Eryn Non Dae

La vie dans un groupe n’est pas toujours évidente, encore plus quand le groupe en question, malgré un succès d’estime, ne rencontre pas forcément l’intérêt qu’il mérite de la part des promoteurs de tournées ou même du public en général.

Mika, le bassiste de la bande, s’est confié à nous à propos du troisième opus d’Eryn Non Dae, un monstre dénommé « Abandon of the Self », créature de metal extrême hybride entre atmosphère, violence, narration et noirceur psychologique. L’homme a des choses sur le cœur et le partage avec nous.

[Par Eternalis]


 

1 – Comment allez-vous les gars ? On a pu penser que Eryn Non Dae n’existait plus depuis les six ans qui séparent ce nouvel album de « Meliora » ! Qu’avez-vous fait pendant ce temps ?

Mika (basse): Et bien ça va plutôt bien ! On a beaucoup entendu ça oui ! Et bien nous avons joué un peu pendant deux ans suite à Meliora, puis nous avons lentement commencé à réécrire de la musique, mais nous n’étions pas vraiment satisfaits de la tournure des événements, et puis nous étions aussi très frustrés de l’absence de date pour Meliora, il y avait des propositions mais rien de très réaliste, nous avons bien fait des dates sèches de 2000 bornes. Ce genre de plan, qui dans l’absolu ne sont pas de mauvaises opérations, ont commencé à attaquer notre motivation. Nous sommes donc passés par une phase de hiatus pendant quelques mois, certains d’entre nous ne se voyaient vraiment pas continuer à s’embarquer dans tout ça.

Et puis nous avons repris les débats, autour de l’été 2015, parce que nous débattons beaucoup, trop pour certains d’entre nous aussi ! Mais ce sont ces discussions qui nous ont menés à reconsidérer l’idée de faire un disque de plus, avec de nouveaux outils, de nouvelles méthodes, histoire de retrouver un peu de fraîcheur et d’excitation, donc vu de l’extérieur, on a pu paraître absents, mais pour nous le groupe ne s’arrête jamais vraiment. Et au final Abandon Of the self n’a pris que deux ans entre les premieres phases d’écriture et son mastering.

 

2 – Avant de parler de musique, quel est le concept derrière ce patronyme « Abandon of the Self » ? De quel abandon parlez-vous ? Est-ce qu’il s’agit de l’abandon physique ou psychologique ?

Alors ça va être dur de parler au nom de Mathieu sur ce coup-là parce que je sais qu'il a son idée sur la question mais l'idée fondatrice est que nous vivons malheureusement dans une société qui nous pousse à être de plus en plus superficiels et matérialistes, nous sommes sans cesse sollicités par de l'illusoire alors qu'à l'heure actuelle, ce dont nous avons réellement besoin, c'est de véritable, d'authenticité, d'unification. Intrinsèquement, cet album parle de toutes ces révoltes que nous cachons tous au fond de nous, tous ces combats, ces questions intérieures que nous traînons au quotidien mais que nos statuts sociaux, professionnels, effacent à coups d'individualité. Ce qui, en fin de compte, nous éloigne les uns les autres.  Sur les 2 premiers albums, Mathieu mettait à plat ses propres démons. Cette fois, il a essayé de cristalliser des maux qui nous touchent tous. Je me rappelle que nous avons eu beaucoup de discussions concernant le sujet avec lequel écrire ; à savoir s’il pouvait se permettre de dire "we" et non "I" comme il avait l'avait fait précédent. Parallèlement à ça, en filigrane, tu peux aussi y décerner un certain coup de gueule ; une manière, quelque part de remettre les codes qu'on nous impose en question, autant sur le plan moral, éthique, que sur le plan matériel. Toujours se remettre en question et remettre en question l'ordre établi, Toujours questionner ta condition d'être humain pour la transcender. S'oublier soi-même pour penser de façon universelle. Arrêter de penser de façon personnelle pour penser collectif. Penser à l'autre avant de penser à soi.

Et sur un plan plus musical, on peut y trouver un appel à prendre cet album dans son unité, se garder un moment pour ne faire qu’un avec la proposition musicale et conceptuelle, ces moments sont probablement de plus en plus rares pour chacun d’entre nous, donc il y a aussi de ça, savoir s’abandonner et accueillir.

 

3 – Je dois dire que les premières écoutes sont difficiles et suffocantes, encore plus que sur « Meliora ». Avez-vous cherché à mettre volontairement l’auditeur mal à l’aise ?

