Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint

Liste des groupes Black Metal Abigor Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint
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Nom du groupe Abigor
Nom de l'album Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint
Type Album
Date de parution 18 Janvier 2010
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album63

Tracklist

1.
 Part I
 19:42
2.
 Part II
 18:30

Durée totale : 38:12


Chronique @ Kuza

12 Fevrier 2010
Abigor revient en cette année 2010 parmi les premières sorties de l'année. Et ce n'est pas la moindre ! Nous sommes en présence ici d'une pièce tout à fait exceptionnelle, incorporant à un Black Metal aux accents dépressifs, très recherchés, des éléments plus inhabituels. Pour certains, l'utilisation d'éléments informatiques, et le son assez propre et recherché sont des voies du Black Metal qui sont impures, car moins sincères dans la réalisation. C'est peut-être vrai, dans un sens, car malgré une noirceur dépressive de la musique non négligeable, l'aspect le plus intéressant de l'album est certainement plus artistique dans ses expérimentations et ses passages avant-gardistes créés par les délires sonores de ce groupe hors du commun !

Regardons plus attentivement le contenu de cet album très particulier et très original, donc : l'œuvre est en route, et elle s'ouvre avec le tic-tac d'une horloge, brisant le silence à intervalles réguliers. Et maintenant, c'est le début. Les instruments entrent en scène, et jusqu'à la clôture de l'album, nous serons pris dans une tourmente d'expérimentations sonores et de folie musicale.
La basse joue fort sur certains passages et les riffs sont très recherchés. La batterie, propre, n'usant de la double pédale que pour certains passages un peu plus rapides, et se taisant même parfois complètement sur des passages plus atmosphériques, se trouve être très bien maîtrisée, très propre, clinique, et carrée. A chaque coup, la basse et la batterie nous délivre une lourdeur relative qui ne tarde pas à évoluer vers des passages poétiques, et tout comme les autres instruments, nous plonge dans la folie inhérente à Abigor.
Les Sampler, renforce un côté industriel, grâce à des basses boostées mais dépressives, lentes, et renforce un côté expérimental un peu schizophrène et fou, avec des variations dans les sons, des échos sur les voix, où des passages electro bien senti. On pourrait y voir parfois l'expérimentation d'un fou furieux qui laisse sa folie s'exprimer grâce aux ses machines.

La guitare occupe une place très importante dans cet album : polyvalente, nous livrant des arpèges en sons clairs, tout comme des riffs puissants et agressifs, autoritaires, le guitariste se laisse aussi aller à des expérimentations sur son instrument : ambiances schizophrènes et musique digne d'un malade mental, sons suraigus et disharmoniques, utilisation du vibrato à très bon escient pour un côté malsain et sombre, soli très inspirés mais anti-mélodiques … Nul ne peut s'attendre vraiment pas à voir des plans aussi inhabituels percuter ses sens auditifs. C'est tout simplement de l'expérimention, de l'avant-gardisme, très bien mené. Le côté avant-gardiste est d'ailleurs accentué par les vocaux : en effet, on peut ressentir dans les vocaux de AR une influence digne de Shining, mêlant supplications murmurées, incantations, agonies, aboiements Black, chants grégoriens, mais tout en articulant les paroles de sortes : le message spirituel et intellectuel d'Abigor est en effet important, et les paroles se doivent donc d'être accessibles le plus facilement.

Le thème intellectuel de cet album est en effet très important, philosophique. Pour terminer chacune des deux parties, "We fall" est répété, mettant en avant une idée qui est que nous tombons tous. Mais la réflexion sur cette chute n'est pas des moindres, tout comme les réflexions religieuses, sur Satan et Dieu, spirituelles, sur le Néant, le Temps, et la Science. Tous ces thèmes sont très importants dans l'univers d'Abigor. Finalement, ces thèmes sont développés, tissés, en même temps que la musique, pour atteindre la révélation et la conclusion, à la fin de chaque partie, avec ce "We Fall" et à la fin de l'album en lui-même, lorsqu'on prend le texte dans sa globalité et qu'on se met à réfléchir dessus. A aucun moment on ne peut s'ennuyer à l'écoute de cette album : les changements de rythmes, de plans, de voix, d'effets, d'instrumentalisation, l'originalité des plans de guitares, complètement déjantés, expérimentaux, et donnant un aspect très schizophrénique à l'ensemble, font que l'auditeur ne peut pas trouver un seul moment de répit. En effet, l'écoute doit se faire avec attention et concentration, pour percevoir tout ces changements face auxquels Abigor nous place. Un superbe album, qui malgré une pochette très sobre et un livret décevant, devrait trouver sa place dans toutes les bonnes collections pour son contenu musical et intellectuel hors du commun et tout à fait génial !

