Moon in the Scorpio

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Nom du groupe Limbonic Art
Nom de l'album Moon in the Scorpio
Type Album
Date de parution 09 Juillet 1996
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album225

Tracklist

1.
 Beneath the Burial Surface
 13:42
2.
 Moon in the Scorpio
 08:22
3.
 Through Gleams of Death
 09:17
4.
 In Mourning Mystique
 14:41
5.
 Beyond the Candles Burning
 07:08
6.
 Darkzone Martyrium
 06:21

Bonus
7.
 The Dark Rivers of the Heart
 07:02

Durée totale : 01:06:33


Chronique @ ArchEvil

18 Juin 2008
Si on remonte vers 94, on s’aperçoit que Emperor fut le premier groupe à utiliser les claviers dans le black metal comme cinquième roue du carrosse sur In The Nightside Eclipse. Cet album, qui resta un petit temps dans l’anonymat, suscita par après mille convoitises et milles reprises de la part de formations souvent très contestées dans le milieu. Les claviers vernis à double couche ne faisaient pas toujours bon ménage avec l’agression propre au genre, peut être est-ce dû à une mauvaise interprétation de celui-ci, une tentative de donner la grande éloquence au black metal qui ne pouvait, au final, que vivre sans.
Mais parmi ces formations, certaines ont réellement tiré leur épingle du jeu, certaines sont parvenues à préserver les lettre de noblesses de l’art noir tout en lui insufflant une autre dimension. Il y a eu Emperor, qui évolua au point de s’éloigner totalement du genre, et Limbonic Art. Par là, vous vous imaginez le fameux groupe de death symphonique pompeux ? Oui, c’est exact. Mais il fut un temps où il fut le seul à tenir le black symphonique en respect, un temps où il parvint à réaliser un opus qui pouvais réellement se permettre de porter cette étiquette sans se faire rouler dans la boue. Moon in the Scorpio. Leur tout premier album, devenu quasi légendaire.
Mais cette fois-ci nous ne sommes ni six pieds sous terre couverts de sang et de souffre, ni perdus dans une forêt enneigée, ni au cœur d’un combat terrifiant. Ce que nous voyons s’apparente plus à une carte 3D du cosmos, ses nébuleuses, ses supernovas, le tout dénué d’approche fantasmagorique ou de fabuleux mais baigné d’une aura inquiétante.

Tout d’abord, Limbonic Art, ce sont deux hommes : Vidar Jensen alias Daemon, guitariste hurleur de la petite formation, et Krister Dreyer alias Morfeus, posé à la guitare mais aussi derrière ses claviers, épiçant la musique de quelques passages de chant clair.
Et Moon in the Scorpio est une symphonie de l’ombre. Ha ha ha ! Très drôle, Arch ! Bon... le terme pourrait en déranger quelques-uns, évidemment. Mais si nous ne sommes pas aux côtés d’un compositeur et de l’orchestre polyvalent qu’il animera de ses œuvres, les teintes offertes par le clavier de Morfeus regorgent d’une richesse harmonique, d’une emphase, d’une luxuriance étonnamment proche d’une fugue à Jean Sébastien Bach. Analysons donc ces structures :
La première constatation que le mélomane pourrait déduire, c’est cette organisation au sein du petit orchestre. Morfeus dirige l’ensemble... Voilà une chose plutôt surprenante pour un disque qualifié de metal. Mais réelle. Ainsi donc, la bête évolue essentiellement sur les claviers, ceux-ci tels un narrateur au charisme obsédant, racontent l’odyssée mélodique de l’ensemble. Usant de sonorités néo-classiques artificielles ( de l’orgue aux violes en passant par le piano traditionnel et les sonorités plus légères telles les instruments à vent ) mais convaincantes cependant, l’univers aussi scintillant qu’hermétique de Moon in the Scorpio prend une forme aux milles couleurs, celles-ci maintenues en une palette sombre uniquement grâce aux modes et gammes utilisés. Il est vrai que le rendu général contient un certain côté kitsch qui pourrait en rebuter plus d’un, ceci concernant surtout les oreilles sensibles à l’acoustique instrumental.
Les guitares quant à elles, tendent la toile de fond, forment un mur massif et froid, générateur de l’atmosphère pesante et sulfureuse que le black metal nous produit depuis toujours. Si les ambiances n’en sont pas poisseuses pour autant, l’aura maléfique tient cependant debout. Une caractéristique qui donne toute finition à la musique de Limbonic Art en cette période.
Celles-ci maintiennent donc l’émotion en condition tout en se refusant pas quelques altération bienvenues, telles celles des épisodes finaux des deux premiers titres. Le seul reproche que l’on pourrait faire au groupe, c’est de leur avoir attribué ce grain un tantinet trop cru pour l’approche désirée, chose à laquelle il est, bien entendu possible, de s’habituer.
La batterie programmée quant à elle, parfaitement ciselée mais manquant un peu de mordant sur certains points, se voit entièrement adaptée au contexte général par sa sonorité typique, correctement réverbérée et aérienne.