Alors c’est très intéressant ce que tu dis là, parce qu’au sein du groupe, on a tous l’impression que l’album est bien plus lumineux, et bien plus « facile » à digérer que Meliora, mais on sait aussi que nous n’avons pas encore assez de recul pour vraiment comprendre ce dont il s’agit, donc je ne peux pas vraiment te dire que nous avons cherché l’inconfort de l’auditeur, nous n’avons d’ailleurs pas beaucoup pensé à lui finalement, comme d’habitude, nous voulions une fois de plus écrire la musique dont nous avions envie à ce moment là. La seule démarche vraiment intentionnelle était de casser un peu nos habitudes d’écriture, surtout pour les guitares et la voix.

 

4 – L’album est très sombre, la production est lourde mais également très organique. Comme je dis dans ma chronique, on a la sensation de regarder une créature vivante, de la sentir évoluer tout au long de l’album…c’est très spontané finalement. Comment s’est passé l’enregistrement ?

Je reconnais vraiment l’album dans cette description, l’image de la créature vivante me parle beaucoup, nous voulions vraiment construire les morceaux comme un être vivant, avec son squelette, ses tissus, ses organes, puis sa peau, quelque chose de mouvant et vivant, changeant et organique oui. Il y a encore beaucoup de parties qui ont nécessité 15 versions avant de nous satisfaire mais aussi certaines qui sont beaucoup plus spontanées oui, je pense que cette « urgence » s’entend beaucoup plus qu’avant sur des titres comme Eclipse par exemple.

L’enregistrement s’est déroulé un peu comme d’habitude finalement, avec Mobo du Concrete studio mais vers chez nous à Toulouse. Nous avions tenté d’enregistrer quelques morceaux en live, tous dans la même pièce quelques mois avant l’enregistrement définitif, afin de voir ce que cela apporterait au son du groupe, ce fut très intéressant mais ce n’était pas si adapté pour cet album. Donc nous avons de nouveau procédé piste par piste avec Mobo. La plus grande différence pour nous cette fois fut que les instruments ont davantage tourné, j’ai joué pas mal de guitare en plus de la basse et des claviers mais Franck et Yann pouvaient aussi intervertir leurs parties respectives pour les prises, selon qui était le plus à l’aise sur le moment, ça peut paraître anodin mais il me semble que dans notre univers musical et plus largement, tout ce qui se rapproche du rock, il y a comme un usage qui veut que chacun doit maîtriser son champs d’action et ne s’occuper que de ses parties lors d’un enregistrement, alors que là, c’était très libre. Certaines parties sont même issues des préprods que nous avons bossées pour nous, une bonne partie des guitares de Stellar par exemple. Nous avons aussi davantage cherché à adapter les guitares et leur sons aux parties, il n’était pas rare que nous modifiions le réglage de l’ampli directement à l’intérieur d’un même morceau pour avoir ce que nous voulions, ce genre de petites choses.

Il y avait aussi un peu plus de stress que d’habitude car ces morceaux pouvaient encore nous échapper, de part leur nature mouvante et imprévisible, comparativement à ceux d’Hydra Lernaïa par exemple, qui reposaient plus sur la rigueur d’exécution… Finalement, les morceaux d’AOTS se capturent plus qu’ils ne se jouent, et c’est là qu’était la principale difficulté de cet enregistrement.

 

5 – C’est comme si « Abandon of the Self » était au-dessus des individualités, que chaque musicien était au service de la musique sans que la démonstration de chacun ait une quelconque importance. Est-ce quelque chose de conscient ?

Oui et non, c’est inconscient car nous n’y réfléchissons plus sous cette forme d’opposition : démonstration / non démonstration, mais conscient parce que nous ne voulions rajouter quelque chose que si la chanson le nécessitait, et ce d’une manière pleinement réfléchie donc. C’est pour ça, par exemple, qu’il n’y a pas de basse sur Abyss, nous l’avons écrite sans, et donc pourquoi la rajouter si nous estimions que le morceau tenait sans elle ? C’est par ce genre de questionnement que nous voulions servir le propos du disque plus que nos égos d’instrumentistes. Je ne dis pas pour autant que nous ne rechercherons plus jamais la performance, qui sait… Et il y a encore bien des parties qui on demandé du travail personnel de la part de certains d’entre nous quand le morceau en avait besoin. Le défi et la difficulté venaient vraiment des sons et du juste dosage des différentes interventions de chacun cette fois, c’est une manière de faire qui finit par venir avec le temps et l’âge j’imagine, je ne sais pas…

 

6 – Le chant de Mathieu est impressionnant. Tantôt très violent, brutal et schizophrène mais il se démarque cette fois par beaucoup de narration, rendant les atmosphères encore plus désespérées. Comment lui sont venu ces idées ?

