Si l'écart qui séparait un
Coma Rage d'un
Evolution, et à fortiori d'un
Soldiers of Sunrise, était déjà énorme, celui qui sépare ce même
Coma Rage de ce
Tem Pra Todo Mundo est juste abyssal. Par où commencer? Il y a tant à dire.
Sans doute par le plus essentiel. Et pour ce faire il faudra mettre en garde l'auditeur candide et désinvolte qui pensera avoir à faire ici à une œuvre de
Metal, au sens le plus large du terme. Il n'en est rien.
Tem Pra Todo Mundo est, en réalité, un album d'une Pop Rock mielleuse et sans aucune aspérité à même de nous rappeler, de près ou de loin, le passé de ce quatuor. A cette déception gigantesque, plongeant l'assistance avide des travaux de ce groupe dans les affres d'une incompréhension soudaine, il faudra ajouter un palier supplémentaire puisque ce disque est presque entièrement chanté en brésilien, dont la langue officielle est, rappelons-le, le portugais. Les seuls échappant à cette règle sont l'immonde, et joyeux à en régurgiter son dernier repas, Not Ready to Get Up et l'affreuse ballade
The One You
Need qui constitue, à elle seule, un péril dangereux pour ces malades atteints de diabète.
Et puisque nous en sommes à évoquer l'aspect très guilleret de ce manifeste aseptisé, parlons de Dinheiro, de Crime Na Cidade et de ses refrains niais aux cuivres inopportuns, de Quinze Anos ou de...ou, en fait, de presque tous les titres jalonnant cette insipide démonstration interminable. Mais Do Mesmo, une reprise d'un célèbre groupe de Rock brésilien répondant au nom de Legião Urbana, est même tellement enjoué et léger qu'on l'imaginerait parfaitement utilisé comme générique de la série télévisé Friends, mais en version brésilienne. Une sorte d'Amigos avec Joaquina Aniston, Carlotta Cox, Leontina Kudrow, Miguel LeBlanc, Micael Perry et Diego Schwimmer en somme.
Pathétique.
En réalité, de ce sinistre seuls 8 de
Abril et Lucinha Bordon, deux titres, et surtout le second, aux ambiances Bluesy présentent un soupçon d'intérêt. Mais mon Dieu que c'est peu.
Le ghost track venant clore cette catastrophe est une discussion ou l'on entend
Viper et la pléthore de convives qu'il a invités sur ce disque venir deviser de choses et d'autres. Evidemment, si l'on parlait la langue, ce serait sans doute nettement plus intéressant parce que là, franchement, c'est juste du verbiage inutile. Et d'ailleurs, puisqu'on parle d'eux, les invités qui sont venus ici prêter main forte aux frères Passarell et à leurs acolytes sont, sans aucun doute, des sommités dans leur genre et dans leur pays, mais au-delà de ces frontières artistiques et géographiques, ils ne sont personne. Jugez plutôt (pas le chien de Mickey, l'autre): Jairo Diniz Silva, Flavio Ferreira de Melo, Marcus Ribeiro de Oliveira, Ricardo Amado da Silva ou encore, par exemple, Nando Machado. Encore une fois, il ne s'agit pas pour moi ici de décrier ou de décrédibiliser qui que ce soit. Ces gens sont très certainement talentueux dans leurs domaines et sûrement des gens très bien mais quitte à choisir des cadors, autant choisir les plus illustres, non? N'est pas Gilberto Gil ou Carlinhos Brown qui veut.
Bref, de toute façon, pas sûr que même le Mozart, ou plutôt (toujours pas le chien de...ok, j'arrête...) le David Bowie brésilien, eut été capable d'écoper la cale de ce rafiot pourri.
Tem Pra Todo Mundo est un de ces géants de fer rouillé échoué sur une terre morne et grise...et brûlée...et stérile...et ingrate...et...
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