Côté influences, on sent qu’Emperor est passé par là, mais l’ensemble se veut pourtant bien différent conceptuellement. Je dirai même que c’est avec cet opus que la symphonie dans le black metal aura acquis son propre podium artistique, palmarès qu’elle perdra à jamais. Car Moon in the Scoprio est le seul véritable aboutissement du groupe. Après avoir sorti un In Abhorrence Dementia plus puissant et plus travaillé mais sensiblement moins passionnant, Limbonic Art recherchera les vertus de la puissance technique armé de son compositeur abouti, chose qu’il ne trouvera jamais véritablement. Pourtant, ce disque possède tout pouvoir nécessaire pour ravir les grands amateurs de musicalité ; d’une complexité harmonique évidente, il pourrait même faire naître des sourires béats chez les inconditionnels du baroque et du classicisme.

Oh oui ! Moon in the Scorpio possède un immense pouvoir et ses fresques sont un voyage interstellaire à en pleurer d’admiration. Le Carmina Buranien Through the Gleams of Death et ses compositions mesquines à la Carl Orff. Le titanesque In the Mourning Mystique, la balade de l’absolu, le reflet du sang d’encre sillonnant les veines d’un colosse en ébène, la terrifiante conclusion Darkzone Martyrium, le feu du ciel qui s’abat sur le paysage luxuriant, une progression qui me rappelle justement la Walkyrie, célèbre opéra de Richard Wagner vers sa conclusion. Le puissant morceau titre, ses yeux nocturnes et sa fin impériale, non pas par sa grandiloquence mais par l’impression de bal fantôme qu’elle produit inexorablement.

Moon in the Scorpio. Un grand disque, une innovation, une révélation et une référence aujourd’hui, si ce n'est pas la référence du démon du metal symphonique. Il restera pour moi, le meilleur opus de black symphonique parvenu à mes oreilles. Oh que de bonheur.


13 Commentaires

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pistache - 03 Décembre 2011: Mon album préféré tout genre confondu! Cet album me fait rêver...

Sinon, j'ai eu la version originale pour juste 2 euros de plus que la version 2010. Mais je suis du genre à guetter les bonnes affaires sur priceminister, amazon...

Merci pour ta chronique mais il n'y en a qu'une plus un commentaire! Quand je pense à certains albums qui ont plus d'une dixaine de chro, le moon in the scorpio en mérite autant :)
BadaOfBodom - 03 Décembre 2011: Ouais, il faut vraiment que je le chronique, celui-là... Mais avant, je pense qu'il serait bon d'approfondir l'oeuvre de Wagner. Je suis dans le Romantisme en ce moment, donc ça tombe bien.
pistache - 03 Décembre 2011: Oui mais ne ponds pas une chronique trop intello hein...
Abwxcvbn2 - 07 Août 2017:

De mon point de vue, la version remasterisée 2001 est la meilleure car elle comprend toute les chansons remasterisées (évidemment), y compris la chanson bonus et Beyond the Candles Burning (pas comme sur la version 2010 que j'avais).

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Chronique @ dark_omens

02 Juin 2016

Indispensable...tout simplement...

Il existe une communauté très rigoriste s'agissant du Black Metal. Elle vit ce mouvement au travers de règles auxquelles tous les adeptes de cette scène devraient obligatoirement se conformer. Défendant, avec honneur, entre autres, la tradition originelle d’un art noir non perverti par les impures sonorités, par les ignominieuses mélodies et par les immondes métissages créatifs, il n’est pas rare, à ce jour encore, que certains non connaisseurs, ceux de ce grand public inculte, imaginent ces adorateurs de Satan par des nuits de pleine lune, dans les profondeurs de la sylve, prêts à sacrifier vierges, volatiles et tout ce qui pourra tomber sous leurs lames. Ridicule.

La scène Black Metal, de tous temps, aura su se diversifier, s’enrichir, grandir et mûrir. Stigmatiser et simplifier ce mouvement à sa tendance la plus dure, et la plus minimaliste, est aussi sot qu’inexact. L’évolution symphonique de cette pratique artistique la plus obscure qui soit, est l’expression la plus évidente de ce démenti.

Historiquement, il convient, en effet, de rappeler pour les plus ignorants, ou pour les plus jeunes, que le Black Metal dit symphonique, ou orchestral, prend sa source dans les travaux d’Emperor, et notamment de l’excellent In The Nightside Eclipse (1994). Loin de constituer une œuvre anecdotique, ce disque, engendrera une tendance forte. De cette nouvelle mouvance, dont les plus traditionalistes penseront qu’elle souille honteusement la pureté originelle d’un Black ancestral, naîtra une scission définitive au sein de cette scène. S’éveillant dans ce nouvel univers, avec plus ou moins de sincérité et d’intégrité, peu sauront réellement, et effectivement, trouver cet équilibre essentiel où se confrontent, avec un sombre bonheur malsain, la grandeur orchestrale grandiloquente de ces symphonies et la bassesse archaïque de ce cri primal haineux qu’est le Black Metal. Souvent au détriment de cette noirceur, les mélodies de pianos, synthés et les orchestrations, envahissent les tréfonds d’abysses qui semblaient pourtant, par définition, impénétrables. De cette fange hideuse s’extraient, néanmoins, quelques germes obscurs d’une magnifique promesse. Parmi ceux-là, Limbonic Art et son Moon in the Scorpio.

