconditionnellement une brillante étoile au sein d’une nébuleuse que l’on voudrait grande à souhait. Eclipsant même aujourd’hui, par leur prestige, bon nombre de grandes formations finlandaises que l’on sait être en permanence en pointe de l’innovation musicale.

Ils arrivent ici avec une nouvelle œuvre apposée du chiffre porte-bonheur. L’album « 7th Symphony » reprend largement, encore une fois 3 ans après « Worlds Collide », le principe des « guests », comme s’il avait été impératif pour le groupe d’ajouter une voix ou une autre étoile de la nébuleuse à leur musique, qui n’a pourtant rien à se reprocher. C’est comme si le doute sur leur perception à l’appartenance metal planait encore dans l’esprit des membres de la formation. Parmi ces nombreux invités, pas de très grands noms, à deux exceptions près. Peut-on y voir ici une simple volonté d’apporter un réel plus à leur musique, plutôt que dans faire un simple outil de vente?
De plus, il faut ajouter qu’« Apocalyptica » a tenu à faire un plus grand effort dans la présentation du produit avec un artwork de couverture particulièrement attirant, le plus beau de leur discographie. Mais la seule couverture ne permet en aucune façon de juger sur le contenu. Il s’est avéré parfois que cela pouvait être son reflet. Mais nous savons aussi que cela pouvait également n'être qu’un simple mirage, déroutant les amateurs aventuriers que nous sommes. Il s’agira donc pour nous de s’enfouir dans ce nouvel univers onirique avec méfiance.

Un gros morceau nous accueille d’entrée. « At the Gates of Manala » donne exactement ce que l’on pourrait attendre d’une telle formation, et même mieux. Un style aux contours sombres, une sensation de puissance. Tout cela créé par des frottements de cordes tyranniques, imitant même à la quasi perfection les sonorités de guitares électriques jouées de manière ombrageuse et lourde. A la première écoute non-attentive la méprise est d’ailleurs possible. L’obscurité se dissipe au dernier tiers du morceau pour faire place à l’harmonie et à la douce mélancolie des instruments. « Apocalyptica » nous offrent encore une fois des titres instrumentaux de haute volée. En plus d’ « At the Gates of Manala », on surprend un « 2010 » palpitant, avec ses sons tourmentés sortis des cachots, agités au fur et à mesure du déroulement, sous le puissant soutien de la batterie de Dave Lombardo, en « guest » sur ce titre. Des sons qui ne seront pas aussi tourmentés toutefois que sur « On the Rooftop with Quasimodo », avec ses alternances entre intensité, présence et airs fantomatiques. « Rage of Poséidon » se convie également à cette optique de tourment. La piste est sinueuse, et on y perçoit en même temps le chevauchement d’un air mélodieux et d’un autre cisaillé.

L’authenticité d’« Apocalyptica » se remarque plus expressément sur les titres « Beautiful », classique, délicat et méticuleux. Des notes qui agissent comme des brises avec ses sensations de va et vient. Sur « Sacra » un paysage idyllique s’ouvre à nous. Quelques cognements de cymbales ajoutent ici un peu de dureté pour maintenir tout cela en éveil.

Concernant les parties chantées, quelques appréhensions, notamment sur le choix des invités. A l’exception de Joseph Duplantier de « Gojira », on retrouve au chant des membres de formations issues du metal alternatif. Ce genre de metal ne semble pas vraiment s’accorder avec le jeu et l’image d’« Apocalyptica ». Les doutes se précisent avec les titres « End of Me », « Not Strong Enough » et « Broken Pièces ». L’inconvénient c’est que l’on passe à autre chose que du « Apocalyptica ». Le chant dévore et s’accapare insidieusement de la quasi intégralité des pistes, au dépend des violoncelles attribués à un rôle secondaire, sans réellement miser sur l’innovation. On garde la trop mauvaise impression d’entendre ici de simples reprises de titres de rock avec un orchestre philharmonique en toile de fond, alors que nous sommes pourtant en présence d’originaux. Une petite surprise néanmoins. Le titre « Bring them to Light », prévu à l’origine pour l’album « Worlds Collide », réécrit depuis, et figurant parmi les titres de « 7th Symphony », donne un nouveau souffle à « Apocalyptica ». Le chant de Joseph Duplantier est puissant, contaminant de sa fureur les instruments. Un titre qui ne passe vraiment pas inaperçu au sein de l’album.

