Velvet Darkness They Fear

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Nom du groupe Theatre Of Tragedy
Nom de l'album Velvet Darkness They Fear
Type Album
Date de parution 26 Août 1996
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album218

Tracklist

1.
 Velvet Darkness They Fear
 01:05
2.
 Fair and 'Guiling Copesmate Death
 07:05
3.
 Bring Forth ye Shadow
 06:49
4.
 Seraphic Deviltry
 05:17
5.
 And When He Falleth
 07:08
6.
 Der Tanz der Schatten
 05:29
7.
 Black As the Devil Painteth
 05:26
8.
 On whom the Moon Doth Shine
 06:15
9.
 The Masquerader and Phoenix
 07:35

Durée totale : 52:09


Chronique @ furaxyn

09 Mai 2012

Œuvre emblématique du genre

ACTE I : Auto-psy

Baignée d’un halo de lumière blanchâtre,
Masquant son intimité par un pli de toile mauve
Elle se tenait là, mi-allongée et la tête en arrière
Fausse figure statique, prête à s’éveiller et se mouvoir.

Le printemps s’achève, c’est une grande fille à présent
Elle ne se cache plus sous une pierre et une paire de rose
La voici plus assurée et libre de ses mouvement
L’année passée lui a fait le plus grand bien.

La voici plus grande, et à nouveau prête
À honorer son contrat passé avec Massacre Records
Aujourd’hui, elle tourne le dos à la sécheresse du suédois Dan Swanö
Et s’embarque pour l’Allemagne de Pete Wee Coleman

Où elle pourra s’exprimer, en partie, en langue germanique.
Et ainsi les lourdes notes monotones du passé devinrent plus mûres
Car les lignes aériennes et le chant adouci de son partenaire
Les retours de films et les compositions complexes
S’invitèrent dans son petit univers cristallisant : The THEATER!


ACTE II : Evocations

Ce soir-là, la répétition fut excellente. Les artistes étaient enthousiastes et au meilleur de leur forme. Et ils étaient satisfaits d’eux : ils avaient tenu leur petit public en haleine alors que cette deuxième pièce durait légèrement plus longtemps que la précédente. Maintenant, ils étaient à nouveau prêts pour monter sur Scène.
Et lui, jeune spectateur curieux arrivé sur le tard, fut charmé. Lui, jeune pousse, ignorait alors ce qui se disait en coulisses. Plus tard, il entendit ces ragots. Et jeune con, il apprit à rester indifférent voire à devenir exécrable devant ce qu’elle fit dans la suite de sa carrière de tragédienne. Car il ne la reconnaissait plus dans ce nouveau théâtre. Il ne pouvait pas imaginer qu’une telle métamorphose soit dans le même esprit que dans ses premiers émoluments sur Scène.

Et ainsi, il fit mine de se contenter des violons et du piano de “ Velvet Darkness They Fear ”, du violon et du clavecin de “ Fair and ‘Guiling Copesmate Death ”, de l’orgue introductif et de la batterie organique de Hein Frode Hansen rythmant “ Der Tanz der Schalten ”, des cordes sèches ou brutes de “ Sepharic Deviltry ” spécialement composé par le soliloque Raymond ou les breaks de piano et la fin tambourinée de “ The Masquerader and Phoenix ”. Il se souvint que Pål Bjåstad était guitariste dans la première pièce, mais que pour celle-ci il se contentait occasionnellement de l’écriture musicale, notamment pour la séquence cinématographique “ And when He Falleth ”. Le violoncelliste Anders Måreby n’est plus là, mais cela n’est bien grave : le synthé de Lorentz Aspen joue son rôle avec brio. Sans parler de la place accordée à Tommy – qu’il repose en paix !

