Thin Lizzy

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15/20
Nom du groupe Thin Lizzy
Nom de l'album Thin Lizzy
Type Album
Date de parution 30 Avril 1971
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album71

Tracklist

1.
 The Friendly Ranger at Clontarf Castle
 02:57
2.
 Honesty Is No Excuse
 03:34
3.
 Diddy Levine
 03:52
4.
 Ray Gun
 02:58
5.
 Look What the Wind Blew I n
 03:16
6.
 Eire
 02:04
7.
 Return of the Farmer's Son
 04:05
8.
 Clifton Grange Hotel
 02:22
9.
 Saga of the Ageing Orphan
 03:39
10.
 Remembering (Pt.1)
 05:57
11.
 Dublin
 02:27
12.
 Remembering (Pt.2) (New Day)
 05:06
13.
 Old Moon Madness
 03:56
14.
 Things Ain't Working Out Down at the Farm
 04:32

Durée totale : 50:45


Chronique @ melpo

24 Fevrier 2017

album qui n'est pas indispensable, mais qui est un bel objet "historique"

Thin Lizzy a été créé à la charnière des années 60 et 70. C’est une période d’explosion musicale durant laquelle les styles et les genres s’entremêlent pour ouvrir de nouveaux horizons. On est alors encore dans la période du rock psychédélique qui évolue vers un rock plus progressif ou qui est à la recherche d’un retour aux racines blues ou country. C’est évidemment dans ce contexte que certains groupes accélèrent le tempo et alourdissent le son, pour former ce qui était en train de devenir du hard rock. Mais c’est aussi une période où le folk, le jazz puis la soul rencontrent le milieu du rock et de la pop. Pour le coup, l’Irlande, pays de Van Morrison, en est la parfaite synthèse.

C’est donc dans ce contexte musical que le guitariste Eric Bell croise le chanteur Phil Lynott qui est encore un bassiste débutant et le batteur Brian Downey. Eric Bell est d’abord impressionné par le jeu de Brian Downey qu’il a vu jouer avec Phil dans leur groupe Orphanage. De son coté, Eric Bell s’est déjà taillé une petite réputation de guitariste dans le milieu rock de Dublin, on avait fait appel à lui pour jouer avec Them le groupe de Van Morisson. De cette période Eric Bell a conservé une relation avec Eric Wrixon, l’organiste de Them. C’est donc à l’initiative de Bell que le groupe Thin Lizzy se crée, c’est d’ailleurs lui qui a trouvé ce nom. Le nouveau groupe associe alors Eric Wrixon. Un premier single "The Farmer" sort mais n’obtient aucun succès, Eric Wrixon abandonne alors l’affaire. Les trois autres musiciens décident de partir sur les routes avec des reprises de chants traditionnels irlandais et des morceaux déjà écrits pour Orphanage. C’est lors de ces concerts qu’ils sont repérés par le label DECCA qui leur propose de sortir l’album qui fait ici l’objet de notre chronique "Thin Lizzy". Il s’agit surtout d’une reprise du répertoire de l’ancien groupe de Phil et Brian, Orphanage.

Thin Lizzy est un groupe qui a toujours puisé dans différentes influences pour construire sa musique, son premier album ne fait pas exception. Il est presque entièrement composé et écrit par Phill Lynott et enregistré à Londres avec le producteur américain Scott English en janvier 1971. Le disque sort le 30 avril 1971. Phil Lynott a toujours montré un certain goût pour les ballades et dès son premier album, il nous en présente trois. Avec "Honesty is no Excuse", on retrouve déjà un son propre à Thin Lizzy que l’on aura souvent l’occasion d’entendre par la suite. La particularité de ce morceau est qu’il est accompagné par le Jazzman britannique Ivor Raymonde au mellotron (instrument polyphonique et électronique utilisé par certains groupes de la fin des années 1960), ce qui explique, probablement ce coté jazzy. La ballade "Eire" aux influences irlandaises est connue pour son engagement pour une Irlande libre avec des références aux héros de la lutte contre les Anglais lors de la guerre de Neuf ans. "Saga of the Ageing Orphan" est sans doute la plus belle de ces trois ballades. Une superbe mélodie folk sur laquelle Phil Lynott évoque le temps et l’âge de ses proches.

