Emperor et
Arcturus restent les premiers à avoir osé inclure des claviers à forte dose dans leur musique créant du même coup le Black symphonique, mais
Limbonic Art a poussé le concept encore plus loin, proposant littéralement des orchestrations qui lui vaudront d’être qualifié de Black
Metal wagnérien sur
Moon in the Scorpio.
Mais avec
Ad Noctum –
Dynasty of Death le disque précédent, un revirement notable intervenait : leur mysticisme galactique et symphonique y était toujours présent, mais un peu atténué au profit d’un surcroît d’agressivité et de guitares enfin mises en avant.
Dévoilé au sein d’une année dominée par les nouvelles terreurs du Death
Metal,
The Ultimate Death Worship (2002) 5ème réalisation du duo norvégien était attendu de pieds fermes par les fans, une partie d’entre eux espérant un retour au tout symphonique, mais
Daemon et
Morfeus ne sont pas du genre à faire marche arrière…
Pentragram et paysages interstellaires, voici l’artwork (dessiné par
Morfeus himself) de ce disque qui ne rompt pas avec la tradition
Limbonic Art mêlant ésotérisme et satanisme. Musicalement on reste sur la voix tracée par
Ad Noctum : un Black
Metal symphonique racé, sachant aussi bien alterner violence et atmosphère qu’unir les deux.
The Ultimate Death Worship donne le ton avec d’entrée des guitares appuyées ne figurant pas sur les anciennes réalisations, et également des parties très incisives presque à rapprocher du Death
Metal. En revanche on retrouve ce son de clavier particulier qui fait tout le charme de
Limbonic Art et un refrain final martelé avec tant de volonté qu’il devient vite inoubliable.
Suicide Commando est encore plus rapide, donnant l’impression de traverser le cosmos au sein d’une comète, un titre alliant pouvoir symphonique et agressivité musical avec brio, l’un des meilleurs de l’album.
Pour la première fois les norvégiens ont mis en boite la galette dans leur propre home studio, se permettant de peaufiner au mieux le niveau des différents instruments, et se lâchant littéralement au niveau du chant avec des plages (parfois superposées) très variées et travaillées.
Quelques nouveautés font aussi leur apparition comme ces tracks
Dark Ambiant de Purgatorial
Agony et Last
Rite for the
Silent Darkstar, offrant un intermezzo (plus ou moins dispensable) entre les assauts. Quoi qu’il en soit la grande pièce centrale Towards the Oblivion of Dreams emporte l’auditeur dans un voyage initiatique et torturé au cœur du cosmos : introduction emphatique, riffs étranges et entêtants, claviers épiques, passages lourds, interludes narrés, claviers et guitares mélancoliques : le duo sort tout l’attirail.
Un petit cran en dessous de
Ad Noctum –
Dynasty of Death,
The Ultimate Death Worship reste toutefois un disque de haute volée, injustement boudé par les fans rigides, nostalgiques du tout symphonique. Je conseille donc à ces derniers de faire un effort et de jeter une oreille au captivant
Funeral of Death, dont le côté symphonique (surtout à la fin) allié au jeu de basse pulsant fait merveille.
Même si le souffle mystique des 4 premiers disques s’est un peu estompé,
The Ultimate Death Worship montre toujours un indéniable talent de composition et propose un style immédiatement identifiable, ce qui en soit est déjà un signe important de qualité.
BG
A vrai dire, je ne pense pas être un fan rigide de la première époque de Limbonic Art, même si "Moon In The Scorpio" est une des meilleures réalisations en Black Symphonique qu'il m'ait été donné d'écouter. En fait, je trouve "Ad Noctum" vraiment très bon, et j'apprécie par ailleurs beaucoup "Legacy Of Evil". Mais "The Ultimate Death Worship" me semble être l'album le plus "plat" de Limbonic Art, après toutefois un "Epitome Of Illusions", assez maladroit... Le tout est trop homogène à mon goût : non seulement c'est moins symphonique qu'un "Legacy Of Evil" (cf. "Twilight Omen"), mais en plus je ne retrouve pas les riffs démentiels d'un "Ad Noctum" (cf. "Pits Of The Cold Beyond"). Néanmoins, et c'est bien de l'avoir sacralisé, "Suicide Commando" est un morceau magistral ; le meilleur de l'album à mon sens. Le reste n'est pas mauvais, mais peut-être un peu trop monotone pour mes oreilles...
Je vais me le réécouter tiens !
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