VII - Född Förlorare

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17/20
Nom du groupe Shining (SWE)
Nom de l'album VII - Född Förlorare
Type Album
Date de parution 11 Mai 2011
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album144

Tracklist

1.
 Förtvivlan, Min Arvedel
 06:29
2.
 Tiden Läker Inga Sår
 08:10
3.
 Människa O'Avskyvärda Människa
 06:42
4.
 Tillsammans Är Vi Allt
 09:22
5.
 I Nattens Timma
 04:04
6.
 FFF
 07:00

Durée totale : 41:47


Chronique @ Razort

19 Mai 2011

Une transition entre le V et le VII ; Shining en perpétuel changement

Le moins que l'on puisse dire avec la musique de Shining ces temps-ci, c'est qu'il se passe un changement frappant. Kvarforth nous sert en ce mois de mai sa dernière galette, composée comme à son habitude en majeur partie par lui-même, et ses "sbires". Si le sixième opus avait été pour certains très décevant comparé au désormais célèbre "Halmstad", quand est-il pour ce septième album ?

Nous voici donc devant six pistes (notez la régularité des effectifs dans la discographie - même si ce n'est qu'un détail). Six musiques certainement empruntes de haine et de noirceur. Du moins c'est ce que l'on se dit à la vue d'une telle pochette. Misérable, sale, noire, tout ce qu'on attend exactement du combo suédois qui a su s'imposer, tant sur le plan studio que live, ces dernières années.

On ouvre les hostilités avec "Förtvivlan, Min Arvedel", ce fameux titre révélé avant l'heure, introduit par la voix presque malsaine d'une jeune fille... vite chassée par le véritable son de Shining. Guitares lourdes, accompagnées d'une basse et d'une batterie toutes aussi écrasantes, une ambiance obscur, mais que l'on rapprocherait encore de "Klagopsalmer". Le riff principal est toutefois entrainant, Kvarforth n'a pas perdu de son génie vocal. L'ensemble est efficace, entrainant, digne, coupé par un de ces passages acoustiques tant prisés (pour ma part) sur "The Eerie Cold" et surtout "Halmstad". Arrive pourtant un élément nouveau et très récurent sur cet opus : le chant clair.

Alors oui, sir Kvarforth a une voix très belle, très contrôlée (passage des cris aigus schizophréniques aux grognements psychopathes, en passant par les chuchotements à vous glacer le sang), mais est-ce un bon point pour autant ? Pour ce premier titre, ça passe impeccablement. Mais par la suite ? "Tiden Läker Inga Sår" est un exemple parfait de déception qui succède à un titre correct. J'ai cru lire que ce second titre était un hommage à Led Zeppelin (s'il s'agit d'un autre, veuillez me corriger, mais quoiqu'il en soit on pense forcément à "Stairway to Heaven"). En tout cas tout est plus que surprenant : refrain presque "Pop" dans le fond, chant mi-clair, petite guitare gentille et douce... On ne s'attend pas forcément à un tel changement en si peu de temps (d'autant que les pistes sont encore un peu courtes comparées aux albums précédents.) Notre frontman essaie tant bien que mal de rattraper cela avec des étouffements, des crachats, des cris de souffrance, mais c'est ce refrain assez désagréable qui, pour ma part, gâche tout le charme et la mélancolie discrète qui émane de ce titre.

Retour aux titres un peu plus lourds, avec "Människa O'Avskyvärda Människa", peut-être un parallèle au "Plågoande O'Helga Plågoande" de "Klagopsalmer". Découverte également via internet et certains live récents du groupe (où l'on peut notamment voir le leader inspirer une délicate poudre blanche avant de commencer). Un titre lent, dans lequel un xylophone (ou un triangle ? je ne sais pas bien faire la différence, encore une fois corrigez moi si je suis en tord) a été introduit pour peser d'avantage sur l'atmosphère... Quoi de plus inquiétant comme instrument pour procurer un tel ressenti ? L'on notera un solo magnifiquement bien mené par C. Amott de leurs confrères de Arch Enemy, qui a pour effet d’accélérer efficacement la composition avant de ralentir de nouveau. Enchainons sur la suite... qui n'est autre qu'un piano. Très sombre et grave, comme la fameuse reprise de la "Sonate au Clair de Lune" sur "Halmstad", ou sur le projet Den Saakaldte. Ce qu'on aurait préféré écouter plus longuement. Retour à une musique presque basique, je dirais... Non, je ne sais pas s'il serait approprié de citer cet adjectif ici... Mais à bien y regarder...