L’édition limitée ajoute deux nouveaux titres: « Through Paris in a Sportscar » que l’on trouve bizarrement en piste 5, et que l’on aurait voulu ré-intituler « Through Paris in a black luxury car », tellement la musique est stylée; « The Shadow of Venus » où on retrouve l’authenticité du groupe, résolument mélancolique, un brin sinistre parfois. A ceci s’ajoute un DVD où la formation reprend certains titres de l’album en plus de « I don’t Care » (Worlds Collide) et « Bittersweet » (Apocalyptica) à l’académie Sibelius d’Helsinki. Tipe Johnson des « Leningrad Cowboys » (formation rock) ajoute sa contribution sur les parties chantées. Cela se laisse attentivement regarder et écouter sans plus grand intérêt.

Même si le choix au chant parait très discutable, « 7th Symphony » jouit de titres sérieux et d’un bon travail de production. Néanmoins, tout ceci est quand même loin de productions plus intéressantes telles « Cult » ou encore « Réflections », moins ostensibles, mais plus performantes. Serait-ce un signe de faiblesse de la part du groupe? Ce 7ème opus est à l’image du papillon de nuit : créature nocturne, fascinante pour ceux qui l’observe soigneusement, cependant trahissant une certaine fragilité et en permanence envoutée par la lumière.

14/20

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HallowedQueen - 29 Septembre 2010: Dans l'ensemble, un album qui se laisse écouter. On n's'ennuit pas
J'avais quelques appréhensions mais, j'aime bien les titres instrumentaux ou même ceux avec des guests (soit dit en passant Bring them to Light est carrément excellent)
AlonewithL - 29 Septembre 2010: Oui le titre avec notre franco-français en invité sort vraiment du lot; il est original et respecte (ce qui peut paraitre étonnant) l'image et le jeu d'Apocalyptica, au contraire des autres guests qui m'ont semblé faire trop la part belle au chant pour releguer les violoncelles à une situation de second plan bien plus inconfortable.
meghem - 24 Octobre 2010: J'ai beaucoup aimé cet album, j'attendais avec impatience sa sortie surtout depuis que j'ai assisté ,a Apocalyptica live au festival de Quebec.Ils avaient joué sacra et même entouré d'un public d'inculte c'était sublime.
Oui effectivement, le groupe semble virer de bord avec leurs morceaux chantés, mais dés Worlds Collide j'ai commencé à apprivoiser ce côté, quoique ce n'est pas si déplaisant que ça(du moins pas toujours). J'aurais juste aimé qu'il y est plus de titre à la beautiful, les compositions de Perttu m'ont toujours subjugué. Mais en somme l'album s'est facilement trouvé une place sur ma playlist.
J'ajouterais juste que le groupe a quand même fait des efforts pour se rapprocher de ses fans sur facebook ou myspace avec des vidéos expliquant les sonorités de chaque titre, on y découvre des membres très joyeux et drôles loin du stéréotype du métaleux grincheux
Bref, j'espère que le prochain ne reprendra pas les mêmes erreurs et qu'ils ne prendra pas plusieurs années à sortir.
Silent_Flight - 25 Décembre 2010: Il y'a de jolis morceaux, mais c'est devenu trop "rock". L'époque "Cult" et "Reflections" nous laissait présager un groupe unique en son genre, pourquoi n'ont-ils pas gardés cette esprit à 99 pourcent symphonique? Je n'ai rien contre Gavin Rossdale que j'apprécie au sein de Bush, mais le procédé est déroutant pour ceux qui voient en Apocalyptica les nouveaux prophètes du violoncelle. 13/20.
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Chronique @ Sowilo

