Title of Record

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Nom du groupe Filter
Nom de l'album Title of Record
Type Album
Date de parution 23 Août 1999
Style MusicalMetal Alternatif
Membres possèdant cet album55

Tracklist

1. Sand 00:36
2. Welcome to the Fold 07:40
3. Captain Bligh 05:12
4. It's Gonna Kill Me 05:40
5. The Best Things 04:26
6. Take a Picture 06:03
7. Skinny 05:43
8. I Will Lead You 03:23
9. Cancer 06:39
10. I'm Not the Only One 05:49
11. Miss Blue 19:48
Bonustracks (Japanese Edition)
12. Jurassitol
13. (Can't You) Trip Like I Do
Bonustracks (German Edition)
12. One
13. "A Note from the Author"
Total playing time 1:10:23

Chronique @ Matai

29 Octobre 2013

« Title of Record » est un album à ne pas manquer…une sorte d’ « essentiel »

Après avoir quitté Trent Reznor et Nine Inch Nails pour créer son propre groupe sobrement baptisé Filter, Richard Patrick sort avec son ami Brian Liesegang le premier album en duo (et grand succès) « Short Bus » dans lequel les compères se partagent les tâches et utilisent une boîte à rythme. Ils officient dans un metal/rock industriel à la NIN mais en plus accessible et avec une personnalité toute particulière, le bourreau de travail qu’est Richard Patrick désirant monter son groupe le plus haut possible et loin de l’ombre de son ancienne formation. Autant dire que la pression est forte au sein de la formation américaine. D’autant plus que les années qui suivent la sortie de « Short Bus » sont compliquées et il est alors difficile de savoir si le premier succès commercial de Filter allait avoir un petit frère.

Les différentes propositions de tournées les obligent à engager de nouveaux membres, Geno Lenardo à la guitare, Frank Cavanagh à la basse et Mark Walker à la batterie alors qu’initialement, Richard Patrick et Brian Liesegang comptaient suivre ce qu’ils avaient entamé avec « Short Bus », c'est-à-dire travailler en duo et avec leur propre moyens. Et même si tous les membres réunis apparaissent sur le vidéo clip « Dose », même s’ils travaillent sur des soundtracks pour X-Files, Spawn ou encore The Crow : City of Angels, c’est la débandade. Liesegang a d’autres projets et se tourne petit à petit vers un style de rock à tendances électroniques à la Radiohead tandis que Patrick, lui, veut conserver le style très couillu et lourd de leur précédent effort. Ils ont beau collaborer avec le groupe The Crystal Method, cela ne fait qu’envenimer les relations, l’un montrant de plus en plus son amour pour l’électro et l’autre désirant le mettre hors-jeu. Avec les disputes et les clashs, cela mène inévitablement au départ de Liesegang et des autres membres (Lenardo, Cavanagh et Walker) dans la foulée.

Patrick, qui a montré son côté possessif et exclusif, subit alors une traversée du désert. Son groupe a explosé, il n’a pas de studio et n’est pas vraiment polyvalent et décide donc de se prendre en main. Il se met alors à composer tout seul, à maîtriser d’autres instruments, à écrire des paroles et à monter son home studio « Abyssinian Son » après quelques soucis de bail. Il rencontre ensuite le producteur et ingénieur du son qui l’épaule lors du processus de composition et d’enregistrement. Mais Patrick ne se sent pas la force de continuer seul, il lui faut des musiciens, et en particulier ceux qui ont participé à la tournée de « Short Bus ». Walker est indisponible, puisqu’il est en tournée avec The Smashing Pumpkins, idem pour Lenardo, qui a une famille et qui sent bien que ses attentes sont différentes de celles de Patrick, mais ce dernier finit par être conciliant et le fait revenir. Cavanagh est aussi de retour. Steven Gillis remplace alors Walker au poste de batteur.

La bande de nouveau formée travaille donc sur les ébauches de Patrick, ses bouts de morceaux et ses paroles, et bossent comme des fous en s’octroyant les services de quelques musiciens de sessions (guitare acoustique, programmation, trompette, violoncelle, percussions…) et du mixeur Ben Grosse.