Ainsi, il avait trouvé sa préférence… Jusqu’à ce qu’un jour, il réalisa qui était vrai et qui était sur scène. Il réalisa qui devait représenter sur Scène et ce qui devait rester dans le domaine de la Vérité. Et lorsque le rideau se refermera à nouveau, suffoqué, il paniqua. Il eut besoin d’un bon bol d’air frais, d’un autre astre. Par la suite, il pensa que le mieux n’était pas de fuir complètement mais d’assister à une autre représentation (quasiment la même dans le fond) mais dans un autre temps, un autre lieu et, évidemment, réorchestrée.

Dès lors, il garda bien en lui-même l’écho de cette voix gorgée de références classiques qu’il entendait, de temps en temps, murmurer la nuit sans jamais prendre le temps de l’écouter : « Je m’adresse à toi. Toi l’impatient qui veut retirer tous ses voiles, d’un seul coup, pour connaître son visage. Toi qui perdras vite tout espoir de la comprendre, tu te morfondras de l’avoir ouverte et explorée. Et tu erreras dans les ténèbres, désenchanté et vanné, à ressasser sans cesse les mêmes réflexions et masturbations qui te servent de points de repère... ou plutôt de refuges. Médite mes paroles ou n’en tiens pas compte, fais à ton gré, mais sache bien que je t'aurais prévenu : tant que ta mémoire sera claire, cette garce continuera de te hanter. »

À quoi reconnaît-on les œuvres emblématiques d’un genre artistique ? Celles qui vous font douter des grosses notions « originalité » et « sincérité ». Chienne de vie, va !

NOTE : A+

4 Commentaires

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dissikator - 10 Mai 2012: excellente ta chronique et pour le coup très originale!
furaxyn - 10 Mai 2012: Je vous remercie pour vos plaisantes remarques. J'essaierai de poursuivre dans cette voie de chroniqueur en y mettant un peu moins du mien les prochaines fois.
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Commentaire @ romriv

13 Décembre 2009
Quand j’écoute Velvet Darkness They Fear, j’ai l’impression d’écouter un seul et unique morceau, qui dure plus de 50mn. Cet album, sur le plan musical, est fantastique : durant tout l’album on écoute des mélodies légères, aériennes, mais parfois graves et palpitantes. La voix de Liv s’élève alors que celle de Raymond retombe, toutes deux en parfaite harmonie et créant une atmosphère unique. Les émotions sont fortes car épurées par la Musique. Pourtant, les morceaux sont assez simples ; mais cette simplicité est d’une telle perfection qu’on se confronte à un pur génie musical. Peut-être pensez-vous que j’exagère mais je crois que ceux qui l’on écouté avec leurs deux oreilles savent ce que je veux dire.

L’intro éponyme nous introduit dans une ambiance sombre, inquiétante, que le timide piano accentue avec sa triste mélodie. J’ai trouvé une Image parfaite pour cette intro : imaginez-vous une aurore sanglante qui se lève sur un champ de bataille où gisent les morts et agonisent les blessés. Pas très joyeux n’est-ce pas ? Rassurez-vous, l’album possède bien des facettes…

Fair and Guiling Copesmate Death suit l’intro sur sa lancée, et le chant de Liv s’élève, accompagné par un violon et bientôt suivit par les instruments. Prêtez une oreille attentive à la guitare qui est sublime. Puis vient le chant de Raymond qui nous conforte dans l’atmosphère sombre de l’intro. Le morceau nous livre des dialogues de chants masculins/féminins, parfois séparé ou en même temps, parfois rapide ou lent. Le dramatique est maintenu par nombre d’artifice musicaux, mais le thème du début revient toujours. Nos deux chanteurs tiennent parfaitement leurs rôles ; les modulations de la voix de Liv sont magnifiques et la voix de Raymond est toujours aussi « dark ».