04 Septembre 2010
Atypique ou original, deux qualificatifs qui reviennent sans cesse lorsqu’il s’agit de parler d’Apocalyptica en général. C’est grâce à ce genre d’adjectif que le groupe a effectué un parcours lui aussi très original jusqu’à aujourd’hui. A la base, groupe de reprise de standards du metal au violoncelle, Apocalyptica a fait bien du chemin, a collaboré avec de très nombreux artistes, sur scène comme en studio, et se revendique aujourd’hui comme un groupe complet, à part entière. Cette volonté d’indépendance, ils l’affichent via la cover de ce septième album ainsi qu’au travers des clips issus de ce dernier. On y remarque que les violoncelles y sont moins présents et que le groupe cherche désormais à présenter d’autres repères visuels. Ils semblent vouloir nous dire que même si le violoncelle reste leur identité, leur instrument phare, le temps où ce seul fait suffisait à justifier la musique du groupe est révolu, qu’il est temps pour eux de trouver une vraie place dans le paysage rock et metal. Pourtant, au fur et à mesure des annonces précédant l’album, on a constaté que les featuring y seraient toujours aussi nombreux. Paradoxal d’une certaine façon, non ?
Quoi qu’il en soit, après Worlds Collide, Apocalyptica a fait beaucoup parler, se faisant toujours autant qualifier de génial ou d’original, mais aussi désormais du célèbre « commercial » et autres « c’était mieux avant ». Ces critiques peuvent s'expliquer par l'orientation plus accessible prise petit à petit. Mais étant donné l’aura grandissante du groupe, elles semblent être heureusement l’un des symptôme qui annonce, qui l’eût cru avant justement, que Apocalyptica s’est installé sur le devant de la scène et commence à marquer son temps. Mais assez contextualisé, parlons de 7th Symphony.

Le son du groupe s’illustre dans toute sa puissance dès les premières secondes de l’album. Avec seulement 4 violoncelles et une batterie, ils envoient du bois, c’est indiscutable. La production est en béton, loin de la simplicité des premiers albums, n’en déplaise aux fans de ceux-ci. Les crincrins prennent une sacrée saturation dans les cordes pour leur donner ce rendu metal auquel nous nous sommes désormais habitués. Mais cette fois-ci, le son semble mieux équilibré que jamais. La batterie, trop envahissante sur Worlds Collide, a baissé d’un ton, pour prendre une place non moins importante, mais plus maîtrisée. Tant qu’on parle de Mikko Siren, son jeu semble lui-même plus maîtrisé d’ailleurs, moins bourrin, puisqu’il peut aller du blast furieux à des rythmes mi tempo lents et discrets. Bref, ni vraiment transcendante ni trop bateau, la batterie a pour moi enfin trouvé sa juste place au sein d’Apocalyptica. Quant aux violoncelles, ils profitent de la production et utilisent de multiples effets tout au long de l’album. Peut-être un peu trop par moments d’ailleurs. A plusieurs reprises, je me suis demandé pourquoi avoir des violoncelles si c’est pour autant vouloir singer la guitare. Un exemple parmi d’autres, le riff principal de « End of Me », qui en plus d’être très proche d’un son de guitare, est très banal.

Quand la technicité du groupe s’amenuise comme ça, c’est toujours pour faire place à un invité. Ceux-ci sont nombreux sur cet album, cinq pour être exact, et sont accueillis avec méfiance par beaucoup de fans. Pourtant vu leur nombre, les chansons avec invités occupent une place prépondérante. « End of Me », « Not Strong Enough » et “Broken Pieces” sont les trois titres qui bénéficieront d’un clip et sont donc la vitrine de l’album. Sans surprise, ce sont des chansons très metal alternatif radiophonique, c’est un fait. A partir de là, pas la peine d’en faire toute une histoire, si vous n’aimez pas du tout cette influence, vous n’aimerez pas ces titres, c’est clair. Personnellement en dehors de « End of Me » qui n’a pas que le riff de banal, je trouve que les deux autres ne sont pas mauvaises du tout et remplissent très bien leur rôle de chansons accessibles. Passons à l’intervention de Dave Lombardo, qui n’en est pas à son coup d’essai, pour ce qui est de tenir les fûts d’Apocalyptica. Une fois de plus, le 7th Symphony file un bon coup de nerf à sa piste pour lui donner un bon aspect trachy. Sans tomber dans la redite de ses précédents passages, sa grande technicité ne suffit pas cependant à vraiment casser la baraque, et souligne un peu plus le fait que Siren ne fait finalement pas si tâche à côté (attention je n’ai pas dit que lui et/ou la chanson étaient mauvais). Dernier intervenant, Joe Duplantier (Cocorico !) qui arrive comme une baleine sur la soupe, et offre enfin quelque chose de vraiment nouveau (si l'on excepte la dispensable chanson avec Max Cavalera il y a déjà quelques temps). Son chant death, parfois doublé de clair, associé à un rythme qui lui convient très bien, se marie curieusement aux violons qui, en plus, ne sont pas toujours saturés. De plus, le break tout en lourdeur est vraiment délectable. Là, pour le coup, un auditeur pas très ouvert au metal aurait à son tour beaucoup de mal avec ce titre, qui reste un des meilleurs.