« Title of Record » nait petit à petit entre 1998 et 1999 avec onze compos plus sombres et surtout basées sur les expériences passées de Patrick. On s’éloigne du côté industriel de « Short Bus » et on se dirige plus vers un metal influencé par différents courants musicaux, comme le hard rock, la musique acoustique ou même le rock progressif. Les années de battement entre le premier opus et celui-ci a permis à Patrick d’améliorer son jeu et aussi sa voix, il alterne plus facilement chant rageur (dans le genre, type en colère) et chant plus doux et ultra modulé. Cela se sent directement dans « Welcome to the Fold », un des titres phare, qui s’étend sur plus de sept minutes et alterne entre rage excessive à coups de gros riffs et mélodie metallique guidée par quelques percussions. Grosse réussite de Filter, qui arrive à tenir l’auditeur jusqu’au bout, même avec son break atmosphérique, et qui justifie à lui seul l’écoute de l’album.

Il n’y a aucune honte à dire que Filter enchaîne les hits sur ce « Title of Record ». On comprend alors pourquoi il a fini disque de platine. Sur « Captain Bligh », Patrick n’a jamais eu une voix aussi belle, modulant son timbre comme jamais à mesure que les riffs et les moments tranchants s’enchaînent. On dit que ce morceau a été écrit en rapport avec Trent Reznor et son comportement antisocial lorsque le leader de Filter était encore chez NIN. « The Best Things », lui, conserve une flamme industrielle (boîte à rythme, petites bidouilles) et se place sans hésiter parmi les meilleurs titres des Américains. C’est mélodique mais aussi agressif, et le tout bien dosé. Parfait.

On a quand même des titres plus doux mais qui valent malgré tout le détour, même la ballade acoustique « Take a Picture » qui finit par prendre de l’ampleur dans les dernières minutes. D’autant plus quand on connaît le contexte et le sujet de cette chanson : en effet, Patrick, autrefois bien atteint par l’alcool, raconte un de ses grands moments de solitude, en particulier lors d’un trajet en avion, lorsqu’il était ivre mort et qu’il s’était complètement déshabillé. Imaginez le tableau.

Autre morceau plus soft mais non moins dénué de personnalité, « Cancer », qui, guidé par la basse hypnotique de Cavanagh, nous propose de l’atmosphérique sombre et quelque peu malsain (les murmures et le chant aérien rendent le tout assez déstabilisant). Il faut dire que la fin de l’album y va plus fort dans les atmosphères comme pour « I’m Not the Only One » qui montre une basse en fil conducteur et des guitares chantantes avant la déflagration finale. « Miss Blue » s’influence plus de l’alternatif avec des passages en acoustique et un refrain qui rappellerait presque un « Sweet Emotions » d’Aerosmith.

Les galères qui ont précédé la sortie de ce « Title of Record » ont sans doute contribué à la personnalité de cet album dense, complet et efficace, qui a marqué une part de l’histoire du metal/rock américain. Sous-estimé dans beaucoup de pays, il n’empêche que cet opus marque une période houleuse dans la carrière de Filter tout en lui permettant de montrer une autre facette de sa musique. « Title of Record » est donc un album à ne pas manquer…une sorte d’ « essentiel ».

3 Commentaires

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AlonewithL - 29 Octobre 2013: bravo reine! Je déconseille fortement de regarder "Spawn", une purge totale sans qu'il y ait eu la recherche d'un véritable scénario. The Crown: la Cité des Anges, ça se laisse regarder, avec un assez bon Iggy Pop dans le rôle d'une ordure subalterne.
MarkoFromMars - 29 Octobre 2013: Vraiment, belle description de cet excellent disque et Richard Patrick est une voix malheureusement trop méconnue dans notre contrée. Un must, cet album! Merci pour la chronique.
Celldweller55 - 30 Octobre 2013: Un bien beau pavé ! Mais je préfère quand même le 1er, plus rageur.
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