Le reste de l’album se veut plus rock, mais on reste encore assez loin du son hard rock qui fera la gloire du groupe. On laissera volontiers de coté le lent morceau qui inaugure le disque aux influences jazzy "The Friandly Ranger at Clontarf castle". Quant à "Diddy Levine", c’est une composition de plus de sept minutes qui alterne des changements de rythmes. Le morceau est indéniablement riche et intéressant, mais pas suffisamment dense, ce qui crée un certain ennui. "Ray Gun" est le seul morceau entièrement composé par Eric Bell, ce qui explique la forte présence du jeu de guitare. Pourtant, ce n’est pas sur ce morceau qui laisse un goût d’inachevé qu’Eric Bell montre ses qualités de guitariste, et il n’en manque pas. Ainsi, on lui préféra "Look What the Wind Blew In", beaucoup plus rock’n’roll, "Return of the Farmer’s Son" dont les riffs sont très irlandais et le long "Remembering Pt 1", plus de six minutes qui commence comme une ballade mais qui s’accélère pour mettre à l’honneur le jeu d’Eric Bell dont on sent l’influence d’Hendrix. Enfin, "Clifton Grange Hotel" est à mon sens le morceau le plus intéressant. Le jeu de basse et la voix de Phil Lynott y sont tout en finesse, alors que l’on a un rythme sensiblement soul sur lequel monte un jeu de guitare de plus en plus rock. Ici, encore Eric Bell montre sa dextérité. Pour l’anecdote, le Clifton Grange Hotel est un hôtel de Manchester acheté par la mère de Phil Lynott et dans lequel des artistes de tout genre se rendaient.

Au final, on a un album correct, bien qu’inégal. Malheureusement la production médiocre donne le sentiment que les instruments jouent les uns à cotés des autres sans donner une cohérence à l’ensemble. Par ailleurs ou conséquence de cette mauvaise production, beaucoup trop de morceaux manquent de cadre et de structure et laissent penser qu'il s'agit d'ébauches qui sont encore à travailler. On reste donc sur une forme de frustration car on sent qu’avec un peu plus de puissance et de construction, on aurait pu avoir quelque chose de plus entraînant et de plus achevé.

Ce premier essai du groupe n’est certes pas à marquer d’une pierre blanche, mais on y retrouve cependant en partie ce qui fera le Thin Lizzy de l’âge d’or. Un éclectisme musical et un goût prononcé pour le jeu de guitare, dans lequel Eric Bell se débrouille plutôt bien. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, ce disque est à éviter dans l’immédiat. Pour les fans, on a un objet dont l’intérêt est d’abord historique.

PS : On retrouvera en bonus sur la réédition de 2010, le premier single "The Farmer" et l’intégralité de l’EP "New Day", sorti quelques mois après cet album.


3 Commentaires

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ZazPanzer - 01 Mars 2017: Merci Melpo pour ce texte bien documenté. Grand fan de Phil devant l'éternel, j'avoue n'avoir écouté les deux premiers albums qu'une paire de fois il y a environ 22 ans et n'avoir jamais eu le courage de les retenter depuis tellement ils m'avaient paru rébarbatifs à l'époque. Il faudra que j'y repasse tôt ou tard ! J'avais eu la même réaction avec les deux premiers Cooper et j'ai fini par les acheter et même les apprécier, rien n'est perdu !
samolice - 07 Avril 2017: Merci pour la chro, très intéressante.
Un album étonnant pour qui connait la suite de Lizzy (à partir de "Nightlife" disons). A ne pas mettre entre toutes les mains. Les prémices du Lizzy "traditionnel" apparaissent quand même parfois, comme sur la ligne de guitare d'un "Return of the Farmer's Son".
Avec les années, je prends de plus en plus de plaisir à écouter ce skeud. Peut être est-ce due à la nostalgie, ce gars me/nous manque tellement. Mais rien que de l'entendre parler au début de "The Friendly Ranger at Clontarf Castle" ça me fout les poils.
Je regrette de ne pas être un native speaker pour comprendre sans avoir besoin de me concentrer comme un fou (et avoir ainsi une tête de constipé).
melpo - 12 Avril 2017: merci pour les commentaires.
C'est ma première chronique et vos avis m'encouragent plutôt.
Le jeu de la guitare sur "Return of the Famer's Son", ressemble a du Thin Lizzy car on y retrouve ce petit coté irlandais qui bien que discret (pas toujours, voir Black Rose) est récurrent dans la musique de Lynott.
J'en profite pour ajouter une précision : la mère de Lynott a acheté son hôtel à Manchester avec son conjoint.
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