In Abhorrence Dementia

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17/20
Nom du groupe Limbonic Art
Nom de l'album In Abhorrence Dementia
Type Album
Date de parution 12 Décembre 1997
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album201

Tracklist

Re-Issue in 2001 by Candlelight Records
1.
 In Abhorrence Dementia
 07:25
2.
 A Demonoid Virtue
 07:40
3.
 Descend to Oblivion
 05:31
4.
 A Venomous Kiss of Profane Grace
 07:05
5.
 When Mind and Flesh Departs
 07:38
6.
 Deathtrip to a Mirage Asylum
 12:13
7.
 Under Burdens of Life's Holocaust
 06:26
8.
 Abyssmal Necromancy
 06:55
9.
 Oceania
 00:43
10.
 Behind the Mask Obscure
 07:14
11.
 Misanthropic Spectrum
 07:15

Durée totale : 01:16:05


Chronique @ ArchEvil

09 Décembre 2007
Glissant avec noblesse sur la surface rugueuse de guitares criardes, les claviers de Moon in the Scorpio charmaient l'oreille par leur empathie. Ce chef d'oeuvre de 1996 brillant par sa cohérence et ses envolées cosmiques laissait présager différentes hypothèses concernant une suite aussi alléchante qu'inquiétante.
Limbonic Art et son metal très théatral, dont la force se tenait principalement en ces claviers prépondérants, aurait-il prit quelques leçons de leur premier opus ? Oui et non.

Positivement : là ou l'on regrettait le manque de franchise de la batterie programmée et le mixage très cru des guitares ne se mariant pas toujours aisément avec le contexte artistique, Daemon et Morfeus en rehaussent l'importance, mettant en valeur une conception moins filandreuse.
Heureusement, les claviers de Morfeus, un virtuose qui fit preuve d'un talent hors norme sur Moon in the Scorpio, commandent toujours cette symphonie occulte et le chant décidément impressionnant de Daemon n'a rien perdu en vigueur.
Le génie faisant mouche à de nombreuses reprises sur l'inventivité, le groupe confirme son talent à bâtir un monument sidéral, dressant un gigantesque dôme teinté aux milles couleurs, retranscrites par un Morfeus usant de sonorités bien plus diverses. On pourrait être bluffé à la première écoute par ces arrangement frôlant parfois l'ironie, ces légers sons de carrions sur l'introduction pourront même laisser froid. Mais leur présence tout aussi indispensable que variée donne à la musique de Limbonic Art une dimension nouvelle, leur permettant d'éviter le contexte monolithique qui ne leur aurait jamais été favorable.
D'autant plus que nos amis savent décidément en faire : les mélodies parlent d'elles mêmes, jouissant d'une magnifique adaptation à en couper le souffle.
Limbonic Art ne change pas, offrant une tenue impériale à l'anthracite du black metal sans jamais en perde son essence abstraite et l'apparition de quelques riffs plus tranchants ne gâche pas la teneur du disque. En bref, jusqu'à présent, In Abhorrence Dementia possède tout atout nécessaire pour surpasser Moon in the Scorpio. Ca aurait été trop beau si ça avait été le cas.

Considérant ce premier disque comme une création à part, je tentais à aborder celui-ci en me déconnectant du passé somptueux des deux compères, mais force est de constater que malgré sa qualité manifeste, quelque chose lui manque.
Se voulant probablement plus efficace, In Abhorrence Dementia en diminue le potentiel qui donnait à Moon in the Scorpio toute sa splendeur : cette magie insaisissable, cette plongée au coeur d'un monde spatial et hivernal.
Tout d'abord par sa durée. In Abhorrence Dementia est trop long. Ses créateurs ont comme prit un certain orgueil et les traits grandissime pourtant bien présent peinent à ressortir sous le poid de l'étendue intempestive, ce qui rend l'oeuvre difficile en cas d'écoute intégrale, à moins de s'égarer au milieu d'un tumulte de péripéties musicales.
Ce point noir en condamne un autre vital à mon sens : l'autonomie. Chaque morceau détient une aura mystique terriblement prenante, mais la gloutonnerie des compositeurs en fait de trop et on se retrouve par moment à écouter dans l'attente d'un passage magnifique sans réellement se laisser porter par la galette.

C'est bien le seul reproche que je puisse faire à ce grand disque qui ne devra jamais rebuter qui que ce soit à l'achat de cette merveille. Car pour tout grand amateur de black très alambiqué, cet album est une référence avec son prédécesseur, et les deux grandes oeuvres de Limbonic Art.