Les autres chansons laissent enfin le groupe s’exprimer seul. Et à ce jeu-là, le progrès principal depuis Worlds Collide est qu’on n’a plus du tout l’impression d’écouter des titres dont le chant aurait été remplacé par un violon solo. Les structures retrouvent un aspect complexe, progressif même, qui avait presque disparu. Les meilleurs exemples sont « At the Gates of Manala », et surtout « Rage of Poseidon ». La première ouvre l’album peut-être un peu trop brutalement mais se rattrape par la suite en variant davantage les plaisirs, présentant assez bien le propos. « Rage of Poseidon » offre un final sombre et puissant à l’album. On y imagine très bien, comme le suggère le titre, un bateau charrié par une mer de plus en plus furieuse, avant de sombrer sous des flots surpuissants et que l’album ne se referme majestueusement sur cette démonstration. Ces deux titres profitent bien de la charge émotionnelle que peut transmettre le groupe. On citera également la trop courte « Beautiful » ou le violoncelle retrouve enfin son essence, son jeu clair et simple, plus chaleureux que sur la majorité du reste de l'album.

Ainsi vous l’aurez compris, les chansons de ce 7th Symphony sont d’un très bon niveau, mais un problème entache tout de même l’album dans sa globalité : la cohérence. En effet, d’entrée de jeu, passer de « At the Gates of Manala » a « End of Me », sans temps mort en plus, fait presque peur. On a l’impression d'avoir affaire à une compil' tellement la différence stylistique est flagrante. Ce problème n’est pas nouveau pour le groupe mais n’est vraiment pas résolu ici. Passer d’une chanson metal alternatif à un genre trash avec Lombardo à la batterie, puis à un titre planant uniquement au violoncelle ne fait apparemment pas peur au groupe, mais déroute complètement l’auditeur. Heureusement que le son reste assez constant, sinon l’album ne serait qu’une succession de titres, bons, mais presque sans queue ni tête. Dans ces conditions, beaucoup d’auditeurs accrocheront probablement à quelques titres selon le cas, mais pas toujours à tous.

Apocalyptica va de l’avant sans se révolutionner. Ce 7th Symphony se place au-dessus de son grand frère Worlds Collide dont il reprend tout de même le concept. Le problème reste qu’on sent encore que le groupe ne sait pas sur quel pied danser, même s’il améliore son savoir-faire dans plusieurs des genres entre lesquels il hésite.

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AlonewithL - 04 Septembre 2010: Le Hard FM est nettement plus enjoué. Il faudra que tu écoutes d'avantage d'Europe, de Gotthard ou de HEAT et tu verras que la différence est assez flagrante. Consernant l'étiquetage il n'y a pour une fois aucune erreur, tu pourras vérifier en multipliant tes sources d'info.
Je sais que tu l'as soumis ce jour là et je ne te fais pas le moindre reproche à ce sujet. Peut être à l'équipe de vérification qui valide les chronos plus de 15 jours après soumission. Ce qui nous met parfois en complet décalage avec les autres sites qui ont toujours une longueur d'avance sur nous.
swof - 05 Septembre 2010: Belle chronique, qui a mis en mots tout ce que j'ai ressenti en écoutant cet album.

J'ai bien aimé ton analyse du jeu du batteur. Je trouve que tu as tout à fait raison. Autant il m'a déplu sur Worlds Collide - on aurait dit qu'il voulait absolument montrer au monde qu'Apolyptica ne pourrait plus se passer de lui - autant sur cet album, son jeu est d'une finesse et d'une discrétion inattendues.

Un bien bel album.
Celldweller55 - 07 Septembre 2010: Un album très sympathique, j'aime bien leurs pistes instrumentales mais les duos avec des chanteurs sont vraiment excellents : "Broken Pieces" notamment, et "End Of Me" ou "Not Strong Enough", supers !
Sowilo - 26 Octobre 2010: Repassant par là, j'ai modiffié dans la chro le terme de hard FM qui, comme on me l'a à juste titre fait remarquer, ne s'applique pas vraiment.
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