La destiné de
Viper est désormais celle d'un groupe de Heavy
Metal dont la musique est davantage influencée par le
Power US et par le Thrash que par ces volutes mélodiques européennes accompagnées par leurs kyrielles d'artifices orchestrales.
Evolution, son album le plus récent en est d'ailleurs le plus cinglant, et accessoirement le plus remarquable, des témoignages. Pour asseoir encore ce fait et ainsi finir de convaincre les derniers sceptiques, notamment ceux du vieux continent qui, en ces temps-là, étaient toujours plus ébahis par tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de la musique symphonique, que non, il ne se remettrait pas à composer de sitôt des morceaux tels que
Moonlight, le groupe sortira, en cette année 1993 un EP composé de 6 titres dans l'exacte continuité de cet étonnant dernier opus paru quelques mois auparavant.
Deux morceaux de ce
Vipera Sapiens, car c'est ainsi que se nomme ce super 45 tours, sont de simples relectures, variation d'un même thème, de titres présents sur
Evolution. Il s'agira d'un Wasted
Again à la première moitié très mélodieuse et à la seconde nettement plus énergique et de la ballade The Spreading Souls épurée toutefois de toute sa partie symphonique. Ces deux titres sont sympathiques mais pas nécessairement représentatifs de ce nouvel état d'esprit plus radical du quatuor, toujours encore, administré par les frères Passarell.
Le reste de ce manifeste est nettement plus intéressant. Le fiévreux
Silent Enemy renoue superbement avec ces tendances Thrash désormais défendues par un
Viper surprenant. Tout comme d'ailleurs Killing World, et ce même si cette piste revêt un peu (et un peu trop à mon goût) ce vernis enjoué et délirant qu'adoptent parfois les formations extrêmes américaines.
S'agissant d'
Acid Heart et de Crime, s'ils sont sans doute un peu moins virulent ils n'en demeure pas moins excellents pour autant.
Notons encore que les influences les plus flagrantes présentes sur l'album
Evolution, à savoir celles d'
Anthrax, de
Suicidal Tendencies ou de
Megadeth, sont ici beaucoup plus discrètes (surtout pour les deux derniers cités). Disons aussi que la voix de Pit demeure, toujours encore, merveilleusement adaptée. Ni trop agressive, ni trop mélodique, elle s'accommode parfaitement aux différents paysages de ces contrés que parcourt dorénavant
Viper. Tant d'ailleurs qu'un polémiste taquin dans mon genre en finirait par se demander, à contrario de toutes ces idées préconçues répandues depuis plusieurs décennies, si le meilleur chanteur de
Viper ne fut pas Pit plutôt qu'André. Mais ne lançons pas un débat qui risque de déchainer les passions inutilement.
Sans doute un peu moins essentiel et un peu moins indispensable que l'excellent
Evolution, ce
Vipera Sapiens nous offre pourtant quelques beaux moments. Il nous offre aussi quelques confirmations cruciales, et notamment concernant cette réorientation musicale et le choix de ce chanteur remarquable.
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