Pour les avoir vu en concert il y a deux mois, je peux témoigner d'un certain changement facilement observable chez Kvarforth. Serait-il enfin sorti totalement de la dépression ? Est-il retombé dans la triste vie des gens normaux ? Pour en revenir à ces changements : une prise de bide assez incroyable, un manque cruel de rebondissements sur la scène (pas une égratignure aux bras, une bouteille de rouge légèrement sirotée, une voix faible, presque absente, un live écourté...) Ce qui me fait dire aujourd'hui qu'une transition s'est faite entre le froid et ténébreux "Halmstad" et ce "Född Förlorare"... presque... "Humain". Voilà, c'est dit. Les chants clairs étaient de trop sur la fin de cet album. Ce qui faisait de Shining un groupe unique, ayant innové dans le domaine du Black Metal par une maitrise parfaite de la musique, des sentiments uniques partagés par un frontman unique... se retrouvent ici presque banalisés, recyclés, ennuyeux...

J'abrège cette chronique sur un titre qui m'a cependant beaucoup plu, peut-être parce qu'il s'agit d'une immersion dans la vie privée même de Niklas, des relations familiales, de quelque chose de tout simplement personnel. "FFF", introduit par des sons mécaniques et étranges, un chant clair et mélancolique... totalement annihilés par une batterie surpuissante, une véritable mitrailleuse qui accompagne un cri torturé, mais encore réservé. L'on retrouve ces sons distordus, d'un autre monde, qui avaient déjà été utilisés sur "Klagopsalmer", se confondant avec l'ensemble. Le tout se clôture dans le calme, la tristesse, le souvenir de plusieurs années difficiles pour ce chanteur mémorable, mais qu'on peut sentir épuisé, tourmenté, et qui ne semble plus pouvoir extérioriser ces tourments par un album aussi mature et incroyable que ne l'était "Halmstad". Fans de l'ancienne époque, passez votre chemin, mais je vous invite néanmoins à mesurer les changements ci-présents.

++
-R-

29 Commentaires

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cogn - 31 Août 2011: Malgré quelques momments un peu lassants, cet album est pas loin d'être une tuerie, surtout au niveau de la maîtrise du bonhomme. C'est ce qu'on appelle de la musique!
Aegis413 - 08 Septembre 2011: Album parfait, émouvant. On sent qu'il y a quelque chose de personnel dedans.
Très beau !
PanzerMaldoror - 26 Fevrier 2012: C'est nul.
Arguments:
Kvarforth est un clown.
Kvarforth fait des riffs qui sont à chier.
Kvarforth est un imbècile.
Kvarforth se croit aussi célèbre que Led Zeppelin.
Kvarforth ne pète pas plus haut que son cul.
Kvarforth a eu une enfance malheureuse.
Kvarforth n'est pas dépressif pour un sou.

Razort - 28 Fevrier 2012: Et sur ces 7 merveilleux arguments combien sont axés sur l'album ? Aucun.
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Chronique @ killmyself

31 Mai 2011

le chef d'oeuvre de Shining

Au risque de m'attirer les foudres de beaucoup de monde sur ce site, je peux affirmer qu'après de nombreuses écoutes, Född Förlorare est le meilleur album de Shining, il devance même Halmstad !

Tout d'abord la pochette, elle est à mon sens la plus belle du groupe, elle évoque parfaitement la mélancolie présente tout au long de cet album, bien mieux que celle d'Halmstad destinée aux petits goths suicidaires en mal de vivre pour se démarquer des autres. Ici nous sommes devant la représentation de l'échec, ce qui illustre très bien l'album. Car dans cet opus c'est d'échec qu'il est question, l'échec de voir tout ce qu'on a tenté de construire s'effondrer comme un château de cartes, la perte de toutes nos valeurs pour se voir réduit à l'état de corps sans âme marchant tels des zombies, attendant la mort car il nous est impossible de nous la donner nous-mêmes...

Chacune des pistes est un chef-d'oeuvre, je n'en vois pas une en dessous de l'autre, même après l'avoir écouté en boucle pendant trois jours, c'est pour cela que je le place au dessus d'Halmstad car certaines pistes sur ce dernier ne m'ont pas autant touché en plein coeur tel que l'a fait Född Förlorare.

Förtvivlan, Min Arvedel et son intro avec son chant de jeune fille limite inquiétant nous projette dans une atmosphère mélancolique suivi d'un excellent riff propre à Shining. La voix de Kvaforth est juste parfaite, il hurle, crache, vomit, il incarne la misère humaine. Et à la surprise de tout le monde il utilise un chant clair très juste qui donne au morceau beaucoup de finesse.

L'album débute donc très bien et donne bon espoir pour ce qui va suivre. Le morceau Tiden Läker Inga Sår contient à mon avis le meilleur passage de l'album ; en effet il débute à la guitare sèche avec un crescendo constant, jusqu'à ce qu'Erik Danielsson, invité en guest nous livre une performance simplement hallucinante, il hurle à s'en faire sortir les entrailles, on a presque mal pour lui et termine dans un râle de douleur qui fait que l'on est obligé de l'accompagner dans son mal-être. Ce morceau est l'un des rares dans ma pourtant assez conséquente bibliothèque de métalleux à m'avoir donné autant d'émotion.

L'album contient également des soli mémorables, comme par exemple celui de Människa O'Avskyvärda Människa réalisé par Chris Amott. Je ne pensais pas que le groupe puisse être aussi technique et émouvant en même temps, ce solo est à lui seul la preuve du contraire.

Je ne vais pas aller plus loin dans les détails afin de vous laisser le plaisir de découvrir entièrement cet album car plusieurs écoutes sont nécessaires pour en déceler toutes les subtilités. Le groupe réussit donc sur cet album à nous faire passer par différents stades d'émotions, comme la rage, la tristesse, le désespoir mais aussi vers la joie et un semblant de lumière avant de sombrer à nouveau dans la mélancolie avec notamment la piste I Nattens Timma et la voix de Peter Bjärgö d'Arcana, belle à pleurer, qui nous transporte dans une ballade dont le groupe ne nous avait pas non plus habitué.

Född Förlorare est donc un petit bijou, l'album parfait à mon sens, le chef d'oeuvre de Shining, celui de la maturité, sachant toucher celui qui l'écoute au plus profond de lui-même et dégageant le plus d'émotion. Shining n'a jamais été aussi grand qu'aujourd'hui.

Note: 19/20

8 Commentaires

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devil_reject - 01 Juin 2011: Même si je ne suis pas d'accord, j'ai bien ri !

Sinon, cher chroniqueur, Erik Danielsson n'assure que les parties de chant clair, sur la deuxième piste. Il me semble aisé de reconnaître les hurlements de Kvarforth, m'enfin bon...
Razort - 01 Juin 2011: J'ai du mal à saisir en quoi cet album est le plus mélancolique de la discographie... je dois dire que ton avis est assez surprenant en effet, et vu la note je dirais même que c'est carrément excessif. M'enfin.

Quant à la chronique je la sens un peu lacuneuse, peu développée (je conçois la volonté de vouloir faire découvrir aux lecteurs par l'écoute intégrale), voir hyperbolique par moments... "[...] il hurle à s'en faire sortir les entrailles, on a presque mal pour lui et termine dans un râle de douleur qui fait que l'on est obligé de l'accompagné dans son mal être" > Personnellement, la seule piste où je frissonne à chaque écoute c'est sur la fin de "Demodets Arkitektur", un cri de folie à jamais gravé en ma mémoire auditive. Il y en a d'autres, mais ils ne concernent pas Shining.

Pour en revenir à l'ensemble, les tons ocres de la pochette induisent pour moi une certaine chaleur (encore seulement dissimulée, mais qui semble reposer quelque part dans l'âme du groupe). La mélancolie est là, mais elle témoigne du passé personnel de Kvarforth, de ce qu'il a connu, qui est désormais loin, mais qui restera ancré en lui. Socialement et mentalement il refait surface, ça se sent (et si ce n'est pas le cas, alors pourquoi montrerait-il tout ça dans un clip, se marierait-il, et décirerait même d'avoir des gosses ?)

Enfin je ne m'éternise pas dessus, mais ma perception est apparemment totalement contradictoire avec la tienne (je place "Halmstad" comme un des chefs d’œuvres de tous les temps en matière de BM catégories confondues (noté 20/20 cash), l'apogée d'un groupe qui se veut inspiré par la noirceur, la dépression, la folie et toutes ces jolies choses de la vie - qui ne sont pas non plus des clichés gothico-boutonneux-de-14-ans)
PanzerMaldoror - 26 Fevrier 2012: Le chef d'oeuvre de Shining?
AHAHAHHA, OHOHOHOH, IHIHIHIHI, HUHUHUHUHUHHU.

Non mais LAISSE MOI RIRE!
metaleciton - 08 Mai 2014: Je trouve la chronique très bonne pour ma part, même si elle manque un peu de développement.

Je suis fan de Shining depuis le premier album, mais ce "Fodd Forlorare" est sans doute un des meilleurs.
C'est en tout cas le disque le plus homogène et le plus rock dans l'esprit, peut-être aussi le plus accessible.
On retrouve des titres sombres et puissants aux riffs imparables comme "Fortvivlan Min Arvedel" et "Manniska O'avskyvard Manniska".

Le duo Kvarforth/Hakan Hemlin sur le quatrième titre et tout simplement hallucinant de mélancolie et de tristesse.
Que dire aussi de la magnifique ballade "I Nattens Timma"...

Un chef-d'oeuvre!

Note: 19/20
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