Nous avons beaucoup discuté du chant avant d’attaquer ces morceaux, et nous voulions tous davantage d’expressivité dans le chant, nous étions un peu frustrés de la manière dont le propos des textes pouvait parfois passer à la trappe du fait du chant, disons plutôt « monolithique » des précédents albums. Il y a toujours eu ces passages de spoken word chez nous mais nous voulions aller plus loin cette fois-ci, dans un but d’intelligibilité des textes, mais aussi parce qu’il nous semblait que cela servait bien mieux l’émotion dont Mathieu fait preuve lorsqu’il écrit. Il faut aussi dire que les morceaux s’y prêtaient davantage, nous ne voulions pas devoir « remplir de chant » un passage ambiant par exemple. Si on prend l’exemple d’Omni, l’instrumentation devait servir de support à ce que dit Mathieu, nous devions donc sortir de cette posture qui consiste à chatoyer les oreilles de l’auditeur par des riffs de guitares, ou de de la batterie qui en met plein la gueule par sa violence ou sa technique ou je ne sais quel lapin sorti du chapeau, pour mieux nous concentrer sur la construction d’une narration et donc, mettre en valeur le texte.

Du coup, au fur et à mesure de l’avancée de l’album, Mathieu s’est libéré d’une partie de ses  routines pour se mettre toujours plus en difficulté, pas techniquement mais vis-à-vis de ses émotions, jusqu’à arriver à Abyss, qui est clairement ce qu’il a enregistré de plus poignant jusque-là pour nous.

 

7 – J’ai pensé à Elend lors de l’écoute de l’album (le côté metal en plus, les arrangements à cordes en moins), notamment les albums « A World in theirs Screams » et « The Umbersun » qui sont parmi les disques les plus noirs que je n’ai jamais écouté. Est-ce une influence ? Un groupe que vous connaissez ?

Avant ces dernières semaines, j’ai souvenir d’avoir lu ce nom par-ci, par-là, peut-être dans de vieux Metallian mais nous ne connaissons pas du tout, non.

Et c’est d’autant plus marrant que tu mentionnes ce groupe puisque je suis récemment retombé sur ce nom en fouillant un peu le net sur Deathspell Omega, il semblerait qu’il y ait un rapport entre Elend et DSO, donc les planètes s’alignent pour me dire clairement qu’il faut que j’aille écouter ce groupe !

 

8 – Votre style est exigent et demande de l’attention, de la concentration car il se vit avant de s’écouter. N’est-ce pas vain de sortir un tel album à l’heure des plateforme de streaming, de Youtube et de la musique jetable ?

Cette question cristallise une bonne partie des débats que nous avons régulièrement au sein du groupe et encore plus souvent avec des amis, musiciens ou non.

Difficile donc de résumer tout ça ici mais en effet, nous avons bien conscience que notre démarche d’ensemble n’est pas forcément adaptée à ces nouveaux modes d’écoute ou même de consommation de la musique, en général.

Mais finalement, tout le monde (à part les plus gros directeurs artistiques et autres patrons de labels) sait bien qu’il n’est pas question, pour le moindre artiste conscient de ce qu’il veut exprimer, que la moindre règle autre que ses envies ne dictent la direction de son « art ».

Donc si nous avions des bouches à nourrir avec End, ou bien une quelconque envie de pouvoir se payer des bières avec notre musique, nous commencerions à sérieusement nous soucier de la durée de nos morceaux ou bien de la nécessité de faire venir le refrain plus tôt dans la première piste de l’album, ou bien même de ne plus faire d’album d’une heure pour nous consacrer à des singles entre deux tournées payées 10 000 euros pour faire la première partie d’un gros vendeur jusqu’à ce qu’on puisse nous-même faire réclamer cette somme à nos opener par le management. Mais bon, est-ce que tout ça est bien adapté à Eryn Non Dae. ?

