Vader est de retour, et pas qu'au cinéma. Alternant depuis quelques temps les EP avec les albums avec la régularité d'un pape assénant ses prières, le groupe tenu à bout de bras par Piotr Wiwczarek, qui a semble t-il enfin un line-up stable, reste ainsi sous le feu des projecteurs proposant à chaque nouvel an ou presque un nouvel objet discographique susceptible d'être promu en tournée ou lors de festivals estivaux. Après un dernier album (
The Empire) aux touches thrash linéaires édulcorant légèrement le death si reconnaissable de
Vader et après une
Tibi Et Igni et un Welcome to the Mobid Reich très réussis en début de décennie, voyons comment les Polonais vont colorer leur musique, agrémentée d'une pochette fort réjouissante, déclinée en plusieurs versions, comme de coutume avec son label
Nuclear Blast.
Au menu, moins d'un quart d'heure de musique avec trois nouvelles compositions, qui oscillent entre 1'18 et 2'38, une reprise de
Judas Priest ("
Steeler", bien appropriée, et au final intéressante, ou comment transformer
Judas Priest en sosie d'un
Venom tout nettoyé de ses approximations) et une auto-reprise, puisque c'est "
Litany", titre fort connu des fans ayant donné son nom à l'album sorti en 2000. Si celui-ci a gommé sur cette revisite son mix de batterie disproportionné qui avait fait parler de lui à sa sortie (en bien ou en mal, c'est selon), le titre déjà percutant dans sa version originelle n'a rien de remarquable en plus ou en moins dans sa nouvelle version. Un bon morceau reste un bon morceau. Tant qu'à faire, un titre plus méconnu eut été plus intéressant.
Restent donc trois titres originaux. Ceux-ci, très percutants et portés par un batteur survolté et le phrasé si identifiable de Piotr, ne font pas de quartier. D'entrée, "Grand
Deceiver" au tempo très soutenu, assène ses coups de boutoir martiaux juste aérés par un solo final fort bienvenu. Un bon morceau, plus rentre-dedans que l'album précédent qui pourra intéresser les déçus de
The Empire. Vient en milieu d'EP, un "
Emptiness" plus mélodique et posé, avec un solo introductif plaisant et un tempi qui donne envie d'headbanguer sans relâche.
Plus thrash, voire heavy que death, ce morceau entraînant aurait mérité un développement plus creusé. Dommage. Comme
Vader est du genre pressé, c'est en à peine plus d'une minute que "
Despair", sorte de brûlot un poil linéaire, remet le deathmetal au centre des débats. Composition pas géniale, juste manière de défoncer l'auditeur le long (!) de sa durée.
Au final, c'est un en-cas sympathique, comme souvent chez
Vader, mais ici nullement indispensable. Les collectionneurs et autres fans du groupe pourront se satisfaire de ce EP anecdotique dans la carrière des Polonais. Après, les comptables, et ils n'auront pas tout à fait tort, diront qu'à un euro la minute, ça pique un peu, surtout que la reprise de "
Litany" ne change pas la donne, les habitués du groupe connaissant bien ce morceau. Chacun son choix. Sans doute propice à définir l'orientation de l'album suivant (comme
Iron Times pour
The Empire), et ici très à cheval sur l'alternance entre rafales death habituelles et rares moments plus mid-tempo, bien malin qui pourra deviner si le prochain
Vader gardera cette inclinaison en 2019/2020.
Pas de quoi augmenter son découvert à la banque, si j'ai bien compris
Excellent EP j'ai adoré pour ma part
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