Il peut s'en passer des choses en quatre années... Des découvertes se font, des guerres se déclenchent, des gens naissent, des gens meurent, mais dans le cas présent des gens réfléchissent, composent et explorent toujours plus loin, l'univers musical qu'ils ont créé.
Ces artistes dont il est question ici, sont regroupés sous une sombre bannière sur laquelle est écrite «
Nokturnal Mortum» et leur dernière offrande à leur mère patrie, l'Ukraine, sortie en cette fin d'année sous le nom de «
The Voice of Steel» est tout simplement une nouvelle merveille parmi leur fabuleuse discographie.
Avant de vous en parler, replaçons cette œuvre dans son contexte pour ceux qui découvriraient...
Nokturnal Mortum est un groupe d'origine Ukrainienne officiant dans le pagan metal. Le groupe, tout d'abord connu sous le nom de
Suppuration, sort donc une première démo intitulée
Twilightfall qui était plutôt orientée death metal. Puis en 1995 sors une seconde démo, «
Lunar Poetry» qui cette fois-ci va faire parler d'eux et qui continue également à faire parler d'elle de nos jours, car en effet à partir de cette esquisse de génie créatif,
Nokturnal Mortum a trouvé son style, sa pâte, son essence. Un black pagan, folklorique qui transcende l'auditeur et qui le fera voyager dans les lointaines contrées d'Europe de l'est, dans des bois sombres, humides et froids. En effet la musique de Varggoth et ses compagnons est empreinte d'une grande personnalité et de talent pur et simple qui ne manquera pas de se répercuter et même d'évoluer au fil des albums, comme «
Goat Horns », «
To the Gates of Blasphemous Fire» nous le prouveront. Lors de la sortie de
NeChrist les critiques étaient plus controversées. La musique de celui-ci était plus brutale, voire martiale et certains titres tels que « The Call of Aryan
Spirit » se voulaient plus explicites, Varggoth était alors entré dans une phase où il voulait laisser sa créativité et ses idées s'exprimer de la manière la plus claire et la plus efficace possible. Cet album était également le seul à exprimer des idées ou des appartenances politiques, la musique se voulant apolitique à la base, le côté NS étant seulement réservé à la vie privée des membres. Cette touche martiale de
NeChrist se répercuta alors sur «
Weltanschauung » où les rythmes militaires, bruits de mitraillettes, explosions, cris de guerres se mélangeaient parfaitement aux instruments traditionnels et les riffs épiques dont seuls nos Ukrainiens ont le secret. Puis ce fut quatre ans plus ou moins « à vide ». Hormis un split « Eastern
Hammer » et un cd live le groupe ne nous a pas gratifié de nouvelles offrandes païennes. Puis soudain, annoncé comme un cheveu tombant dans la soupe ce «
The Voice of Steel » nous est annoncé pour cette fin d'année 2009. Mais qu'est-ce que cela peut bien donner...?
Hé bien si vous êtes du genre à paniquer à chaque sortie d'album en vous demandant si le groupe que vous aimez n'est pas tombé dans la facilité ou n'a pas fait un virage, voire un demi tour dans son style musical, respirez un grand coup et détendez vous! Ce dernier opus de
Nokturnal Mortum est bel et bien du BM tel qu'on le connait et tel qu'on l'aime. Et s'il y a bien une chose que je peux vous assurer, c'est que quatre ans d'attente ce n'est que peu de choses lorsque l'on prend conscience de la profondeur de la chose (de la bête devrais-je dire).
Varggoth et sa magnificence créatrice sont de retour avec une inspiration à toute épreuve et une production qui l'est tout autant.
Comme à son habitude le groupe nous targue de ses introductions instrumentales. Ici point de titre, simplement « intro ». Des chants d'oiseaux, des trompettes ou des cors pour mettre en place le décor bien fourni une fois de plus. On retrouve également les habituels morceaux de neuf minutes et plus, ces morceaux qui, à mes yeux tout du moins, ont fait la grandeur de ce groupe tant ils nous font imploser d'émotions de par leurs inspirations et leurs compositions. Vous appréciez «
Veles Scrolls » ou «
Unholy Orathania » sur
Goat Horns et bien alors jetez vous sur «
Valkyria », « Ukrainia » ou encore le magnifique/maléfique « The Islands of my
Dream ». Du début à la fin de ces titres les riffs évoluent toujours plus jusqu'à atteindre leurs paroxysmes émotionnels et libérer ces sentiments en l'auditeur à grand renfort d' headbangs et de poings serrés brassant les airs avec vigueur telles de silencieuses acclamations aux magiciens ukrainiens.
Le coup de maître a été de reprendre tout ce qui faisait la force des précédents albums et d'en faire un condensé très bien équilibré entre chaque instrument. Une bonne chose également dans le fait que si vous faîtes partie de ceux qui n'aiment qu'un album du groupe vous pourrez y trouver votre bonheur dans celui là. Le coup de pâte magistral des guerriers de l'est nous a encore une fois atterré sous la puissance barbaresque des compositions et l'atmosphère magique de l'album en général. Si vous ne trouvez pas votre bonheur dans le titre éponyme plus proche de «
Weltanschauung » alors optez pour le très acoustique « Sky of Sorrowful
Night » qui aurait pu figurer comme transition sur «
NeChrist ». Sinon le folklorique et dynamique « Ukrainia » vous sierra peut être, ou vous rappellera avec nostalgie leur EP «
Return of the Vempire
Lord-
Marble Moon » sinon rabattez vous sur «
Valkyria » ou « The Islands of my
Dream » et pensez «
Lunar Poetry »/ «
Goat Horns ». Il y en a pour tous les goûts, chaque morceaux ayant leurs buts précis. Ils restent dans la même veine sans jamais se ressembler, chacun vous apportant un petit peu plus.
Je pourrais vous en parler des heures et des heures ou écrire des dizaines de pages, mais vous vous ennuieriez alors pour finir je vous direz simplement que vous soyez fan du groupe ou non que vous ne perdriez rien à y jeter une oreille : si vous êtes fan vous allez être comblés et si vous ne connaissez pas alors laissez vous tentez, lancez la lecture de ce joyaux, fermez les yeux, sombrez. Et lorsque vous entendrez ces cris déchirants à la fin de « White
Tower » vous saurez alors que c'est la fin, mais surtout n'oubliez pas qu'il y a eu d'autres excellents albums avant celui-ci qui n'attendent qu'une chose, que vous mettiez la main sur eux. Et surtout pensez... pensez qu'il y en aura d'autres... pensez que Varggoth et sa bande sont pleins de ressource et que, si nous avons de la chance ils n'atteindront pas leur apogée de si tôt.
Si tant est qu’ils puissent avoir des limites...
Valentheris.
Excellent disque. N'étant pas familier du genre, j'avoue être transporté par les mélodies et l'ambiance dégagée. Varié finalement plus qu'il n'y paraît, cet album (le seul que je possède du groupe) constitue un vrai voyage. L'ensemble se déguste d'un trait, et il est difficile pour moi du moins de sortir un titre d'un autre, tant le tout fait bloc. Dans le genre, s'il y a d'autres perles, je suis preneur.
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