Всі належать ночі (All Belong to the Night)

Liste des groupes Black Pagan Drudkh Всі належать ночі (All Belong to the Night)
ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Drudkh
Nom de l'album Всі належать ночі (All Belong to the Night)
Type Album
Date de parution 11 Novembre 2022
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 The Nocturnal One/ Нічний
 10:24
2.
 Windmills/ Нічний
 10:31
3.
 November/ Листопад
 08:32
4.
 Till We Become the Haze/ Поки Зникнем у Млі
 15:33

Durée totale : 45:00


Chronique @ Icare

20 Novembre 2022

L’un des meilleurs albums de Drudkh, ni plus ni moins, ce qui en fait évidemment un Grand album...

Dans ma chronique de They Often See Dreams About the Spring, je disais attendre impatiemment l’œuvre de Drudkh qui viendrait célébrer l’hiver. Il semblerait que le quatuor ukrainien m’ait lu puisque leur douzième album, Всі належать ночі (All Belong to the Night), sorti il y a une petite dizaine de jours sur Season of Mist, est certainement l’un des albums les plus sombres et glaciaux jamais enregistrés par le groupe, et éclipse allègrement les pourtant très bons enregistrements de la formation sortis ces dernières années.

Нічний (The Nocturnal One) démarre, morceau particulièrement froid qui, malgré ses quelques arpèges et mélodies en filigrane, sonne cruel et dépouillé, presque déshumanisé : ce sentiment est renforcé par le son métallique et la régularité métronomique de la double pédale qui enveloppent la musique de Drudkh dans une chape de glace ainsi que le chant rauque, désolé et misanthropique de Thurios, très expressif. Drudkh a rarement sonné aussi noir que sur ce morceau d’ouverture, dégageant ce sentiment d’inéluctabilité et de résignation et vomissant une musique superbement déchirée, à la fois violente et poignante, renforcée par les sanglots d’une basse sèche et claquante, qui se libère des carcans d’un black volontiers minimaliste mais jamais pauvre lors de certains moments de bravoure.

Нічний (Windmills) démarre de façon moins tourmentée, l’âme slave de Drudkh s’incarnant dans un chant païen grave et sobre, bientôt relayé par des arpèges presque post rock. Ce morceau se veut plus lent et moins intense, étalant sa souffrance de manière moins directe, même si le morceau s’emballe en deuxième partie, une avalanche de blasts lourds et conquérants venant enhardir en un sursaut guerrier la musique des Ukrainiens. L’ensemble reste toujours habité par cette tristesse indicible et torturante (putain, quels vocaux !), renforcée sur certains passages par la basse dont les secousses aussi rudes que sensuelles nous entraînent six pieds sous terre, mais c’est plus un sentiment de nostalgie qui domine que la rage sourde du premier titre.

S’ensuit Листопад (November), plus représentatif de cette mélancolie langoureuse qui nous étourdit en douceur par la beauté de ses riffs à la fois lancinants et majestueux : c’est que le mois de novembre célèbre évidemment l’automne, comme Drudkh sait si bien l’incarner en musique (repassez-vous Autumn Aurora si vous ne voyez pas de quoi je parle !).
Tour à tour conquérant et vaporeux, avec cette accroche très forestière que ne renierait pas Agalloch, ce morceau amène idéalement un Поки Зникнем у Млі (Till We Become the Haze) final poignant, crachant ces riffs gris et tournoyants saturés de dépression jusqu’à nous étourdir, hébétés que nous sommes par le feu roulant de la batterie et les aboiements rauques de Roman Balgih qui nous engluent dans un désespoir sans nom. La deuxième partie du morceau est magistrale, d’une beauté indicible qui nous transperce et nous transporte, nous faisant fusionner avec la douleur qui nous habite depuis 45 minutes, longue plainte déchirante qui nous fouaille les entrailles mais nous libère de nos entraves humaines, nous aspirant dans la béance infinie de l’inéluctable et de la fatalité.

Une fois de plus, Roman Saenko et ses acolytes nous livrent un art intemporel hors des modes et des tendances qui se résume à l’essentiel : une musique dense et viscérale qui nous touche en pleine âme et en plein cœur. Ce nouveau cru de Drudkh est excellent et flirte parfois avec Hate Forest (en bien moins violent quand même) dans ce fatalisme et cette souffrance qui nous transcendent et nous élèvent.
All Belong to the Night est pour moi l’un des meilleurs albums de Drudkh, ni plus ni moins, ce qui en fait évidemment un Grand album...

У ночі чорні
У провалля каламутне
Що неводу оцього не минути
Нічого! Ох, нічого не забути!

Куди не кинься ти
Шляхами земних прощ
Останніх, судних смертних прощ
Осінній дощ

1 Commentaire

11 J'aime

Partager
Icare - 20 Novembre 2022:

Voilà la traduction du texte qui cloture ma chronique, issu de November : 

 

In black nights,

In murky waters,

This seine net is inescapable

Nothing! Nothing can be forgotten!

 

Wherever you go –

The paths of earthly pilgrimages,

Of the last funeral sermons of the Judgment Day –

There's autumn rain

 

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire