Phantasmagoria

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Nom du groupe Limbonic Art
Nom de l'album Phantasmagoria
Type Album
Date de parution 12 Juillet 2010
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album79

Tracklist

1.
 Prologue/ Phantasmagoria
 05:02
2.
 Crypt of Bereavement
 05:52
3.
 Curse of the Necromancer
 06:22
4.
 Portal to the Unknown
 04:22
5.
 Dark Winds
 05:40
6.
 A World in Pandemonium
 06:43
7.
 Flight of the Minds Eye
 03:48
8.
 Apocalyptic Manifestation
 04:02
9.
 Prophetic Dreams
 05:40
10.
 The Burning Vortex
 06:54
11.
 A Black Sphere of Serenity
 08:24
12.
 Astral Projection
 08:13

Durée totale : 01:11:02


Chronique @ BEERGRINDER

17 Juillet 2010
Dissout en 2003 après The Ultimate Death Worship en guise de cadeau d’adieu, le duo norvégien considérait que tout avait été dit pour Limbonic Art. Mais l’appel du malin étant trop fort, Morfeus et Daemon unissent à nouveau leurs efforts 3 ans plus tard pour édifier Legacy of Evil. Phantasmagoria (2010) est donc le 7ème disque du combo et deux changements importants sont à noter. Déjà Nocturnal Art Productions bénéficie d’une distribution via Candlelight Records, ce qui devrait permettre une diffusion à plus grande échelle de la galette, et deuxièmement Daemon est désormais seul à bord, Morfeus ayant abandonné le navire.

Etant donné que Morfeus gérait la majeure partie des claviers, programmations et autres arrangements on pouvait craindre un changement de direction forcé, d’ailleurs les premiers morceaux bien qu’efficaces, n’ont pas grand chose de symphonique. Il y a bien quelques touches (judicieuses par ailleurs) de clavier ça et là, mais pas de quoi qualifier la musique de symphonique. Les plans guitares sont en revanche plutôt recherchés et appuyés, d’ailleurs la fin pesante de Crypt of Bereavement montre une facette assez étrange de L A, qui n’est pas sans rappeler le Doom atmosphérique.
On signalera aussi que la BAR n’a jamais aussi bien sonné et la présence d’un batteur ne changerait sans doute pas grand chose au rendu final, c’est même un atout pour délivrer certaines accélérations impossibles à reproduire avec un batteur lambda.

L’album est donc un peu long à se lancer, mais une fois sur orbite c’est la classe, à partir de Curse of the Necromancer, Limbo donne la pleine mesure avec un morceau assez violent, basé sur un riff principal Thrash Metal et jalonné d’ « accélérations symphoniques » parfois très agressives (3 : 10). A World in Pandemonium possède aussi cette dimension tragique et violente propre au groupe (même si Vidar Jensen est désormais seul à bord).
Un cap est franchi avec Apocalyptic Manifestation qui s’aventure littéralement dans des contrées Black / Death brutales à clavier, le titre le plus rapide jamais composé par Limbonic Art jusqu’ici. Prouvant une fois de plus la nouvelle orientation, The Burning Vortex propose une alliance improbable mais réussie de guitares thrashy, de double pédale en abondance et d’un accompagnement clavier omniprésent mais pas envahissant.

En définitive hormis un début d’album un peu convenu et poussif, les 70 minutes de Phantasmagoria sont singulières, valeureuses et ses différentes pièces suffisamment variées pour maintenir l’auditeur en haleine (contrairement au Lawless Darkness de Watain péchant par quelques longueurs). D’ailleurs l’immersif A Black Sphere of Serenity aux plans entêtants et le solide Astral Projection final, terminent l’album de la meilleure façon possible.
Bien sûr certains fans rigides de la première heure regretteront avec nostalgie cette période du tout sympho, mais même avec un style basé davantage sur les riffs de guitares et des orchestrations plus simples, Limbonic Art garde ce pouvoir d’attraction au travers de titres sonnant comme autant d’incantations au cosmos infini et aux démons qui le peuplent.

Limbonic Art fait toujours du Limbonic Art, et même en se retrouvant seul à gérer tous les instruments, Daemon a relevé le challenge brillamment, insufflant même une facette supplémentaire à son rejeton, le différenciant des pourtant nombreuses offrandes précédentes.

