Totenritual

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Nom du groupe Belphegor (AUT)
Nom de l'album Totenritual
Type Album
Date de parution 15 Septembre 2017
Enregistré à Stage One Studio
Style MusicalBlack Death
Membres possèdant cet album68

Tracklist

1.
 Baphomet
 04:47
2.
 The Devil's Son
 04:20
3.
 Swinefever - Regent of Pigs
 04:50
4.
 Apophis - Black Dragon
 06:12
5.
 Totenkult - Exegesis of Deterioration
 05:43
6.
 Totenbeschworer
 02:15
7.
 Spell of Reflection
 05:21
8.
 Embracing a Star
 05:34
9.
 Totenritual
 02:46

Bonus
10.
 Stigma Diabolicum (Live)
 05:21
11.
 Gasmask Terror (Live)
 04:14

Durée totale : 51:23


Chronique @ Icare

19 Septembre 2017

Belphegor poursuit le sillon creusé sur Conjuring the Dead, proposant une musique toujours plus death metal

Il y a des groupes que l’on peut qualifier de valeurs sûres, et Belphegor en fait incontestablement partie. En effet, depuis désormais vingt-cinq ans qu’ils répandent le blasphème avec leur black death destructeur et malsain, les Autrichiens n’ont jamais changé leur fusil d’épaule, « affinant » leur art album après album et suivant invariablement depuis leurs débuts peu ou prou la même ligne directrice : noyer les culs bénis dans des litres de foutre et de sang et tout dévaster sur leur passage. Autant dire que ce n’est pas avec ce onzième full length, baptisé Totenritual, que le massacre risque de s’arrêter, et un simple coup d’oeil sur l’artwork de Seth ainsi que sur la tracklist suffit pour nous en convaincre.

Et effectivement, Baphomet démarre sur les chapeaux de roue, avec ce blast lourd et rapide, ses dissonances vicieuses, et cette double pédale infatiguable. Le refrain, martelé frénétiquement, est dans la plus pure tradition de Belphegor, avec cette mélodie aussi magnétique que malsaine portée par les vocaux terribles du père Helmut. Une très bonne entrée en matière qui allie la lourdeur écrasante du death, avec quelques mid tempi particulièrement massifs, à l’aura de noirceur et de blasphème du black qui nous explosent violemment à la gueule lors du refrain. Et c’est parti pour 41 minutes d’outrage auditif.

C’est un fait, Belphegor poursuit le sillon creusé sur Conjuring the Dead, proposant une musique toujours plus death metal (le début de Swinefever - Regent of Pigs, Spell of Reflections), à la pesanteur oppressante à peine aérée par quelques rares soli (l’excellent The Devil’s Son) ou larsens sifflants. Inutile de dire que le son concocté par Jason Suecoff et Marc Lewis est en béton armé, avec une batterie particulièrement mate dont la puissance phénoménale nous terrasse, surtout lorsque Bloodhammer blaste. Certains passages mettent bien la basse en avant, et évidemment les vocaux d’Helmut sont toujours aussi impériaux, son chant death grogné particulièrement grave faisant réellement froid dans le dos.
A contrario, les éjaculations de haine typiquement black sont lâchées avec plus de parcimonie (le refrain de Baphomet, le début de The Devil’s Son, qui peut faire penser à Marduk, ce passage à 3,41 minutes de Totenkult), et la redondance de certains passages lents et lourds font de Totenritual un album extrêmement compact, où certains déploreront quelques longueurs ou passages moins intenses (Apophis – Black Dragon, ou Totenkult – Exegesis of Deterioration dont le riffing et les ambiances lorgnent du côté de Nile). En effet, même si l’ambiance générale est particulièrement étouffante, notamment grâce à ce son gras et à l’accordage bas des guitares, les Autrichiens semblent avoir un peu laissé de côté ces fameuses lignes mélodiques qui faisaient la force d’un album comme Blood Magic Necromance pour se concentrer d’avantage sur l’aspect massif du death metal. Heureusement, on retrouve de ci de là ces leads si noires et envoûtantes, ce qui montre bien que Belphegor n’a pas entièrement mué, mais seulement évolué. On soulignera d’ailleurs Embracing a Star au niveau des – bonnes – surprises, titre plus atmosphérique qui ferait presque penser à du Shining sur certains passages, avec cette introduction acoustique ainsi que le chant tour à tour chuchoté, incantatoire et hurlé du frontman qui contribuent largement à instaurer cette aura brumeuse et méphitique.
La carnage se termine sur un morceau éponyme aussi bref qu’apocalyptique, tous blasts dehors, rappelant les meilleures heures de Lucifer Incestus, avec ce refrain scandé, ce chant black agressif, et ce riff hypnotique soutenu par des salves roulantes de batterie supersonique.

On vous le disait, Belphegor est une valeur sûre. Avec les Autrichiens, on sait toujours plus ou moins à quoi s’attendre, et Totenritual ne déroge pas à la règle. Bon album dans la moyenne de la discographie du groupe, fidèle au son Belphegor mais avec son lot de timides innovations, cette onzième galette de la horde autrichienne ne risquera pas plus de décevoir les amateurs du groupe que de séduire de nouveaux metalleux hermétiques à leur musique. Mais cela, Helmut n’en a probablement rien à foutre, et finalement, c’est peut-être tant mieux.

"Walk the way of the hunter
Not the fucking victim
Take your own decision
Follow your path"

1 Commentaire

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darkflo - 22 Septembre 2017:

Merci pour cette excellent chro. Belphegor est l'un des mes groupes favori et c'est vrai que cet album déboite du début jusuq'à la fin.

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