Bring Forth Ye Shadow a un départ beaucoup plus métal, où la voix de Raymond est accompagnée de dures guitares et de sauvages batteries. La voix angélique s’élève alors et calme le jeu. On assiste là encore entre un échange de voix, toujours accompagnées chacune de leurs propre univers, aérien pour Liv et sombre pour Raymond. Après avoir laissé les instruments exprimer leurs mystérieuses mélodies, les deux voix s’entremêlent, enfin regroupées, mais pourtant magnifiquement distinctes.
Seraphic Deviltry est introduite par une partie musicale plus animée, avec une guitare puissante. Les voix arrivent et, à l’Image du morceau précédent, s’entremêlent tout en restant bien distinctes. Puis elles alternent, la voix de Raymond menant une partie instrumentale plus rapide en général que celle de Liv, bien que celle-ci vienne lui voler la vedette à quelques occasions. Les modulations de la voix de Liv s’harmonisent toujours aussi parfaitement avec les accents rocailleux de son collègue.

And When He Falleth débute avec un piano mystérieux bientôt rejoint par la batterie accompagnée de la voix de Liv qui se calque magnifiquement avec le piano. Changement de décor avec l’arrivée de Raymond et de la guitare, l’ambiance est plus dure. Ils nous quittent pour faire place de nouveau à Liv qui reprend le thème de début sans le copier. La guitare revient et s’harmonise avec le piano. La voix de Liv est poignante, je dirais même cruelle par sa légèreté, comme insouciante du drame que semble exprimer la Musique qui l’accompagne. On assiste ensuite à deux étrangetés : d’abord l’arrivée d’un chœur mystique, puis d’une conversation. On se croirait dans un vieux film, et l’ambiance est rendue très mélancolique avec l’accompagnement à la guitare. La conversation se tait et Raymond revient à la charge dans une ambiance tout à coup plus dark, qui laisse très vite revenir le piano du début accompagné de la voix de Liv, tragédique.

Le début de Der Tanz der Schatten un d’un mystère très vite rehaussé par la guitare et la batterie qui arrivent, bientôt suivies par les vois mêlées de Liv et de Raymond. Brusque changement d’ambiance : Raymond parle dans un haut parleur et est accompagné de la voix aérienne de Liv. Puis à nouveaux leurs voix se mêlent, pour se séparer à l’appel de la guitare. Liv part ensuite dans une percutante litanie de « Ich liebe dich » qui dure jusqu'à la fin.

La légèreté inquiète du début de Black As the Devil Painteth est vite remise en cause par l’arrivée de Raymond, qui adapte sa voix au thème déjà présent. La voix de Liv s’élève ensuite, et accompagne celle de Raymond qui fait à présent office de bruit de fond. Cette dernière revient ensuite, insolemment suivie par la guitare. Le thème de début est repris, sans voix pour le survoler. La voix de Liv reprend le thème qu’elle a déjà abordé précédemment, avant de monter d’une octave et de rendre son chant plus poignant.

La lente guitare de On Whom the Moon Shine est bientôt rejointe par Liv et la batterie. Les instruments de départ nous laissent au profit d’un tendre violon qui vient s’accorder à la voix de Liv. Le thème de départ est repris, mais cette fois c’est la voix de Raymond qui l’accompagne. Puis Liv revient avec son violon pour un émouvant passage. Le violon disparait au profit d’une guitare et d’une batterie, mais perce également les notes tristes d’un piano. Le violon, guilleret, reprend sa place et accompagne Liv et Raymond qui murmure dans un passage étonnant aussi beau que rafraichissant. J’aime beaucoup ce passage ; je pense même que c’est celui que je préfère dans tout l’album. Le violon y est très beau, combiné aux deux voix. La batterie et la guitare reviennent ; le violon reste. La fin est composée d’une guitare triste accompagnée d’un violon.

L’introduction de The Masquerader And Phoenix se fait de manière douce mais un peu inquiétante ; la voix de Liv vient et s’accorde avec le thème. Le changement est brusque quand Raymond vient accompagné d’une guitare mélancolique. Liv revient et reprend le thème précédent, son chant est poignant autant qu’aérien. Arrive un inquiétant piano, suivit de peu d’un rythme guitare/batterie speed avec le chant de Raymond et un violon. Un passage de percussions introduit ensuite une guitare dure que rejoint Raymond. Les instruments se taisent et font place aux murmures finaux de Liv et Raymond.