Full of anger, driven by hate
The pain they suffer has turned into rage

BG

43 Commentaires

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BadaOfBodom - 09 Août 2010: Ah non, ça c'est sûr. Même si c'est du Black Sympho, on n'est pas tout à fait dans le même registre que Limbonic Art... xD
Furia - 09 Août 2010: Acheté hier, Je ne l'ai écouté que 3 fois (dont 2 dans les vapes, donc bon).

Pour l'instant je suis assez mitigé, je trouve les chansons en général trop courtes, dans le sens où les plans ne sont pas assez développés.
En comparaison, dans Ad Noctum, ça va à 200 à l'heure pendant 5 minutes, et quand c'est fini, tu te dis "Putain, la tempête que je viens de traverser !". Dans Phantasmagoria, ça dure 2 minutes, ouais, bon... Déja fini ?

Autre chose, les claviers sont assez absents, ça me fait un peu bizarre. Même dans Ad Noctum, ils menaient encore la danse, là c'est bien les guitares qui dominent.

Dernier point, la batterie. J'étais habité à une batterie assez synthétique, et le son très organique de Phantasmagoria lui fait perdre un peu de son identité.

Enfin bref, je vais laisser le tout mûrir un peu. Daemon est un compositeur de génie, et Limbonic Art ne m'a jamais décu, je suis sûr que je vais me régaler d'ici une dizaine d'écoutes.
Furia - 11 Septembre 2010: Bon, Ok, j'ai compris, cet album est une putain de déflagration.

j'aurai mis le temps, mais là j'en suis sûr : Phantasmagoria est un monstre.
Différent de ce qu'a fait le groupe, c'est sûr, mauvais, alors là pas du tout. Daemon nous fait entrer de force dans son univers, au début ça choque, mais ça vaut le coup.

J'adore toutes les pistes, elles sont toutes ultra-complètes, Daemon réussit à me scotcher avec juste 3 accords, c'est génial.

Enter Daemonic Era, moi j'dis.
Pugnae - 18 Janvier 2013: Un très bon album, quel chemin parcouru depuis Moon in the Scorpio, le seul autre album que j'ai d'eux haha. Mais l'ensemble assez brutal me plait vraiment.



D'ailleurs, y'a pas à chier, mes titres préférés sont ceux qui envoient le plus : Apocalyptic Manifestation (avec ses intonations Death surprenantes) et Burning Vortex (un vrai chaos inarrêtable !). Avec aussi un bon coup de coeur pour la fin de A Black Sphere of Serenity et son côté très mélancolique.



Faudrait vraiment que je me penche sur le Ad Noctum, si apparemment la déferlante est encore plus puissante sur celui-ci, je vais adorer héhé.
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Chronique @ Vinterdrom

23 Novembre 2010
Je n'irai pas par quatre chemins : "Phantasmagoria" signe enfin le grand retour de Limbonic Art, après deux épisodes où la déception m'avait laissé un fort et déplaisant sentiment d'amertume.
"The Ultimate Death Worship" et son titre prétentieux pour une (fausse) fin en queue de poisson … "Legacy of Evil" où j'attendais la déflagration d'une supernova mais n'eut en retour que les paf-paf agaçants des pétards Fiesta Magic de mon p'tit n'veu … Deux témoignages d'un duo Daemon / Morfeus que je ne sentais plus du tout en phase et nettement en deçà des capacités qu'il avait démontré par le passé. Riffing à la massivité d'une vulgaire naine rouge, compositions à l'éclat d'un piètre objet substellaire, production et mixage aussi flottants et consistants qu'une nébuleuse, … l'univers black metal des norvégiens était devenu bien peu fascinant, pour ne pas dire carrément ennuyeux, et son inspiration s'était envolée en poussière d'étoiles.
Et comble du Big Crunch : comment y expliquer le mystère de l'arrangeur Morfeus, si fantastique qu'il fut pourtant sur l’ultra-wagnérien "Moon in the Scorpio", mais qui alla se perdre dans le trou noir de la médiocrité avec des bricolages de claviers aux placements hasardeux et péchant par des sonorités toutes droit sorties de la grande époque du Thomson TO8 ?!

En l’an 2010, le passé est bel et bien révolu et Daemon a fait le choix d'aller de l'avant pour tenter de rééditer un Big Bang créatif, quitte pour cela à virer son alter-ego et à dissoudre ainsi une association qui était depuis longtemps élevée au rang de légende. Le bonhomme ne s’est pas reposé sur ses acquis et bien lui en a pris. Prise de risque maximale, mais opération réussie haut la main. La rupture est aujourd'hui officielle mais à mon sens, elle fut depuis longtemps consommée.
Daemon a reconcentré son énergie pour réagglomérer les fragments qui voguaient à la dérive, mourants, pour en faire de nouveau un astre imposant paré d’une multitude de ceintures d’astéroïdes ravageurs évoluant dans un univers qui a renoué avec la grandeur et l’espace d'antan. Limbonic Art a enfin retrouvé sa superbe après 11 ans d’errance. D’ailleurs, je rapprocherais ce "Phantasmagoria" d'un certain "Ad Noctum" : j'y retrouve la même intensité à dominante guitaristique, la même spontanéité et profondeur dans les plans qui tournoient dans notre microcosme crânien pour finir par l'ensorceler et qui filent sans subir de fissure spatio-temporelle, à la différence près que les claviers parviennent à surnager voire surgir du mixage, sans pour autant donner dans l'über-symphonisme originel. "Phantasmagoria" m'apparaît donc globalement moins brutal que "Ad Noctum", mais en contrepartie plus équilibré et nuancé.
En l'absence de Morfeus, l'élément "claviers" était légitimement sujet à questions. Chacun jugera comme bon lui semble, mais pour ma part, la réponse ne souffre d'aucun doute : Daemon s'y avère habile, variant aisément les sonorités, les harmonies et le travail réalisé, à défaut d'être génial, a retrouvé du sérieux et de la cohérence, effaçant ainsi l'indigne prestation de son compère sur la doublette Ultimate / Legacy. La grandeur des chœurs du morceau-titre la dispute au pouvoir envoûtant de ceux de "A World in Pandemonium", l'orgue insuffle sa puissance impérieuse au diabolique enchaînement "Curse of the Necromancer" / "Portal to the Unknown" et la terreur inspirée par les effets horrifiques de "Apocalyptic Manifestation" n'a d'égale que l'effroi imposé par ceux du prologue.

Sans réinventer Limbonic Art, Daemon le pousse dans une dimension plus fastueuse où la diversité des structures et des détails qui les habitent confine à la richesse d'une galaxie et des centaines de milliards de corps stellaires qui la composent. Ainsi, ses fondations black metal se voient-elles enrichies de speederies heavy accrocheuses ("Curse of the Necromancer", "A World in Pandemonium") et de débordements thrash inendiguables ("Curse of the Necromancer", "The Burning Vortex"). Si le dernier mouvement de "Crypt of Bereavement" est particulièrement surprenant par son riff doom mélancolique supporté par des orchestrations majestueuses, le cruel "Apocalyptic Manifestation" l'est tout autant par son black / death hargneux et en représente l'exact opposé : barbare, saignant, implacable. Une approche conjuguant diversité et réussite, comme sur les longues pièces à l'agencement plus progressif ("A Black Sphere of Serenity" et "Astral Projection" clôturant l'album en beauté), prouvant par là même le net regain d'inspiration de Daemon sur cet excellent opus, le 7ème de la formation.
"Phantasmagoria" ou un pur maelström de 71 minutes constamment marqué du sceau de Limbonic Art, cette patte reconnaissable entre milles au travers de ces inimitables ambiances cosmiques dans lesquelles la boîte à rythmes nous propulse à la vitesse infernale d'une comète traversant l'immensité intersidérale vers les confins de l'outre-espace. Evitant le piège d'une trop grande linéarité, elle sait au moment opportun ralentir la cadence pour nous permettre d'admirer la voûte céleste, comme sur le tragique "Dark Winds" traversé des lancinants courants de la dépression, puis réattaquer en roulements dévastateurs ("Prophetic Dreams") ou s'effacer lors de séquences dark ambient nous plongeant dans un vortex de ténèbres. L'aspect morbide de ces dernières apparaît particulièrement décuplé lorsqu'elles se manifestent au terme des déferlantes "A World in Pandemonium" et "Apocalyptic Manifestation" pulvérisant tout sur leur passage : le dangereux magnétisme d'un pulsar suivant l'explosion d'une étoile massive.