6 Commentaires

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Fonghuet - 15 Fevrier 2010: très bonne chro'!
Frostinectomy - 18 Septembre 2010: Galette procurée,
Fessée carabinée!

Super chronique!
enthwane - 24 Octobre 2010: Excellente chronique pour un disque vraiment énorme. Je ne connaissais pas Abigor avant de me pencher sur cette pièce... j'ai pas été déçu du voyage.
ZebrowSky - 28 Octobre 2011: Album monumental! Un chef d'oeuvre absolu.
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Chronique @ =XGV=

28 Fevrier 2010
Il arrive parfois que l'on écoute des albums sans trop savoir pourquoi. L'instinct nous pousse à des découvertes sans raison particulière, plus ou moins couronnées de succès. Ce fut mon cas avec cet album. Abigor était un groupe que je ne connaissais presque que de nom, en dehors de quelques écoutes sur deezer, m'ayant fait bonne impression. Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint a ravivé mon intérêt pour le groupe. Autant vous dire que j'ai déjà oublié pourquoi et dans quelles conditions j'ai entendu parler de cet album, mais une chose est sûre, ce jour-là, j'étais bien inspiré car cet album m'a immédiatement botté le cul.
Enfin... "immédiatement botté le cul" n'est peut-être pas une expression appropriée pour parler de cette œuvre.

Pourquoi pas "immédiatement", d'abord ? Parce qu'ici, rien ne l'est. N'espérez pas vous faire à l'album en deux écoutes, ni même dix car même moi après de nombreuses écoutes, n'ai même pas fini d'en faire le tour. Chaque fois que vous vous passerez cet album, vous découvrirez une nouvelle subtilité, un détail qui vous aurait échappé... Ennemis de l'expérimental, passez votre chemin car ce qui rend l'accès à l'album ardu est bien la forme, non conventionnelle.
Deux pistes, uniquement, de 19 et 18 minutes, rien que cela peut en rebuter beaucoup, mais ça n'est que la partie émergée de l'iceberg, la musique en elle-même est encore plus étrange. Comment la décrire ? Comment expliquer sans en dire trop ou pas assez ? Comment dire à quoi ressemble ce que joue le groupe ? Cette question-là est assez facile car en réalité, cela ne ressemble à rien. Le Black Metal Industriel est un sous-genre plutôt marginal donc Abigor est déjà original à la base, mais là, ils battent tous les records en non conventionnel. Ne cherchez pas de structure, il n'y en a pas. Les rythmes, les riffs s'enchaînent sans logique apparente. Quant aux effets électroniques, ils semblent avoir été pensés par une sorte de dérangé mental au fin fond d'un asile psychiatrique, par leur emploi étrange, voir même décalé, aidant à donner à l'album sa teneur et son ambiance.

Parlons-en, de l'ambiance. C'est ce qui fait qu'on ne peut pas dire de l'album qu'il "botte le cul". Cette expression sous-entends quelque chose de violent, de péchu, de brutal... Or ici, bien que l'on retrouve les caractéristiques du Black en matière de violence, elle est plutôt en retrait et ce n'est pas celle-ci qui marque l'auditeur, mais bel et bien l'atmosphère que dégage la musique. Je faisais référence aux asiles psychiatriques plus haut, parce que l'album, grâce à sa forme et ses sonorités étranges suinte la folie. On passe souvent de riffs plutôt brutaux à des passages plus atmosphériques, plus fournis en effets électroniques sans aucun préavis. Souvent, la musique s'arrête pendant une seconde avant de reprendre subitement. Tout est très sombre, tout est délirant, mais sûrement pas dans le sens joyeux du terme. L'alternance entre une voix Black de bonne facture et des voix claires ( souvent avec de curieux effets ) ajoute encore à cette ambiance, qui hypnotise, fascine sans que l'on puisse expliquer vraiment pourquoi.

Bien que mes connaissances de la musique d'Abigor soient très limitées, j'avais envie d'exprimer mon avis sur Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint car c'est un album extrêmement intéressant, varié et torturé. S'il ne botte pas le cul, il reste pourtant quelque chose d'immédiat avec lui : sa capacité à captiver l'auditeur. Du début à la fin, on reste scotché à ses plans déstructurés et cette ambiance de folie. La forme expérimentale n'aide pas à se plonger dans l'album, mais il vaut vraiment le coup pour peu que l'on adhère à ce genre de délires. Pour terminer, on peut saluer la démarche audacieuse du groupe, qui n'hésite pas à s'éloigner des standards et à produire des albums si peu faciles d'accès pour donner libre cours à sa créativité. Un 17/20 bien mérité.

1 Commentaire

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bojart - 05 Mars 2010: Abigor est une énorme groupe de black industriel.
Bravo et merci pour la chro' de cet album captivant il est vrai!
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