C’est là tout le débat finalement, le groupe joue et fait ce qu’il veut, pour son bien ou non, mais la chose la plus importante, une fois cette idée bien identifiée, est que les personnes capables de nous accorder le temps qu’on leur demande, en termes d’implication dans une oeuvre, sont très peu nombreuses, et nous le savons. La quantité totale de ces gens connaissant Eryn Non Dae ne représente pas même un seul zenith plein ou 10 000 disques vendus, une fois cette idée acceptée, les choses se replacent d’elles même dans un contexte précis.

Mais il faut résister à l’envie d’opposer la musique jetable comme tu dis, à toute autre musique qu’on pourrait qualifier de « à garder » ? Ce sont simplement des manières de faire différentes pour un public différent. Je comprends tout à fait que certains aient davantage besoin de mettre le cerveau sur Off après une journée de taf pour s’offrir un moment de légèreté en buvant des bières avec des potes devant Ultra Vomit. Que leur musique soit jetable ou pas, elle répond à une demande qui existe, comme pour Maître Gim’s ou Calogero. Et je comprends aussi qu’il y ait peu de gens capables de consacrer une heure à l’écoute d’un disque entier, et encore moins capables de se demander ce que raconte Mathieu et ce que veulent bien dire ces photos floues dans le livret de l’album ou ces deux cercles enlacés dans le logo du groupe… Au même titre que peu de gens vont tenter de comprendre ce que raconte le dernier Blut Aus Nord par exemple, au risque de passer à côté d’une bonne partie de l’oeuvre.

Alors au final, est ce que tout cela est vain ? En considérant youtube, les chiffres de vente, et plus largement notre époque, oui c’est vain, mais dans le coeur du peu de gens que ça a touché, cela représente quelque chose de considérable et de précieux, à chacun de décider si ça lui suffit ou non.

 

9 – Que devons-nous attendre de Eryn Non Dae en live avec ce nouvel album ?

Et bien il y a eu deux dates jusque-là, dont la release party qui était assez mémorable d’ailleurs, donc pour l’instant nous testons différentes choses, les humeurs ne sont pas évidentes à marier entre anciens et nouveaux morceaux, nous verrons…

 

10 – Quels sont les albums récents qui vous ont marqué ? Inspiré ?

Personnellement, même si j’en parle beaucoup trop, je le redis, le dernier Ulver reste une énorme claque, malgré l’actuel revival pénible de la synthwave dans lequel tout n’est pas bon, je trouve qu’il savent explorer le truc avec justesse tout en restant au dessus de la masse, et de très loin.

Il y a aussi Get Your Gun, un groupe danois que j’ai vu live récemment, une énorme intensité sur scène, c’est une sorte de mélange entre le vieux Wovenhand et Tom Waits avec une touche de froid scandinave, ça marche très fort sur Franck, Yann et moi. Dead Magic d’Anna Von Hausswolff aussi pour Franck et moi, n’importe quel Arctic Monkeys pour Yann !

Je sais que Mathieu quant à lui, est un gros fan de hip-hop et il est bien resté scotché sur le dernier Dälek, Endangered Philosophies ainsi que le dernier Moodie Black, Lucas Acid.Par contre,  je ne sais pas si on peut dire que ces groupes sont des inspirations…

 

11 – Il n’y a finalement pas beaucoup de riffs à proprement parler dans « Abandon of the Self ». Les guitares forment avant tout une ambiance, par nappes ou avec des mélodies. C’est intéressant de le noter pour du metal dit extrême où les morceaux sont souvent bâtis autour des riffs… ici il semblerait que vous trouviez une atmosphère et la développiez ensuite… ma question est donc… comment composez-vous ?

Je suis content que tu aies remarqué ça. L’écriture pour cet album s’est déroulée très différemment des autres, d’habitude effectivement tout commence avec des riffs de Yann et Franck, mais pour celui-ci, nous sommes partis d’une autre formule reposant sur Julien (le batteur), Mathieu (chant) et moi pour les idées initiales, les compos démarraient souvent de mes idées et j’ai effectivement très tôt décidé de me passer des artifices guitaristiques habituels. Quand je prenais la gratte pour End, je tentais d’éviter ce que je savais faire, je me disais « les octaves vont sonner post hardcore, les tierces vont sonner black metal, la penta va faire stoner, les single notes vont nous forcer à mettre un coup de grosse caisse par coup de mediator et on va tomber dans le Djent », bref, ces habituelles réflexions m’ont poussé à ne penser à la guitare que de manière secondaire, à chercher l’ambiance et l’accroche ailleurs. L’idée récurrente est que la guitare et ses codes ne doivent pas venir interférer avec l’intention émotionnelle car il est trop facile d’enfermer un groupe ou en tout cas de le cataloguer rapidement à cause d’une utilisation typée de la guitare.