Entre tradition et évolution, spontanéité et réflexion, Daemon a su marier le meilleur de chaque monde pour célébrer avec "Phantasmagoria" la renaissance d'une entité en perdition.
Fruit d'un travail acharné s'étendant sur 3 années, cet album relance enfin la machine et chaque élément, musical comme atmosphérique, y trouve sa juste place. En cela, je reste persuadé que le recours à un ingé son / co-producteur extérieur (chose qui manquait cruellement à la doublette maudite Ultimate / Legacy) a été crucial dans le rendu final. Chapeau à Daemon qui a su faire les bons choix (même si j'imagine que certains ont du être difficiles) et qui a su relever un challenge pas forcément gagné d'avance.
Chapeau et grand merci ! Depuis le temps que j'attendais ça !

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BEERGRINDER - 23 Novembre 2010: Ha ha, je n'ai pas connu le TO8 moi, t'était déjà moderne, je n'ai croisé que le MO5 et le TO7 moi...

C'est vrai, un comparatif avec Ad Noctum est pertinent, notamment sur le violent World in Pandaemonium.

Finalement nos deux analyse sont relativement prohces : Daemon s'est émancipé de Morpheus ré-axant Limbonic Art sur quelque chose de plus violent, et renouant avec un côté sympho en sourdine sur les deux derniers.

Cependant contrairement à toi Manu, j'apprécie aussi les deux précédents, plus simples dans l'approche, moins alambiqués, peut-être un peu mystique (et quelque part, c'est ce qui doit déranger le non fan de Death Metal en toi ha ha ha), mais pas forcément moins inspirés.

Toutefois je dois reconnaître que mes écoutes du disques se multiplient sans aucune lassitude, et que j'avais un peu sous estimé ma note, je remets donc les choses à leur place en le mettant à 16/20, c'est à dire à agalité ave mon autre album Black de l'année : Ekpyrosis de Setherial.

Et merci pour cette chronique intelligente.
Vinterdrom - 23 Novembre 2010: MO5, TO7 ... c'était déjà d'un autre âge à mon époque ça, ha ha !
On n'arrête pas le progrès, et on n'arrête pas ce dernier Limbonic Art. C'est également pour moi un des albums qui revient le plus fréquemment sur ma platine en cette 2ème moitié 2010. Passé l'enthousiasme de la découverte, je reste toujours autant saisi par ce qui s'impose comme une putain de météorite qui va débouler direct dans mon Top 3 des sorties 2010, tous styles confondus.

Pour revenir à la doublette Ultimate / Legacy, il y a effectivement des éléments qui ne me parlent pas et c'est peut-être aussi un peu pour ça que je n'en vois que les défauts.

Enfin, avec ce Phantasmagoria, Limbonic Art peut se targuer d'être le seul groupe (one-man band, hé hé, faut s'habituer) de BM Symphonique issu de la "grande époque" à parvenir encore aujourd'hui à me trouer le cul.
CirithUngol - 24 Novembre 2010: Moi aussi ce skeud me trou le fion....
Je m'étais arrêté à "Ad noctum.." Pour moi le reste de la disco jusqu'à ce Phantasmagoria, n'était pas ma came.
Mais là c'est tout autre chose, une espèce de résurrection, pourtant je ne donnais pas cher de ce dernier né. Daemon...en "solo"..? Putain ça sent définitivement le sapin pour L.A !
Et bien quedal ouais! C'est une des meilleurs sorties Black de 2010...

"The witching hour draws near, dismalsomber screams
A kiss of death in the full moon light, phantom souls will walk the land"
BadaOfBodom - 25 Novembre 2010: Merci pour cette belle chronique, Manu. J'ai bien apprécié ton effort pour tenir la métaphore spatiale jusqu'au bout. Très bien vu ! ;)

Concernant "Phantasmagoria", je ne peux pas vous en dire grand-chose pour l'instant car je ne l'ai toujours pas écouté. Je sais, j'ai un peu de retard, mais bon... Ce qui est sûr, c'est que vous me donnez sacrément envie. Maintenant, faut que je me bouge le cul pour l'acheter. :)

Enfin, pour ce qui est de la "doublette Ultimate / Legacy", je ne suis ni d'accord avec BG ni d'accord avec toi, Manu. Pour moi, "Legacy Of Evil" est bien supérieur à "The Ultimate Death Worship", donc on ne peut pas les mettre dans le même sac du bon ou du mauvais. Question de point de vue... ;)
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