Filter a toujours jouit d’une très bonne réputation aux USA depuis ses débuts alors que le reste du monde peine à apprécier et à entendre parler de ce groupe quasi ancré dans la culture rock/metal californienne. Fondé en 1993 par Richard Patrick après son départ de
Nine Inch Nails, le groupe a longuement attiré l’attention malgré les nombreux changements de line-up, sachant que le single « Hey Man Nice Shot » a largement augmenté leur cote de popularité, à cause d’un malentendu concernant la portée des paroles (qui ne concernent pas le suicide de
Kurt Cobain un an plus tôt), que l’album «
Title of Records » est sans doute leur meilleure œuvre et que «
The Trouble with Angels » marque une renaissance après des sorties décevantes et une instabilité certaine. On est alors étonnés de voir débarquer sans prévenir le nouveau rejeton des Californiens, «
The Sun Comes Out Tonight », de nouveau produit par Bob Marlette et signé chez
Wind-Up (
Evanescence,
Drowning Pool,
Creed,
Seether…). Etonnés aussi de voir que deux membres uniquement sont indiqués sur le livret (Richard Patrick et Jonny Radkte) alors que les photos promos en montrent quatre. Etonnés aussi de la qualité de la pochette : elle n’est pas non plus extraordinaire mais bien meilleure que les artworks précédents.
Musicalement, on peut parler de retour aux sources puisqu’on retrouve les racines industrielles du groupe. Ce dernier avait, depuis plusieurs année maintenant, emprunté la route de l’alternatif mais là il est clair et net que ce sont les éléments électroniques qui font leur grand retour. Cela s’entend immédiatement avec « We
Hate It When You Get What You Want » qui rappellerait même NIN, à la différence que
Filter en est une version plus facile d’accès. Intro électronique, gros riffs saturés, petites bidouilles et chant rageur font de ce titre un titre relativement efficace et dans le pur style
Filter. «
What Do You Say » se situe dans la même lignée, avec les couplets guidés par la basse et les refrains qui déchirent tout. Richard Patrick semble avoir retrouvé une seconde jeunesse dans ses riffs mais aussi ses lignes vocales, très justes, tantôt éthérées, tantôt haineuses.
Filter alterne les types de morceaux puisqu’on a des titres in your-face comme ceux précédemment cités, des titres plus mid-tempo comme « Watch the Sun Come Out Tonight » où l’électronique a de l’importance dans les refrains (la voix trafiquée est imbuvable), des titres où l’indus se la joue cybernétique comme « This Finger’s for You » ou des ballades très mielleuses comme «
Surprise », « First You Break It » ou « It’s Just You » où Richard Patrick abuse un peu trop du chant aigu, même s’il le module très bien. Ce qui détonne avec les chansons les plus agressives, qui malheureusement tendent à toutes se ressembler. Et à ressembler aux précédentes sorties, comme « Self Inflicted » dont l’intro est très proche d’un « Absentee Father » (
Trouble with Angels) ou d’un « So I Quit » (
The Amalgamut) avec ce cri féroce qui dure et ces riffs costauds en soutient.
«
The Sun Comes Out Tonight » est très filterien dans l’âme et très bon, malgré quelques ballades inutiles (en mettre deux à la fin est de plus maladroit). Le retour à l’indus est plutôt bienvenu même si le groupe a beaucoup forcé sur les machines et les bidouilles, conférant à l’ensemble un aspect plus électro qu’indus. On peut dire que
Filter vit avec son temps au vu de l’ajout d’éléments modernes, au point même que son style pourrait s’apparenter à une forme de « modern metal » (sans screams ni éléments core ni bourrinage ni djent ni fusion melo death/metalcore rappelant le modern metal tel qu’on le connait actuellement). Une très bonne sortie en définitive.
La 1ère piste tourne en boucle depuis un mois ^^
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