5 Commentaires

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eulmatt - 22 Janvier 2008: Ma chronique était presque achevée, mais je me résouds à ne pas la publier, car elle n'apporte rien de plus à la tienne qui est excellente, et nous percevons ce disque de la même façon. Voilà.
Ljosalfheim - 25 Fevrier 2009: Je connais bien l'album précédant, Moon in the scorpio, mais je ne comprends pas bien l'ajectif que tu lui portes en disant " black très alambiqué". Pourrais-tu m'éclairer sur ce point?
Personnellement j'ai trouvé l'album assez simple au niveau des mélodies, elles me paraissent loin d'être alambiquées, au contraire, je rentre assez facilement dans la musique et les mélodies restent en tête sans le moindre soucis. Je concède qu'il y a quelques intrludes entre eux passages brutaux, dans lesquels on perçoit le talent certain du clavieriste, mais de là à en faire un black metal alambiqué, ya une marge à mon sens. Emperor fait du black alambiqué, ça, ça ne me semble pas en être.
Cependant j'attends quelques précisions de ta part- ou de toute autre personne ayant lu ce commentaire et sachant m'éclairer- qui pourront me faire changer d'avis.
Sinon, belle chronique, elle me donne envie d'écouter ce second album de LA, en espérant qu'il me plaise autant que le premier.
ArchEvil - 21 Avril 2009: j'avais oublié de répondre.

Pour la question du terme alambiqué. C'est vrai sur la forme. Cependant au niveau des compos en elle même, la richesse et le dialogue symphonique qui y sont présents sont énormes. Donc, non les mélodies ne sont pas simples. C'est ça que Morfeus a compris et qui rend les premiers Limbo si intenses, c'est qu'il travaille ses constructions harmonique avec une complexité couplée à une efficacité. Ce n'est pas le bête accord que l'on trouve partout, on sent que ce gars a du génie.

Ensuite, il est vrai que la productione st plus puissante et que l'exécution est plus pêchue que sur MITS. Mais l'aspect brutal est mit de toute façon en arrière plan au profit de la symphonie proéminente.
mrfredo666 - 13 Septembre 2009: un des meilleurs albums de black sympho qu'il m'est été donné d'entendre.
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Chronique @ dark_omens

25 Juin 2016

L'alliance terriblement séduisante de la beauté et de la laideur...

Après un excellent Moon in the Scorpio, non dénué, tout de même, de certains défauts, et notamment une production quelque peu déséquilibrée mettant les guitares quelque peu en retrait, Limbonic Art revient deux ans plus tard, en 1996 donc, avec une œuvre qui, disons le tout de suite, n’est rien d’autre qu’une de ces œuvres géniales qui feront basculer, avec quelques autres quand même, un mouvement encore immature dans une modernité plus contemporaine En effet en corrigeant cette instabilité, et en rendant une place plus adéquate à ces guitares, Limbonic Art va, paradoxalement, parer sa musique d’une dimension plus esthétique. Une beauté plus harmonieuse, un peu moins froide, immédiatement plus accessible, et qui finira par extraire le Black Metal symphonique de l’abyme boueux dans lequel il ne cessait de s’empêtrer. Bien sûr, In Abhorence Dementia n’est qu’un facteur parmi d’autre dans l’ébauche des prémices de cette mutation, et s’il porte certains des stigmates de ce legs glorieux dont aujourd’hui encore certains groupes auront su profiter en dignes héritiers, il porte aussi une certaine responsabilité dans l’affaiblissement du genre. Pourtant, à la différence cruciale de certains de ses petits camarades, suivez mon regards, Limbonic Art aura, quant à lui, toujours su préserver l’essence d’une expression artistique haineuse et incisive. Une harmonie essentielle, fondamentale, entre la véhémence furieuse d’une rage non contenue et la beauté majestueuse d’une déclamation symphonique, dans l’expression savoureuse d’une schizophrénie géniale en somme.

Mais revenons à ce disque dont il est difficile de nier la froideur malveillante qui l'habite, alors que dans un hurlement déchiré ces chants troublants nous hantent. Dans un récital sombre, et souvent dans une expression exaltée, ces cris déments s’accouplent aux guitares, à ces rythmes cataclysmiques et à ces symphonies noires délectables. Donnant à entendre une œuvre majestueuse, dont le seul véritable défaut réside dans un déroulement trop long, cette constante confrontation entre l’éclat terne orchestral d’une grâce obscure, et la laideur attirante de cette brutalité saisissante, est le fondement substantiel de l’œuvre de ces Norvégiens. Mais cette conversation constante entre la face la plus hideuse et la plus belle de Limbonic Art, va bien au-delà d’un simple dialogue. Les mots s’y entremêlent, s’y enchevêtrent et s’y nourrissent des leurs dissemblances dans une improbable complémentarité.

Au final, il apparait inutile, selon moi, de s’exprimer en de longue tirades vaines, la manifestation la plus évidente du génie de cette dualité subtile prends tout son sens à l’écoute de ces onze morceaux qui sont juste ce que le Black Metal symphonique, à ce jour, à offert de plus magistral.

Avec ce In Abhorrence Dementia, mais aussi avec son Moon in the Scorpio, Limbonic Art a écrit deux des œuvres les plus mythiques de l’art noir orchestral.

Prétendre vouloir comprendre les rouages de ce mouvement, sans s’intéresser à ces deux versets, est, juste, totalement utopique.

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