Cet album est donc un bijou de compositions, qui trouve mille manières de nous transmettre l’état d’esprit du groupe. Tous les morceaux baignent dans la même atmosphère inquiétante, parfois sombre ou encore aérienne. C’est pour cela qu’on a l’impression d’écouter un unique morceau : à cause de l’ambiance. Pourtant, chacun d’eux est différent dans sa composition, et chacun d’eux nous livre une parcelle du grand talent de ce groupe.


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Spica - 13 Décembre 2009: Pur bijou du gothic metal, on ne pouvait en espérer moins de la part d'un groupe si talentueux. Excellente critique qui, je pense, traduit bien l'émotion que l'on ressent en écoutant l'album.
choahardoc - 13 Décembre 2009: Superbe chronique. Un album vraiment magnifique que j'ai adoré dès le début. Les meilleures compos sur lesquelles Liv Kristine a chanté. Par contre je pense que la production datait déja un peu à l'époque. Mais l'émotion ressenti à l'écoute de Velvet est toujours aussi grande pour moi aussi...
 
Vaudoo - 16 Décembre 2009: Impec', il est encore dans mon véhicule près a être lu à tout moment.....C'est à partir de l'achat de cet album que j'ai les oreilles qui ont arrêté de saigner....
Atmosfear - 21 Mai 2010: Sympa la chronique....Un de mes albums préférés d'eux, en effet !!...
Pour précision, car moi cela m'a longtemps interpellé, puis j'ai enfin trouvé, il y a peu, en fait, il y a bien des extraits de dialogues d'un film sur "And When he falleth" ; il s'agit de "Le Masque de la Mort Rouge"(1964), de Roger Corman , d'après Edgar Allan Poe, avec Vincent Price dans le rôle principal...Etonnant, non !
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Commentaire @ RunCold

21 Septembre 2011

Un recueil de poème, une pièce de théâtre, une oeuvre musicale… c'est Velvet Darkness They Fear

"Velvet Darkness They Fear" pousse plus loin encore le concept développé avec leur premier opus homonyme "Theatre of Tragedy" : une poésie musicale, sombre, teintée d'un grand romantisme. Des textes en anglais du XVIe siècle, aux inspirations shakespeariennes. Prose et vers sont mêlés dans cette oeuvre à la fois doom atmosphérique et baroque, dans ces poèmes dans les langues de Shakespeare et Goethe (sur "La Danse des Ombres" seulement).
Theatre of Tragedy, le nom prend ici tout son sens, dans une pièce avec aux rôles principaux la belle demoiselle fragile et délicate, mais aussi l'enfance pervertie incarnée par Liv Kristine Espenaes, et la bête, le mal sous tout ses visages incarné par Raymond Rohonyi. Entre cette beauté déchue et le mal personnifié, a lieu un dialogue puissant, une opposition, des disputes; les voix se mêlent, se séparent, se couvrent successivement, mais aucune ne gagne jamais…
Débutant par une douce introduction au clavier, de lourdes orchestrations et des guitares et percussions prennent place, accompagnant les deux acteurs dans leur périple, qui s'étend sur neuf actes, la durée de la représentation étant de plus de 50 minutes.
Le Théâtre de la Tragédie atteint ici son paroxysme, avant sa déchéance progressive à partir d'Aégis, créant une oeuvre qui restera toujours inégalée, et qui servira d'inspirations pour de nombreux autres groupes.
Les meilleurs "actes" restent And When He Falleth, avec le dialogue tiré du film le Masque de la Mort Rouge (1964, Roger Corman avec Vincent Price) et surtout Der Tanz der Schatten, en Allemand avec ses deux voix claires et son superbe finale, mais je n'en dit pas plus, il ne vous reste plus qu'à (re)découvrir ce chef-d'oeuvre.

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