Autour d'airs composés, enfin, comme une partie intégrante et essentielle de cette musique, et non comme un supplément esthétique comme tant d'autres le font et en abusent, le groupe nous ouvre les yeux sur cette fresque céleste qui nous emporte en un tourbillon de saveurs exquises. Usant de manière subtile de divers éléments, Daemon et Morpheus élaborent une effigie ambitieuse. Si certains défauts en ternissent, évidement, quelque peu les teintes, notamment ce grain sonore un peu cru et primitif, inhérent aux productions plus traditionnelles qu’il sublime parfois en soulignant davantage encore cet aspect crasseux et venimeux, mais qui sied si mal aux couleurs plus "symphoniques", ou encore ce mixage où les guitares prennent trop peu d’envergure sous la voûte artistique de ces cieux insolites, l’évocation en reste cependant délectable. Alternant adroitement sonates, à la musicalité jamais incohérente, où l’esprit vagabonde dans un tourment juste inquiétant, et véhémence recherchée, où nos âmes torturées se troublent, Limbonic Art nous fait voyager dans une galaxie étrange et pénétrante. Un bouleversement excellemment sublimé par la présence de ces sublimes voix aiguës écorchées.

Véritable pièce maîtresse du Black Metal symphonique, ce Moon in the Scorpio est une œuvre noir grandiose. Un ouvrage culte, indispensable à la compréhension actuelle des diverses évolutions du genre.

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Commentaire @ Peter.K

17 Mai 2006
Limbonic Art est un duo venu de Norvège, composé seulement de deux membres Morpheus et Daemon (pour citer leurs pseudo), leur musique se classe comme étant du black sympho, mais c'est bien plus que ça, c'est parfois cosmique, parfois très rapide, parfois très sombre, parfois très lent, parfois "opéra", souvent majestueux avec une atmosphère unique, bref.. c'est Limbonic Art.
Leurs meilleurs albums sont les deux premiers, donc celui-ci et "In Abhorrence Dementia", où le groupe nous dévoile tout son génie musical.
Passons alors à ce premier album "Moon in the Scorpio", six titres, sept si vous avez la chance de posséder la chanson bonus, pour plus d'une heure de musique. Les titres ici sont très longs, assez sombres, très froids, très beaux.

Dès les premières minutes, on peut apprécier la symphonie de leurs musiques avec les nappes de synthé parfaitement exécutées, très froides. Les guitares sont elles souvent très rapides, accompagnant les notes des claviers, claviers qui une fois de plus représentent presque à eux seuls toute la beauté de la composition. Tout au long de l'album, les vocaux varient de chant black assez guttural, à des hurlements très froids ou encore à des voix claires toujours aussi "cosmiques".

En exemple,je citerais "Beneath the Burial Surface", le premier morceaux, qui dure plus de 13 minutes, l'intro est jouée au clavier puis suit une tempête cosmique durant laquelle on ne peut que rester sur le cul tellement c'est beau, malgré la violence qui s'en dégage. Les vocaux sont également très froids et accompagnent parfaitement la musique, on imagine un démon de glace hurlant au fin fond des abimes. Impossible de s'ennuyer en écoutant une merveille pareille.

En ce qui concerne les autres morceaux, tous excellents, en oublier un seul serait du vandalisme! Tous possèdent cette atmosphère si glaciale, nous promenant tantôt parmi les grandes plaines glacières, tantôt visitant les immenses palais des glaces ou tantôt encore nous mêlant à la grande tempête de neige! Il ne faut pas être frileux en écoutant ce CD!

Pour conclure je dirais que très peu de morceaux possèdent une telle majesté que celui la!!C'est de l'art, du vrai!
Ruez vous amis, ruez vous!!

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ArchEvil - 20 Avril 2008: Moon in the Scorpio. La symphonie de l'ombre. La noblesse et la grandeur impériale de l'art noir, la définition même de black metal symphonique, l'opus Wagnérien incontournable et inégalable, la richesse mélodique des orchestrations mêlée à la noirceur et le fond hermétique du black metal. Les guitares en colonne supportant le podium du virtuose. Le colossal, l'inébranlable, l'intouchable Moon in the Scorpio. Rien à voir avec la suite de la discographie du groupe.
jocemcmxcix - 06 Janvier 2012: Cet album n'arrive que maintenant dans ma disco...c'était un tort ! Peter dit "qu'oublier un seul morceau serait du vandalisme", c'est vrai ! (En revanche, affirmer que "les meilleurs sont les deux premiers" me semble un peu subjectif pour une chro !..)Comme quoi, les claviers, ici très présents, peuvent vraiment servir le Black...
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