Je joue beaucoup de guitare dans d’autres groupes depuis un bon paquet d’années et même si j’aime passionnément cet instrument, il y a des périodes ou j’ai l’impression que tout a déjà été tellement fait que ça en devient désespérant. Alors on tourne autour, on cherche des sons, puis on trouve du plaisir à jouer Master of Puppets, puis on se dit que ce riff est le plus cliché de tous, et puis on désaccorde, et puis on y revient avant de rejeter à nouveau, c’est vraiment une relation spéciale que beaucoup d’autre instrumentistes doivent connaître, j’imagine… Enfin tout ça pour dire que j’étais dans une période de gros ras le bol des guitares et que je voulais les utiliser pour texturer, les lier aux synthés, leur faire adopter un rôle plus élastique, moins guidant dans l’écoute, je voulais les fondre dans la masse. Il arrive quand même qu’elles mènent le bal, sur Fragment notamment, qui est la première chanson écrite pour AOTS, qui sert un peu de lien rassurant avec Meliora mais dans l’ensemble, on voulait vraiment les utiliser comme des textures. Je pense que procéder ainsi nous a offert un immense bol d’air sur la compo, nous pouvions enfin faire plus attention aux grooves, à l’hypnose, aux textes, c’était vraiment frais pour nous. On a d’ailleurs une blague récurrente en ce moment avec Yann, l’un des gratteux, on se dit régulièrement que la guitare « ça casse surtout les oreilles, c’est plein d’aigus, c’est dégueulasse »… Voilà, on en est là !

 

12 – Quels sont vos projets immédiats avec le groupe ?

Il faut qu’on joue ! Le plus possible, donc on cherche des dates !

Il y a une vidéo en préparation, ce qui est un moment particulier pour nous, c’est vraiment quelque chose auquel nous tenons dans le cheminement de cet album, donc on verra…

 

13 – Etre dans un groupe demande des sacrifices aujourd’hui, surtout quand on joue votre musique. Pourtant votre line up est stable. N’est-ce pas difficile de maintenir cette envie ?

Si complètement, il y a eu des moments plutôt très difficiles il y a une paire d’années, l’envie s’était beaucoup émoussée, surtout à cause d’un sentiment d’échec avec Meliora. L’album avait des chroniques hallucinantes, mais il y avait si peu de dates qu’on a eu l’impression qu’il n’existait pas vraiment. Ce décalage entre les réactions enflammées suscitées et leurs conséquences minimes nous plonge toujours dans l’étonnement. Il y a énormément de temps et d’argent investi dans ce groupe, pour des retombées quasi nulles, en dehors de la satisfaction d’avoir accompli quelque chose avec l’écriture des disques et donc parfois, les questionnements se font pesants. La majeure partie d’entre nous a la quarantaine passée, des enfants et des boulots, donc oui, il est très difficile de maintenir tout ça à flots, la seule chose qui nous tient c’est ce moment de grâce qui te prend quand tu sais qu’une idée fonctionne, en tout cas pour toi, et que tu ressens cette petite décharge lorsque tout s’ordonne, quand le but est atteint dans l’écriture…

Alors nous nous étonnons encore d’aller encore répéter aussi souvent, et de commencer déjà à parler du prochain, aucun d’entre nous ne sait combien de temps ça durera mais chaque chapitre a son importance dans nos coeurs je crois.

 

14 – Avec quels groupes aimeriez-vous jouer ?

Personnellement j’aimerais bien refaire quelques dates avec Nero Di Marte, un groupe Italien dont j’aime beaucoup l’approche, ils sont jeunes mais déjà tellement matures, et surtout parce que le plateau serait cohérent… Dans le côté accessible, il y aurait Dodecahedron, Ulcerate, Gorguts, ça, c’est mon côté pragmatique, mais dans un mode plus fanette, je dirais Cult Of Luna peut être, ou Sunn o))) tiens, ou Chelsea Wolfe ! Ce serait fun ça ! J’aime beaucoup ce qu’elle fait.

 

15 – Je vous laisse conclure …

Merci à toi pour cette occasion de parler d’Abandon Of The Self ! et pour ton intérêt !

interview réalisée par Eternalis

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